Dans l’arrière-pays
Sentier de l'arrière-pays© Parcs Canada/PNB CD 0982 #10
L’arrière-pays des parcs montagneux constitue l’habitat vital pour de nombreuses espèces fauniques. Il se prête aussi à une grande variété d’activités pour les visiteurs. Plus de 2 000 km de sentiers, formant un complexe réseau avec de multiples points de départ, acheminent le randonneur aux terrains de campings d’arrière-pays, ainsi qu’aux refuges alpins et aux chalets. Par conséquent, la gestion de l’arrière-pays touche au coeur de la mission des parcs nationaux, et exige une main d’oeuvre importante. En effet l’arrière-pays comprend l’essentiel de la mission des parcs nationaux : la protection des grandes espaces en état naturel. Cette protection des écosystèmes permet aux visiteurs de vivre une expérience en milieu naturel.
Voyons comment nous aménageons l’arrière-pays afin d’assurer la protection des ours et des gens.
Planification et gestion
Chaque été, les spécialistes de l’arrière-pays, les gestionnaires et les planificateurs travaillent de concert avec les équipes d’entretien des sentiers, les contracteurs et les groupes bénévoles pour entretenir et améliorer les sentiers et le réseau de campings d’arrière-pays. L’intégrité écologique et la sécurité des ours figurent au premier plan de ces efforts.
On installe un compteur près du sentier© Parcs Canada/LLYK CD y#44
Les grizzlys sont particulièrement vulnérables aux intrusions humaines; ils exigent de vastes territoires sûrs pour se reproduire et élever leurs oursons. Donc la gestion de l’arrière-pays dans des régions protégées est souvent une question de gestion des activités humaines; en effet cette gestion est une question de grande importance dans la gestion des parcs nationaux du Canada et des Etats-Unis. En ce qui concerne les ours, il n’y a pas de recette à tout faire pour gérer les activités humaines. Plutôt, il faut évaluer chaque sentier et chaque région selon plusieurs facteurs, tels que les espèces d’ours sur le terrain, la qualité saisonnière de l’habitat, le niveau et le type d’utilisation du terrain, ainsi que la recherche et les analyses applicables.
Les outils de gestion des activités humaines varient beaucoup, allant des simples changements de signalisation aux mesures plus intensives telles que le durcissement des sentiers et les détours. Il faut parfois ajouter, enlever ou déplacer les aménagements, ou établir des quotas et des règlements qui exigent la randonnée en groupe, ou des systèmes de laissez-passer et même des fermetures de sentiers temporaires ou saisonnières. Les mesures choisies pour protéger les ours et les gens varient selon les lieux, mais ces mesures ont toujours le même objectif : la protection de l’intégrité écologique et le maintien d’une expérience désirable pour les visiteurs dans le contexte de protection de l’intégrité écologique.
Recherche
La recherche écologique et sociale est une composante importante de la gestion des parcs puisqu’elle nous permet d’évaluer et d’adapter notre gestion pour atteindre et les objectifs des parcs. Dans les sentiers de l’arrière-pays, des compteurs et des appareils photos recueillent des données de base essentielles pour la gestion à long terme de l’arrière-pays. Si vous observez un de ces compteurs ou de ces appareils photos, veuillez continuer votre marche normalement pour assurer que ces appareils fournissent des données valides. Les appareils photos représentent une technique pour identifier l’utilisation par les gens et la faune d’un sentier ou d’une aire près d’un sentier. Vous pourriez aussi rencontrer des employés qui font des sondages sur les sentiers. Si vous avez quelques instants pour répondre a leurs questions, votre participation nous aiderait à mieux gérer ces zones spéciales.
Randonnées d’une journée
Des équipes des parcs entretiennent un vaste réseau de sentiers© Parcs Canada/Collection de diapositives du PNY
Les déplacements de sentiers, comme par exemple celui complété dans le col McArthur dans le parc national Yoho en 1999, ont été effectués dans le but de réduire les incidents entre les ours et les gens dans les couloirs fauniques. Ces déplacements de sentiers dépendent des résultats des recherches, des objectifs de gestion et des intérêts des randonneurs.
Dans les secteurs identifiés comme habitat de choix pour les ours, tels que les pentes d’avalanche et les prés recouverts de buissons, on enlève régulièrement la végétation le long des sentiers afin de procurer une meilleure visibilité aux gens et aux ours. De cette façon, l’ours peut entendre ou sentir les randonneurs de loin, surtout si ces derniers marchent en groupes rapprochés et font du bruit.
Aménagements aux campings d’arrière-pays
Les perches à ours dans l'arrière-pays assurent que les provisions et les déchets demeurent hors de la portée des ours et des autres animaux© Parcs Canada/C. Siddal/PNY CD 7(17)
Selon les contraintes budgétaires, les campings existants subissent des améliorations: l’on sépare l’aire pour les tentes de l’aire réservé à la préparation des repas. Ces pratiques, utilisées de concert avec les autres précautions normales pour le camping au pays des ours, réduisent la possibilité d’attirer les ours par les odeurs de la nourriture ou des déchets. Chaque aire de préparation des repas contient au moins un endroit de rangement de nourriture hors de la portée des ours. Cet aménagement, combiné à la technique de camping responsable, réduit les chances d’attirer des ours. De cette façon, si un ours traverse l’aire des tentes, il risque moins de se faire récompenser par un morceau de nourriture.
Chaque camping d’arrière-pays est muni d’au moins une perche à ours qui permet aux campeurs de hisser (utilisant des cordages en acier) les articles susceptibles d’attirer les ours. On range donc la nourriture, les déchets, les articles de toilette et les vêtements portés durant la cuisson des repas. Cet entreposage « aérien », à au moins quatre mètres au-dessus du sol et bien éloigné des arbres, assure que les ours ou les autres animaux ne sont jamais récompensés par des morceaux de nourriture. On recommande aussi aux randonneurs d’utiliser des sacs refermables pour ranger la nourriture, les articles de toilette et les déchets dans leurs sacs à dos.
Les aménagements privés en arrière-pays
Soit comme détenteurs de contrats de bail ou de permis d’occupation, quelques entrepreneurs privés offrent des possibilités de logement dans les parcs nationaux. Ces commerçants travaillent de près avec nous pour éviter que la nourriture et les déchets n’attirent les ours. Ces commerçants ont aussi une fonction importante : ils instruisent leurs clients pour qu’ils profitent pleinement du parc sans influer négativement sur le terrain et la faune.
Les gardes de parc dans l’arrière-pays
Garde à cheval© Parcs Canada/PNB CD #0982
Plusieurs gardes de parc oeuvrent dans l’arrière-pays durant la saison de randonnée; ils (elles) effectuent des patrouilles à pied et à cheval. Parmi leurs tâches, ils vérifient les rapports des activités des ours. Parfois il leur faut intervenir, ou simplement observer. Durant leurs patrouilles, les gardes de parcs rencontrent et parlent aux randonneurs concernant leurs observations des ours et des autres espèces.
Pour permettre les communications ordinaires et d’urgence, les parcs nationaux entretiennent un réseau de relais radio en hyperfréquences (VHF) sur les sommets des montagnes. Dans des situations d’urgence, ce type de communication est d’une valeur inestimable. Les téléphones cellulaires ne sont pas fiables dans notre région montagneuse.