Réserve de parc national du Canada Nahanni

Écosystème de la grande région Nahanni

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    Écosystème de la grande région Nahanni
    Parcs Canada

Établissement du parc

Nahanni a été désignée réserve de parc national en 1972 et a été inscrite dans la Loi sur les parcs nationaux du Canada en 1976. Le parc conservera son statut de réserve jusqu’à ce que le processus du Dehcho soit terminé. Le processus du Dehcho englobe les négociations sur les terres, les ressources et la gouvernance entre les Premières Nations du Dehcho, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le gouvernement du Canada.

Nahanni a été protégée en tant que réserve de parc après de vastes consultations publiques au sujet de l’avenir de la Nahʔą Dehé (rivière Nahanni Sud), rivière sauvage à écoulement libre. Le débat a directement influé sur les décisions concernant les limites du parc. Il a été jugé prioritaire de protéger la rivière contre un projet de développement hydroélectrique proposé à Náįlįcho (chutes Virginia).

Écosystème de la grande région Nahanni

L’écosystème de la grande région Nahanni est composé du Nahʔą Dehé Ts’e Tu Zhánįlį (bassin hydrographique de la rivière Nahanni Sud) en entier et de la région située au nord du premier canyon, appelé le karst de Nahanni. À un moment ou l’autre, toute l’eau de Nahʔą Dehé (la réserve de parc national Nahanni) a coulé dans le bassin hydrographique de la rivière. Les limites initiales du parc ne couvraient qu’un septième de la partie inférieure du bassin hydrographique. La majorité de l’eau de Nahʔą Dehé venait de l’extérieur des limites du parc. Les utilisations concurrentes des terres dans l’écosystème de la grande région Nahanni comprennent l’exploration minérale, l’exploitation minière et la chasse sportive. Dans l’ensemble, ces activités pourraient avoir des effets cumulatifs sur la qualité de l’eau et les habitats fauniques. Selon les recherches, un plus grand parc permettrait de protéger l’habitat des grands mammifères, comme le grizzli et le caribou, de protéger la qualité de l’eau et d’assurer la santé écologique du paysage.

Agrandissement du parc

Depuis 1987, Parcs Canada voulait agrandir la réserve de parc national Nahanni afin de mieux représenter la région naturelle des monts Mackenzie au sein du réseau des parcs nationaux et d’améliorer l’intégrité écologique de la réserve de parc.

Les responsables de la réserve de parc national Nahanni ont travaillé en collaboration avec les Premières Nations du Dehcho et d’autres gestionnaires fonciers afin de présenter une vision écologique pour Nahʔą Dehé qui comprenait le bassin hydrographique entier.

Le processus du Dehcho et le Groupe de travail sur l’agrandissement de Nahanni

Parcs Canada a passé par le processus du Dehcho afin de créer un parc national qui maintient l’intégrité écologique et représente les monts Mackenzie.

Juin 2000

Les Premières Nations du Dehcho et le gouvernement du Canada ont formé l’Équipe du consensus Nahʔą Dehé.

Octobre 2002

Un des objectifs du plan d’action du gouvernement du Canada visant à protéger le patrimoine naturel du Canada était l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni.

Juin 2003

L’Équipe du consensus Nahʔą Dehé a rédigé un énoncé d’intégrité écologique, examiné le plan directeur du parc, et préparé un accord provisoire relatif à la gestion du parc et un protocole d’entente sur l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni.

Février 2004

Le Groupe de travail sur l’agrandissement de Nahanni a été créé afin d’aborder des questions découlant du protocole d’entente sur l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni. Par l’entremise de ce groupe de travail, Parcs Canada et les Premières Nations du Dehcho ont travaillé en collaboration en vue d’effectuer des études et de recommander des limites définitives pour la réserve de parc national Nahanni au sein de l’écosystème de la grande région Nahanni. Au début, Parcs Canada a cerné trois régions à agrandir : le plateau Tlogotsho, le chaînon Ragged et les terres karstiques. Étant donné que la collectivité de Nahanni Butte a manifesté son intérêt à protéger l’eau, la zone d’intérêt s’est élargie pour comprendre le bassin hydrographique entier de la rivière Nahanni Sud. La grande partie de la zone d’intérêt est située dans la région du Dehcho, mais la partie supérieure du bassin hydrographique est située dans la région du Sahtu. Des terres ont été mises de côté au moyen d’une ordonnance d’inaliénation provisoire des terres dans le cadre du processus du Dehcho. Parcs Canada s’est efforcé de protéger les terres de la partie supérieure du bassin hydrographique dans la réserve de parc conformément à l’Entente définitive sur le Sahtu et à la version provisoire du plan d’aménagement des terres du Sahtu.

