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Rapports d'accidents

Les rapports qui suivent décrivent de véritables accidents survenus dans les parcs nationaux des montagnes. Ils sont publiés sur ce site Web afin que les visiteurs puisent apprendre des erreurs commises par les autres et de leurs mésaventures.

Rapports d'accidents - 2010 (en commençant par le plus récent) :

decembre :

Glaciériste coincé sous la glace au canyon Johnston, parc national Banff, le 13 décembre 2010

novembre :

Randonneur blessé sur le sentier du Lac-Agnes, parc national Banff, le 10 novembre 2010

août :

Chute d'un premier de cordée sur le parcours Dan's Delight, le 28 août 2010
William Holland, Slipstream, le 15 août 2010
Grimpeurs en détresse au lac Rockbound, e 23 août 2010
Grimpeurs en détresse sur le mont Rundle, le 23 août 2010
Grimpeurs en détresse sur le mont Devils Thumb, le 7 août 2010
Alpinistes en détresse sur la crête nord-ouest du mont Sir Donald, le 6 août 2010
Grimpeurs en détresse sur le mont St. Piran, le 6 août 2010
Chute sur la neige, mont Robson, parc provincial du Mont-Robson, le 2 août 2010

juillet :

Chute d’un grimpeur sur le mont Norquay, le 30 juillet 2010
Alpinistes en détresse, lac Louise, le 21 juillet 2010
Alpinistes en détresse, amphithéâtre Cascade, le 21 juillet 2010
Chute d'un premier de cordée sur le mont MacDonald, le 7 juillet 2010

juin :

Chute du haut d'un escarpement, mont St. Piran, le 24 juin 2010
Chute du haut d'un escarpement rocheux, belvédère du Lac-Peyto, le 20 juin 2010

mai:

Glissade incontrôlée, mont Whistler, le 1er mai 2010

mars :

Chute du premier de cordée, versant nord du mont Temple, le 25 mars 2010
Rupture d'une corniche, pic Ursus Minor, le 7 mars 2010

février :

Accident d'un grimpeur en premier de cordée – Chutes Cascade, le 13 février 2010


Glaciériste coincé sous la glace au canyon Johnston, parc national Banff, le 13 décembre 2010

Le présent rapport concerne un glaciériste qui marchait seul sur la glace en aval du sentier de randonnée principal du canyon Johnston. Il était muni de crampons et d’un piolet. Le marcheur a pénétré dans le canyon proprement dit à environ 300 m du terrain de stationnement. De là, il a dû effectuer plusieurs traversées hasardeuses du ruisseau pour progresser vers l’amont. Après une distance de quelque 400 m au fond du canyon, la glace a cédé sous son poids, mais il a réussi à s’agripper à la glace. La force du courant a cependant fini par lui faire lâcher prise. Il a été emporté sous la glace et a réussi à s’arrêter à environ 10 m en aval de l’endroit où il était tombé à l’eau. Il y avait à cet endroit une grotte qui contenait une poche d’air entre la glace et l’eau, et celle-ci était juste assez grande pour qu’il puisse y demeurer en position accroupie. Le glaciériste était submergé jusqu’à la taille.

Une fois dans la grotte, il a tenté de percer un trou dans la glace avec son casque, le courant ayant emporté son piolet. Ses efforts sont cependant demeurés vains, et il a dû prendre une décision difficile. Lorsqu’il était à la surface, il avait remarqué une brèche dans la glace, à une quinzaine de mètres en aval de la grotte. Il a entrepris de poursuivre sa route vers l’aval, sous la glace, dans l’espoir de retrouver cette ouverture. Cette décision lui a sauvé la vie. Il a progressé vers l’aval dans des conditions encore plus douteuses (moins d’air, plus d’eau et roches au fond de l’eau), mais il a réussi à regagner la surface par l’ouverture qu’il avait aperçue plus tôt.

Les promeneurs présents sur les lieux de l’incident racontent avoir vu et entendu un homme coincé sous la glace. C’était probablement au moment où il tentait de percer un trou à la surface depuis la petite grotte où il était prisonnier. Ces promeneurs ont alerté le Service de répartition de Banff, qui a acheminé l’appel à la Sécurité des visiteurs. Quelques minutes plus tard, ces mêmes promeneurs ont vu l’homme émerger à la surface par la brèche dans la glace. Le glaciériste se trouvait dans le canyon, sur la glace, encore partiellement submergé. Trois des promeneurs ont attaché un câble de remorquage à une laisse à chien qu’ils ont fixée à une branche d’arbre. Le cordage ainsi fabriqué était suffisamment long pour atteindre la victime, qui se trouvait à une dizaine de mètres de la glissière de sécurité du sentier. Ils ont ainsi réussi à hisser l’homme jusqu’à eux et l’ont enveloppé de manteaux chauds dans l’attente des secouristes. Peu après, sept spécialistes de la Sécurité des visiteurs sont arrivés avec une civière, un sac de couchage et des compresses chaudes. La victime a été enveloppée et transportée sur la civière jusqu’aux SMU de Banff qui attendaient au point de départ du sentier.

Le cercle rouge illustre l'endroit où le glaciériste est tombé sous la glace. Il est remonté à la surface à une distance de 25 m en aval
Le cercle rouge illustre l'endroit où le glaciériste est tombé sous la glace. Il est remonté à la surface à une distance de 25 m en aval.© Parcs Canada

Analyse

Le glaciériste est extrêmement chanceux d'avoir la vie sauve. Dans la plupart des cas, les incidents de ce genre se terminent par une récupération du corps. Avant de s'aventurer sur de la glace qui recouvre un cours d'eau ou un lac, les amateurs de plein air doivent avoir une certitude presque totale que la surface est adéquatement gelée. Sur un lac, la glace doit avoir une épaisseur d'au moins 8 cm. Dans le cas d'un cours d'eau, il est recommandé de prévoir une marge plus grande, compte tenu du grand nombre de variables en jeu. Les glaciéristes auraient également tout avantage à se déplacer par équipes de deux pour réduire leur vulnérabilité. En outre, il convient d'aborder ici une seconde question. Les promeneurs qui se trouvaient sur les lieux ont joué un rôle clé dans le sauvetage de cet homme. Il est très difficile de décider s'il convient de prêter assistance à quelqu'un dans une situation périlleuse, en raison des nombreux risques auxquels s'exposent les sauveteurs improvisés. Les parcs des montagnes ont à leur service, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, une équipe de professionnels qui se tiennent prêts à intervenir dans l'arrière-pays, quelle que soit la situation. Les visiteurs du parc ne devraient venir en aide aux victimes que s'ils estiment pouvoir le faire sans danger et que si les personnes en détresse sont dans une SITUATION DE VIE OU DE MORT. Si le sauvetage se révèle risqué ou s'il NE S'AGIT PAS d'une situation de vie ou de mort, il est préférable d'attendre l'arrivée des spécialistes de la Sécurité des visiteurs. L'incident pourrait avoir des conséquences bien plus graves s'il fallait aussi assurer le sauvetage des promeneurs.

Randonneur blessé sur le sentier du Lac-Agnes, parc national Banff, le 10 novembre 2010

Un Texan qui faisait de la randonnée seul a gagné le lac Agnes par le très populaire sentier de randonnée. Il y avait très peu de neige au sol autour du lac Louise et dans les environs. Par contre, les sentiers menant au lac Agnes étaient enneigés. Au retour, pendant sa descente vers le Chateau, le randonneur a fait une chute vers l’arrière et a entendu un fort claquement provenant de sa jambe gauche. Craignant une fracture, il s’est arrêté et a appelé les services d’urgence pour leur demander de l’aide. Le blessé a également appelé un ami à son secours.

Le rapport initial reçu par le Service de répartition de Banff faisait état d’un homme âgé de près de 60 ans qui avait subi une fracture à la jambe en amont du lac Louise. L’appel a été acheminé à un spécialiste de la Sécurité des visiteurs qui a recueilli de l’information sur l’emplacement du blessé. Cette information a ensuite été transmise à un spécialiste local de la Sécurité des visiteurs, et celui-ci s’est rendu à pied jusqu’au blessé. Il a évalué le randonneur et a soigné sa blessure au genou en lui mettant la jambe dans une attelle pour l’immobiliser. Comme le sentier était très glissant, le sauveteur a établi qu’il serait trop dangereux de placer la victime sur une civière et de tenter de la ramener à pied au bas de la montagne. Pendant qu’il administrait des soins au randonneur, une équipe de la Sécurité des visiteurs se préparait en vue d’un héliportage. Le sentier est densément boisé, et les arbres font plus de 100 pieds de hauteur. L’hélicoptère a déposé les spécialistes de la Sécurité des visiteurs sur le sentier, où le randonneur blessé a été placé dans une housse Baumann (pour l’héliportage horizontal d’un patient sur une planche dorsale), puis transporté jusqu’au terrain de stationnement. Le patient a ensuite été pris en charge par les SMU de Banff.

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hélicoptèrehélicoptère/© Parcs Canada

Analyse

Même s’il y avait très peu de neige au sol, les tronçons ombragés du sentier étaient suffisamment enneigés pour que, après le passage de plusieurs centaines de personnes, la chaussée devienne très glissante et n’offre que peu de traction à des chaussures usées. Il est beaucoup plus facile de monter sur une surface glissante que d’en descendre, parce que les déplacements se font plus lentement contre la gravité. Pendant la descente, le randonneur a gagné trop de vitesse et a fait une chute dans une position inhabituelle, ce qui a provoqué une déchirure du ligament rotulien. Les chaussées enneigées sont souvent glissantes, mais il est possible de remédier en partie au problème en portant des chaussures appropriées, telles que des chaussures à crampons amovibles. Pendant l’opération de sauvetage, l’équipe de la Sécurité des visiteurs a observé un grand nombre de personnes qui glissaient sur le sentier. Heureusement pour ces randonneurs, ils se sont simplement retrouvés le derrière sur la neige!

