Évolution de la gestion des ours dans les parcs nationaux
des montagnes
1938
On rappelle aux directeurs des parcs qu’ils
doivent afficher, sans faute, des écriteaux avertissant le
public de ne pas nourrir les ours.
Un touriste se fait mordre par un grizzli dont il s’est approché
pour se faire prendre en photo.
1939
Dans une lettre traitant des « problèmes causés
par les ours », le directeur du parc Jasper écrit :
[Traduction] « …la seule solution que je puisse
envisager pour mettre fin à la situation est de lancer une
campagne de sensibilisation intensive qui fera connaître aux
voyageurs les mœurs de la faune, en plus d’installer
une signalisation adéquate pour attirer l’attention
des touristes sur le fait que tous les animaux sont dangereux lorsqu’ils
sont irrités. »
1939
Un grizzli femelle ayant deux petits blesse
deux randonneurs dans le parc national Yoho.
1943
Le directeur du parc Yoho se fait mordre
par un grizzli alors qu’il se promène dans le parc
avec son jeune fils. Persuadé qu’il s’agit du
même ours que lors de l’incident survenu en 1939, il
ordonne à tous les gardes des parcs Yoho et des Glaciers
d’abattre tout grizzli aperçu dans un secteur très
fréquenté par les visiteurs. Cette politique devient
fort répandue dans les parcs des montagnes jusqu’au
début des années 50.
Préoccupé par cette politique, M. C.H.D. Clarke,
de la National Wildlife Branch, écrit : [Traduction] «
Il n’existe aucun endroit où l’on trouve une
abondance de grizzli et les touristes rencontrent rarement ces animaux,
qui ont besoin d’un milieu sauvage. Ces ours ont le droit
d’être considérés comme un élément
fondamental de la nature sauvage de nos parcs nationaux et, à
ce titre, doivent bénéficier de notre protection.
Ils méritent également que les humains qui se baladent
sur leur territoire respectent de simples précautions qui
permettront d’éviter les affrontements. »
1944
Des dépliants indiquant de ne pas
s’approcher des ours et rappelant que ces derniers sont dangereux
sont distribués aux visiteurs afin de les décourager
de nourrir ces animaux.
Un autre dépliant demandant aux visiteurs de ne pas jeter
le blâme sur les ours est distribué au milieu des années
40.
1940-1950
L’observation des ours dans les décharges devient
un loisir très pratiqué. Du milieu jusqu’à
la fin des années 50, l’avenue Banff arbore un vaste
écriteau indiquant aux visiteurs la direction à suivre
pour se rendre « chez les ours », c’est-à-dire
à la décharge municipale. De plus en plus de gens
subissent des blessures en encourageant les ours à venir
leur manger dans la main, le long des routes et dans les terrains
de camping.
Années 50
Des années 50 jusque dans les années 80, la gestion
des ours se fait souvent par l’utilisation de pièges
en forme de ponceau qui permettent de transporter les ours loin
des visiteurs. Cependant, ceux de ces animaux qui sont habitués
à fouiller dans les poubelles y reviennent souvent et les
récidivistes sont abattus.
1951
Le Règlement concernant le gibier dans les parcs nationaux
est modifié : dorénavant, il est illégal de
toucher, de nourrir ou d’attirer les ours.
1952-1953
En raison d’une épidémie de rage qui sévit
en Alberta, un vaste programme de contrôle des prédateurs
est mis sur pied; au parc national Banff, un nombre non documenté
de grizzlis sont piégés, abattus ou empoisonnés.
Le programme se poursuit dans la province jusqu’en 1955.
1957-1958
Création du service des interprètes des parcs
nationaux.
1958
Un jeune enfant est tué par un ours
noir dans un chalet pour touristes, au sud de Jasper; l’incident
met en évidence l’importance de la gestion des ordures
et des ours.
Lancement d’une politique d’enfouissement des ordures
dans les décharges des parcs.
1959
Une première accusation est portée contre
un individu pour avoir nourri un ours.
Publication des premières lignes directrices en matière
de gestion des ours; elles traitent de l’utilisation de poubelles
à l’épreuve des ours, de la gestion des ordures,
de l’application du règlement interdisant de nourrir
les ours, de la sensibilisation des visiteurs et des habitants des
parcs et de la nécessité d’abattre les ours
qui fréquentent les endroits publics.
John et Frank Craighead entreprennent, dans le parc national Yellowstone,
une étude sur les grizzlis qui durera 12 ans. Ils sont les
premiers à mettre au point des colliers émetteurs
et à utiliser des données télémétriques.
Premier cas documenté de grizzli tué par une voiture
sur la Transcanadienne dans le parc national Banff.
Années 60
Entre 1960 et 1966, le nombre annuel de visiteurs double au parc
national Banff et au parc national Jasper.
De grandes concentrations de grizzlis commencent à se rassembler
autour des décharges des lotissements urbains et des autres
lieux habités.
Des écriteaux sont posés le long des routes des parcs
pour prévenir les visiteurs de ne pas s’approcher des
ours ou les nourrir. Un dépliant donnant des renseignements
sur les ours est distribué.
Les gardes de parc ont désormais à leur disposition
des drogues permettant d’immobiliser les animaux. Cela leur
permet d’examiner de près les ours attrapés
dans des pièges, de recueillir des données sur leur
âge, leur sexe, leur poids etc. et de leur poser des plaquettes
d’oreille à code.
1961
L’Alberta interdit l’utilisation
d’appâts pour la chasse au grizzli.
1962
Fin des travaux de construction de la Transcanadienne.
1963
Fin d’une étude sur l’écologie
du grizzli réalisée dans le parc national des Glaciers,
en Colombie-Britannique.
1964
Publication de la première Politique
sur les parcs nationaux détaillée.
1967
La Colombie-Britannique interdit l’utilisation
d’appâts pour la chasse au grizzli.
Deux jeunes femmes se font tuer la même nuit, dans deux incidents
et par deux grizzlis différents, dans le parc national Glacier,
au Montana. La gestion des ours dans les parcs nationaux fait l’objet
d’un examen approfondi.
1968
Adoption du Règlement sur les ordures dans les parcs
nationaux. Une nouvelle politique exige des utilisateurs de
l’arrière pays qu’ils rapportent avec eux toutes
leurs ordures. Un nouveau dépliant donnant des renseignements
sur les ours est publié. Les travaux de conception d’une
poubelle à l’épreuve des ours se poursuivent.
1969
À l’automne, on enregistre la
présence de 23 grizzlis différents en six heures à
la décharge municipale de Lake Louise.
1970
La décharge de Jasper est déplacée
à l’est de la ville et entourée d’une
clôture puis, en 1981, d’une clôture électrique.
Plus tard, l’endroit devient une décharge d’effluents
industriels et une aire de compostage. À partir de 1992,
les ordures de la ville de Jasper sont envoyées vers une
décharge régionale, à l’extérieur
du parc.
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