Parc national du Canada Aulavik

Milieu naturel

Le parc national Aulavik est une zone vierge et sauvage de l'Arctique située dans le nord de l'île Banks, l'île la plus à l'ouest de l'archipel Arctique. Le parc protège une aire naturelle des basses-terres de l'Arctique de l'Ouest représentative et d'importance nationale.

Communiquez avec le bureau du parc à Inuvik pour obtenir plus de renseignements sur les activités de recherche et de surveillance à Aulavik.

Climat

Le climat du parc national Aulavik est celui de l'Arctique. La toundra est gelée et recouverte de neige de septembre à juin. Les étés sont courts et frais. Le soleil ne se couche pas de la mi-mai à fin juillet et il ne fait jamais vraiment noir de fin avril à fin août.

L'été (de mi-juin à mi-août), la température au centre du parc varie de 1° C à 20 °C et la moyenne est de 10° C. Plus près de la côte, il fait plus frais et la température va de -2° C à 12° C avec une moyenne de 8° C. Il peut neiger et geler en tout temps.

Aulavik est considéré comme un désert polaire. Les précipitations annuelles y sont d'environ 300 mm, dont un tiers sous forme de pluie l'été. Elles n'atteignent en moyenne que 20 mm en mai, en juin et en juillet respectivement et 30 mm en août. Le vent est presque constant et souvent violent.

Faune

Boeufs musqués luttant pour dominer Boeufs musqués luttant pour dominer
© Parcs Canada / James McCormick

Le boeuf musqué est de loin le gros mammifère le plus abondant sur l'île Banks et sa population a connu une très forte augmentation depuis cinquante ans. Les estimations récentes (2001) indiquent qu'il y a plus de 68 000 boeufs musqués sur l'île et probablement 20 % de ce total dans le parc. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, les Inuvialuit et les biologistes de Parcs Canada déploient des efforts considérables afin de comprendre la croissance de la population de boeufs musqués et ses incidences potentielles sur l'écosystème.

Lièvre arctique Lièvre arctique
© Parcs Canada / Wayne Lynch

Aulavik abrite aussi le caribou de Peary. La population de l'île Banks a été déclarée en péril en 1991 en raison de sa diminution spectaculaire. Les études récentes donnent à penser que la population est peu élevée mais stable et peut-être en voie de récupérer. Des recherches menées actuellement par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest se penchent sur les niveaux de l'eau, l'utilisation de l'habitat saisonnier, les conditions de l'aire de distribution géographique et la prédation afin de mieux comprendre ce déclin.

On trouve toute une gamme d'autres mammifères à Aulavik, notamment le renard arctique, le loup arctique, la belette, le lièvre arctique, le lemming brun et le lemming variable. Parmi les mammifères marins le long de la côte nord, notons l'ours polaire, le phoque annelé, le phoque barbu, le bélouga et la baleine boréale.

Oiseaux

Pluvier bronzé Pluvier bronzé
© Parcs Canada / Wayne Lynch

Plus de 43 espèces d'oiseaux font une utilisation saisonnière d'Aulavik. Seuls le lagopède et le corbeau sont des résidents permanents. On a relevé 22 espèces d'oiseaux nichant dans le parc. La densité de ces oiseaux est généralement peu élevée, les espèces les plus abondantes étant le bruant lapon, l'alouette hausse-col, le pluvier argenté, le labbe à longue queue et la grue du Canada. Parmi les autres espèces, mentionnons le plongeon catmarin, le plongeon à bec blanc, le bécasseau sanderling, le bécasseau semipalmé, le tournepierre à collier, le phalarope à bec large, la mouette de Sabine, le pipit spioncelle et le bruant des neiges.

Le harfang des neiges, la buse pattue, le faucon gerfaut et le faucon pèlerin comptent parmi les oiseaux de proie d'Aulavik. L'abondance de ces espèces dépend largement de l'abondance des lemmings. Lorsque le cycle pluriannuel du lemming est à son point bas, la population des oiseaux et des mammifères qui dépendent du lemming comme source principale de nourriture est également peu élevée.

