Parc national du Canada Terra-Nova

La forêt de Terra-Nova change pour le pire...

La forêt qui recouvre le parc Terra-Nova est en train de changer. Habituellement, ces changements sont positifs. Des arbres meurent parce qu'ils sont rongés par des insectes, détruits par le feu ou parce qu'ils atteignent leur âge maximal, changements qui font tous partie du cycle naturel des forêts. Les arbres morts créent des puits de lumière, lesquels permettent à de jeunes plantes à fleurs, arbrisseaux ou arbustes de pousser. Et ainsi renaît la forêt et toute une variété d'espèces animales telles que le renard roux, le martre de Terre-Neuve ou les oiseaux chanteurs qui y trouvent tous refuge, et des espèces indigènes telles que le castor qui y trouvent une nouvelle source de nourriture.

Hélas, une grande partie de la forêt de Terra Nova meurt à un rythme démesuré et les changements qui en résultent n'augurent rien de bon. En effet, à certains endroits, les sapins baumiers, les bouleaux, les érables et plusieurs autres espèces d'arbres et d'arbustes, lesquels jouent un rôle crucial dans la forêt, sont en train de disparaître. Par exemple, la sapinière le long de la route Blue Hill, qui avait été détruite par les insectes à la fin des années soixante-dix, devrait à ce jour être une forêt en pleine croissance. Malheureusement, la région toute entière a vu sa forêt autrefois riche et saine se transformer en un espace découvert dans lequel poussent essentiellement des herbages graminés, des fougères, des arbustes et des plantes non indigènes.

Voici les conséquences du broutage des orignaux sur une période de vingt ans
Voici les conséquences du broutage des orignaux sur une période de vingt ans : des espaces découverts où les arbres ne se renouvellent plus.
© Parcs Canada

Pourquoi la forêt s'est-elle dégradée?

La réponse à cette question se trouve à l'intérieur de l'aire clôturée le long de la route Blue Hill. Il y a plus de dix ans, les employés du parc ont clôturé deux aires de manière à empêcher les animaux d'y entrer pour étudier les orignaux et les lièvres d'Amérique ainsi que les conséquences qu'ils ont sur le renouvellement naturel des forêts. Le coupable de la disparition des forêts est-il l'orignal ou le lièvre d'Amérique, ou est ce ces deux espèces introduites? Depuis ce temps, d'autres aires semblables ont été aménagées afin de mesurer la gravité de ces conséquences sur le renouvellement de la forêt

Le feuillage d'un arbre en croissance à l'intérieur de l'aire clôturée sans orignaux.
Le feuillage d'un arbre en croissance à l'intérieur de l'aire clôturée sans orignaux
© Parcs Canada
Le feuillage d'un arbre qui ne se trouve pas dans l'aire clôturée à Blue Hill
Le feuillage d'un arbre qui ne se trouve pas dans l'aire clôturée à Blue Hill.
© Parcs Canada

Qu'est-ce que ces aires clôturées nous ont permis d'apprendre?

Nous avons constaté deux faits indéniables :

Tout d'abord, le lièvre d'Amérique, quoique en nombre très abondant, n'affecte pas le cycle naturel de reforestation de façon considérable.

Ensuite, et de plus grande importance, nous avons conclu que le broutage de l'orignal est la principale cause du non-renouvellement des forêts, car il empêche les sapins et les forêts de feuillus de pousser. Les arbres à l'intérieur des aires clôturées poussent sans problème en l'absence d'orignaux. On peut donc croire que les sapins et la forêt de feuillus ne se renouvelleront pas étant donné le nombre d'orignaux qui vivent dans le parc. Si vous désirez obtenir de plus amples renseignements sur ce problème d'envergure, visitez notre site Web à www.pc.gc.ca/terranova, ou venez en discuter avec un biologiste du parc.

Les effets néfastes du broutage de l'orignal
Les effets néfastes du broutage de l'orignal

Le broutage de l'original: Les effets néfastes du broutage de l'orignal sont évidents lorsque nous examinons ces deux arbres : à gauche, un sapin baumier d'un pied de haut qui a plus de 20 ans et qui devrait dépasser les dix pieds et à côté de ce dernier, un arbre à feuilles caduques qui a perdu presque tout son feuillage et son branchage.
© Parcs Canada