Les ours dans les parcs nationaux des montagnes

La gestion des ours

L’ours noir

Territoire historique | Situation présente | Dangers principaux | Biologie | Habitat | Comportement social 

 
Une ourse noire accompagnée de ses oursons dans le parc national Kootenay 
J. Williams

Territoire historique

En Amérique du Nord, l’ours noir (Ursus americanus) errait jadis dans les forêts de la majeure partie du continent, de la côte Est jusqu’à la côte Ouest, de l’Alaska au Mexique.

Situation présente 

De nos jours, l’ours noir est encore présent dans environ 60 % de son aire de répartition historique. Il se rencontre dans la plupart des régions non urbaines de la Colombie-Britannique et partout en Alberta, sauf dans l’extrémité sud-est de la province. Les ours noirs ont évolué dans les écosystèmes forestiers. Par conséquent, leur profil de répartition actuel est grandement influencé par la superficie du couvert forestier intact qui leur est accessible. Des estimations démographiques très générales laissent entrevoir qu’il pourrait y avoir jusqu’à 600 000 ours noirs en Amérique du Nord, dont plus de 380 000 au Canada. En raison de cet effectif relativement important, l’ours noir n’est pas une espèce en péril au Canada.
Dans les quatre parcs nationaux contigus des montagnes, les estimations pour chaque parc sont les suivantes :

  • Parc national Banff : 20-40
  • Parc national Jasper : 90
  • Parc national Yoho : 20-50
  • Parc national Kootenay : 30-50

Dangers principaux

L’ours noir craint les gros prédateurs, dont le grizzli, les autres ours noirs et le loup. Sa plus grande menace? L’activité humaine. La fragmentation de l’habitat, l’accoutumance ainsi que les collisions routières et ferroviaires nuisent grandement à l’espèce dans les parcs des montagnes.


Un ours noir tué par un véhicule 

H. Morrison

Biologie

Par comparaison avec de nombreux autres animaux des parcs des montagnes, l’ours noir présente un faible taux de reproduction. L’espèce n’atteint la maturité sexuelle qu’à l’âge de trois ou quatre ans. Les femelles peuvent mettre bas tous les deux ou trois ans. Les portées peuvent compter jusqu’à cinq oursons, mais elles en comptent généralement deux.

L’accouplement a lieu en juin et en juillet. Si la femelle parvient à trouver de la nourriture de bonne qualité pendant l’été, l’embryon s’implantera dans l’utérus à l’automne, à l’issue d’un processus appelé implantation retardée. Les ours des parcs des montagnes peinent à trouver suffisamment de nourriture pendant les années d’abondance. Pour survivre, ils doivent à tout prix trouver un habitat sûr où ils auront accès au plus grand volume possible de nourriture naturelle. Si la femelle a accumulé des réserves de graisse suffisantes pour survivre à l’hiver, les oursons naissent dans la tanière à la fin de janvier ou en février. Ils pèsent environ 300 g à la naissance et peuvent gagner jusqu’à 2 kg avant d’émerger de la tanière à la mi-avril ou au début de mai.

Les petits demeurent généralement avec leur mère pendant au moins un an, selon le degré de tolérance de Maman. Les ours qui atteignent l’âge adulte peuvent vivre de 20 à 30 ans. Cependant, la plupart d’entre eux meurent bien plus jeunes.


Une ourse noire avec sa progéniture 

Habitat

L’ours noir se sent à l’aise dans un environnement forestier, où il peut trouver refuge et grimper à des arbres lorsqu’il est menacé. Dans les parcs des montagnes, il a dû s’adapter à la présence des humains. Vous êtes susceptible de voir des ours noirs dans la zone montagnarde, c’est-à-dire dans le fond des vallées, le long des routes ou près des campings, où les clairières de la forêt favorisent la croissance de la végétation.


