Parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik

Établissement des Européens

Une période de transition

À la suite de contacts avec les pêcheurs, les marchands et les colons européens sur la côte atlantique du Canada aux XVIe et XVIIe siècles, les populations autochtones de la région ont diminué. Ce phénomène a touché les Mi’kmaq tout comme les autres populations d’Amérique. L’apparition de nouvelles maladies transmises par les Européens a été la principale cause de ce déclin.

Deux hommes et leur tente sur une excursion de sport (image historique) Excursion de sport guidée, Kejimkujik
© Parcs Canada/P. Yates
Toutefois, malgré l’arrivée d’un nombre croissant de colons européens, Kejimkujik est demeuré un lieu important pour les Mi’kmaq. En 1842, le commissionnaire aux Affaires indiennes de la Nouvelle-Écosse, Joseph Howe, a concédé 12 terres agricoles aux familles Mi'kmaq vivant sur les rives du lac Kejimkujik. Mais comme la terre n’était pas fertile, les Mi’kmaq ont délaissé la culture et se sont tournés vers l’accompagnement de visiteurs venus pratiquer des activités sportives. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Kejimkujik est devenu une destination de choix pour les pêcheurs et les chasseurs sportifs du Canada, des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

Les barrages pour la pêche à l’anguille installés sur la rivière Mersey, probablement utilisés pendant des milliers d’années, ont continué à jouer leur rôle bien au-delà du XIXe siècle. Même des entreprises n’appartenant pas aux Mi’kmaq en ont exploité.

L’héritage des colons

Les premiers colons européens sont venus s’installer dans la région dans les années 1820. Quelques terres ont été défrichées, mais c’est surtout l’exploitation forestière et aurifère qui a joué un rôle important dans l’histoire de Kejimkujik. La région a attiré de nombreux amateurs de chasse et de pêche en quête d’aventures, vers le début des années 1900.

Une charrette à foin à Jakes Landing (image historique) Une charrette à foin à Jakes Landing
© Parcs Canada/P. Yates

Agriculture

Bien que près de la moitié des terres dans le parc ait été concédée à des fermiers, l’exploitation agricole a été bien timide, exception faite des quelques fermes situées dans la partie est du parc, sur des collines où le sol était plus fertile.







Panneaux indicateurs attestent de la période d'exploitation  Panneaux indicateurs attestent de la période d'exploitation
© Parcs Canada/P. Hope

Exploitation forestière

On ne peut situer avec certitude le secteur où les premières coupes de bois ont eu lieu dans le parc, mais il est certain qu’aucun secteur n’a été totalement épargné d’une coupe à blanc. Au début, la plupart des billots étaient acheminés par flottage sur les lacs et rivières, dans certains cas jusqu’à Liverpool. Les vestiges de nombreuses scieries dans la région attestent de l’exploitation de la forêt à une époque plus récente.

Exploitation aurifère

Le parc comptait trois petites mines d’or. La quantité de minerai extrait était faible en comparaison des efforts déployés par les mineurs, mais les histoires fabuleuses qui en ont résulté ont suscité un intérêt nouveau pour la région. On peut toujours y trouver des puits de mine, des chaudières ainsi que des cabanes de mineurs. Le sentier Mines d’or mène d’ailleurs à une mine abandonnée où des panneaux d’interprétation renseignent les visiteurs.

La construction de Kedge Lodge (image historique) La construction de Kedge Lodge
© Parcs Canada/P. Yates

Villégiature

Les premiers colons ont décrit la région de Kejimkujik comme un lieu de désolation sauvage, où le sol pauvre, la roche et les tourbières n’avaient strictement rien à offrir. Mais cette contrée inhospitalière allait devenir bientôt le paradis des adeptes de la pêche, de la chasse et des grands espaces. Pour les loger, on a construit des pavillons et des chalets autour du lac Kejimkujik. Le plus connu et le plus luxueux était le Kedge Lodge. Un grand nombre d’hommes de la région y ont été engagés pour servir de guides aux visiteurs, ce qui a donné lieu à un chapitre haut en couleur de l’histoire locale.