Bulletin sur la gestion du feu et de la végétation
Été-automne 2011
Version imprimable (1.72 MB)
Voici les questions brûlantes...
- Quels brûlages dirigés sont prévus pour l’automne 2011? Ces feux vous offrent une excellente occasion de vous arrêter pour découvrir de plus près ce processus naturel fascinant.
- Parcs Canada s’adonnerait-il à l’exportation? (Indice : Il n’a pas à verser de droits de douane!)
- Nos parcs nationaux des montagnes sont aux prises avec des envahisseurs verts. Que fait Parcs Canada et comment pouvez-vous nous aider?
Un été humide jusqu’à présent, mais nous n’avons pas chômé, et nous songeons déjà à l’avenir. Nous-joindre.
Formation de base en lutte contre les feux dans le parc national Kootenay, Juillet 2011 © Parcs Canada
Dans ce numéro :
- Des pompiers à l’œuvre par ce temps humide?
- Une expérience dans le Nord
- Brûlages dirigés dans les parcs
- Brûlages dirigés à venir
- Renseignements sur les avis de fumée
- Envahisseurs étrangers : Soyez à l’affût!
Un printemps humide
En plein cœur de l’été, nous attendions encore une semaine complète de temps estival! Le printemps s’est fait attendre et la neige a mis du temps à fondre, de sorte qu’il a été impossible de procéder aux brûlages dirigés prévus. L’indice de danger d’incendie était faible, et il n’y avait aucun incendie dans notre secteur. Outre des travaux d’éclaircie dans les lignes d’arrêt aménagées en prévision d’un brûlage dirigé dans la vallée de l’Ottertail (parc national Yoho), que faisaient donc nos équipes de gestion du feu? Ce qu’elles font de mieux : lutter contre des incendies, bien sûr!
Un coup de main

(à gauche) Parc national Wood Buffalo (à droite) Profil de brûlage dans le parc national Wood Buffalo © Parcs Canada
La saison des feux battait son plein dans d’autres régions du Canada. Nos équipes ont été dépêchées dans le Nord de l’Alberta pour lutter contre un incendie qui s’est propagé dans le parc national Wood Buffalo. Le Centre interservices des feux de forêt du Canada a également fait appel à nos équipes pour des feux qui faisaient rage dans le Nord de l’Ontario.
L’incendie du Nord de l’Alberta était l’un des plus gros de toute l’histoire de la province – il a brûlé quelque 600 000 ha, dont 45 000 ha dans le parc national Wood Buffalo.
Les équipes de gestion d’intervention de Parcs Canada se sont relayées dans le parc national Wood Buffalo, et elles ont reçu l’appui de plusieurs de nos équipes d’attaque initiale.
Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC)
Parcs Canada est membre du CIFFC, un organisme sans but lucratif qui coordonne l’échange d’information, de services et de ressources (p. ex. équipement, personnel et aéronefs) entre provinces, territoires et organismes fédéraux de gestion du feu. Des équipes en disponibilité sont « exportées » aux endroits qui ont besoin d’aide.
L’adhésion au CIFFC pourrait se comparer à une assurance-incendie. Les équipes de lutte de Parcs Canada prêtent assistance à d’autres équipes lorsqu’elles le peuvent, et, en retour, nous pouvons compter sur l’aide des autres lorsque nous en avons besoin.
En disponibilité
Darren Quinn © Parcs Canada
Darren Quinn, technicien en gestion du feu à l’Unité de gestion du secteur de Lake Louise et des parcs nationaux Yoho et Kootenay, a travaillé dans le parc national Wood Buffalo cet été. Il y exerçait les fonctions de chef de la planification au sein de l’équipe de gestion d’intervention. Son rôle consistait à transmettre de l’information au personnel de lutte (cartes, plans d’action, mises à jour, analyses météorologiques et prévisions relatives au comportement du feu).
