Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton

Les invertébrés : la grosseur ne fait pas l'importance

Une tordeuse des bourgeons de l'épinette, accrochée à une ramille.
Quoique petits, les invertébrés jouent un rôle primordial dans l'écosystème. Cette petite tordeuse des bourgeons de l'épinette peut complètement remodeler la forêt boréale qui lui sert d'habitat.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / G. B. Croft

Les invertébrés comprennent un nombre faramineux d'espèces, aussi bien des créatures unicellulaires que des animaux plus évolués comme les méduses, les araignées et les homards. Dans l'île du Cap-Breton, comme partout dans le monde, les invertébrés comptent pour plus des trois quarts des espèces animales. Il reste beaucoup à apprendre sur les invertébrés, mais l'importance de leur rôle dans l'écosystème ne fait aucun doute. En réalité, ces poids mouches du monde animal pèsent plus sur l'écosystème que tous les mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons réunis.

Les invertébrés mangent de tout, selon leur famille d'appartenance. Les herbivores influent sur la composition végétale de l'écosystème. Les carnivores se nourrissent d'autres invertébrés et d'animaux plus gros. Les parasites contrôlent les populations de certains végétaux et animaux. Les détritivores, qui sont probablement les plus importants, se nourrissent de végétaux et d'animaux morts et en libèrent les éléments nutritifs, ce qui favorise les composantes vivantes de l'écosystème. La plupart des invertébrés sont eux-mêmes un régal pour bien des espèces animales et pour les plantes carnivores comme le rossolis.

Les invertébrés de terre et d'eau douce
Une limace s'accroche sous le chapeau d'un champignon.
Les limaces mangent les végétaux en décomposition et se font manger par les petits animaux et les oiseaux.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / Parcs Canada

Le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton est l'habitat de plus de 4 000 espèces d'insectes et d'araignées de terre et d'eau douce, dont plusieurs étaient inconnues des scientifiques. Qui plus est, on suppose qu'il en reste deux fois plus à identifier.

Les perles et les trichoptères vivent dans les cours d'eau et les étangs et sont un aliment important pour la truite et le saumon. Les abeilles et les guêpes assurent la pollinisation des végétaux. Les libellules mangent d'autres insectes. Beaucoup de coléoptères se repaissent de détritus. La tordeuse des bourgeons de l'épinette veille à ce que la forêt boréale ne devienne pas une monoculture de sapins baumiers, contribuant ainsi à la biodiversité.

Les gastéropodes terrestres et les limaces sont également des invertébrés. Il ne faut surtout pas oublier les mollusques du parc national, comme les moules, palourdes et gastéropodes d'eau douce, composantes importantes de la chaîne alimentaire des lacs et cours d'eau. La valvée présente un intérêt particulier, puisque notre lac Freshwater est le seul habitat connu de cet animal en Nouvelle-Écosse.

Les invertébrés introduits dans le parc comprennent les perce-oreilles, les vers de terre et plusieurs insectes forestiers.

Invertébrés de la zone intertidale
Une minuscule puce de mer.
Les plages sablonneuses sont l'habitat de la puce de mer, un authentique crustacé miniature (1 cm) et de différents invertébrés de la zone intertidale, comme la natice.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / S. Homer Dans une cuvette, on voit un crabe commun et quelques bigorneaux sur fond d'algues.
Dans les plages rocailleuses, les cuvettes de marée, formées par le recul de la mer, sont l'endroit par excellence pour observer le crabe commun, le bigorneau et le balane.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / Parcs Canada

Le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton compte peu d'invertébrés de la zone intertidale parce que les marées n'y sont pas très fortes et parce que la côte est exposée et battue par les vagues et les glaces.

Sur les pointes rocheuses, le visiteur verra des étoiles de mer, l'oursin vert, le crabe commun, la moule bleue, le pourpre de l'Atlantique, des bigorneaux et des balanes. Les quelques plages sablonneuses du parc national sont l'habitat du dollar de sable, de la natice, des palourdes et d'une variété d'amphipodes comme la puce de mer. Le parc compte davantage de plages rocailleuses, mais les invertébrés n'y sont pas à leur mieux, puisque les vagues déferlantes bouleversent constamment les petites roches.

Les invertébrés introduits comprennent des isopodes (de petits crustacés parasites) et le crabe vert qui est une menace potentielle pour les populations de moules.


Les invertébrés marins
Mmmm... un homard dans son habitat naturel.
Le homard n'est pas qu'un régal pour les gourmets. Il fait aussi le ménage du fond de la mer puisqu'il se nourrit des animaux morts. La pêche au homard compte pour beaucoup dans l'économie du nord du Cap-Breton.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / K. Sonnenburg

Le homard et le crabe des neiges sont les invertébrés marins les plus connus et les plus importants pour notre économie. Mais pour l'écosystème, d'autres invertébrés marins sont loin d'être quantité négligeable. Le zooplancton, qui se compose de minuscules crevettes et d'autres invertébrés, est la nourriture de base du requin-pèlerin et de bien d'autres poissons et mysticètes, comme la baleine à bosse mégaptère et le rorqual commun. Les eaux qui baignent la Nouvelle-Écosse sont également riches en méduses, l'aliment de base de la tortue luth, une espèce en voie de disparition.