Le point sur la tordeuse des bourgeons de l’épinette en 2011
Choristoneura fumiferana (tordeuse des bourgeons de l’épinette) © Parcs Canada Cet été, en raison de l’infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) qui sévit actuellement au sein du parc national du Mont-Riding (PNMR), les résidents et les visiteurs du parc peuvent s’attendre à voir des larves (chenilles) suspendues à de minces fils ainsi que des épinettes et des sapins baumiers dont les aiguilles sont rouges ou manquantes, surtout au bout des branches. Vous trouverez ci-dessous quelques renseignements sur la tordeuse. Si vous désirez en savoir davantage ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec
rmnp.info@pc.gc.ca
ou par téléphone 204-848-7275.
Q. Qu’est-ce que la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE)?
A. La tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) est un papillon nocturne indigène des forêts de conifères et des forêts mixtes de l’Amérique du Nord. Les larves de la TBE (chenilles) se nourrissent d’aiguilles et privilégient le sapin baumier, l’épinette blanche et, dans une moindre mesure, l’épinette noire, qui sont des espèces présentes dans le PNMR.
Q. Qu’est-ce qu’une infestation et à quelle fréquence une infestation de la TBE se produit-elle?
A. Une infestation est l’apparition ou la croissance soudaine d’une population naturelle. Chez la TBE, une infestation peut survenir tous les 20 ou 30 ans et durer jusqu’à 20 ans. Cela dit, elle dure généralement de 7 à 12 ans.
On observe actuellement des infestation de la TBE dans diverses régions du Manitoba. Celle qui sévit actuellement dans le PNMR a été détectée pour la première fois en juin 2005.
Q. Quel genre de dommages peut-on s’attendre de voir aux arbres durant une épidémie de TBE?
A. L’activité trophique de la TBE est généralement la plus intense dans les nouvelles pousses (aiguilles) au bout des branches et près du haut de la couronne de l’arbre. La TBE peut hâter la mort d’un arbre par cette défoliation en lui causant un stress supplémentaire. Une défoliation sur de courtes périodes réduira la croissance de l’arbre mais, en cas de longues infestations, elle peut faire mourir les branches et mener à la mort de certains arbres. Le sapin baumier est toujours très vulnérable dans ce cas, car il est le préféré des larves et résiste moins bien aux effets d’une défoliation répétée. À ce jour, la présente infestation de la TBE n’a causé la mort d’aucun arbre dans le lotissement urbain de Wasagaming.
Q. À quand les dernières infestations de la TBE remontent-elles? Quelles en ont été les conséquences?
A. D’autres infestations de la TBE dans le PNMR sont survenues de 1959 à 1962 et de 1977 à 1979. Bien qu’une importante défoliation se soit produite pendant plusieurs années, très peu d’arbres en sont morts. Selon les données de la surveillance annuelle, l’ensemble des épinettes et des sapins du parc devraient subir une certaine défoliation au cours du mois de juin.
Q. Quel est le pronostic concernant l’infestation qui sévit actuellement dans le PNMR?
A. Selon les experts, la présente infestation pourrait durer encore plusieurs années avant que le niveau de la population ne revienne à la « normale ». Une gelée tardive, après que les larves ont commencé à se nourrir, et la prédation de plusieurs espèces d’oiseaux pourraient réduire de beaucoup la population de TBE.
Il est important de ne pas oublier que les cycles de la population de TBE et les infestations subséquentes font partie du processus naturel qui se produit depuis des milliers d’années dans la forêt boréale de l’Amérique du Nord. Il est peu probable que des épinettes saines finissent par mourir, même après plusieurs années de défoliation partielle, et on s’attend à ce que les forêts mixtes se rétablissent comme d’habitude.
Q. Quelles inquiétudes une infestation de la TBE suscite-t-elle dans le PNMR?
A. La TBE ne présente aucun risque direct pour la santé humaine. La principale inquiétude vient du risque possible à la sécurité que représentent les conifères morts dans les zones pédestres très fréquentées. Ces arbres morts s’ajoutent à la charge de combustible qui peut alimenter les feux de friches intenses et ils peuvent parfois tomber lors de grands vents et devenir une menace pour la santé du public et les propriétés des environs. Le personnel du parc a été formé pour rencenser, évaluer et enlever les arbres dangereux dans les zones très fréquentées.
Les visiteurs se plaindront surtout de la couleur rougeâtre ou brunâtre des conifères attribuable à la perte d’une partie de leurs aiguilles. Certains arbres pourraient en mourir s’ils sont soumis à de nombreux facteurs de stress, tels un surpeuplement et un manque d’humidité. Les arbres auront l’air « malades » en raison de leurs aiguilles rouges ou manquantes. En outre, les vers suspendus aux arbres par de minces fils peuvent incommoder certaines personnes qui passent dessous.
Q. Comment l’infestation de la TBE sera-t-elle gérée?
A. La Stratégie de gestion de la tordeuse des bourgeons, élaborée en 2006, contient certaines mesures en matière de communication, de surveillance et d’intervention de gestion (au besoin). Pour l’été 2011, on poursuivra le programme de surveillance afin de suivre l’évolution de la présente infestation de la TBE. Cela permettra de prévoir les niveaux de défoliation au printemps suivant. De plus, on examinera la possibilité de prendre certaines mesures préventives, notamment l’enlèvement ciblé des arbres morts ou présentant un grand risque, ainsi que l’éclaircie des peuplements denses afin de réduire le stress.
Q. Pourquoi ne pas pulvériser le secteur de pesticides?
A. L’application de pesticides réduira la défoliation durant la période de pulvérisation. Cependant, à la fin du programme de pulvérisation, la TBE peut revenir et la défoliation continuera de plus belle. Les pesticides utilisés pour lutter contre la TBE risquent de tuer tous les papillons, diurnes et nocturnes, dans le secteur visé, ce qui aura pour effet de réduire la biodiversité et de nuire à la pollinisation des fleurs. Pour le secteur de Wasagaming, un programme de pulvérisation coûterait de 50 000 $ à 60 000 $ par année.