Parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik

Surveillance de l'air et des precipitations

Le Service de l'environnement atmosphérique d'Environnement Canada a établi un réseau national de sites pour mesurer les conditions atmosphériques. Ce programme, appelé anciennement le Réseau canadien de surveillance de l'air et des précipitations (RCSAP), a cinq sites au Canada atlantique, dont un est situé au parc national Kejimkujik.

Un gardien de parc fait la collecte de données à une station de contrôle de la précipitation
Un gardien de parc fait la collecte de données à une station de contrôle de la précipitation
© Parcs Canada / Peter Hope, 1991

Depuis le début des années 1980, les scientifiques aux sites du RCSAP analysent les échantillonnages de l'air pour mesurer l'acidité et les concentrations des polluants y compris les sulfates, les nitrates et l'ozone. Cette surveillance continue permet de détecter les tendances dans les dépôts de ces constituants chimiques de l'atmosphère.

Kejimkujik a été choisi comme site en raison de sa situation sous le vent des principales sources de pollution dans le centre et l'est de l'Amérique du Nord. On a fait des mesures chimiques des précipitations quotidiennes au parc de 1980 à 1998. Les sources d'Environnement Canada indiquent que le pH annuel des précipitations à Kejimkujik a varié entre un niveau inférieur de 4,4 et un niveau supérieur de 4,74.

Graphique qui montre la moyenne annuelle du pH des précipitations au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998

Graphique qui montre la moyenne annuelle du pH des précipitations au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998. Pour une version texte de ce graphique cliquez ici

© Parcs Canada

Précipitations acides

Les précipitations acides résultent du rejet des émissions de dioxyde de soufre et d'oxyde d'azote dans l'atmosphère. Une fois dans l'air, elles réagissent immédiatement pour former des sulfates (SO4) ou des nitrates (NO3) acidifiants. Ces émissions peuvent être transportées des centaines de kilomètres avant d'être déposées sous la forme de précipitation (dépôt humide) ou sur les surfaces des particules fines (dépôt sec). Le dépôt humide et le dépôt sec affectent tous les deux les lacs, les rivières, les forêts, les sols et les bâtiments.

L'activité humaine représente environ 90 % des émissions de sulfates et 97 % des émissions de nitrates. Bien qu'il y ait eu une réduction de 43 % des émissions canadiennes entre 1980 et 1995, il n'y a pas eu une baisse correspondante de l'acidité de la pluie ou de la neige. Alors que les concentrations de sulfates ont diminué dans la majorité des lacs, l'acidité des lacs dans les provinces de l'Atlantique a accusé l'amélioration la plus faible.

Dépôts de sulfates

Les initiatives pour réduire les dépôts acides ont porté principalement sur les émissions de dioxyde de soufre, parce qu'elles jouent le plus grand rôle dans l'acidification. Le dépôt de sulfate a diminué de 38 % entre 1980 et 1998, reflétant une baisse similaire des émissions dans l'est de l'Amérique du Nord au cours de la même période.

Les dépôts annuels de sulfates à Kejimkujik ont varié entre un maximum de 20,2 kilogrammes par hectare (kg/ha) en 1981 et un minimum de 8,1 kg/ha en 1995. Au cours de 1998, l'année la plus récente pour laquelle les données sont disponibles, les dépôts ont atteint 12,65 kg/ha. On a défini le taux annuel de 6 kg/ha comme étant la charge critique de Kejimkujik, c'est-à-dire la quantité maximale de dépôts acides qu'un écosystème peut tolérer sans endommagement significatif. Même pendant l'année où les dépôts ont été les plus bas, les dépôts de sulfates à Kejimkujik ont dépassé cette charge critique. En général, le taux annuel des dépôts est deux fois plus élevé que le taux que les lacs peuvent tolérer.

Graphique qui montre la moyenne annuelle du dépôt de sulfate au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998

Graphique qui montre la moyenne annuelle du dépôt de sulfate au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998. Pour une version texte de ce graphique cliquez ici

© Parcs Canada

En dépit de la baisse des dépôts de sulfates, il n'y a eu qu'une faible amélioration de l'acidité des eaux des provinces de l'Atlantique. Les scientifiques estiment qu'il faut une réduction additionnelle de 75 % des émissions de dioxyde de soufre américaines et canadiennes pour freiner l'endommagement continu de nos lacs et nos forêts.

Dépôts de nitrates

Dans l'ensemble, les nitrates ont contribué beaucoup moins à l'acidification, essentiellement à cause du fait que les plantes utilisent les nitrates comme aliments et qu'elles peuvent les absorber en grandes quantités. Si la quantité de nitrates dépasse ce que les plantes peuvent utiliser, l'excès de nitrate entraînera l'acidification.

Les émissions d'oxyde d'azote ont changé très peu au cours de la dernière décennie. Par conséquent, les bassins hydrographiques dans l'Est du Canada sont en train d'être saturés d'azote. Si ces dépôts continuent, leur contribution à l'acidification réduira éventuellement les bénéfices obtenus par la baisse de dioxyde de soufre. Donc, il est important de réduire les émissions d'oxydes d'azote.

Entre 1980 et 1998, d'après les mesures du site du RCSAP de Kejimkujik, les dépôts annuels de nitrate ont varié entre un minimum de 5,36 kg/ha en 1983 et un maximum de 14,2 kg/ha en 1989

Graphique qui montre la moyenne annuelle du dépôt de nitrate au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998

Graphique qui montre la moyenne annuelle du dépôt de nitrate au parc national Kejimkujik entre 1980 et 1998. Pour une version texte de ce graphique cliquez ici

© Parcs Canada
Références:

Beattie, B. L., K.N. Keddy, K.A. Luedemann,. Trends in acid deposition in the Atlantic Provinces (1980-1998. Service météorologique du Canada, Région de l'Atlantique, Rapport scientifique 2000, série 2000-02.

Jeffries, D.S. 1997 Canadian acid rain assessment: The effects on Canada's lakes, rivers and wetlands, Environnement Canada, Direction de la conservation des écosystèmes aquatiques, vol. 3, 1997.

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