Chute d'un premier de cordée sur le parcours Dan's Delight, parc national Banff, le 28 août 2010

Deux alpinistes chevronnés ont entrepris l'escalade du parcours Dan's Delight, qui longe l'éperon Bankhead, sur le mont Cascade, à une heure raisonnable en matinée. Ce parcours de catégorie 5,6 a été escaladé pour la première fois en 1971. Les deux compagnons ont atteint le sommet de la troisième longueur sans incident. En escaladant la quatrième longueur, le premier de cordée a été frappé par une roche qui lui a fait perdre l'équilibre et l'a entraîné dans une chute de 20 m. Un point de fixation s'est délogé, ce qui a accru la distance de sa chute. Heureusement, il s'est arrêté parallèlement au relais d'assurage, qui était formé de deux pitons à expansion solides. Son partenaire a réussi à le faire redescendre et à le ramener sur le côté, à un endroit où une saillie inclinée pouvait soutenir le poids de son ami grièvement blessé. Il l'a arrimé directement au point d'assurage et a ensuite fixé la corde au relais d'assurage. Après avoir sécurisé les lieux, l'alpiniste a appelé le Service de répartition d'urgence du parc national Banff.

Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés immédiatement, pendant qu'un garde de parc s'est rendu en voiture à un endroit d'où il pouvait observer le parcours à l'aide de jumelles. Le garde de parc a pris contact avec la Sécurité des visiteurs pour annoncer qu'il voyait un groupe d'alpinistes progressant bien sur le parcours Valley View et, plus à la droite, deux personnes très près l'une de l'autre, sur le parcours Dan's Delight. L'équipe de la Sécurité des visiteurs s'est rendue directement sur les lieux en hélicoptère et a repéré les alpinistes avec l'aide du garde de parc au sol. Après une vérification de l'alimentation électrique, le pilote a déposé l'équipage à une aire de rassemblement de la carrière Cascade. L'un des sauveteurs s'est fait héliporter à l'endroit où se trouvaient les alpinistes pour évaluer la situation. Il a pris contact avec l'appareil pour dresser la liste des articles nécessaires pour le sauvetage, puis le deuxième sauveteur s'est fait transporter sur les lieux à son tour avec l'équipement demandé. Les deux sauveteurs ont dû travailler d'arrache-pied pour envelopper la victime dans un sac de sauvetage Bauman (dispositif servant au transport de blessés), du fait que la saillie inclinée était très étroite et instable. Une fois le patient bien en place, les sauveteurs ont rappelé l'hélicoptère. L'un d'eux a accroché le sac de sauvetage à l'élingue et s'y est fixé solidement pendant que l'autre libérait la charge du point d'assurage. L'hélicoptère a ensuite effectué un second voyage pour transporter l'alpiniste non blessé et le deuxième sauveteur. La victime a été déposée à l'aire de rassemblement, où attendaient les SMU de Banff.

Le grimpeur en détresse est visible dans le cercle en rouge. Cette photo a été prise de l'hélicoptère pendant que les spécialistes survolaient le secteur. Observez le terrain extrêmement escarpé en amont et en aval. Le grimpeur en détresse est visible dans le cercle en rouge. Cette photo a été prise de l'hélicoptère pendant que les spécialistes survolaient le secteur. Observez le terrain extrêmement escarpé en amont et en aval.
© Parcs Canada

Analyse


Puisque les alpinistes avaient suffisamment d'expérience pour entreprendre l'excursion choisie, il s'agit ici d'une question de malchance. Les roches instables sont une réalité bien concrète dans les parcs nationaux des montagnes, et elles peuvent parfois se déloger et faire perdre pied aux alpinistes. Il importe également de mentionner que ce premier de cordée avait placé des points de fixation suffisants sur la longueur qu'il parcourait. Le point de fixation supérieur s'est délogé, mais ce genre d'événement fortuit peut survenir en tout temps. Ce qu'il faut retenir, c'est que les points de fixation ont fait leur travail, c'est-à-dire qu'ils ont arrêté sa chute. La victime a souffert d'une fracture à la cheville ainsi qu'aux côtes, ce qui a entraîné un pneumothorax. Il avait également une épaule disloquée, des sensibilités localisées au dos et à la colonne vertébrale ainsi que des lacérations au visage. Son casque était fissuré; le fait qu'il le portait lui a probablement sauvé la vie.

William Holland, Slipstream, parc national Jasper, le 15 août 2010

La voie de glace Slipstream est légendaire. Paroi verticale de près d'un kilomètre, cette cascade glacée ressemble bien plus à une odyssée alpine que de nombreuses autres voies de glace du secteur du champ de glace Columbia. Objectif dont rêvent les alpinistes chevronnés, le parcours Slipstream a fait battre en retraite un grand nombre d'excursionnistes en raison de l'ampleur de l'entreprise. D'autres groupes ont été chassés par des avalanches à l'approche de ce géant glacé, et quelques rares alpinistes ont réussi à se frayer un passage sur la majestueuse paroi est du mont Snowdome. C'est sans compter les aventuriers hardis qui sont partis à sa conquête pour ne plus jamais revenir.

Le 3 avril 1989, deux groupes ont entrepris l'escalade du parcours Slipstream. Bill et Chris, deux Américains en visite, ont suivi les pistes laissées par des alpinistes de la région pour avancer sur le terrain facile de la partie inférieure du parcours. Ken et Rick se sont présentés lorsque les deux groupes ont pris une pause ensemble, et tous se sont entendus pour que les Américains partent en premier sur la voie de glace presque verticale. Il s'agissait d'une bonne décision; le groupe de tête avançait de manière soutenue, à tel point que la distance entre les deux groupes s'est accrue. Les deux groupes ont atteint le sommet après une ascension « sans incident ». Comme le sait tout alpiniste expérimenté, le sommet du parcours ne marque que la première moitié de l'excursion.

Chris et Bill ont célébré leur réussite par un repas léger. Après des heures passées sur une paroi presque verticale, la marche sur du terrain plat au sommet du mont Snowdome a pris l'allure d'une agréable balade. Le groupe a ensuite amorcé la descente dans des conditions venteuses, parfois ponctuées de voiles blancs. Bill transportait le rouleau de corde sur son dos, là où il serait rapidement accessible en cas d'urgence. Avançant avec peine en raison de la faible visibilité, Bill sondait le terrain avec son bâton de ski et s'est approché de la corniche du mont Snowdome dans l'espoir d'obtenir une échappée sur la ravine où ils étaient censés descendre. Chris observait intensément la scène, mais il n'a rien pu faire lorsque la neige s'est affaissée sous les pieds de Bill et que son compagnon a disparu dans le précipice.
Les cris se perdent dans le vent et l'environnement monochrome. Le sifflement du vent est assourdissant et silencieux tout à la fois. Chris s'est retrouvé seul. L'espoir était sa seule arme – l'espoir que Bill réponde à ses appels, l'espoir que Ken et Rick arrivent bientôt.

Après une heure et demie, les alpinistes locaux ne l'avaient toujours pas rejoint. Chris a donc décidé d'entreprendre la descente. Le stress nuisait à sa capacité de prendre les plus élémentaires des décisions; cependant, le malaise engendré par l'idée d'amorcer une descente de haut niveau, sans corde et en solitaire, a eu raison de Chris. Il a reculé et a commencé à faire les cent pas tout en évaluant ses options, lorsque Ken et Rick sont apparus.

Les trois alpinistes ont entrepris ensemble la descente des pentes supérieures de la montagne. Inlassablement, le mont Snowdome a multiplié les obstacles. Ken est tombé dans une rimaye, et Rick s'est disloqué l'épaule pendant la descente vers le camp de base. Il fallait maintenant prendre soin de Rick, et, après l'avoir installé dans un endroit à peu près confortable, Chris et Ken sont repartis à skis en direction de la route pour appeler à l'aide.

L'équipe de sauveteurs de Parcs Canada a activé le dispositif de recherche tôt le lendemain matin. Rick a été évacué par hélicoptère avant 10 h, après quoi l'équipe s'est mise à la recherche de Bill. Les conditions météorologiques de plus en plus mauvaises ont cloué l'hélicoptère au sol pendant la majeure partie de la journée. Les chercheurs au sol ont eux aussi dû ronger leur frein, en raison d'un indice élevé de risque d'avalanche. À la fin de la journée, Bill n'avait toujours pas donné signe de vie, et la tempête hivernale faisait rage sur le champ de glace Columbia.

Le ciel a commencé à s'éclaircir dans l'après-midi du 8 avril, et plusieurs explosifs ont alors été déployés le long des ravines du mont Snowdome. Il fallait que ces déclenchements préventifs produisent de bons résultats pour que les sauveteurs puissent envisager d'emmener un chien renifleur en hélicoptère dans le secteur. Le rapport de sauvetage initial faisait état d'une « barre de séracs monstre » près du sommet du mont Snowdome, laquelle avait enveloppé le secteur d'un nuage de poudreuse pendant plus de cinq minutes. Le chien d'avalanche, le maître-chien et un autre chercheur ont passé un peu plus d'une heure à chercher dans les débris d'avalanche en aval de l'endroit où Bill était tombé. Entre-temps, l'hélicoptère a décapé la paroi est du mont Snowdome. Les équipes de recherche ont quitté le glacier à la nuit tombante.

