Étude sur le déplacement des poissons au parc national du Canada du Mont-Riding
Des membres du personnel du parc national du Canada du Mont-Riding, situé dans le Sud-Ouest du Manitoba, ainsi que des chercheurs de l’Université de Brandon, étudient le déplacement du grand brochet (brochet du Nord) dans le lac Clear afin d’en apprendre davantage sur son habitat et son comportement de frai. À la fin mars, on a invité des pêcheurs sur glace de la région à participer au projet en soumettant des brochets à des fins de marquage. On a fixé des radio-émetteurs sur les poissons en vue de suivre leurs déplacements entre le lac Clear et le lac South, qui sont adjacents.
Randi et Kendelle accord décalé© Parcs Canada / Chris Malcolm
« Les pêcheurs sur glace de la région ont joué un grand rôle dans le projet, a signalé M. Tim Sallows, qui travaille en conservation des ressources au parc national du Mont-Riding. La réaction a été très positive. Tout le monde avait envie de donner un coup de main et d’attraper des brochets pour nous. »
Dans l’ensemble, on a attrapé 54 poissons, et des émetteurs ont été fixés sur 40 d’entre eux.
« Quand les pêcheurs attrapaient un poisson, ils s’écriaient ou l’apportaient à la station de marquage, a expliqué le chercheur principal du projet, M. Chris Malcolm, Ph. D., du département de géographie de l’Université de Brandon. Parfois, ils nous appelaient de leur téléphone cellulaire. On montait alors sur une motoneige et on allait chercher les poissons. Il s’agit d’un beau projet coopératif entre le parc, les pêcheurs de la région et l’université. »
Le projet a suscité un enthousiasme débordant. À plusieurs reprises, le poisson ayant mordu tard dans la journée, les chercheurs ont dû travailler en soirée, à la lumière des phares de motoneige, afin de terminer le marquage. Les journées étaient longues, mais fructueuses.
« J’étais vraiment content d’être invité à participer à l’étude, a déclaré M. Clay Hutchison, d’Onanole, au Manitoba, qui pêche sur le lac Clear depuis plus de 50 ans. Je garde les poissons qui pèsent dix livres ou moins et je remets les autres à l’eau. Les plus gros sont les femelles et les principales génitrices; il est logique de les remettre à l’eau. La plupart des gens de la région font de même. »
En tout, on a marqué 40 poissons. Le plus gros pesait 11,2 kg (24,8 lb), et le plus long mesurait 109 cm (43 po). Les gros poissons du lac sont les femelles, qui sont très importantes pour l’étude. Dix-neuf femelles ont été marquées à l’aide d’un radio-émetteur standard, qui permettra de suivre leurs déplacements au cours des douze prochains mois, ainsi que d’un appareil plus petit, un nanomarqueur, que l’on a déposé pendant qu’elles pondaient leurs œufs. Nous avons localisé 15 des 19 nanomarqueurs, tous dans le lac South, ce qui révèle aux chercheurs les lieux de ponte privilégiés. M. Malcom a affirmé qu’il était agréablement surpris du taux élevé de récupération des nanomarqueurs.
« Après avoir discuté avec les pêcheurs, nous savions que les poissons se rendent au lac South pour frayer, explique M. Malcolm. Maintenant, nous avons des preuves scientifiques à l’appui. »
Les pêcheurs de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin participeront aussi à l’étude. Leur participation croissante à des projets de recherche est possible grâce à la négociation d’un accord de collaboration en matière de gestion des lacs avec Parcs Canada. Dans le cadre du projet, on attrapera les poissons au verveux dans les eaux touchant les terres de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin, le long de la rive nord-ouest du lac Clear. On croit que les aires marécageuses le long de cette partie du lac fournissent de bonnes frayères au brochet du Nord.
Lien entre le lac Clear et le lac South
Les lacs South et Clear sont habituellement séparés d’un isthme étroit de sable. Souvent, au printemps, un passage s’ouvre entre les deux lacs, permettant ainsi aux poissons de se déplacer librement entre les deux plans d’eau. Cette année, le canal s’est ouvert le 17 mars et demeurera ainsi ouvert jusqu’à ce qu’un vent fort du nord-ouest forme à nouveau la barre sableuse.
La variabilité du système est très marquée. Par conséquent, certaines années, le passage demeure ouvert pendant une longue période. D’autres années, le passage ne s’ouvre pas du tout. La façon dont les poissons se déplacent et le moment des déplacements entre les lacs Clear et South font, depuis des années, l’objet d’hypothèses de la part des biologistes et des pêcheurs du coin. L’étude du déplacement des poissons apportera de nouveaux renseignements sur l’interaction des deux lacs et les effets sur les populations de poissons.
Les pêcheurs sportifs de la région s’intéressent aux résultats de l’étude, tout comme les membres de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin. On ne s’attend pas à obtenir les résultats finaux avant 2011. Toutefois, on a demandé à M. Malcolm de donner un exposé au public pendant l’été pour expliquer la recherche et présenter les données recueillies sur le frai. On annoncera la date et le lieu de l’exposé aussitôt que l’on aura mis au point les derniers détails.
Améliorations à l’habitat du poisson
Des améliorations récentes aux installations de traitement des eaux usées du lotissement urbain de Wasagaming, situé sur la rive sud-est du lac Clear, auront des incidences positives sur la qualité de l’eau et les populations de poissons. Au moment de construire le système il y a 50 ans, on l’avait établi selon les normes de l’époque qui permettaient que l’on déverse jusqu’à 80 p. 100 des eaux usées dans le marais Ominnik. Le marais s’écoule dans le lac South par un fossé creusé dans les années 1950 afin de protéger le lac Clear des effets de l’étang d’eaux usées. Un barrage a été construit à la décharge originale du marais; cette dernière faisait en sorte que les eaux du marais se déversent dans le lac Clear en passant par le ruisseau Octopus.
Les terres humides ont longtemps servi à nettoyer les eaux usées de manière sûre et fiable; il ne s’agit pas d’une nouvelle pratique. Cependant, en raison de la pression croissante exercée par les activités humaines, on a atteint la limite du système. Parcs Canada versera dix millions de dollars pour réaliser un remaniement important. On prévoit une amélioration de la qualité de l’eau dans le marais Ominnik, qui se déverse dans le lac South, assurant ainsi la protection de la santé de tout le bassin du lac Clear.
Légendes des photos :
Clay Hutchinson et
Dr. Chris Malcolm © Parcs Canada / Cam McKillop
Clay Hutchinson, pêcheur avide, montre sa contribution à l’étude du déplacement des brochets dans le lac Clear. À sa droite est Dr. Chris Malcolm qui est le chercheur principal de ce projet.
Émetteur© Parcs Canada / Chris Malcolm
Un grand brochet équipé avec deux émetteurs radio. Le plus grand sur le dos aidera les chercheurs à suivre leur mouvements pour l’étude du déplacement des brochets dans le lac Clear.