 
Un ours noir dans un arbre

G. Peregoodoff

Nourriture

Aux yeux des ours, il n’y a que la nourriture qui compte. Espèce omnivore, l’ours noir mange aussi bien des plantes que de la viande. Les végétaux sont sa principale source de nourriture et représentent jusqu’à 85 % de son apport alimentaire. À la fin de l’été et en automne, les baies procurent une source de nourriture de toute première importance : les ours s’en gavent jour et nuit en prévision de leur hibernation. L’ours noir a essentiellement le même régime alimentaire que le grizzli, mais, parce que ses griffes sont courtes, il ne dépend pas autant des sources de nourriture dénichées sous la terre – comme les racines et les spermophiles.

Printemps et début de l’été

Fin de l’été et automne

Pissenlits

Shépherdie du Canada

Bourgeons et chatons de peupliers

Camarine noire

Graminées et carex

Raisin d'ours

Trèfle

Airelle à tige mince

Prêle (Equisetum)

Groseilles

Baies de l’été précédent

Bleuets/airelles (à l’ouest de la Ligne de partage des eaux)

Bébés chevreuils, wapitis et orignaux

Cônes de pin blanc d'Amérique

Petits animaux

Salsepareille

Poissons

Champignons

Carcasses d’ongulés tués pendant l’hiver

Insectes

Petits animaux

Poissons

Charogne

Carcasses de wapitis affaiblis ou blessés par le rut



L’ours noir est également un détritivore; il tire parti de toutes les sources de nourriture qu’il trouve sur son chemin : des carcasses, du grain déversé sur la voie ferrée, des fruits et des graines provenant des arrière-cours et des mangeoires, votre barbecue, votre pique-nique ou des déchets. C’est pour cette raison qu’il est extrêmement important de bien gérer les articles susceptibles d’attirer les ours et de ranger la nourriture et les ordures en lieu sûr dans les parcs. Les ours qui prennent goût à la nourriture humaine en viennent à présenter un risque pour la sécurité publique, et il arrive qu’ils doivent être abattus.


Shépherdie du Canada

J. Millen



Un ours noir au pelage cannelle en train de
se nourrir de baies de la shépherdie 
A. Athwal

Espace

Le domaine vital de l’ours noir peut faire jusqu’à 200 km2 et, bien souvent, chevauche celui d’autres ours. Les jeunes femelles choisissent un territoire situé près de celui de leur mère, mais les oursons mâles tendent à s’éloigner et à se disperser. Lorsqu’ils se déplacent, les ours noirs préfèrent s’en tenir à des endroits boisés plutôt qu’à des milieux ouverts.
Au printemps et au début de l’été, lorsque les grizzlis se dispersent en altitude pour profiter des nouvelles pousses vertes, les ours noirs, eux, préfèrent se déplacer à plus faible altitude pour les éviter et pour profiter des baies. Chez l’ours noir, les collisions routières sont la principale cause de mortalité d’origine humaine dans les parcs des montagnes. Dans le parc national Banff, les ours noirs ont pris l’habitude d’emprunter les passages supérieurs et inférieurs pour animaux afin de traverser la Transcanadienne. Cependant, comme ils sont capables de grimper aux arbres, ils arrivent à gravir les poteaux des clôtures routières et s’exposent ainsi à la circulation dangereuse de l’autoroute.


Un ours noir empruntant un passage pour animaux dans le parc national Banff. Image produite par un appareil photo actionné par le mouvement. 
HighwayWilding.org



Un ours noir grimpant sur une clôture routière le long de la Transcanadienne, dans le parc national Banff 

J. Shepherd

Comportement social

Abstraction faite de la période d’accouplement, l’ours noir est généralement un animal solitaire. Les mères accompagnées d’oursons sont l’exception à la règle. Les ours noirs sont plus timides que les grizzlis. Pour échapper aux menaces – qu’il s’agisse d’un autre ours, de loups ou d’humains –, ils grimpent généralement aux arbres.
Les ours possèdent tout un vocabulaire et ont recours à toutes sortes de grognements, de ronronnements et de vocalisations pour communiquer entre eux. Certains chercheurs qui ont entendu ces sons avouent qu’ils ressemblent étrangement à des conversations humaines. L’ours noir et le grizzli ont tous deux recours au marquage odorant et aux arbres frottoirs pour faire connaître leurs sentiments aux autres ours.