Le lendemain, le soleil était au rendez-vous. Le vol effectué en matinée a révélé la présence d'une autre énorme barre de séracs qui s'était formée pendant la nuit. Ces fragments de glace bloquaient complètement le secteur que le chien d'avalanche avait ratissé la veille. En l'absence d'un seul indice, les recherches ont été suspendues en raison des dangers extrêmes auxquels s'exposaient les sauveteurs.
Adam et Matt passaient un excellent été à vivre et à travailler dans le parc national Jasper. Pour profiter de leur arrière-cour, ils ont fait une randonnée sur le glacier Dome, qui est recouvert d'une moraine. Ce glacier est alimenté par deux barres de séracs, l'une, immense, à l'ouest du mont Snowdome et l'autre, moins imposante, du côté est de la montagne. La barre fait plusieurs centaines de mètres de hauteur depuis un cirque situé sous la paroi est du mont Snowdome. Une excursion autour du sommet hydrographique de l'Amérique du Nord par une journée d'été parfaite tient d'une expérience spectaculaire – jusqu'à ce que vous vous trouviez nez à nez avec les restes momifiés d'un alpiniste depuis longtemps disparu…

Le 15 août 2010, deux randonneurs qui se trouvaient sur le glacier Dome, en aval du mont Snowdome, ont découvert le cadavre d'un alpiniste. La GRC et le cabinet du médecin légiste ont confirmé l'identité de la personne décédée. Le 16 août, à l'aide d'un hélicoptère, l'équipe de sauveteurs de Parcs Canada a réussi à récupérer le corps de William Holland, de Gorham (Maine). Les proches de la victime en ont été informés le 26 août 2010. Cette découverte est venue clore le dossier d'une personne disparue depuis 21 ans.


1 : Le sommet de la voie de glace Slipstream

1 : Le sommet de la voie de glace Slipstream
2 : L'endroit où la victime a disparu le 3 avril 1989
3 : L'endroit où le corps a été découvert le 15 août 2010
© Parcs Canada

Grimpeurs en détresse au lac Rockbound, parc national Banff, le 23 août 2010

Un groupe composé de trois grimpeurs sans expérience de Calgary est parti du point de départ du sentier du Lac-Rockbound à 6 h, dans l’intention de faire l’ascension du mont Castle par le parcours de grimpe. L’ascension s’est relativement bien déroulée. Une fois au sommet, les grimpeurs ont décidé de prendre un raccourci pour la descente. Ils ont aperçu le lac au pied de la montagne et ont amorcé la descente en ligne droite. Le parcours habituel contourne une grande barre rocheuse et ne descend pas directement vers le lac. Les grimpeurs ont parcouru environ 200 m sur du terrain de classe 4 et de classe 5 facile, ce qui signifie qu’ils devaient se servir de leurs mains et de leurs pieds pour descendre. Le risque de chute était élevé. Ils sont parvenus à un mur de rimaye où la descente était encore plus difficile. Deux des grimpeurs sont parvenus à descendre sans tomber. Le troisième grimpeur a fait preuve de sagesse en décidant d’attendre au sommet de la paroi et en demandant à ses compagnons d’aller lui chercher de l’aide. Un des grimpeurs a attendu au lac tandis que l’autre a couru sur le sentier jusqu’à ce qu’il obtienne un signal sur son téléphone cellulaire.

Le rapport initial obtenu par le Service de répartition de Banff contenait très peu de renseignements. Le signal était faible et la communication était constamment coupée. À l’origine, on croyait que le grimpeur en détresse était blessé et qu’il se trouvait près du lac Rockbound. Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs étaient sur les lieux d‘un autre incident à Lake Louise lorsqu’ils ont été informés de la situation, et ils sont partis directement au lac Rockbound en hélicoptère. Parce qu’il était possible qu’une personne soit blessée, deux autres spécialistes de la Sécurité des visiteurs de Banff et de Lake Louise ont été dépêchés sur les lieux. À bord de l’hélicoptère, l’équipe a rapidement repéré le grimpeur en détresse et a constaté qu’il n’était pas blessé. Les deux autres spécialistes ont été déposés à terre. Comme l’équipement se trouvait déjà à bord de l’hélicoptère, un des spécialistes s’est fait héliporter vers le grimpeur en détresse après avoir quitté l’aire de rassemblement sur les rives du lac Rockbound. Le sauveteur a installé le grimpeur dans un baudrier, et tous deux ont été ramenés au lac, où attendait le deuxième grimpeur. Les deux compagnons ont ensuite poursuivi leur route sur le sentier pour aller à la rencontre du troisième membre du groupe.

Le grimpeur en détresse est visible dans le cercle en rouge. Cette photo a été prise de l'hélicoptère pendant que les spécialistes survolaient le secteur. Observez le terrain extrêmement escarpé en amont et en aval.
Le grimpeur en détresse est visible dans le cercle en rouge. Cette photo a été prise de l'hélicoptère pendant que les spécialistes survolaient le secteur. Observez le terrain extrêmement escarpé en amont et en aval.
© Parcs Canada

Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs fait un compte rendu de la situation avec le grimpeur en détresse et son compagnon. L'emplacement du sauvetage est encerclé en rouge.
Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs fait un compte rendu de la situation avec le grimpeur en détresse et son compagnon. L'emplacement du sauvetage est encerclé en rouge.
© Parcs Canada

Analyse


De toute évidence, le groupe a opté pour un raccourci vers le lac Rockbound. Ce choix n’est jamais recommandé. La plupart du temps, les grimpeurs qui prennent un raccourci se retrouvent dans une situation de ce genre et finissent par prendre beaucoup plus de temps que prévu. Les deux membres du groupe qui ont descendu le mur de rimaye se sont exposés à un grand danger, puisqu’ils ne possédaient pas l’expérience nécessaire pour descendre. Ils ont été TRÈS chanceux de ne pas tomber. Compte tenu de son expérience très limitée, le dernier grimpeur a été bien avisé de ne pas descendre le mur de rimaye et d’appeler à l’aide.

Grimpeurs en détresse sur le mont Rundle, parc national Banff, le 23 août 2010

Le présent rapport concerne deux randonneurs sans expérience qui ont entrepris de grimper jusqu’au sommet du mont Rundle. Ils ont quitté le 15e trou du terrain de golf de Banff à 11 h et ont perdu la trace du sentier pendant qu’ils étaient encore sous la limite forestière. Les deux compagnons ont alors amorcé une montée à la verticale et se sont retrouvés dans une ravine profonde. Ils ont poursuivi leur ascension en grimpant sur du terrain meuble où la progression était difficile. Après avoir remonté les trois quarts de la ravine, ils se sont arrêtés et ont appelé le Service de répartition de Banff pour de l’aide.
Trois spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés de Banff. Une fois à bord de l’hélicoptère, ils sont entrés en communication par téléphone cellulaire avec les grimpeurs, qui leur ont fourni des détails sur leur emplacement exact. Les deux compagnons se trouvaient dans une ravine profonde sous une paroi en surplomb. Le terrain était trop escarpé pour que l’appareil puisse héliporter les sauveteurs directement sur les lieux. Après avoir évalué la situation, l’équipe de la Sécurité des visiteurs a jugé qu’il valait mieux déposer les sauveteurs à un endroit situé à proximité, pour qu’ils puissent ensuite y amener les grimpeurs en vue du transport par hélicoptère. Le premier sauveteur a été héliporté juste en amont des grimpeurs. Il a installé un dispositif d’ancrage pendant que les deux autres spécialistes se faisaient transporter jusqu’à lui. Une fois que les trois sauveteurs ont été réunis, l’un d’eux a descendu la paroi pour rejoindre les grimpeurs. Il les a ensuite pourvus de baudriers (dispositifs ressemblant à un harnais) et les a assurés (a utilisé une corde pour les protéger contre toute chute) pendant leur ascension jusqu’aux autres sauveteurs. De là, les grimpeurs se sont fait héliporter jusqu’à l’aire de rassemblement du terrain de golf de Banff pendant que le dernier sauveteur récupérait l’équipement.

Les grimpeurs se trouvent à l'intérieur du cercle rouge. Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été héliportés à l'endroit indiqué par un X et ont assuré l'ascension des grimpeurs par voie terrestre le long de la flèche rouge.
Les grimpeurs se trouvent à l'intérieur du cercle rouge. Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été héliportés à l'endroit indiqué par un X et ont assuré l'ascension des grimpeurs par voie terrestre le long de la flèche rouge.
© Parcs Canada

Analyse

Il s’agit d’un cas où les grimpeurs ont entrepris une excursion qui dépassait leur niveau de compétence. Ils n’avaient aucune idée des connaissances et des techniques nécessaires pour escalader ce pic en sécurité. De plus, les grimpeurs n’ont pas tenté de retracer leurs pas par le parcours emprunté pour la montée. En revanche, ils ont été bien avisés de s’arrêter et de solliciter un sauvetage lorsqu’ils se sont aperçus qu’ils n’étaient pas à la hauteur du défi. Indépendamment de leur niveau d’expérience, les visiteurs doivent se renseigner le mieux possible sur l’objectif qu’ils se sont fixé. Pour ce faire, ils peuvent notamment prendre contact avec les centres d’accueil de Banff, de Lake Louise ou du parc national Yoho, qui leur fourniront des renseignements à jour ou les aiguilleront vers un spécialiste de la Sécurité des visiteurs.

