Parc national du Canada Fundy

Plateau des collines calédoniennes

Les collines calédoniennes s'élèvent rapidement à 300 mètres de la côte avoisinante. Le parc national Fundy est situé dans la zone de transition entre la forêt boréale composée strictement de résineux au nord et la forêt caducifoliée au sud.

Flore

Le chemin Laverty Le terrain vallonneux met en valeur le couvert forestier semblable à une somptueuse tapisserie aux couleurs et textures multiples.
© Parcs Canada/FNP collection/Barrett & MacKay/50-B-131

En général, les forêts du parc présentent un mélange d'épinette rouge, de sapin baumier, de bouleau jaune, de bouleau blanc et d'érable. C'est ce qu'on appelle la forêt acadienne. Tandis que les érables illuminent la forêt de leurs couleurs les plus brillantes de la mi-septembre à la mi-octobre, le sapin baumier parfume agréablement les forêts de Fundy. Le tapis forestier est constitué de mousse, de dryoptéride spinuleuse et de cornouiller. Vers le milieu et la fin de l'été, il est très courant d'y voir les grappes rouge vif des fruits du cornouiller.

Les peuplements de feuillus se trouvent au sud de la forêt acadienne et couvrent seulement environ 5,4 p. 100 du parc. Même si on les retrouve souvent dans la forêt mixte du parc, les feuillus ne se retrouvent en peuplements purs que sur les coteaux rocailleux bien drainés et exposés au sud. Le bouleau jaune, le plus gros des feuillus de Fundy, et le bouleau blanc, y sont les plus abondants. On y trouve aussi d'autres essences comme l'érable à sucre, l'érable rouge et le hêtre à grandes feuilles. Un groupe unique de végétaux, qu'on appelle les éphémères du printemps, poussent dans la forêt de feuillus. Ils fleurissent avant que les arbres n'aient leurs feuilles, à la fin mai. En quelques semaines seulement, des espèces comme la claytonie lancéolée et l'érythrone d'Amérique ont fleuri, puis ont disparu sous la terre, en attendant la poussée printanière de l'année suivante.

Red Spruce De gracieuses épinettes rouges servent d'abri aux randonneurs pédestres, aux campeurs et aux animaux.
© Parcs Canada/FNP collection/Michael Burzynski/7-A-040

La forêt de conifères représente l'élément boréal de la forêt acadienne. Vu la rareté des feux le long de la côte de la baie de Fundy, la tordeuse des bourgeons de l'épinette a été le principal agent de changement de la forêt d'épinette et de sapin et a maintenu la forêt dans un état d'équilibre dynamique. Les peuplements purs de conifères sont rares dans le parc national Fundy, mais on en trouve où l'on peut apprécier la majesté de la grande épinette rouge, qui peut vivre 200 ans ou plus. Le parc compte quelques-uns des derniers peuplements purs d'épinette rouge de l'est de l'Amérique du Nord.

Le parc national Fundy protège diverses variétés de végétaux. On y compte 658 espèces de plantes vasculaires, dont les fougères et les lycopodes claviformes qui se reproduisent par spores. Des plantes à fleurs, comme la rare primevère laurentienne qu'on trouve seulement dans le parc national Fundy au Nouveau-Brunswick, est une plante qui pousse à flanc de falaise, relique d'un climat froid.

Les bryophytes comme les mousses et les hépatiques, sont moins connues. Ces petites plantes poussent souvent sur les rochers et les troncs d'arbre. Un grand nombre d'entre elles poussent également sur le tapis forestier. On compte 276 espèces de bryophytes dans le parc national Fundy.

Lichens Les lichens prospèrent dans les forêts qui longent la côte. Comme ils n'ont pas de racine, ils ont besoin pour vivre de l'humidité contenue dans l'air. La baie offre de l'air humide en abondance!
© Parcs Canada/FNP collection/Hank Deichman/4-B-067

On a recensé plus de 400 espèces de lichens dans le parc national Fundy. Ces petits végétaux, dont peu de gens connaissent le nom, recouvrent le tapis forestier, les rochers et les troncs d'arbre. Un seul arbre peut parfois en abriter jusqu'à 30 espèces! Le lichen n'endommage pas les arbres sur lesquels il pousse, il s'en sert simplement pour éviter la concurrence d'autres végétaux plus gros au sol.

Tourbières

La primevère laurentienne Quelques plantes comme la primevère laurentienne ont commencé à pousser ici lorsque les glaciers se sont mis à fondre. Ces plantes vivent toujours dans les parties du parc les plus froides et les plus exposées aux intempéries.
© Parcs Canada / Michael Burzynski

Dans les zones humides et peu drainées, par exemple le long du sentier de la Plaine du caribou, l'épinette noire et le mélèze poussent dans un épais tapis de sphaigne. Certains de ces arbres rabougris sont vieux de plus d'un siècle; pourtant leur taille ne dépasse pas celle d'une personne. L'absence de nutriments dans ce sol naturellement acide limite leur croissance. Certaines plantes des tourbières ont trouvé des moyens de suppléer à leur maigre régime en attrapant et en mangeant des insectes. Trois espèces de plantes insectivores vivent dans la tourbière de la Plaine du caribou : la sarracénie pourpre, le rossolis et l'utriculaire.