Il existe deux refuges d'oiseaux migrateurs sur l'île Banks, l'un dans la partie nord du parc national Aulavik et l'autre dans le coin sud-ouest de l'île. Ils protègent tous deux le site de nidification et de mue saisonnier des 500 000 petites oies des neiges de l'Arctique de l'Ouest. Quand vous prendrez l'avion pour vous rendre dans le parc, vous verrez très probablement des milliers de ces oiseaux majestueux sur l'île.

Poissons

Il est possible que le bassin collecteur de la rivière Thomsen représente la communauté de plusieurs espèces de poissons d'eau douce la plus au nord. Encore plus au nord, on ne trouve que l'omble chevalier et l'épinoche à neuf épines ou des communautés d'une seule espèce d'omble chevalier. Le bassin collecteur de la Thomsen abrite six espèces de poissons d'eau douce : touladi, omble chevalier, cisco sardinelle, cisco de lac, épinoche à neuf épines et chaboisseau à quatre cornes. Seul le touladi est exclusivement d'eau douce; les cinq autres peuvent passer une partie de leur vie dans l'eau salée.

Dans l'ensemble, on connaît très peu l'écologie de l'omble sur l'île Banks. La rivière Thomsen est considérée comme un habitat de frai et de croissance important pour l'omble chevalier, et l'on retrouve cette espèce confinée aux eaux intérieures dans plusieurs grands lacs du parc tels le lac Nangmagvik.

Géographie

Rivière Mercy supérieure Rivière Mercy supérieure
© Parcs Canada / Wayne Lynch

Le parc national Aulavik contient toute une gamme de paysages. La rivière Thomsen est caractérisée par une large et riche vallée flanquée de douces collines. Le long de la côte nord-ouest d'Aulavik, des falaises se dressent à des centaines de mètres au-dessus des eaux du détroit de M‘Clure. La partie centrale de la côte nord est dominée par Castel Bay et Mercy Bay, qui s'avancent jusqu'à 15 km à l'intérieur des terres. De profonds canyons dominent le paysage au sud-est de Mercy Bay. Plus au sud, un plateau peu végétalisé surplombe la mer de 450 mètres et forme une ligne de crête entre la rivière Thomsen et le détroit du Prince-de-Galles. À l'ouest de Castel Bay, ce sont les bad-lands arides qui prédominent. Le principal affluent de la Thomsen est la rivière Muskox, qui se jette dans la Thomsen à l'ouest et est caractérisée par des zones humides mal drainées et des traits de polygone gélival.

Les glaciers recouvraient la plus grande partie du parc par le passé et on y trouve donc des moraines terminales, des eskers et des drumlins. L'absence de ces caractéristiques dans le coin nord-ouest du parc national Aulavik donne à penser que cette région n'était peut-être pas englacée.

Certaines des plus vieilles formations rocheuses dans le parc (350 millions d'années) représentent un récif marin qui s'est probablement formé au large d'un ancien littoral marin. On trouve des fossiles de gastropodes (petits escargots), brachiopodes (« lampes à huile »), coraux et crinoïdes (comatules) dans cet ancien récif à l'est de la rivière Thomsen.

Végétation

Pédiculaire laineuse Pédiculaire laineuse
© Parcs Canada / Wayne Lynch

Il n'y a pas d'arbres sur l'île. La plus grande plante, le saule arctique, n'atteint généralement pas votre genou. On a documenté plus de 150 espèces de plantes phanérogames à Aulavik. La saison de croissance est très courte mais le jour continu de fin mai à fin juillet fournit suffisamment d'énergie pour assurer le cycle annuel de la végétation. La saison de croissance est à son apogée au début juillet, lorsque les vallées et les flancs des collines sont tapissés de fleurs multicolores. Ce sont les versants exposés au sud qui connaissent la plus grande croissance car ils sont à l'abri du vent et reçoivent le plus de soleil. À la fin juillet, la plupart des herbes ont produit leurs graines et les graminées ont séché. À l'automne, soit au début d'août, les saules arctiques revêtent brièvement un manteau orange avant la venue de l'hiver.