Grimpeurs en détresse sur le mont Devils Thumb, parc national Banff, le 7 août 2010

Le présent rapport concerne un groupe de trois personnes qui ont quitté Calgary tôt en matinée dans le but précis de grimper le mont Devils Thumb, au-dessus du lac Agnes. Les grimpeurs avaient très peu d’expérience, mais ils ont malgré tout réussi à gagner le sommet. Deux autres membres de la famille les ont accompagnés jusqu’au lac Agnes. Grâce à des appareils radio bidirectionnels, les deux groupes pouvaient communiquer entre le lac et la montagne. Une fois rendus au sommet, les trois grimpeurs ont appelé les deux personnes qui se trouvaient au lac pour leur dire qu’ils étaient épuisés et qu’ils avaient trop peur de redescendre par leurs propres moyens. Les membres de la famille ont donc appelé le Service de répartition de Banff pour demander un sauvetage.

Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés de Banff, et un autre, de Lake Louise. Les trois sauveteurs se sont rendus sur les lieux en hélicoptère et ont repéré les grimpeurs sur le mont Devils Thumb, du côté opposé au lac Agnes, dans un secteur broussailleux caractérisé par des ravines et des escarpements. Les trois spécialistes se sont rendus jusqu’aux grimpeurs en trois trajets au moyen de baudriers. Les grimpeurs ont ensuite été installés dans les baudriers et héliportés un à un, chacun en compagnie d’un sauveteur. Ils ont été déposés au lac Agnes, où les deux membres de leur famille les attendaient, après quoi ils ont poursuivi leur route à pied jusqu’à Lake Louise. Personne n’a été blessé.

Les grimpeurs sont visibles dans le cercle en rouge. Les grimpeurs sont visibles dans le cercle en rouge.
© Parcs Canada


Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs en train de préparer les grimpeurs en vue de leur transport par hélicoptère jusqu'au lac Agnes. Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs en train de préparer les grimpeurs en vue de leur transport par hélicoptère jusqu'au lac Agnes.
© Parcs Canada

Analyse

Les randonneurs n'avaient aucune expérience et ne connaissaient pas la région. Ils étaient inconscients des dangers associés aux déplacements en montagne. Les deux compagnons ont toutefois été bien avisés d'appeler à l'aide lorsqu'ils ont constaté qu'ils n'étaient pas à la hauteur du défi, et ils n'ont pas forcé la note en tentant de poursuivre leur ascension ou de redescendre. L'un des grimpeurs portait des chaussures pour le rouli-roulant – un choix inapproprié pour une telle excursion. Il est fortement recommandé de se munir de chaussures ou de bottes de randonnée robustes avec des semelles décentes. La Sécurité des visiteurs a produit un dépliant-guide pour l'ascension du mont Rundle, et elle recommande fortement aux grimpeurs de passer en prendre un exemplaire gratuit à un centre d'accueil à Banff, à Lake Louise ou dans le parc national Yoho.

Alpinistes en détresse sur la crête nord-ouest du mont Sir Donald, parc national des Glaciers, le 6 août 2010

Le présent rapport concerne deux alpinistes étrangers qui ont entrepris d’escalader la crête nord-ouest du mont Sir Donald en une journée. Ils ont quitté leur voiture à 4 h du matin. Vers 8 h 15, lorsqu’ils sont parvenus au col Uto, les deux compagnons se sont encordés et ont amorcé l’escalade. Ils ont vite constaté que l’ascension leur prendrait plus de temps que prévu, mais ils ont choisi de poursuivre leur route et ont atteint le sommet à 16 h. À la descente, les deux alpinistes ont dû composer avec des roches meubles, et ils ont eu de la difficulté à trouver leur chemin sur le parcours de contournement de la paroi ouest, ce qui leur a fait perdre du temps. Après avoir regagné la crête nord-ouest, ils ont fait une descente en rappel avant de se rendre compte que la nuit allait bientôt tomber. Les alpinistes ont décidé de s’arrêter sur une saillie et de bivouaquer pour la nuit, constatant avec soulagement que les orages prévus pour la soirée ne s’étaient pas matérialisés.

Malheureusement, les prévisions avaient quelques heures d’avance, et les deux compagnons se sont retrouvés à 3 020 m d’altitude à la merci d’un orage accompagné de fortes pluies. À 5 h 30, mouillés et transis, ils ont appelé les secours, incertains de pouvoir terminer leur descente en sécurité, compte tenu de leur état et des risques posés par le quartzite mouillé et glissant.

Le Service de répartition de Parcs Canada a transmis le message à la Sécurité des visiteurs, qui a communiqué avec les alpinistes par leur téléphone cellulaire, afin d’évaluer leur situation et leur position géographique. Trois spécialistes de la Sécurité des visiteurs sont partis en hélicoptère de Revelstoke. Après avoir facilement repéré les alpinistes sur la saillie pendant le vol de reconnaissance, les sauveteurs se sont posés dans un pré au-dessous du col. L’un d’eux est resté sur place pour gérer l’aire de rassemblement, tandis que les deux autres se sont fait héliporter jusqu’aux alpinistes avec l’équipement nécessaire. Les deux alpinistes ont ensuite été transportés un à un dans des baudriers, en compagnie d’un sauveteur. L’hélicoptère les a déposés à l’aire de rassemblement avant de les ramener au col Rogers à 9 h.

Les alpinistes sont à l'intérieur du cercle rouge, bien haut sur la crête du mont Sir Donald. Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs se font héliporter jusqu'à eux. Les alpinistes sont à l'intérieur du cercle rouge, bien haut sur la crête du mont Sir Donald. Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs se font héliporter jusqu'à eux.
© Parcs Canada


Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs se prépare à saisir la corde pour se faire héliporter en compagnie du premier alpiniste. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs se prépare à saisir la corde pour se faire héliporter en compagnie du premier alpiniste.
© Parcs Canada

Analyse

Comme le décrit le guide Selkirks South et comme le montrent clairement les nombreux comptes rendus d'excursion affichés sur Internet, l'ascension du mont Sir Donald est une entreprise sérieuse que sous-estiment de nombreux alpinistes. Les groupes doivent grimper rapidement et efficacement pour rester en sécurité pendant tout le parcours, et il n'est pas rare que la descente soit plus longue que l'ascension. Ce groupe a choisi de garder le cap sur son objectif, même après avoir constaté que l'ascension prendrait plus de temps que prévu. Les groupes d'alpinistes sont bien avisés de se fixer une heure de demi-tour. Il vaut mieux abandonner un objectif que d'avoir à demander un sauvetage. Les deux alpinistes ont pris une sage décision en faisant appel aux sauveteurs lorsqu'ils n'étaient plus certains de pouvoir assurer leur sécurité. S'ils avaient choisi de poursuivre leur route, ils auraient pu créer une situation plus grave qui aurait entraîné davantage de risques pour eux-mêmes et pour les sauveteurs.

Grimpeurs en détresse sur le mont St. Piran, le 6 août 2010


Le présent rapport concerne trois grimpeurs qui ont entrepris l’escalade du mont St. Piran par le parcours de grimpe ordinaire. Ce parcours consiste essentiellement en un sentier entrecoupé de quelques sections de varappe très faciles et de sections de marche dans des éboulements près du sommet. Les grimpeurs ont atteint le sommet au milieu de l’après-midi et comptaient descendre directement au lac Agnes. Ils avaient entendu parler d’un parcours dans cette direction, mais ils ont vite constaté qu’il était très difficile à discerner et que ce versant de la montagne n’avait aucun sentier balisé. Les grimpeurs sont tout de même partis dans cette direction, mais ils se sont égarés au milieu des escarpements et des barres rocheuses surplombant le lac Agnes. Ils ont tenté différents parcours, mais, compte tenu de leur expérience et de leur niveau de confort, ils n’ont pas réussi à descendre en sécurité jusqu’au lac. Il se faisait tard, et ils étaient trop épuisés pour remonter jusqu’au sommet afin d’emprunter le sentier principal. Le groupe a donc appelé le Service de répartition de Banff pour demander un sauvetage.

Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs a été dépêché de Banff par hélicoptère, tandis qu’un autre devait être pris en charge à Lake Louise. Entre-temps, un troisième membre du personnel de Parcs Canada s’affairait à sécuriser une aire de rassemblement à la carrière Fairview, en bordure de l’ancienne route 1A. L’équipe de la Sécurité des visiteurs s’est envolée vers le mont St. Piran et s’est mise à la recherche des grimpeurs. Les spécialistes ont d’abord eu de la difficulté à les repérer. L’un des sauveteurs a appelé les grimpeurs en détresse pendant qu’il se trouvait encore à bord de l’hélicoptère, et le grimpeur l’a guidé jusqu’à l’endroit où il se trouvait. L’appareil s’est posé au salon de thé du Lac-Agnes, et deux spécialistes se sont fait héliporter jusqu’au groupe. Deux des grimpeurs ont ensuite été transportés jusqu’à la carrière Fairview, pendant que les sauveteurs préparaient le troisième en vue de son transport. Après deux autres trajets, tous les intéressés étaient en sécurité à la carrière Fairview.

