Parc national du Canada Fundy

Intégrité écologique

Retour à la nature

Il y a plusieurs années, sur une parcelle de terre écartée située dans la partie nord du parc national Fundy, l'être humain a transformé une section de la forêt acadienne en un ruban de route en gravier. Avec le temps, on a de moins en moins emprunté la route Laverty, ce qui fourni au parc une occasion de restauration naturelle. Grâce à l'attention qu'on accorde actuellement à la restauration de l'état naturel dans les parcs nationaux - un état d'équilibre écologique - on a procédé à la restauration de cette route pour y rétablir l'état naturel de la forêt acadienne d'autrefois. C'est un pas vers le retour à la nature.

Les parcs nationaux du Canada ont été mis sur pied il y a plus de cent ans; ils étaient alors « des îlots de civilisation dans une étendue à l'état sauvage. » L'intervention humaine avait alors un impact important. Les terres ont été déboisées pour laisser place aux parterres soignés. Des platebandes de fleurs décoratives ont été aménagées et bien entretenues. Des stations de ski, des terrains de golf et d'autres attractions non naturelles ont été aménagées, essentiellement des endroits destinés aux loisirs.

Alors que les parcs nationaux sont toujours destinés aux loisirs, l'écologie marque désormais leur orientation. Aujourd'hui, le principal mandat des parcs nationaux consiste à assurer le maintien de l'équilibre de la nature, ou l'intégrité écologique. Ils deviennent graduellement « des îlots à l'état sauvage dans une étendue de civilisation .» La restauration de la route Laverty dans le parc Fundy en est un excellent exemple.

« La route Laverty divise la partie nord du parc en deux » explique Jane Watts, une garde au parc Fundy et la coordonnatrice du projet de restauration. « La route servait de barrière au mouvement naturel des animaux. Selon le mandat d'intégrité écologique de Parcs Canada, nous avons cru qu'il importait de rétablir ce tronçon de route de quatre kilomètres à son état naturel. »

Le rétablissement d'une route à son état naturel a nécessité un travail considérable. Comme un sarcloir gigantesque, un scarificateur a retourné la terre là où se trouvait la route, afin d'ameublir le sol et d'ainsi permettre à l'équipe de restauration, qui comptait des étudiants embauchés pour l'été, de repiquer de petits arbres et d'autres plantes de la région adjacente. « Parce qu'il s'agit de plantes qui croissent naturellement dans la région, elles constituent un échantillon représentatif de la forêt acadienne, » indique Watts. « Nous ne voulons pas nuire à l'intégrité écologique de la région en introduisant de nouvelles espèces. » Certaines sont plantées par le biais de couvertures biodégradables de contrôle de l'érosion installées sur les pentes raides, comme sur les rives du ruisseau Caines. « Ces couvertures s'effaceront de façon naturelle d'ici deux ans, alors que ces plantes se seront enracinées de façon à prévenir l'érosion, » explique Watts. Les problèmes d'érosion ont aussi entraîné l'aménagement de plusieurs tranchées qui traversent l'ancienne route aux endroits où l'eau passe naturellement.

Sur le tronçon de la route en gravier restauré il y a un an, près de 95 pourcent des plantes repiquées ont survécu tandis que la végétation spontanée s'est auto-ensemencée avec succès. Voilà de quoi réjouir Jane Watts. « Dans 20 ans, il ne devrait pas y avoir de trace de la présence humaine, » renchérit-elle. « Voilà une excellente nouvelle. »

À l'endroit où se trouvait une route en gravier, des pistes d'orignaux et de chevreuils ont remplacé les traces de pneus. Les chants d'oiseaux ont remplacé le grondement des autos et le ruissellement du ruisseau Caines rappelle le son de la nature qui nous sourit. L'humain a construit cette route, puis l'a redonnée à la fôret. La restauration de la route Laverty marque un tournant important du retour à la nature pour le parc national Fundy.