Les ours dans les parcs nationaux des montagnes

Conservation

Au-delà des frontières

Les chercheurs ont recours à la télémesure
La faune erre librement à l’intérieur et au-delà des limites des parcs. Les chercheurs ont recours à la télémesure pour suivre leurs déplacements sur de grandes distances.

En tant que membres d’une communauté d’aires protégées, les parcs nationaux des Rocheuses tirent parti de l’expérience acquise ailleurs et des idées innovatrices de spécialistes qui partagent le même intérêt pour ces joyaux de notre patrimoine. Pour atteindre nos objectifs de conservation des ours, nous devons examiner ce qui se passe au-delà de nos frontières – géographiques, politiques et organisationnelles – et solliciter l’aide de partenaires pour trouver des solutions aux petits et aux grands défis, en apprenant, en agissant et en travaillant de manière concertée.

« Les mesures destinées à renforcer les liens unissant la population et à réduire la fragmentation du paysage gagneront en importance comme stratégie d’adaptation aux pressions à venir. » - Plan directeur du parc national du Canada Banff 2010


Chemin de fer Canadien Pacifique

 Mortalité de cause humaine chez les grizzlis des parcs nationaux des montagnes entre 1990 et 2010 © Parcs CanadaFigure 1. Mortalité de cause humaine chez les grizzlis des parcs nationaux des montagnes entre 1990 et 2010. Les données indiquent le pourcentage du total (n=52) par facteur causal. Voir le rapport des parcs (Bertch et Gibeau, 2010) pour des détails plus complets.
© Parcs Canada

Le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) et Parcs Canada ont uni leurs efforts pour réduire les risques de collisions ferroviaires avec des grizzlis (Ursus arctos). Les données recueillies dans les 20 dernières années révèlent que les grizzlis sont le plus souvent tués sur la voie ferrée dans les parcs nationaux des montagnes du Canada (les parcs Banff, Yoho et Jasper ainsi que les parcs des Lacs-Waterton, du Mont-Revelstoke et des Glaciers). Même si la mortalité attribuable aux trains n'est que légèrement supérieure à celle qui est due aux véhicules (figure 1), les routes sont quatre fois plus nombreuses que les voies ferrées dans les parcs. Ce constat a amené les biologistes et les cheminots à se demander pourquoi le chemin de fer représentait une telle menace pour les ours.

Pendant plus de 20 ans, les deux organismes ont recueilli des données de référence pour mieux comprendre le problème. Depuis les années 1990, ils consignent des renseignements sur les grizzlis et les autres animaux qui meurent sur la voie ferrée ainsi que sur les causes sous-jacentes de ces collisions. Cette opération de collecte de données a vite révélé que les ours venaient manger du grain tombé des wagons-trémies.

Le premier projet de surveillance du grain, qui a vu le jour en 2006, visait à mesurer la quantité de grain déversée sur la voie ferrée. L'année suivante, le CFCP a entrepris une révision générale des wagons de grain appartenant à l'État. Dans les quatre dernières années, ce programme a permis d'améliorer plus de 5 000 wagons. Du coup, les déversements de grain ont été réduits de 61 % de 2008 à 2010 dans les parcs nationaux Banff et Yoho (figure 2). Le CFCP continue de travailler à réduire les déversements de grain en exécutant un programme d'inspection et de réparation continue de ses wagons. En outre, les employés affectés à l'entretien enlèvent les accumulations de grain sur la voie ferrée avec un camion à réservoir aspirateur.

 
Figure 2. Nombre médian de grammes de grain déversés par jour sur un pied linéaire de voie ferrée du Chemin de fer Canadien Pacifique dans les parcs nationaux Banff et Yoho, exprimé en tant que nombre estimatif de grammes par jour pour chaque année. Le grain a été prélevé à dix endroits aux quatre jours tout au long de l'année. Voir le rapport des parcs (Dorsey, 2011) pour obtenir des détails plus complets et des renseignements sur les méthodes employées.
© Parcs Canada