Les grimpeurs en détresse sont visibles dans le cercle en rouge. Les grimpeurs en détresse sont visibles dans le cercle en rouge.
© Parcs Canada
Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs fait signe à l'hélicoptère de soulever deux grimpeurs installés dans des baudriers. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs fait signe à l'hélicoptère de soulever deux grimpeurs installés dans des baudriers.
© Parcs Canada

Analyse

Le parcours de grimpe ordinaire jusqu'au sommet du mont St. Piran ne dépassait pas les capacités du groupe. Il semble cependant que les grimpeurs n'avaient pas suffisamment d'expérience pour redescendre la montagne par une autre direction. Il est difficile d'établir pourquoi ils ont choisi un tel parcours alors qu'ils avaient si peu d'expérience. Les grimpeurs ont cependant été bien avisés de s'arrêter pendant qu'ils étaient encore en sécurité et d'appeler des secours lorsqu'ils se sont rendu compte que le défi dépassait leurs compétences. Ils ont fait preuve de jugement. Trop souvent, les amateurs de plein air dépassent les limites de ce qui est raisonnable pour eux et se retrouvent dans des situations très dangereuses. Cette décision a grandement facilité le sauvetage.

Chute sur la neige, mont Robson, parc provincial du Mont-Robson, le 2 août 2010

Le présent rapport concerne deux personnes qui sont parties en expédition le 31 juillet dans l’intention d’escalader le mont Robson par le parcours Kain. Les deux alpinistes comptaient regagner leur point de départ le 4 août après avoir atteint le sommet. Ils en étaient à leur troisième excursion d’escalade du mont Robson, les deux premières tentatives ayant été infructueuses. Les deux compagnons ne se considéraient pas comme des alpinistes, mais ils voulaient à tout prix escalader le mont Robson depuis qu’ils en avaient appris l’existence. Tous deux étaient en bonne forme physique et portaient de l’équipement décent. Ils ont escaladé le col Robson/Resplendant (col R/R) pour éviter la célèbre barre de séracs Robson. Le col R/R était plus élevé que les points atteints au cours de leurs excursions antérieures. Au-delà du col, ils se sont dirigés vers la paroi Kain, sur la crête, dans de mauvaises conditions d’enneigement. Ils étaient pourvus de crampons et de piolets, mais ne s’étaient pas encordés. Une plaque de neige s’est affaissée sous le poids de l’un d’eux, qui a perdu l’équilibre et a fait une culbute d’environ 250 m jusqu’au glacier reposant en contrebas. Par bonheur, la neige relativement molle a amorti sa chute et lui a évité de graves blessures. L’alpiniste a eu de la chance : il a dévalé la pente par-dessus la rimaye plutôt que de s’y engouffrer. Sa chute s’est arrêtée à un endroit où le terrain se nivelait progressivement. Après l’avoir rejoint, son compagnon l’a déplacé en lieu sûr, sur du terrain plat, a monté la tente et a appelé les secours au moyen d’un releveur de coordonnées GPS SPOT en activant la fonction 911/SOS de la balise. La victime souffrait de blessures remarquablement mineures, dont plusieurs plaies profondes aux jambes (causées par les crampons), une fracture du poignet et quelques fractures aux doigts.

Le Service de répartition de Jasper a été informé de l’incident par les gardes du parc provincial du Mont-Robson. Trois spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés de Jasper par hélicoptère, pendant que d’autres employés de Parcs Canada se rendaient par voie terrestre à une aire de rassemblement. Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont gagné directement le lieu correspondant aux coordonnées fournies par le dispositif SPOT et ont immédiatement repéré les alpinistes. Ils ont atterri près d’eux, ont administré des soins à la victime et, après avoir démonté le campement, ont ramené les alpinistes à l’aire de rassemblement où attendait le reste de l’équipe de Parcs Canada. Une ambulance du gouvernement provincial était sur place, prête à accueillir le patient.

Les grimpeurs en détresse sont visibles dans le cercle en rouge. Les grimpeurs en détresse sont visibles dans le cercle en rouge.
© Parcs Canada

Analyse

Même s’ils étaient bien préparés, les deux compagnons avaient relativement peu d’expérience. Tous les alpinistes savent qu’il est problématique et dangereux de faire de l’escalade tard dans la journée. Outre une perte d’équilibre dans de la neige fondante et humide, il faut composer avec des risques accrus d’avalanche et d’éboulement par suite du réchauffement des températures en après-midi. Les alpinistes doivent s’en tenir aux objectifs qu’ils pourront atteindre facilement et en toute sécurité avant que les conditions d’enneigement ne se détériorent tard dans la journée. Sinon, ils ont tout intérêt à modifier leur itinéraire.

Chute d’un grimpeur sur le mont Norquay, parc national Banff, le 30 juillet 2010

Le présent rapport d’incident concerne deux amis étrangers en visite qui ont escaladé le mont Norquay par le parcours de grimpe ordinaire. Ils ont rencontré deux autres grimpeurs en route, et les quatre ont poursuivi leur chemin ensemble pendant la durée de l’excursion. Le groupe a atteint le sommet vers 15 h. Pour des raisons inconnues, les grimpeurs ont descendu la ligne de pente à partir du sommet plutôt que de retourner sur leurs pas. Ils ont descendu de nombreuses sections abruptes en laissant de 10 à 15 m de distance entre eux. L’un des membres du groupe a fait une chute d’environ 15 m, a abouti dans une cuvette d’éboulis qui se trouvait en contrebas et a culbuté sur 15 à 20 m de plus avant de s’arrêter. Le groupe a appelé le Service de répartition de Banff pour signaler l’incident et demander l’aide des sauveteurs. Les grimpeurs ont ensuite rejoint leur camarade.

Trois spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés de Banff. Comme le mont Norquay se trouve à proximité de la ville, les sauveteurs ont mis moins d’une demi-heure à gagner le lieu de l’accident. En survolant le secteur, ils ont découvert les quatre grimpeurs dans la cuvette d’éboulis au-dessous d’une paroi rocheuse verticale. Deux sauveteurs se sont fait héliporter sur les lieux avec l’équipement nécessaire. Le terrain était abrupt, et la surface du sol, meuble. Ils ont donc dû travailler dans des conditions difficiles pour préparer la victime en vue de son transport. L’un d’eux a administré des soins à la victime pendant que le second sauveteur entaillait une saillie pour la civière. La victime a ensuite été transportée par élingue en compagnie du premier sauveteur. L’ami de la victime a été héliporté à son tour avec le deuxième sauveteur dans un baudrier, tandis que les deux autres grimpeurs ont poursuivi leur descente à pied. Tout était terminé à 17 h 30.
Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs se fait héliporter avec la victime jusqu'au lieu de rassemblement des SMU de Banff. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs se fait héliporter avec la victime jusqu'au lieu de rassemblement des SMU de Banff.
© Parcs Canada
La chute a débuté à l'endroit illustré par le cercle rouge supérieur. La victime est visible dans le cercle rouge inférieur. La chute a débuté à l'endroit illustré par le cercle rouge supérieur. La victime est visible dans le cercle rouge inférieur.
© Parcs Canada


Analyse

Cet accident est principalement attribuable au manque d’expérience des grimpeurs. S’ils ont dû affronter du terrain qui dépassait leurs capacités, c’est principalement parce qu’ils ont pris la décision de descendre par un autre chemin (ou plutôt parce qu’ils ont pris un autre chemin sans s’en rendre compte). La décision de poursuivre leur route après les premières difficultés représente également un facteur qui a contribué à cette chute. Pour demeurer en sécurité pendant une excursion de grimpe, il faut toujours retracer ses pas et pouvoir reconnaître le parcours emprunté pour la montée.

Alpinistes en détresse, lac Louise, parc national Banff, le 21 juillet 2010

Le présent rapport concerne deux alpinistes qui ont entrepris l’escalade du pinacle Kaleidoscope, en face de la zone d’escalade classique située derrière le lac Louise. Après leur ascension, les deux compagnons ont voulu redescendre la montagne en marchant. En route, ils ont gagné une section de terrain de classe 4 et ont pris la décision de laisser leur corde derrière eux pour un solo jusqu’à l’endroit où, croyaient-ils, se trouvait la saillie à emprunter pour la descente. Il s’est avéré que cette saillie ne pouvait pas servir de parcours de descente. Les deux compagnons ont donc tenté de regagner le sommet du parcours. Rendus à nouveau au terrain de classe 4, ils ne sont pas parvenus à le redescendre en sécurité. Les alpinistes ont traversé la saillie une deuxième fois et ont appelé à l’aide. Des touristes en promenade sur le très populaire sentier du Bord-du-Lac ont entendu leurs cris et ont appelé le Service de répartition du parc national Banff pour signaler l’incident.

Trois spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été dépêchés de Banff par hélicoptère, tandis qu’un quatrième s’est rendu sur les lieux en bicyclette depuis Lake Louise. Ce dernier a gagné l’arrière du lac avec son équipement personnel pour examiner la situation. À son arrivée, il a transmis aux trois autres sauveteurs les détails de l’incident : deux alpinistes coincés au-dessus de la paroi du pinacle Kaleidoscope et apparemment incapables de redescendre par leurs propres moyens. Les trois spécialistes de Banff ont examiné les lieux par la voie des airs et ont atterri dans les prés qui se trouvent derrière le lac. L’un d’eux s’est fait transporter par élingue jusqu’au lieu de l’incident avec son équipement personnel et un baudrier pour l’un des alpinistes coincés. Il a fait savoir au deuxième sauveteur qu’il portait un baudrier-cuissard en bon état et qu’il avait seulement besoin d’une corde pour le fixer. Le deuxième sauveteur s’est fait transporter à son tour sur les lieux de l’incident pendant que le premier préparait le premier alpiniste pour le transport dans l’élingue. Pendant que l’hélicoptère transportait le premier sauveteur et l’alpiniste, le deuxième sauveteur a préparé le second alpiniste. L’hélicoptère est ensuite retourné les chercher. Après avoir nettoyé l’équipement et chargé l’hélicoptère, les deux alpinistes ont regagné à pied le début du parcours pour ramasser leurs effets personnels. Personne n’a été blessé.

