Réserve de parc national du Canada Nahanni

Patrimoine culturel

Création du parc


Les Dénés ont habité les terres du parc et les terres environnantes pendant des milliers d'années, pêchant et chassant l'abondante population d'ongulés de la région. On estime que la première occupation humaine de la région remonte à neuf ou dix mille ans. On a relevé des traces de présence humaine préhistorique au lac Yohin et à quelques autres endroits dans les limites du parc. La tradition orale locale fait de nombreuses références à la tribu Naha, habitants des montagnes qui avaient l'habitude de faire des razzias dans les villages des basses terres adjacentes. On prétend que ce peuple a disparu assez rapidement et mystérieusement. Des similitudes observées aujourd'hui entre le dialecte déné et la langue des Navajo du sud des États-Unis laissent croire que les Navajo seraient les descendants des Naha disparus.

Les premiers contacts avec les commerçants de fourrure européens arrivant dans la région sont survenus au XVIIIe siècle. Ils se sont intensifiés avec l'exploration par Alexander Mackenzie de la rivière Deh Cho, qui porte aujourd'hui son nom, ainsi qu'avec la construction de postes de traite à Fort Simpson et à Fort Liard. Au XIXe siècle, la majorité des familles dénées ont abandonné leur mode de vie nomade pour fonder des collectivités permanentes, souvent à proximité des postes de traite. Des villages se sont ainsi formés, dont Nahanni Butte, Fort Liard, Fort Simpson, Wrigley et Fort Norman. Le piégeage devint un important moyen de subsistance pour les Autochtones de la région.

À la fin du XIXe siècle, les Autochtones des montagnes descendaient chaque printemps la rivière Nahanni à bord de bateaux faits de peaux d'orignal pour aller vendre les fourrures prises pendant l'hiver. Ces remarquables bateaux, comparables aux bateaux York de la baie d'Hudson, mesuraient jusqu'à 20 m de longueur. Composés de six à dix peaux d'orignal non tannées cousues ensemble et étirées sur une structure faite de longues baguettes d'épinette, ces bateaux pouvaient transporter sur la rivière, à l'époque des crues printanières, des familles entières, avec chiens et fourrures. À l'arrivée, on démantelait le bateau pour vendre les peaux avec les autres fourrures. Après la tournée des forts, les Autochtones retournaient dans les montagnes avec pour seuls bagages ce que leurs chiens pouvaient transporter.

Les histoires à propos des Nahas et de la contrée hostile qu'ils habitaient ont pris de l'ampleur avec la ruée vers l'or du Klondike et la fièvre de l'or qui l'a accompagnée. Certains explorateurs ont tenté de se servir de la Nahanni pour atteindre les fameux champs aurifères du Yukon, tandis que d'autres tentèrent leur chance le long des les rivières Flat et Nahanni sud.

Des légendes de vallées hantées et d'or perdu ont pris naissance avec la découverte, aux environs de 1908, des corps décapités de Willie et Frank McLeod, prospecteurs métis. Dans les années qui ont suivi, la mort mystérieuse d'autres prospecteurs a nourri la légende. Certains attraits du parc, comme la vallée Deadmen (vallée des morts), Headless Creek (ruisseau du décapité), la chaîne de montagnes Headless (montagnes du décapité) et la chaîne Funeral (montagnes mortuaires) témoignent de ces contes et légendes.

Albert Faille est sans doute le plus connu des prospecteurs dont le nom soit associé au parc. Faille a prospecté dans le parc pendant quarante-six ans, du milieu des années 1920 jusque dans les années 1950. Il a été la vedette du film Nahanni, de l'Office national du film. Sa maison se dresse encore à Fort Simpson.

Mary et Gus Kraus furent les seuls résidants permanents connus du parc. Ils ont vécu à Kraus Hotsprings de 1940 à 1971.

Les ressources culturelles du parc comprennent des sites préeuropéens ainsi que des vestiges de cabines, caches et pistes de l'époque de la trappe, de la prospection et de l'exploration. On sait peu de choses de l'origine et de l'importance de ces ressources. Cliquez ici pour plus de renseignements sur la gestion des ressources culturelles dans le parc .

Création du parc

La popularité de la rivière Nahanni Sud comme destination de loisir n'a cessé de croître depuis 1950 environ. C'est en 1972 que Nahanni fut mis en réserve par décret, en tant que réserve de parc national. La création de la réserve de parc national Nahanni fut publiée dans la Gazette du Canada en 1976, dans le cadre d'une modification apportée à la Loi sur les parcs nationaux. Le parc fut créé après qu'un grand débat public sur l'avenir de la rivière Nahanni Sud, en tant que rivière sauvage libre de tout aménagement, et de la chute Virginia, ait atteint son point culminant. Le processus de création du parc a influencé directement les décisions concernant les limites du parc; ainsi, on a privilégié l'importance de préserver la rivière de l'aménagement hydroélectrique, qui risquerait d'avoir des effets négatifs sur les bassins hydrographiques intacts ou les habitats naturels.

La réserve de parc national Nahanni a été désignée Site du patrimoine mondial de l'Unesco en 1978. La rivière Nahanni Sud a, quant à elle, obtenu le statut de rivière du Réseau de rivières du patrimoine canadien.