Malgré ces améliorations, un grand nombre d'ours ont pris l'habitude de chercher de la nourriture le long de la voie ferrée et se servent de l'emprise ferroviaire comme corridor pour se déplacer dans les parcs. En 2009, les biologistes de Parcs Canada ont commencé à mesurer le temps que les ours passaient sur la voie ferrée, afin d'estimer l'efficacité de toute éventuelle mesure d'atténuation destinée à éloigner les ours du chemin de fer. Ils ont découvert que les ours sont surtout attirés vers la voie ferrée au début du printemps, lorsque les autres sources de nourriture sont rares. Les ours tendent à se concentrer aux endroits où les accumulations de grain sont les plus grandes. Cependant, ce n'est pas à ces endroits qu'ils sont le plus souvent frappés par des trains. Un étudiant de troisième cycle de l'Université de l'État du Montana s'est servi de cette information pour délimiter les zones les plus risquées pour les ours. Il a également cerné les caractéristiques de l'emprise ferroviaire qui étaient associées à un risque de mortalité accru.

symposium sur l’atténuation des conflits ours-voie ferrée dans le parc national Banff en 2011
Parcs Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique ont accueilli un symposium sur l’atténuation des conflits ours-voie ferrée dans le parc national Banff en 2011.

En s'appuyant sur ce qu'ils ont découvert jusqu'à présent, Parcs Canada et le CFCP se sont engagés à mieux comprendre les causes profondes des collisions ours-trains et à trouver des moyens d'éloigner les ours des zones présentant un risque de mortalité élevé. Plusieurs solutions prometteuses seront mises à l'essai cet été, notamment un tapis clouté visant à dissuader passivement les ours de circuler sur la voie ferrée. D'autres outils, dont une clôture d'exclusion, sont également en voie de conception. Ces solutions seront mises à l'essai, et, si elles se révèlent efficaces, elles seront peaufinées à des fins d'implantation. Parcs Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique évaluent actuellement l'efficacité et la sûreté des mesures d'atténuation proposées. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour concevoir des solutions qui produisent les résultats voulus sans causer de déraillement ni engendrer d'autres risques pour la sécurité des opérations ferroviaires, des personnes et de la faune. Ces solutions s'inscrivent dans une vaste stratégie conjointe de recherche et d'atténuation. Les partenaires mettront la dernière main à la stratégie finale en octobre 2011, à l'issue d'un examen par un groupe international d'universitaires et d'autres experts.


Ce que VOUS pouvez faire

Que vous séjourniez régulièrement dans les parcs ou que vous en profitiez à distance, vous pouvez faire partie de l’équipe de conservation de Parcs Canada. Pour venir en aide aux ours, vous devez d’abord vous renseigner à leur sujet – connaître leurs habitudes, les obstacles à leur survie et le type d’habitat dont ils ont besoin pour survivre. En sachant ce qu’il faut pour assurer la survie des ours dans le paysage élargi, vous serez mieux à même de prendre des décisions éclairées sur la façon dont vos actions influent sur ces animaux fascinants.

Pour venir en aide aux ours :

  • Devenez un intendant de Parcs Canada – renseignez-vous sur nos aires protégées, chérissez-les et faites-en connaître toute la valeur aux autres
  • Renseignez-vous sur les ours – assistez à une causerie d’interprétation ou visitez le zoo de votre région
  • Faites vos devoirs avant de vous aventurer au pays des ours et suivez les consignes de sécurité
  • Appuyez les initiatives de régénération de l’habitat dans les aires protégées
  • Appuyez les efforts de nos spécialistes de la faune, des Gardiens des ours et du personnel de Parcs Canada en respectant les règles, les règlements, les avertissements, les fermetures et les recommandations des parcs pendant votre séjour

Voici certaines mesures prises par d’autres partenaires pour protéger les ours :

Canadian Pacific Railway is working with Parks Canada to reduce the probability of grizzly bear deaths due to train collisions. A $1 million joint research program is generating cutting-edge solutions to an age-old problem.

Alberta Sustainable Resource Development provides in-depth information on the characteristics, history, behaviour and management of black and grizzly bears in the province.

British Columbia Grizzly Bear Conservation Strategy
The province of British Columbia supports one of the largest populations of black bears and the second largest population of grizzly bears in North America.

Two dollar coin © Royal Canadian Mint Canadian two dollar coin
© Royal Canadian Mint. All rights reserved.

Polar Bears International
Polar bears are Canada's third bear species and live in the circumpolar north far from the mountain national parks. Polar bears and the Arctic ecosystem on which they rely remind us there are no boundaries with respect to climate change.

Wapusk National Park protects one of the world's largest known polar bear maternity denning sites. Did you know Wapusk means “White Bear” in Cree?