1. Le cercle rouge illustre l’emplacement des deux alpinistes. 1. Le cercle rouge illustre l’emplacement des deux alpinistes.
© Parcs Canada


2. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs quittant la saillie rocheuse dans l’élingue avec le premier alpiniste, pendant que le deuxième spécialiste prépare le second alpiniste. 2. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs quittant la saillie rocheuse dans l’élingue avec le premier alpiniste, pendant que le deuxième spécialiste prépare le second alpiniste.
© Parcs Canada


Analyse

Les deux alpinistes étaient moyennement expérimentés. L’ascension était tout à fait à leur niveau, mais l’incident semble avoir été le résultat d’une mauvaise interprétation de l’information concernant la descente. La décision de ne pas emporter la corde était aussi une erreur qui les a empêchés de descendre la montagne par leurs propres moyens. Les deux alpinistes ont alors fait preuve de sagesse en renonçant à toute autre tentative de descente et en criant à l’aide. Les alpinistes ont avantage à transporter sur eux leur équipement de sécurité en tout temps, même lorsque le parcours semble très facile. En l’occurrence, ils auraient probablement pu s’en servir pour retourner à l’endroit d’où ils étaient partis.

Alpinistes en détresse, amphithéâtre Cascade, parc national Banff, le 21 juillet 2010

Le 21 juillet 2010, trois femmes et un homme ont entrepris l’escalade du mont Cascade par le parcours de grimpe habituel. À la descente, l’homme a voulu prendre un raccourci par la paroi nord de la montagne plutôt que de suivre le parcours emprunté pour la montée. Les trois femmes étant opposées à l’idée, l’homme est parti seul. Après une brève discussion, les femmes ont décidé de suivre leur compagnon. Elles ont descendu un terrain très escarpé et dangereux pour gagner un endroit où il n’y avait manifestement aucune issue possible. À ce stade, les dames ont dû se rendre à l’évidence : elles étaient coincées et ne pouvaient plus revenir sur leurs pas. Elles ont donc appelé à l’aide au moyen de leur téléphone cellulaire. Par bonheur, la couverture s’étendait à leur emplacement, et le répartiteur de Parcs Canada leur a conseillé de rester sur place jusqu’à l’arrivée des secours.

Les spécialistes de la sécurité en montagne de Parcs Canada ont répondu à l’appel et ont regardé avec effroi le lieu où étaient coincées les femmes. Les alpinistes ont été extrêmement chanceuses de ne pas avoir fait de chute pendant cette descente.

Les femmes ont été transportées par hélicoptère dans une élingue jusqu’à l’amphithéâtre. Entre-temps, leur compagnon qui avait fait cavalier seul est arrivé sur les lieux après avoir traversé sans incident un terrain très dangereux.
Il s'agissait d'un terrain extrêmement difficile qui exigeait des connaissances de très haut niveau. Les grimpeurs ont été bien avisés de NE PAS poursuivre leur route et d'appeler à l'aide. Il s'agissait d'un terrain extrêmement difficile qui exigeait des connaissances de très haut niveau. Les grimpeurs ont été bien avisés de NE PAS poursuivre leur route et d'appeler à l'aide.
© Parcs Canada
Un spécialiste de la sécurité des visiteurs est héliporté à l'emplacement des grimpeurs, qui est indiqué par la flèche rouge. Un spécialiste de la sécurité des visiteurs est héliporté à l'emplacement des grimpeurs, qui est indiqué par la flèche rouge.
© Parcs Canada

Analyse

Parcs Canada prie les visiteurs de ne pas prendre de raccourci et de ne jamais descendre par un autre parcours que celui qui a servi à la montée, à moins d’être absolument certains qu’il s’agit d’un parcours de descente praticable. Le Guide du grimpeur du mont Cascade de Parcs Canada montre à l’aide d’un X les endroits où des groupes ont déjà fait des chutes mortelles tout près du lieu où se trouvaient les femmes avant leur sauvetage.

Chute d’un premier de cordée sur le mont MacDonald, parc national des Glaciers, le 7 juillet 2010

Tôt dans la matinée du 7 juillet 2010, deux alpinistes ont entrepris l’ascension de la paroi nord du mont MacDonald sur un parcours appelé Prime Rib, qui a été escaladé pour la première fois en 2004. Les alpinistes en étaient à leur première longueur et avaient amorcé l’ascension d’une barre rocheuse de faible déclivité au-dessus d’une large saillie (qui a servi ultérieurement au sauvetage). Ils se trouvaient sur un sol mousseux et sale. Le premier de cordée a tiré sur ce qu’il croyait être une prise, mais qui, en réalité, était une roche détachée dans la mousse, et il a fait une chute d’une quinzaine de mètres avant de s’arrêter tout près de la saillie. L’alpiniste indique qu’il a rebondi et frappé la paroi rocheuse en tombant. Lorsque sa chute s’est terminée, il a réussi à trouver un point d’ancrage et à assurer son compagnon, qui a ainsi pu le rejoindre. Les deux alpinistes ont ensuite descendu jusqu’à la grande saillie rocheuse d’où ils avaient entrepris l’ascension et ont appelé les secours par téléphone cellulaire. Le premier de cordée s’en est tiré avec des blessures à la cheville, au coude et aux côtes.

La Sécurité des visiteurs a organisé le sauvetage depuis Banff en hélicoptère et depuis Revelstoke par voie terrestre. Trois spécialistes se sont rassemblés à la base de sauvetage du col Rogers avant de s’envoler jusqu’au mont MacDonald pour repérer le lieu de l’accident. C’était une belle journée sans nuage et sans vent, ce qui a permis à deux des spécialistes de se faire transporter par élingue jusqu’à la saillie où se trouvaient les alpinistes. Les deux sauveteurs ont installé les alpinistes sur l’élingue pour leur transport jusqu’à l’aire de rassemblement, près de la Transcanadienne. Après la fin de l’opération, les alpinistes se sont rendus à l’hôpital de Revelstoke avec leur voiture.

Le cercle rouge marque l’emplacement des deux alpinistes, tandis que la ligne rouge montre le lieu approximatif de l’accident ainsi que la distance parcourue par le premier de cordée pendant sa chute. Le cercle rouge marque l’emplacement des deux alpinistes, tandis que la ligne rouge montre le lieu approximatif de l’accident ainsi que la distance parcourue par le premier de cordée pendant sa chute.
© Parcs Canada
Voici les alpinistes tels qu’ils ont été aperçus du haut des airs pendant l’opération de repérage.
Voici les alpinistes tels qu’ils ont été aperçus du haut des airs pendant l’opération de repérage.
© Parcs Canada

Analyse

Le premier de cordée plaçait des points de fixation tout en escaladant la première longueur du parcours, ce qui lui a probablement épargné des blessures graves. Les deux alpinistes avaient beaucoup d’expérience et étaient conscients du fait que, sur un parcours inconnu, les chutes sont encore possibles, même en terrain de faible inclinaison. Même les alpinistes chevronnés peuvent glisser ou tirer sur des prises détachées. En l’occurrence, les points de fixation placés sur cette longueur leur ont été très bénéfiques.

Chute du haut d’un escarpement, mont St. Piran, parc national Banff, le 24 juin 2010

L’incident dont il est question ici concerne un groupe de quatre personnes qui a escaladé le mont St. Piran depuis le salon de thé du Lac-Agnes. À la descente, les grimpeurs ont choisi un parcours passant directement au-dessus d’une barre rocheuse de 8 à 10 m de hauteur. L’une des membres du groupe a lancé son sac à dos sur une saillie qui se trouvait en contrebas, après quoi elle a entrepris un saut qui devait la mener juste à côté de son sac. Lorsque ses pieds ont touché le sol, elle a perdu l’équilibre et est tombée de 4 à 5 m plus bas, subissant des blessures à la tête et au visage. Sa chute s’est terminée sur une plaque de neige, ce qui a probablement réduit la gravité de ses blessures. Après l’avoir rejointe, les autres membres du groupe ont appelé le Service de répartition de Banff par téléphone cellulaire, et ils ont été mis en rapport avec le responsable des sauvetages de la Sécurité des visiteurs à Parcs Canada. Le groupe a descendu la pente sur une distance d’une centaine de mètres avant de conclure que le parcours était trop difficile. Les grimpeurs ont donc choisi d’attendre l’arrivée des spécialistes de la Sécurité des visiteurs.

Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs de Banff sont arrivés en hélicoptère, tandis qu’un troisième est resté à préparer l’équipement nécessaire à Lake Louise. L’hélicoptère s’est rendu directement sur les lieux et a facilement repéré les grimpeurs. Depuis la plateforme d’atterrissage du salon de thé du Lac-Agnes, les deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont été transportés par élingue jusqu’au lieu de l’accident. L’hélicoptère a ensuite mis le cap vers Lake Louise pour ramener le troisième spécialiste de la Sécurité des visiteurs. Les trois sauveteurs ont enveloppé la victime pour qu’elle soit transportée par élingue directement à Lake Louise, où attendaient les SMU de Banff. Les autres membres du groupe ont regagné leur point de départ à pied, tandis que les autres sauveteurs ont été transportés par hélicoptère jusqu’à Lake Louise avec l’équipement de sauvetage.

