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Prévision des avalanches

Entre 1885 et 1911, plus de 250 hommes ont perdu la vie dans des avalanches dans le secteur du col Rogers, au parc national des Glaciers. Le pire incident s’est produit dans la nuit du 4 mars 1910, alors qu’une équipe de 58 hommes s’affairait à dégager la voie du Chemin de fer Canadien Pacifique, qu’une avalanche du mont Cheops avait recouverte de neige. Les travailleurs ont été ensevelis par une importante avalanche qui a dévalé, de l’autre côté de la vallée, les pentes abruptes du mont Avalanche, qui porte bien son nom. Un seul homme a survécu. Peu de temps après, l’entreprise a entrepris la construction d’une série de paravalanches afin de protéger la voie ferrée. Puis, en 1916, le tunnel Connaught a été achevé pour protéger de façon permanente la voie ferrée et les travailleurs dans le tronçon le plus dangereux du col.

La science de la neige

Si nous n’avons pas encore totalement réussi à démystifier les avalanches, la science qui cherche à les comprendre et l’art de prévoir le moment où elles risquent le plus de se produire ont tout de même beaucoup évolué depuis un siècle. Les hommes et les femmes qui s’affairent à prévoir les risques d’avalanches sont des spécialistes qualifiés qui surveillent avec diligence et constance le manteau neigeux tout au long de la saison hivernale. Bien que personne ne puisse déterminer avec certitude la stabilité de la neige sur une pente donnée, les prévisionnistes savent observer et évaluer les nombreux indicateurs fournis par dame nature. En effet, le manteau neigeux subit des transformations à chaque chute de neige, qu’elle soit légère ou abondante, et chaque jour, que le temps soit venteux, nuageux ou dégagé. Il réagit à des facteurs tels que les précipitations, la température, l’humidité, la couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent ainsi que le terrain sous-jacent.

Maintenir un haut niveau de compétence en alpinisme et en ski fait partie du travail des spécialistes de sécurité en montagne. Maintenir un haut niveau de compétence en alpinisme et en ski fait partie du travail des spécialistes de sécurité en montagne.
© Parcs Canada

Profil stratigraphique

La méthode la plus fréquemment utilisée pour évaluer l’état du manteau neigeux est l’établissement d’un profil stratigraphique. Les skieurs établissent le profil d’une pente semblable, sur le plan de l’inclinaison et du versant, à celle qu’ils veulent dévaler, tandis que les chercheurs étudient d’une journée à l’autre des pentes d’inclinaison différentes sur plusieurs versants. Pour établir un profil stratigraphique, ils creusent un trou aux parois lisses pour révéler les nombreuses couches du manteau neigeux qui se sont accumulées au cours de la saison, à chaque chute de neige. L’examen de la taille, de la forme et de la consistance des flocons qui forment ces couches procure des renseignements sur l’adhésion (faible ou forte) des couches entre elles.

Les prévisionnistes d'avalanche de Parcs Canada sont sur le terrain quotidiennement durant la saison hivernale afin d'étudier le manteau neigeux. Les prévisionnistes d'avalanche de Parcs Canada sont sur le terrain quotidiennement durant la saison hivernale afin d'étudier le manteau neigeux.
© Parcs Canada

Dans les parcs nationaux des montagnesles spécialistes du Programme de sécurité en montagne sont sur le terrain presque chaque jour de l’hiver afin de creuser des trous, d’établir des profils stratigraphiques et de rassembler les données nécessaires à la rédaction des bulletins d’avalanche. Ceux-ci décrivent les conditions actuelles et fournissent des prévisions sur la façon dont le manteau neigeux risque de réagir aux changements des conditions météorologiques, de la température et du vent attendues pour les jours qui suivent. Bien souvent, les Rocheuses connaissent de longues périodes de froid et un enneigement peu important, ce qui donne un manteau neigeux peu épais présentant une faible adhésion. Dans la chaîne Selkirk, dans les parcs nationaux des Glaciers et du Mont-Revelstoke, le manteau neigeux est généralement plus épais et cohésif, car les températures y sont plus douces et constantes et les chutes de neige, plus fréquentes. Précisons en terminant que malgré toutes les méthodes scientifiques avancées dont nous disposons, la prévision des avalanches continue de relever autant de l’art que de la science.