Parc national du Canada Wapusk

Coin des jeunes : Qui suis-je?

Échos de Wapusk - Volume 6, 2013

Lemming Lemming
© Parcs Canada
Jill Larkin, agente de la gestion des ressources de Parcs Canada, dirige la surveillance de petits mammifères au parc national Wapusk Jill Larkin, agente de la gestion des ressources de Parcs Canada, dirige la surveillance de petits mammifères au parc national Wapusk
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Je suis un petit rongeur arctique qui est actif toute l’année. Je ressemble un peu à un petit hamster. Mes pattes, mes oreilles et ma queue sont courtes, et je peux les cacher dans mon pelage pour me garder au chaud. L’été, mon pelage est parfois d’une seule couleur ou tacheté de plusieurs couleurs, comme noir, gris et brun. À l’automne, mon pelage devient épais comme un manteau d’hiver et blanc pour pouvoir me camoufler dans la neige. Les griffes de mes pattes antérieures poussent pour que je puisse creuser dans la neige profonde. L’été, je creuse un terrier pour dormir, élever mes petits et me cacher de mes prédateurs. Je peux avoir trois portées ou plus en une seule année et jusqu’à sept petits à la fois. Mes petits naissent au printemps, à l’été et parfois même à l’hiver! Peux-tu deviner combien de petits je suis capable d’avoir en une seule année?

L’hiver, j’habite au fond du manteau neigeux, où je passe beaucoup de temps à dormir et à chercher des plantes à manger. Je construis un lit chaud et douillet avec des graminées et des arbustes que je déchiquète de mes dents tranchantes et pointues. J’ai aussi un coin pour aller à la toilette (ce que les scientifiques appellent latrines), et je fabrique des tunnels dans la neige où je cherche des plantes et des racines à manger. Pendant l’été, garde l’oeil ouvert et tu pourrais voir mes nids d’hiver sur le sol puisqu’ils y restent après la fonte des neiges!

Je suis un lemming.

Voici un exemple d’un réseau alimentaire simple au parc national Wapusk. Tu vois comme j’ai de l’importance? Voici un exemple d’un réseau alimentaire simple au parc national Wapusk. Tu vois comme j’ai de l’importance?
© Parcs Canada

Le nombre de lemmings en Arctique n’est pas le même chaque année. Environ une fois tous les quatre ans, il y a si peu de lemmings que ceux qui nous mangent (comme le renard arctique) n’ont pas assez de nourriture et ils ne peuvent donc pas avoir autant de petits qu’à l’habitude. Certaines autres années, nous sommes si nombreux l’été qu’il faut parfois traverser de grands lacs et des rivières pour trouver un endroit où vivre qui soit moins surpeuplé. Certains d’entre nous se noient d’épuisement lors de la traversée. C’est de là que vient le mythe des lemmings qui tentent de se suicider en sautant d’une falaise dans le vide. Selon une légende inuite, les lemming tombent du ciel, probablement à cause du fait que nous devenons soudainement très nombreux au printemps lorsque l’année est bonne et que nombre de petits sont nés pendant l’hiver.

J’ai BEAUCOUP de prédateurs, dont le harfang des neiges, le renard arctique, le renard roux, l’aigle, le faucon et l’hermine. Au fond, tout prédateur plus grand que moi qui habite la toundra voudra me dévorer s’il en a l’occasion! J’ai un rôle important à jouer dans le réseau alimentaire arctique. À ton avis, que se passe-t-il les années où nous existons en grand nombre?

Latin (nom scientifique) Dicrostonyx richardsonii
Français et anglais lemming
Déné dlύn [lemming brun]
Cri cheputsoowapikoses [lemming variable (lemming des neiges)]
Inuktitut Avinngaq [lemming] ou kilangmiutak [lemming variable]
« celui qui tombe du ciel »

Références :

  • Brandson, Lorraine E. Churchill Hudson Bay: A Guide to Natural and Cultural Heritage, musée Eskimo de Churchill, 2011
  • Service canadien de la faune (en anglais)

Texte original : Tereza Tomek, dans le cadre du cours le terrain « Faune et ethnoécologie » offert à l’Université du Manitoba, 2008.