Cette photo montre l’escarpement où est tombée la victime. Les cercles rouges marquent l’emplacement exact de sa chute.Cette photo montre l’escarpement où est tombée la victime. Les cercles rouges marquent l’emplacement exact de sa chute.
© Parcs Canada

Analyse

Plusieurs facteurs sont entrés en jeu dans cet accident. Les grimpeurs avaient une expérience limitée et connaissaient peu le secteur, puisqu’ils venaient de déménager dans la région pour un emploi d’été. C’est principalement en raison de leur manque d’expérience qu’ils ont choisi de descendre la barre rocheuse alors qu’il existait de nombreuses possibilités de la contourner. En outre, il commençait à se faire tard (vers 19 h), et des averses de pluie traversaient le secteur. Le groupe se sentait pressé par le temps et craignait la pluie, qui rend le quartzite extrêmement glissant. Parcs Canada encourage les visiteurs qui connaissent peu le secteur à obtenir des renseignements et des conseils à un centre d’accueil.

Chute du haut d’un escarpement rocheux, belvédère du Lac-Peyto, parc national Banff, le 20 juin 2010

Trois visiteurs qui se trouvaient sur le belvédère du Lac-Peyto, près du sommet Bow, se sont aventurés hors du sentier officiel pour prendre quelques photos. Tous trois ont poursuivi leur chemin au-delà du sentier sur environ 150 m, jusqu’à un endroit où un escarpement rocheux domine le lac Peyto. À tour de rôle, ils sont venus s’asseoir au bord de l’escarpement pour se faire prendre en photo devant le lac situé en contrebas. En se relevant, l’un des membres du groupe, un homme âgé de 37 ans, s’est coincé le pied dans une fissure de la roche. Il est tombé à la renverse dans le vide sur une distance de 7 m et a terminé sa chute sur des rochers et de la neige, ce qui lui a valu deux fractures majeures à la jambe droite, une autre à la cheville et une dernière au fémur. L’accident est survenu vers 13 h. Ses amis ont réussi à le rejoindre en contournant la paroi rocheuse. Après avoir déterminé qu’il était grièvement blessé, l’un des membres du groupe a regagné la route à pied et, de là, s’est rendu en voiture à l’hôtel Num Ti Jah Lodge, à 1 km de distance, pour appeler le service d’urgence 911. C’est là que se trouvait le téléphone le plus proche du lieu de l’accident.

Il est important de noter qu’il n’y a aucune couverture cellulaire le long de la promenade des Glaciers. Le service 911 a acheminé l’appel au Service de répartition de Banff, et le visiteur a été mis en rapport avec le responsable des sauvetages de la Sécurité des visiteurs. Après un interrogatoire, le membre du groupe a été chargé de retourner au lieu de l’accident et d’y rester jusqu’à l’arrivée des secours. Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs est arrivé en voiture de Lake Louise, et un autre s’y est rendu par hélicoptère de Banff. Il a fallu recourir à une élingue pour transporter la victime jusqu’au lieu de rassemblement où attendaient les SMU de Banff.
Le cercle du haut marque l’endroit où se trouvait la victime lorsqu’elle est tombée, et le cercle du bas, l’endroit où s’est terminée sa chute. Dans le cercle du bas, on peut voir un spécialiste de la Sécurité des visiteurs qui administre des soins à la victime. Le cercle du haut marque l’endroit où se trouvait la victime lorsqu’elle est tombée, et le cercle du bas, l’endroit où s’est terminée sa chute. Dans le cercle du bas, on peut voir un spécialiste de la Sécurité des visiteurs qui administre des soins à la victime.
© Parcs Canada

Analyse

Il ne faut jamais oublier que les endroits situés « au-delà de l’asphalte » sont des secteurs sauvages et non contrôlés et qu’il est primordial de demeurer conscient de son entourage en tout temps. Les visiteurs doivent user d’une prudence extrême sur le bord des escarpements et prévoir une marge de retrait supplémentaire pour le cas où ils trébucheraient ou feraient une chute. En cas de trébuchement, il vaut mieux tomber sur ses genoux que dans le vide.

Glissade incontrôlée, mont Whistler, parc national Jasper, le 1er mai 2010

Une randonneuse de 31 ans, de Vancouver, voyageant seule, a emprunté le sentier d’été jusqu’au sommet du mont Whistler, où est situé le pavillon du téléphérique supérieur. Pendant son séjour à Jasper, elle demeurait à l’auberge Whistlers, qui est située au pied du mont Whistler. Elle portait un jean, un veston léger, des chaussettes courtes de coton, des bottes de marche légères ainsi qu’un petit sac à dos ne contenant pas de fournitures additionnelles utiles. Normalement, par temps sec, l’excursion prend trois heures et traverse une pente alpine avant d’aboutir au pavillon du téléphérique supérieur.

Quand la randonneuse a quitté la limite des arbres, il est probable qu’elle s’enfonçait profondément dans la neige sur la majeure partie du sentier. Le téléphérique a fermé à 17 h. On soupçonne que la jeune femme est arrivée au pavillon du téléphérique supérieur après la fermeture. Il est fort probable qu’elle avait faim et froid, et qu’elle était déshydratée, détrempée et fatiguée. Elle a probablement aperçu les lumières ou l’immeuble de l’auberge où elle demeurait et a décidé de s’y rendre en descendant dans une ligne droite. La croûte de neige était dure et glissante. Ses premières traces semblent être des pas, mais très rapidement, les traces indiquent qu’elle est tombée sur ses fesses, ce qui a probablement dégénéré en glissade hors de contrôle le long de la pente raide et enneigée. Après 150 m, les traces indiquent qu’elle a percuté une roche et a été catapultée comme en témoignent les mottes de neige observées. Elle a glissé encore sur une distance de 200 m, avant de terminer sa chute. Elle a passé la nuit à cet endroit. Le lendemain matin, à 9 h 30, les préposés à l’entretien du périphérique ont aperçu un corps dans la neige alors qu’ils étaient à bord du périphérique et ils ont avisé le répartiteur des services d’urgence. Les sauveteurs dépêchés sur les lieux ont constaté que la randonneuse était décédée et ont ramené le corps.
La photo indique le lieu où la personne a glissé, ainsi que la trace qu’elle a laissée pendant sa glissade incontrôlée.La photo indique le lieu où la personne a glissé, ainsi que la trace qu’elle a laissée pendant sa glissade incontrôlée.
© Parcs Canada

Analyse

La nature exacte des événements qui ont mené à cet accident mortel reste inconnue. La randonneuse avait un téléphone cellulaire dans sa poche. Il importe de signaler qu’il y a une discontinuité dans la trace laissée par sa glissade. Cela semble indiquer qu’elle aurait fait des efforts pour arrêter sa chute à divers points de la descente. Une observation aérienne de ses traces révèle que dans sa chute, elle s’est retrouvée sur le côté à quelques reprises. Il faudra attendre le rapport du médecin examinateur pour connaître officiellement la cause exacte de son décès, mais l’on peut supposer qu’elle est morte de blessures internes et de froid.

Chute du premier de cordée, versant nord du mont Temple, parc national Banff, le 25 mars 2010

Deux alpinistes chevronnés ont entrepris d’escalader dans des conditions hivernales une nouvelle voie sur le versant nord du mont Temple (1 500 mètres). Ils ont escaladé la voie Dolphin, un long parcours de neige et de glace sur le versant nord, et les conditions du manteau neigeux étaient bonnes. Après avoir bivouaqué une fois, ils ont conclu que le nouveau parcours n’était pas praticable et ont accédé à la voie Greenwood/Locke, située sur leur droite.

Après s’être bien installés sur la voie et avoir escaladé quatre longueurs du mur de rimaye à pente raide, le premier de cordée a fait une chute de plus de 25 mètres. Il a heurté une vire et a terminé sa chute 10 mètres en-dessous du point où l’assureur était ancré. L’accident s’est produit à une altitude d’environ 3 000 mètres. Le premier de cordée souffrait beaucoup, mais ne semble pas avoir perdu connaissance. L’assureur a composé le 911 au moyen de son téléphone cellulaire. Son appel a été transféré au Service de répartition de Banff, qui l’a transféré aux spécialistes de la sécurité publique du parc national Banff à 14 h 15. Quatre spécialistes de la sécurité publique des parcs nationaux Banff, Yoho et Kootenay se sont rendus sur les lieux par aéronef et ont évalué la possibilité d’utiliser une élingue. Cette approche ayant été jugée possible, l’hélicoptère a atterri au lac Annette, en aval, et un sauveteur a été transporté sur le versant de la montagne au moyen de l’élingue pour aller chercher la personne blessée. Il a été transporté de nouveau au lac Annette pour que le blessé reçoive les premiers soins, et un deuxième sauveteur a été transporté sur le versant de la montagne pour aller chercher le deuxième alpiniste, qui n’était pas blessé. À son arrivée au lac Annette, la personne blessée a été transférée par hélicoptère à Lake Louise, où l’attendait une ambulance. Elle a par la suite été transportée à l’hôpital à Banff, puis elle été transférée à un hôpital de Calgary grâce à STARS.

Approx 30 m = Environ 30 mApprox 30 m = Environ 30 m
La photo montre les deux alpinistes sur la vire. La personne blessée est étendue sur la pente enneigée. La photo a été prise avant le sauvetage, pendant l’évaluation des lieux.

