Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton

L'orignal : notre plus gros herbivore

Un gros orignal mâle dans une clairière.
L'orignal est le plus gros représentant de la famille des cervidés. Cet animal agit sur la croissance naturelle de la forêt, en raison d'une alimentation très sélective.
© Hautes-Terres-du-Cap-Breton parc national / H. MacLeod

L'orignal est le plus gros représentant de la famille des cervidés. Il mesure entre 1,7 et 1,8 mètre du sol aux épaules. On le reconnaît à sa forte stature, à sa grosse face pourvue d'un long museau et à son replis de peau (fanon) qui pend sous la gorge. Ses pattes sont longues et sa queue est courte. Le tête du mâle est surmontée d'une couronne de bois palmés. La fourrure est habituellement brun foncé tirant sur le noir, mais le bas des pattes est beige ou gris. On peut rencontrer l'orignal à toutes heures du jour, bien qu'il soit plus actif la nuit. Son alimentation se compose de plantes aquatiques en été, d'écorce, de ramilles et des bourgeons des plantes ligneuses en hiver. En mai ou juin, la femelle donne naissance à 1 ou 2 veaux. Dans son habitat naturel, l'orignal peut vivre 20 ans.

Répartition

L'orignal est un animal circumpolaire. Il vit dans la forêt boréale partout au Canada, jusque dans le Nord des États-Unis. On le trouve aussi dans d'autres pays, mais toujours dans les régions septentrionales.

L'influence de l'orignal sur la forêt

Dans l'île du Cap-Breton, l'orignal était devenu rare dès 1900 en raison d'une chasse abusive et de la destruction de son habitat. En 1924, il avait totalement disparu. Dans les années 1940, Parcs Canada a décidé de réintroduire l'orignal dans cette région des Maritimes. En 1947 et 1948, le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton recevait un contingent de 18 sujets provenant du parc national Elk Island. Il y a tout lieu de croire que tous les orignaux de l'île du Cap-Breton sont les descendants de ces 18 animaux introduits.

En 1995, on a évalué la population de l'animal dans le nord du Cap-Breton, pour en arriver à près de 5 orignaux par kilomètre carré! C'est donc dire qu'en l'absence du loup, la nature n'a d'autres moyens de contrôle que la prédation occasionnelle par l'ours noir et le ver des méninges, introduit par le cerf de Virginie.

L'habitat doit fournir la nourriture à un très grand nombre d'orignaux, qui préfèrent les plantes aquatiques en été et les plantes ligneuses en hiver, surtout les feuillus. Pour que l'orignal se contente des pousses du sapin baumier, il faut que l'hiver soit particulièrement rigoureux. L'abroutissement intensif et sélectif par l'orignal joue sur l'évolution du paysage forestier et, par conséquent, sur tout l'écosystème. Il se peut que l'orignal soit en train de remodeler la forêt boréale dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

En Nouvelle-Écosse continentale, la population d'orignaux est faible. Alors pourquoi ne pas y déplacer des orignaux du Cap-Breton? Les orignaux du parc national sont les descendants de 18 sujets originaires de l'Alberta, bien différents de la sous-espèce de la Nouvelle-Écosse. Le jumelage des deux populations aurait pour conséquence d'altérer le patrimoine génétique unique des orignaux du continent. S'il y a lieu, l'augmentation de la population d'orignaux de la Nouvelle-Écosse continentale doit se faire avec des sujets du Nouveau-Brunswick ou de Terre-Neuve, qui appartiennent au même fonds génétique.

En 2000, le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton a entrepris une étude quinquennale de l'orignal avec la collaboration du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse et de la Eskasoni Fish and Wildlife Commission. Cette étude permettra de recueillir des données précises sur l'orignal du Cap-Breton, notamment la taille et la composition de la population, les mouvements saisonniers, le domaine vital et l'utilisation de l'habitat.