Parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik

Plages et lagunes

Les plages

La plage de la rivière St. Catherine’s La plage de la rivière St. Catherine’s
© Parcs Canada/J. Sheppard


Vous trouverez à Kejimkujik Bord de mer un des panoramas les plus spectaculaires de la Nouvelle-Écosse. En suivant le sentier Harbour Rocks, vous découvrirez les courbes majestueuses de la plage de la rivière St. Catherine’s. Son sable blanc est aveuglant sous le soleil, et s’il est sec, il « parle » quand vous marchez dessus, en raison de la forme unique de ses grains quartzeux. C’est là une des plus grandes plages protégées de la Nouvelle-Écosse.

Les plages sont formées par l’action des courants et des vagues qui déposent du sable fin dans les anses abritées du bord de mer. Le sable provient du granit qui borde la côte et qui renferme de grandes quantités de quartz, un minéral très dur et de couleur claire. Les rayons du soleil se reflètent sur le sable blanc du plancher océanique, ce qui donne à la mer cette incroyable couleur turquoise. Des parcelles foncées apparaissent aussi; elles correspondent aux parties du plancher océanique qui sont couvertes de roches. Les zones rocheuses sont tapissées d’algues.

À certains endroits, le sable blanc présente des bandes pourpres inhabituelles. Ce sable pourpre est en réalité constitué de très fines particules de grenat, un minéral riche en magnésium qui provient de l’érosion des roches avoisinantes. Comme ces particules sont très fines et moins denses que celles qui composent le reste de la plage, les vagues peuvent les transporter vers le haut de celle-ci. C’est ensuite au tour du vent de soulever ces particules et de les déposer à la base des ammophiles ou autres « pièges à vent ».

L’ammophile L’ammophile
© Parcs Canada/P. Hope

Sur les plages sablonneuses, juste au-dessus de la zone des marées hautes, s’élèvent les dunes créées par le vent. Les plages sont constamment transformées par la force du vent et de la mer. Elles peuvent changer de façon spectaculaire au cours d’une même saison. Ainsi, les tempêtes hivernales peuvent emporter les dunes, y créer des brèches ou même les déplacer. L’ammophile est la plante dominante des dunes. Elle retient le sable grâce à un réseau de racines très dense. La base des dunes est une aire de nidification essentielle pour le pluvier siffleur.

À l’intérieur des terres, les vieilles dunes sont plus stables grâce à leur tapis d’ammophiles, de roses, de myriques de Pennsylvanie, d’herbe à puce et même, à l’occasion, d’épinettes blanches. La gesse maritime, la smilacine étoilée et la verge d’or toujours verte poussent également à cet endroit. Peu d’animaux vivent en permanence dans les dunes, mais on y voit des traces du passage des cerfs et des ratons laveurs.

Au début de l’été, les oiseaux les plus courants sur les plages sablonneuses sont les chevaliers grivelés; les bécasseaux semipalmés, bécasseaux minuscules, bécasseaux sanderling, chevaliers semipalmés et pluviers semipalmés y viennent par volées plus tard dans la saison. Ces oiseaux de rivage vont et viennent entre les vagues qui déferlent sur la plage, saisissant au passage de la nourriture, comme des puces de mer ou talitres. Les sternes pierregarins font leur nid à l’extrémité de la plage de la rivière St. Catherine’s. Beaucoup de ces oiseaux sont des migrateurs qui font escale sur les plages de Kejimkujik Bord de mer avant de s’envoler vers d’autres cieux, reliant ainsi directement nos plages aux régions côtières du sud des États-Unis, des Antilles et même de l’Antarctique.


Le Grand Chevalier, le Goéland argenté et le Pluvier semipalmé 
© Parcs Canada/P. Hope 


Ces plages sont idéales pour le pluvier siffleur en raison des coquillages et des galets qui les jonchent et qui sont utilisés par cet oiseau pour camoufler son nid peu profond, creusé dans les dépressions du sable. En raison de la présence des pluviers et du rôle important des ammophiles, qui sont vulnérables à la circulation pédestre, dans le maintien du sable sur les dunes, celles-ci sont des endroits très spéciaux. Évitez de marcher sur les dunes et respectez les panneaux interdisant l’accès à la plage.

Les lagunes

Une lagune Une lagune
© Parcs Canada

Les plages comme celles de la rivière St. Catherine’s et de Little Port Joli créent derrière leur barrière de sable une étendue d’eau protégée, nommée lagune, où eau salée et eau douce se mélangent. Les eaux de marée s’y précipitent par une ouverture étroite créée par le cordon littoral, inondant le platin et les petites îles avoisinantes d’un afflux d’eau salée fraîche et froide. Dans les lagunes, marée haute et marée basse se succèdent environ toutes les six heures. La fine vase qui s’accumule est riche en nutriants et absorbe beaucoup de chaleur à marée basse. Sur la vase poussent des algues délicates, qui lorsqu’elles sont cuites par le soleil ressemblent à du carton blanchi. Beaucoup d’espèces d’insectes et de crustacés cherchent à s’abriter des cuisants rayons sous ces tapis d’algues. La zostère offre une riche pâture aux nombreux oiseaux de rivage, canards et oies. Les aigles, balbuzards pêcheurs et hérons pêchent régulièrement dans les eaux peu profondes des lagunes. Celles ci sont également d’importantes nourriceries pour plusieurs espèces de poissons, dont le choquemort et l’épinoche. On y trouve un grand nombre d’organismes marins comme les myes, les littorines et les macomas. Les ratons laveurs viennent se régaler de ces coquillages au bord de la lagune, que longent les marais salés, avec leurs spartines et leurs joncs.



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