© Parcs Canada

Analyse

Ce parcours a été entrepris par deux alpinistes chevronnés, qui s’adonnaient à l’escalade dans les limites de leurs capacités. Les conditions hivernales rendent souvent les voies de ce genre très difficiles et engagées. Deux facteurs ont rendu le sauvetage possible :
  1. Le téléphone cellulaire de la personne qui a signalé l’accident fonctionnait, ce qui lui a permis d’appeler les secours. Cette personne a composé le 911, mais le délai d’intervention aurait été encore plus court si elle avait appelé le Service de répartition de Banff directement (403 762 4506). L’utilisation d’une radio, d’un téléphone satellite ou d’un dispositif SPOT sont d’autres façons d’appeler les secours.
  2. La température était stable et les vents étaient légers, ce qui a permis au pilote d’entreprendre le sauvetage.

    Rupture d’une corniche, pic Ursus Minor, parc national des Glaciers, le 7 mars 2010

    Trois skieurs ont entrepris d’escalader le pic Ursus Minor depuis le bassin hydrographique du ruisseau Connaught, près du col Rogers, dans l’intention d’en redescendre le versant ouest. Pour accéder à cette pente, ils comptaient remonter la crête East par la ravine Dispatchers. Après avoir gagné la crête sans incident, les skieurs ont choisi de remonter à pied la crête East, leurs skis sur leur sac à dos. Le chef du groupe était conscient de la présence d’une corniche; à un endroit, il a dû rajuster son parcours après y avoir enfoncé le pied. Un peu plus loin, il a entendu le deuxième membre du groupe crier « Avalanche! ». En revenant sur ses pas pour évaluer la situation (à l’endroit où ses deux compagnons étaient censés être), il n’a trouvé que le deuxième skieur qui regardait vers le bas, sur le versant nord du pic Ursus Minor. L’incident est survenu vers 12 h 15.
    Voici le lieu de l'accident, sur le versant nord du pic Ursus Minor. Le cercle rouge supérieur indique l'endroit où le skieur a défoncé la corniche, et le cercle rouge inférieur, l'endroit où sa chute s'est arrêtée, 300 m plus bas. Voici le lieu de l'accident, sur le versant nord du pic Ursus Minor. Le cercle rouge supérieur indique l'endroit où le skieur a défoncé la corniche, et le cercle rouge inférieur, l'endroit où sa chute s'est arrêtée, 300 m plus bas.
    © Parcs Canada

    Les deux skieurs pouvaient voir leur compagnon et entendre ses appels à l’aide. La victime se trouvait à environ 300 m en aval de la crête.
    Les deux skieurs ont alors discuté brièvement de la meilleure façon de procéder. L’unique téléphone cellulaire du groupe se trouvait dans la poche du skieur emporté par l’avalanche. Il a donc été décidé qu’un skieur retournerait au Centre du CoI-Rogers pour sonner l’alarme, pendant que l’autre tenterait de se frayer un chemin jusqu’à la victime pour lui dispenser les premiers soins. Le skieur dépêché au Centre du Col-Rogers a gagné sa destination sans incident vers 14 h.

    Le skieur chargé de prêter secours à son camarade a trouvé un endroit par lequel il pouvait accéder à la pente raide sans avoir à franchir la corniche. Il a ensuite entrepris de descendre la pente, qui faisait entre 45 et 50 degrés. Après avoir parcouru la partie la plus escarpée, il s’est rendu sur le glacier à skis, puis a retrouvé son partenaire blessé. Il lui a administré les premiers soins et a tenté de stabiliser les lieux, sachant que les secours étaient en route.

    Les spécialistes des programmes de sécurité en montagne ont procédé à un sauvetage en hélicoptère. Après une évaluation des lieux, l’équipe s’est posée dans un pré situé en aval du glacier. Deux sauveteurs ont gagné le lieu de l’accident grâce à une élingue et ont préparé le skieur blessé en prévision de son transport au col Rogers, où une ambulance l’attendait. L’un des sauveteurs a accompagné le patient pendant son transport sur l’élingue jusqu’au col Rogers, tandis que le deuxième a remballé l’équipement restant. L’hélicoptère est ensuite revenu prendre le deuxième sauveteur et le compagnon du skieur blessé pour les ramener au pré où l’appareil s’était posé en premier lieu. De là, le groupe a chargé l’équipement dans l’hélicoptère et s’est envolé vers le col Rogers pour le récapitulatif.

    Le skieur emporté par l’avalanche devrait se remettre complètement de son accident. Les blessures étaient remarquablement mineures, compte tenu du fait que sa chute était d’au moins 300 m.

    Analyse

    Lors d’une entrevue, l’un des membres du groupe a réfléchi à deux facteurs clés. D’une part, le service de téléphonie cellulaire est accessible depuis la plupart des endroits donnant sur la Transcanadienne aux environs du col Rogers. En rétrospective, il aurait été utile que chaque membre du groupe ait un téléphone cellulaire, surtout si l’on tient compte du rapport poids-avantage. Si chaque membre du groupe avait eu un téléphone cellulaire à portée de main, l’intervention aurait pu être accélérée d’environ deux heures.

    D’autre part, le skieur a avoué qu’il aurait dorénavant un plus grand respect pour les corniches. Il est impossible de déterminer si la victime a défoncé la corniche ou si elle a été entraînée dans le vide à la suite d’une rupture. Le message à retenir est le suivant : il faut être extrêmement vigilant le long des corniches. Lorsque vous estimez être à une distance sûre du bord, reculez d’un autre pas pour créer une marge de sécurité supplémentaire. Cette précaution pourrait compenser tout phénomène inhabituel (par exemple, la rupture d’une corniche sur du terrain plat).

    Accident d’un grimpeur en premier de cordée – Chutes Cascade, parc national Banff, le 13 février 2010

    Deux glaciéristes escaladaient l’avant-dernière longueur des chutes Cascade. L’assureur se trouvait du côté gauche de la paroi, à une station d’ancrage où il était assuré par une vis à glace indépendante, pendant que le premier de cordée grimpait et posait des vis à glace. Le premier de cordée avait installé environ quatre vis sur la longueur de 40 m et s’approchait de la prochaine station d’ancrage. Il se trouvait sur une pente de faible inclinaison, juste au-dessous de la station d’ancrage, lorsqu’un morceau de glace s’est détaché de la chute principale et a frappé ses deux jambes, lui faisant perdre l’équilibre. Le morceau de glace était de la taille d’un ballon de plage. Par la suite, le grimpeur est tombé sur toute la longueur de la corde.

    Le grimpeur a terminé sa chute juste à côté de l’assureur, qui l’a attaché et s’est ensuite servi de la partie libre de la corde pour s’assurer. Il est parvenu à tirer le blessé jusqu’à une station d’ancrage où se trouvait une saillie. L’assureur a ensuite composé le 911 pour signaler l’incident, et on a réacheminé son appel au Service de répartition du parc Banff. Les spécialistes de la sécurité en montagne de Parcs Canada ont coordonné un sauvetage en hélicoptère à l'aide d'une élingue depuis la bande d’atterrissage de Banff, en aval des chutes Cascade. Le premier sauveteur a été envoyé sur les lieux afin d’évaluer la situation. Un deuxième sauveteur est arrivé sur les lieux peu après. Après quelques ajustements à l’ancrage et aux points d’attache, le patient a été transporté avec le premier sauveteur à l’aide de son harnais. Dès que le blessé s’est trouvé entre les mains des ambulanciers de Banff, le deuxième glaciériste a été transporté avec le deuxième sauveteur.

    Le blessé, en noire, se trouve à la droite des chutes. La photo a été prise avant le secours, durant la reconnaissance de la scène. Le blessé, en noire, se trouve à la droite des chutes. La photo a été prise avant le secours, durant la reconnaissance de la scène.
    © Parcs Canada

    Analyse

    Le groupe a choisi une journée de temps très doux pour escalader les chutes Cascade, qui sont exposées au sud-est. À la mi-février, le soleil a de puissants effets sur la qualité et la surface de la glace. Il est fort probable que le rayonnement solaire ait entraîné le détachement du morceau de glace et la chute du glaciériste. De plus, le groupe grimpait tard dans la journée (14 h), lorsque la température atteint son maximum. Il n’est pas impossible que des morceaux de glace se détachent à tout moment, mais l’orientation, la période de l’année et de la journée ainsi que la température diurne maximale représentent d’importants facteurs à considérer pour demeurer en sécurité pendant des excursions d’escalade sur glace.

    Même s’il y avait très peu de neige au sol, les tronçons ombragés du sentier étaient suffisamment enneigés pour que, après le passage de plusieurs centaines de personnes, la chaussée devienne très glissante et n’offre que peu de traction à des chaussures usées. Il est beaucoup plus facile de monter sur une surface glissante que d’en descendre, parce que les déplacements se font plus lentement contre la gravité. Pendant la descente, le randonneur a gagné trop de vitesse et a fait une chute dans une position inhabituelle, ce qui a provoqué une déchirure du ligament rotulien. Les chaussées enneigées sont souvent glissantes, mais il est possible de remédier en partie au problème en portant des chaussures appropriées, telles que des chaussures à crampons amovibles. Pendant l’opération de sauvetage, l’équipe de la Sécurité des visiteurs a observé un grand nombre de personnes qui glissaient sur le sentier. Heureusement pour ces randonneurs, ils se sont simplement retrouvés le derrière sur la neige!