Plantes non indigènes : Déraciner les envahisseurs

Mesures prises par Parcs Canada   /  Comment pouvez-vous prendre part

Des étrangers envahissent nos parcs nationaux… Ce ne sont pas des envahisseurs de l’espace, mais bien des plantes! Les plantes ont été introduites par l’activité humaine dans les dernières décennies, souvent par inadvertance. Ces plantes peuvent paraître inoffensives, mais elles perturbent les processus naturels de l’écosystème et menacent la biodiversité.

Dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho, on dénombre plus de 100 espèces de plantes non indigènes. Le chardon des champs, le comandre livide commun, le millepertuis commun, l'euphorbe ésule, le bouton d'or, la tanaisie vulgaire et la centaurée maculée ne sont que quelques-unes des espèces dont il faut se méfier. En effet, ce sont des herbes envahissantes et agressives qui se répandent rapidement.

Épervière orangée © Parcs Canada Euphorbe ésule © Parcs Canada Chardon des champs © Parcs Canada Millepertuis commun © Parcs Canada
(de gauche à droite) épervière orangée, euphorbe ésule, chardon des champs, millepertuis commun © Parcs Canada

Mesures prises par Parcs Canada

Pour lutter contre les plantes non indigènes, Parcs Canada a mis sur pied un programme appelé gestion intégrée des parasites. Ce programme vise à empêcher l'apparition de plantes non indigènes et, autant que possible, à les éliminer ou à en prévenir la propagation afin de conserver la diversité des plantes indigènes et de la faune. Dans les parcs nationaux, il est certes beaucoup plus efficace d'empêcher carrément l'apparition de plantes non indigènes. Toutefois, lorsque les plantes sont établies, il faut les éliminer ou les empêcher de se répandre davantage. Dans le cadre du programme de gestion intégrée des parasites, plusieurs méthodes sont utilisées pour lutter contre les mauvaises herbes :

Les méthodes mécaniques

Le désherbage à la main, la tonte et la destruction des boutons floraux sont des méthodes de lutte mécaniques qui affaiblissent ou éliminent les plantes non indigènes. Toutefois, dans le cas de certaines espèces envahissantes, ces méthodes ne sont pas complètes et peuvent même stimuler la repousse des plantes à partir des racines restantes, ce qui fait que les plantes nuisibles se multiplient! Les connaissances écologiques particulières à l'espèce nous aident à déterminer les méthodes de lutte adéquates à utiliser et le moment propice au désherbage pour l'obtention des meilleurs résultats possible.

Les méthodes biologiques

Dans certaines régions du Canada et des États-Unis, on s'est servi de méthodes biologiques pour lutter contre les mauvaises herbes. L'utilisation d'espèces exotiques d'insectes ou d'agents biologiques, tels que les coccinelles et les mouches, qui se nourrissent expressément de plantes non indigènes, a produit des résultats prometteurs. Des chèvres et des moutons domestiques ont également participé à la lutte contre les plantes non indigènes.

Jusqu'à maintenant, des méthodes biologiques ont été utilisées sur des terres provinciales adjacentes au parc national Kootenay (dans la région du ruisseau Stoddart), et nous comptons faire de ces méthodes un autre instrument du programme de lutte contre les mauvaises herbes des parcs nationaux. Quant aux chèvres et aux moutons domestiques, il est impossible d'y recourir en raison du risque de propagation de nouvelles maladies chez les animaux sauvages indigènes.

Les méthodes chimiques

Les herbicides constituent une autre méthode pour lutter contre les plantes non indigènes envahissantes. Bon nombre des herbicides sont sélectifs, c'est-à-dire qu'ils tuent les plantes appartenant à une espèce sans mettre en danger les plantes d'une autre espèce. Les herbicides atteignent les graines des plantes nuisibles dans le sol. Les graines de certaines espèces peuvent demeurer viables jusqu'à 75 ans, il est donc important de les éliminer.

Nous choisissons des herbicides qui ciblent de manière efficace les espèces de plantes les plus envahissantes, mais qui présentent un risque minime pour les gens, la faune et les écosystèmes du parc. Malgré ces directives rigoureuses, la pulvérisation d'herbicides est restreinte aux secteurs où se trouvent en grand nombre des espèces ciblées très envahissantes.

Mesures de gestion

Dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho, nous avons recours aux méthodes suivantes pour empêcher la propagation des mauvaises herbes non indigènes qui poussent dans des régions tant de l'avant-pays (où l'on peut accéder par route) que de l'arrière-pays :

La prévention
  • Nous utilisons du foin sans mauvaises herbes dans les ranchs du gouvernement et les pâturages des chalets de patrouille de l'arrière-pays.
La lutte
  • Un plan de gestion intégré des parasites guide le programme de lutte contre les plantes invasives non indigènes dans les parcs nationaux Banff, Yoho et Kootenay. Nous évaluons tout d'abord l'écologie de l'espèce envahissante ciblée et l'endroit ou elle se trouve. Nous choisissons ensuite la méthode de lutte qui est la plus appropriée et la plus efficace, et qui présente le moins de risques pour les espèces indigènes. 
  • Nous mettons l'accent sur le désherbage manuel de plusieurs petites parcelles des parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho.
  • Le programme de lutte contre la végétation invasive du Canadien Pacifique Limitée a pour but d'assurer la sécurité ferroviaire et de réduire l'incidence d'espèces envahissantes. 
La surveillance
  • Nous tenons un registre des plantes non indigènes et nous surveillons des zones témoins en vue d'évaluer l'efficacité du programme.
La remise en état
  • Des lignes directrices ont été établies par l'entremise du processus d'évaluation environnementale et du programme de gestion de la végétation du parc pour orienter la remise en état des aires perturbées dans les lotissements urbains de Field et de Lake Louise, dans les sentiers de l'arrière-pays, dans les corridors routiers et dans d'autres endroits dans le parc. Les plantes indigènes locales sont privilégiées. L'intervention de remise en état inclura des mesures d'atténuation pour les espèces envahissantes non indigènes.

Comment pouvez-vous prendre part à la lutte contre les mauvaises herbes?

  • Apprenez à reconnaître les plantes non indigènes envahissantes et signalez au Service des gardes de parc toutes infestations observées dans les parcs nationaux.
  • Si vous voyagez à cheval, n'emportez que du fourrage sans mauvaises herbes dans l'arrière-pays. Avant d'y entrer, assurez-vous que les chevaux ne transportent pas de graines de mauvaises herbes (même dans leurs excréments).
  • Évitez de voyager ou de camper dans des zones infestées de mauvaises herbes pour empêcher que les graines se répandent.
  • Les routes de l'arrière-pays avoisinant les parcs nationaux constituent également des vecteurs qui permettent aux plantes non indigènes de se répandre dans des régions éloignées. Si vous parcourez ces routes, lavez souvent votre véhicule. Les graines peuvent être transportées d'une région à l'autre dans la boue et les débris qui se trouvent sur votre véhicule.
  • Si vous avez une propriété à l'extérieur des parcs, prenez les mesures nécessaires pour la débarrasser des plantes non indigènes envahissantes. La menace que constituent les plantes non indigènes pour la diversité des plantes indigènes et de la faune ne plane pas seulement sur les écosystèmes des parcs nationaux.