Parc national du Canada Wapusk

Thé du Labrador (Cri : muskekopukwa, Déné : nagodhe)

Heather MacLeod, Interprète du patrimoine, Parc national Wapusk et lieux historiques nationaux du Nord du Manitoba

Échos de Wapusk - Volume 5, Numéro 1, 2012

Variété naine du thé du Labrador en fleurs Variété naine du thé du Labrador en fleurs
© Parks Canada

La région du parc national (PN) Wapusk est reconnue mondialement pour sa diversité biologique. Les limites du parc protègent divers habitats et des populations d’ours polaires, d’oiseaux et de plantes d’importance. On retrouve environ 370 espèces de plantes dans le PN Wapusk. Dans cet article, nous allons examiner de plus près un arbrisseau que l’on appelle thé du Labrador.

On retrouve deux espèces de cet arbrisseau odorant très répandu dans la région de Churchill, y compris au sein du PN Wapusk. Les deux variétés présentent des feuilles épaisses vert foncé mat. La face inférieure de la feuille est couverte de duvet et le bord du limbe est légèrement recourbé. Les deux espèces produisent des fleurs blanches groupées en ombelles bien rondes. On les distingue assez facilement d’après leur taille et l’endroit où elles poussent.

La plus grande des deux espèces, Rhododendron groelandicum, pousse au sein des zones forestières intérieures d’épinettes noires et blanches, mais rarement au-delà. La variété naine, Rhododendron tomentosum, est un arbrisseau de petite taille avec des feuilles plus petites et plus étroites que l’on retrouve dans la toundra subarctique. Si au cours d’une promenade dans la toundra durant une chaude journée d’été, vous remarquez un parfum extraordinaire, c’est probablement que vous avez écrasé une branche de la variété naine du thé du Labrador.

Le thé du Labrador fait l’objet de nombreuses utilisations traditionnelles (il est important de souligner qu’une préparation inadéquate de la plante peut entraîner des problèmes de santé). Les peuples autochtones et les premiers Européens en faisaient une boisson chaude. Des usages médicinaux ont également été décrits. Diverses concoctions orales, préparées par une personne expérimentée, ont été utilisées pour traiter la diarrhée et la grippe intestinale, les frissons et les maux de tête, les douleurs causées par la dentition chez les nourrissons ainsi que la mauvaise haleine, tandis que des applications topiques permettraient de réduire les douleurs arthritiques, de diminuer la perte de cheveux et d’apaiser les infections oculaires, les éruptions cutanées, les brûlures et les démangeaisons, les égratignures, les gerçures ou les douleurs cutanées. On l’utilise également pour parfumer la suerie en versant de l’eau bouillie avec ses feuilles sur les pierres chaudes.

Fait intéressant : On peut utiliser le thé du Labrador pour éloigner les insectes. Il suffit d’écraser les feuilles fraîches, de les placer dans un bocal de verre et de les couvrir d’huile d’olive, de pépins de raisin ou de canola. Placez le bocal sur le rebord d’une fenêtre où il sera exposé au soleil et à la chaleur. Après deux semaines, filtrez le liquide pour retirer les feuilles et vous obtenez un insectifuge biologique sans pesticide qui laissera votre peau douce et parfumée!

Sources d’information sur les utilisations traditionnelles :

  • Johnson, Karen. Wildflowers of Churchill. Musée de l’homme et de la nature du Manitoba, 1987.
  • Keane, Kahlee. « Labrador Tea ». Northroots, Octobre-novembre 2009.
  • Marles, Robin et coll. Plantes utilisées par les Autochtones dans la forêt boréale du nord-ouest du Canada. Ressources naturelles Canada, 2008.