Les eaux peu profondes des étangs et des cours d'eau qui entourent la tourbière fourmillent de vie. Au crépuscule ou à l'aurore, l'orignal et le castor s'y activent et s'y nourrissent des succulents nénuphars à fleurs jaunes. Même si l'eau de l'étang de la tourbière est trop acide pour que la plupart des oeufs de grenouilles et de poisson y éclosent, de nombreuses grenouilles adultes vivent dans l'étang ou à proximité.

Faune

Oiseaux

Fundy est bien situé sur la voie migratoire de l'Atlantique et plus de 260 espèces d'oiseau ont été identifiées dans le parc ou la baie contiguë. De ce nombre, quelque 95 espèces ont niché dans le parc. Compté parmi les espèces communes du parc sont plusieurs sortes de parulines, le grand-pic, le junco, le bec-croisé à ailes blanches, le grand héron, le cormorant, le decasseau semi-palmé et le pluvier semi-palmé. Le faucon pèlerin, qui avait disparu au moment de la création du parc en 1948, a maintenant été réintroduit avec succès.

La gélinotte huppée est une habituée des forêts de Fundy. Au début du printemps, on peut entendre résonner les coups sourds du tambourinage du mâle.

Amphibiens

Les nuits du printemps et du début de l'été vibrent sous les appels d'accouplement lancés par les grenouilles et les crapauds. Les premières à se faire entendre sont les grenouilles des bois et les minuscules rainettes crucifères dont les sifflements aigus se transforment en un concert strident dans les étangs obscurs. À ces sons se mêlent rapidement les longs trilles des crapauds d'Amérique. Vivent aussi dans les étangs marécageux et les lacs les grenouilles léopards et les grenouilles des marais, dont les croassements et les grognements se mêlent aux « ploufs » des grenouilles vertes et, plus tard dans l'été, aux croassements sourds des ouaouarons.

Les salamandres, autres amphibiens du parc, sont muettes. Sept espèces vivent dans les endroits humides : les salamandres maculées, les salamandres rayées et les salamandres à quatre doigts vivent dans les baissières moussues et à l'intérieur des bûches en décomposition, tandis que les salamandres sombres, les salamandres à points bleus et les salamandres à deux lignes vivent sous les roches, près des sources et des ruisseaux. Les tritons adultes, quant à eux, vivent dans les étangs et les lacs.

Trois de ces sept espèces sont considérées comme rares. Les salamandres à quatre doigts ne se trouvent nulle part ailleurs au Nouveau-Brunswick et Fundy est le seul parc national canadien connu pour abriter des salamandres sombres. La troisième espèce rare est la salamandre à points bleus.

Reptiles

Il n'y a pas de tortues à Fundy. Le terrain accidenté et les caractéristiques rocailleuses et marécageuses des lacs les ont empêchées de s'y établir.

On trouve dans le parc national Fundy quatre espèces de reptiles. L'espèce la plus courante et la plus importante est la couleuvre rayée. Ces couleuvres, qui peuvent mesurer jusqu'à un mètre de long, se nourrissent de petits mammifères, de grenouilles, d'oisillons et d'insectes.

Les couleuvres vertes, de couleur émeraude sur le dos et crème sur le ventre, mesurent environ 50 cm de long. Comme la couleuvre à ventre rouge plus petite, on les trouve le plus souvent dans les vieux champs et près des amas de roche. Les deux se nourrissent principalement d'insectes. La couleuvre à collier est rare. Elle ne mesure que 30 cm de long à l'âge adulte et elle se nourrit la nuit d'insectes et de salamandres.

Il n'y a pas de couleuvres venimeuses dans le parc national Fundy.

Mammifères

On peut observer, dans le parc national Fundy, des mammifères dans leur habitat naturel, en particulier le long des sentiers et des cours d'eau où les clairières abondent. Parmi les 38 espèces qui vivent dans le parc, les plus courantes sont le lièvre d'Amérique, le tamia, l'écureuil roux, la chauve-souris brune, le coyote, le chevreuil de Virginie et l'orignal. Les orignaux sont les plus gros animaux du parc et peuvent peser jusqu'à 1000 kilogrammes. Ils se nourrissent principalement dans les lacs et les terres humides, mais on peut également les apercevoir le long des routes au crépuscule. Les panneaux d'avertissement le long de la route ne s'y trouvent pas inutilement, tenez-en compte!

Lorsque la nuit tombe à Fundy, la forêt s'anime. De nombreuses espèces sont nocturnes, y compris diverses souris et musaraignes, des ratons laveurs, des ours noirs, des castors et des grands polatouches.

Écureuil volant Les polatouches ou écureuils volants dorment le jour dans les cavités d'arbres morts. Une forêt plus mature leur procure l'espace et les grands arbres dont ils ont besoin pour se mettre à l'abri et s'élancer d'une branche à l'autre.
© Parcs Canada / Brian Townsend

Le grand polatouche nocturne est presque aussi commun que l'écureuil roux diurne dans les forêts de Fundy. Il a fait l'objet d'études. Des recherches récentes montrent qu'il existe un lien important entre le régime de cet animal et les arbres. Il se nourrit d'une sorte particulière de champignons dont le carpophore se trouve dans le sol. Ces champignons poussent à proximité des racines des arbres et d'autres plantes et les aident à extraire des nutriments des sols pauvres. Le polatouche aide à la propagation des champignons par ses excréments, ce qui contribue à la croissance d'une forêt saine.