Parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik

Milieux humides

Les milieux humides influencent énormément la chimie de l'eau, les niveaux et la couleur des écosystèmes d'eau douce. Ils offrent en outre un habitat pour de nombreuses espèces animales ou végétales du parc Kejimkujik qui sont en péril comme la tortue mouchetée, la couleuvre mince du Nord et la flore de la plaine côtière Atlantique.

Les tourbières

trottoir en bois traversant une tourbière © Parks Canada/P. Hope

Les tourbières sont les milieux humides les plus répandus en Nouvelle-Écosse et ils représentent un type d’habitat représentatif de Kejimkujik. Les tourbières se développent dans des environnements à faible drainage et elles remplissent les lacs anciens. Pour découvrir les tourbières de Kejimkujik, vous pouvez faire une randonnée sur le Sentier du lac Snake. Vous pouvez aussi pagayer dans la baie de Jeremy ou sur différents cours d’eau, notamment le ruisseau Still. Le développement des tourbières prend des centaines d’années. Ces milieux sont saturés d'eau et sont surmontés des tapis spongieux de mousse de sphaigne. Cette mousse se développe et meurt et comme le matériel végétal pourrit très lentement, il forme des couches de mousse morte; il s’agit de la tourbe comme telle et cette tourbe peut se développer sur plusieurs mètres de profondeur. Les eaux sombres si caractéristiques de Kejimkujik prennent leur couleur brune des acides tanniques générés par cette tourbe.

Certaines espèces poussent à hauteur d’arbuste dans les parties plus sèches des tourbières. C’est le cas pour la cassandre caliculée, la kalmia à feuilles étroites et le rhododendron du Canada. Toutes ces espèces sont en mesure de tolérer des taux d’acidité plus élevés dans l’environnement. En outre, les essences d'arbre les plus tolérantes à l'humidité, comme le mélèze, l'érable rouge et l'épinette noire, peuvent survivre sur les buttes entourant les tourbières.


La sarracénie pourpre La sarracénie pourpre
© Parcs Canada/R. Swain
Certaines plantes se sont adaptées à des conditions de plus en plus pauvres en éléments nutritifs. La sarracénie pourpre et le drosera parviennent à piéger des insectes et les digèrent pour se donner un supplément alimentaire. Les orchidées squattent le terreau des champignons afin d’y récupérer suffisamment de nutriments pour produire leurs délicates fleurs. Les tourbières que nous considérons souvent comme de simples marais détrempés et épineux et comme des sources d’obstacles sont en fait les zones de nidification privilégiées de certains oiseaux, notamment la paruline à couronne rousse (fauvette), le bruant des marais (pinson), et la paruline masquée (fauvette). Les tourbières prennent la couleur pourpre des rhododendrons au printemps et restent magnifiques jusqu’aux canneberges de l’automne.

Les plaines inondables

Les zones plates et humides situées en bordure des rivières et d'autres cours d'eau sont connues comme les « plaines inondables ». En Nouvelle-Écosse, les plaines inondables ressemblent souvent à des prairies herbeuses et luxuriantes durant la saison d'été. Au parc Kejimkujik, le sentier traversant le ruisseau Rogers offre l'une des meilleures vues sur ces plaines inondables.

Plaines inondables au ruisseau Rogers Plaines inondables au ruisseau Rogers
© Parcs Canada

Les plaines inondables et les eaux qui leur sont adjacentes forment un écosystème complexe et dynamique. Lorsque l'eau des rivières sort de son lit en raison de pluies saisonnières ou du ruissellement printanier, les terres les recueillent et les conservent. Non seulement ces eaux apportent-elles des végétaux et le limon regorgeant d’éléments nutritifs, mais le mouillage permet aux plaines de libérer ses propres nutriments : les nutriments récupérés de la dernière inondation et ceux résultant de la dégradation rapide des matières organiques accumulées depuis la dernière inondation. C’est cette combinaison unique – hauts niveaux de nutriment, humidité élevée et perturbations physiques périodiques – qui fait des plaines inondables un habitat accueillant pour la flore et la faune, y compris pour des espèces rares.

Lorsque le niveau d’humidité augmente dans les plaines inondables, les arbres ayant une tolérance à cette humidité – les érables ou aulnes par exemple – et les autres types de végétation forestière parviennent à s’implanter. On peut donc trouver dans les plaines inondables de Kejimkujik des plantes comme l’iris versicolore, l’herbe à la puce et la reine-des-prés. Plusieurs espèces animales dépendent directement des plaines inondables. C’est notamment le cas pour la libellule, la salamandre, la tortue, le hibou, la chauve-souris, le castor et le cerf de Virginie. Les cimes des arbres viennent également soutenir une riche vie animale en abritant nombre d'insectes et plusieurs espèces d’oiseaux. Des parulines, des viréos et des moucherelles ont notamment été observés dans les forêts des plaines inondables.