Parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik

Habitats forestiers

La forêt mixte acadienne

Le parc Kejimkujik est situé dans la zone de la forêt acadienne, un amalgame des feuillus typiquement méridionaux et de conifères boréaux aussi nommés « résineux ». Les coupes de bois ont modifié ces forêts de façon spectaculaire au cours des 200 dernières années. Les agriculteurs ont littéralement nettoyé les feuillus des collines et l’industrie forestière s’est occupée des géants que sont les épinettes rouges et les pins blancs pour en faire de la pâte à papier.

vie aérienne de la forêt mixte et lac © Parcs Canada
En 1974, la création du parc national Kejimkujik a mis un terme à une longue et intense période d'exploitation forestière en protégeant les forêts contre les coupes industrielles. De nos jours, 75 % des forêts de Kejimkujik se compose d’arbres jeunes formant une mixité entre feuillus et conifères. Les pins blancs matures qui ont échappé au feu et à la hache surplombent cette jeune forêt. Des érables rouges, des peupliers à grandes dents, des bouleaux blancs et des chênes rouges se dressent devant un environnement au feuillage persistant.

Certains secteurs de l’ancienne forêt sont toujours debout à Kejimkujik. Ces secteurs ont un cachet particulier en raison de leur majesté et de leur rareté puisque seulement un pour cent de toutes les forêts de la Nouvelle-Écosse est âgé de plus de 100 ans. Comme la plupart des anciennes forêts ont été perdues en raison d’une exploitation intensive, Kejimkujik reste l'un des rares endroits où les gens peuvent profiter de ces forêts. Ces forêts anciennes constituent un habitat important que Kejimkujik protège.

Forêts de pruches matures

Les forêts de Kejimkujik sont peuplées par des résineux dans une proportion d’environ 20 %; une fraction de ces résineux se compose d’imposantes pruches du Canada, des rescapées de l’ancienne forêt. Les zones peuplées de pruches créent une atmosphère calme dans une forêt ouverte. Les pruches se sont imposées des centaines d’années avant que les autres arbres ne prennent racine, il y a plus de trois siècles. Bien que certains experts considèrent ces arbres vieux et surannés, ces forêts anciennes gardent une valeur importante.

Les pruches en mousse Forêt de pruche couverte de mousse
© Parcs Canada/P. LaLonde

La pruche possède des aiguilles duveteuses créant un couvert par couche. Ce couvert laisse peu de place au passage des rayons de soleil et le sol reste à l'ombre. Comme cette ombre n’est pas propice au développement des plantes, il y a peu de végétation au sol à l'exception des mousses épaisses et d’hépatiques. Ces forêts fraîches et ombragées favorisent tout de même l’éclosion d'orchidées délicates et rares comme la corallorhize maculée et la goodyérie panachée.

Les pousses de pruche développent des racines peu profondes qui s’acclimatent bien aux sols humides. Comme les pousses peuvent survivre à l’ombre et que ces arbres ont une longue vie, les pruches ont fini par dominer la forêt.

Au sol, les champignons recyclent les éléments nutritifs qui tombent des aiguilles, des brindilles et des branches, alors que d’autres variétés se développent en talles sur les troncs d'arbre. Lorsque de vieux arbres tombent au sol, les nutriments qu’ils apportent assurent la croissance des graines de pruche et de fougères, provoquant du même coup une plus grande diversité écologique de la faune, des lichens et des champignons.

Même la cime des pruches sert d'abri à la faune du parc. L'autour des palombes, un faucon des bois puissant et rapide, préfère bâtir son nid dans les secteurs peuplés par les pruches. L'épais couvert supérieur de ces arbres procure en outre un lieu de nidification tout désigné pour la paruline à gorge orange et l’abondance d’insectes qui s’y trouve représente une source d’alimentation parfaite pour cet oiseau facilement identifiable à sa gorge orangée.

Une promenade sur le Sentier de la pruche et des feuillus vous permettra de découvrir la beauté de ces géants et les merveilles que recèlent ces forêts.

Forêts d’arbres feuillus matures

Les forêts de feuillus matures de Kejimkujik se trouvent au sommet de collines d'origine glaciaire qui proposent un sol profond et bien drainé. Ces forêts sont vieilles de plusieurs centaines d'années. Bien qu'elles constituent moins d’un pour cent de Kejimkujik, vous pouvez les admirer facilement à partir du sentier Point Peter et du portage Big Hardwood (Portage E).

Vous pourrez admirer les impressionnants bouleaux jaunes et les érables à sucre qui forment le couvert supérieur de la forêt. L’érable de Pennsylvanie, plus petit, survit quant à lui dans l'ombre des géants. Il constitue une nourriture de choix pour les cerfs. Les regroupements de feuillus laissent passer plus de lumière que les regroupements de pruches, ce qui permet une plus grande diversité de la végétation au sol, notamment une pousse de fougères en grande quantité.

Des hêtres en bonne santé faisaient autrefois partie intégrante de ces forêts. Ils ont toutefois été décimés par une maladie fongique et un insecte venu d’Europe il y a déjà un siècle. Les hêtres portant des blessures ou d'autres qui ont une apparence rabougrie sont légion en Nouvelle-Écosse. Toutefois, les hêtres matures qui sont sains et dont l’écorce est restée lisse sont plus rares.

Les forêts de feuillus matures procurent une croissance luxuriante de lichens et produisent des graines ou des noix en abondance. Les arbres offrent en outre de nombreuses cavités qui procurent de bons habitats pour les oiseaux et les petits mammifères comme le petit polatouche.