Septembre 2007

Le groupe de travail a effectué des études de faisabilité sur les valeurs de conservation et le potentiel des ressources minérales et énergétiques dans la zone d’intérêt de l’agrandissement; il a aussi recommandé de nouvelles limites plus vastes pour la réserve de parc national Nahanni.

Juin 2009

Grâce aux efforts des Premières Nations du Dehcho, de la Société pour la nature et les parcs du Canada, de l’Initiative canadienne boréale, de la Société pour la conservation de la faune du Canada, de Mountain Equipment Co-op et du gouvernement du Canada, la réserve de parc national Nahanni a été élargie de plus de six fois par rapport à sa taille initiale pour atteindre une superficie de 30 000 km2.

Août 2012

On annonce l’établissement de la réserve de parc national Nááts’ihch’oh. La réserve de parc national Nahanni obtiendra le statut de parc national en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada à la fin du processus du Dehcho.

Approche de cogestion

L’Équipe du consensus Nahʔą Dehé continuera d’établir des lignes directrices pour l’utilisation des terres et d’assurer la cogestion des opérations du parc jusqu’à ce que le processus du Dehcho soit terminé et qu’un accord définitif du Dehcho définisse un forum permanent de cogestion.

Les zones protégées au sein de l’écosystème de la grande région Nahanni feront partie d’une stratégie plus vaste relative aux zones protégées établie par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement du Canada et les Premières Nations.

Une vision pour Nahʔą Dehé

(Extrait du plan directeur du parc)

Lorsqu'on se promène sur les terres des Dénés Nahʔą, qui occupent ce territoire de temps immémorial, les légendes locales ne peuvent qu'enflammer l'imagination. La culture dénée, si intimement liée à l'écologie de Nahʔą Dehé, reçoit tout le respect qui lui est dû dans ce lieu de mystère, de spiritualité et de guérison. Les eaux de Nahʔą Dehé, essentielles au maintien de la vie, circulent librement, protégées par la sagesse et l’orientation des Aînés du Dehcho. Les activités traditionnelles d’exploitation de subsistance font partie intégrante de l’écosystème et sont autorisées conformément aux lois et aux principes dénés, afin d’en assurer la durabilité. Les Dénés sont indissociables de la terre.

Nahʔą Dehé protège un bassin hydrographique sauvage dans les monts Mackenzie où des processus naturels tels que le feu et les inondations façonnent le territoire, et où les communautés végétales naturelles et les populations d’animaux indigènes y prospèrent. Le parc est un modèle de cogestion : l’excellence de la recherche scientifique y est encouragée et les ressources culturelles y sont traitées avec soin. Les membres des collectivités, les bénévoles et d'autres intervenants participent activement et conjointement à la gérance de Nahʔą Dehé, de manière à ce que les prochaines générations continuent de respecter ces terres.

Survolant le parc, les visiteurs aperçoivent plusieurs chaînes de montagnes rocheuses, de vastes plateaux et des canyons profonds de centaines de mètres. S’ils sont vigilants, ils verront peut-être un grizzli se frayant un chemin dans les buissons ou un mouflon de Dall grimpant par bonds agiles une paroi rocheuse. Sur la rivière, la solitude favorise l’humilité et aide à prendre conscience de sa propre petitesse, en particulier lorsqu’on entend le bruit assourdissant de Náįlįcho qui nous rappelle sa puissance. Les visiteurs peuvent y vivre toute une gamme d'expériences de premier ordre et le patrimoine naturel et culturel de Nahʔą Dehé.

Site du patrimoine mondial de l’UNESCO, Nahʔą Dehé touchera et inspirera même ceux et celles qui n'auront jamais l'occasion de pagayer dans les eaux de cette rivière du patrimoine canadien, de gravir des parois de granite ou de survoler ce bassin hydrographique reculé. Nahʔą Dehé a sa place dans le cœur et dans l'âme de tous les Canadiens et peuples du monde.