L’incendie se trouvait à environ 20 km du poste de commandement d’intervention le plus proche, à Fort Chipewyan. Darren a pu voir la région d’une perspective bien différente, en survolant plusieurs secteurs du vaste delta Paix-Athabasca et en sillonnant le réseau de voies navigables. « Pour réduire les coûts, nous avons choisi des embarcations plutôt que des hélicoptères – une solution de rechange agréable pour accéder aux divers fronts de l’incendie. »
Selon Darren, ce feu était très différent des incendies qui se déclarent dans nos parcs des montagnes. « Il faut une journée ou deux pour se faire à une nouvelle échelle de grandeur. Les feux de grande envergure sont courants dans le Nord, et pour une bonne raison. Le paysage est immense, et le terrain, plat – tout un contraste par rapport à notre région montagneuse! »
Un jour de grand vent, l’incendie a atteint son point culminant et a parcouru une distance spectaculaire de plus de 20 km dans un peuplement de pins gris boréaux. « Malheureusement, fait remarquer Quinn, cela s’est produit avant mon quart de travail. Mais le profil de brûlage que nous avons observé après coup était très impressionnant. »
Darren indique que le comportement du feu était difficile à prédire en raison de la diversité de la végétation et des types de combustible. Sous l’effet de la sécheresse prolongée, les bassins d’eau figurant sur la carte étaient souvent asséchés. Nous étions loin de l’été pluvieux des Rocheuses!
Brûlages dirigés dans les parcs
Par suite du printemps tardif, de la neige persistante, du reverdissement rapide et du temps humide observés dans l’Unité de gestion, il a été impossible de procéder à des brûlages dirigés ce printemps. Les gestionnaires du feu ont encore bon espoir de réaliser certains des projets énumérés ci-dessous cet automne.
La décision de procéder à un brûlage dirigé dépend de nombreux facteurs, dont les conditions météorologiques, le degré d’humidité de la forêt et la situation des feux à l’échelle régionale. Les projets sont reportés d’une saison ou d’une année à l’autre jusqu’à ce que les conditions propices soient réunies. Ces brûlages aident à préserver la santé de la forêt, à rétablir le cycle de feu historique, à aménager des coupe-feux pour protéger les installations et les personnes, à remettre des écosystèmes en état et à améliorer l’habitat d’espèces telles que le grizzli.
Qu’en est-il de la fumée?
Les brûlages dirigés diminuent les risques d’incendie en réduisant les accumulations de combustible dans la forêt, mais il faut se rendre à l’évidence : il n’y a pas de feu sans fumée.
Nous faisons tout en notre pouvoir pour limiter la quantité de fumée en allumant les feux pendant des périodes où la fumée sera réduite à un minimum et entraînée à l’écart des lieux habités. Il est préférable de produire un peu de fumée au cours d’un brûlage dirigé que d’en avoir de grandes quantités imprévisibles à la suite d’incendies non prévus.
Si vous-même ou un membre de votre famille êtes sensible à la fumée et si vous souhaitez recevoir un avis avant tout brûlage dirigé, prenez contact avec Julia Millen, l'agente des communications sur le feu. Elle ajoutera votre nom à la liste des personnes avec qui Parcs Canada communique avant un brûlage.
Pour connaître les prévisions de fumée en Colombie-Britannique et en Alberta, visitez le site BC Air Quality Smoke Forecasts for Western Canada (en anglais seulement).
Brûlages dirigés à venir
Fin de l’été ou début de l’automne 2011
Mont King, parc national Yoho
- À 8 km au sud-ouest de Field
- 1 400 hectares
- Après le 15 août
Secteur du ruisseau Ottertail, parc national Yoho
- À 6 km au sud-ouest de Field
- 2 100 hectares
- Après le 5 septembre
Secteur du ruisseau Baker, parc national Banff
- À 2 km à l’est de la promenade de la Vallée-de-la-Bow
- 800 hectares
- Après le 5 septembre
Mont Redstreak, parc national Kootenay
- À 3 km à l’est de Radium Hot Springs
- 235 hectares
- Après le 24 septembre
Envahisseurs étrangers

(de gauche à droite) Épervière orangée, Centaurée maculée, Renoncule âcre © Parcs Canada
Des étrangers envahissent nos parcs nationaux… Ce ne sont pas des envahisseurs de l’espace, mais bien des plantes! Elles ont été introduites par l’activité humaine dans les dernières décennies, souvent par inadvertance. Ces plantes peuvent paraître inoffensives, mais elles perturbent les processus naturels de l’écosystème et menacent la biodiversité. Parmi les 119 espèces envahissantes recensées dans l’Unité de gestion du secteur de Lake Louise et des parcs nationaux Yoho et Kootenay, environ une douzaine suscitent de vives inquiétudes, particulièrement dans les zones de protection spéciale ou dans l’arrière-pays.
Concurrents invincibles
Les plantes envahissantes sont mieux outillées que les autres pour survivre, pour prospérer et pour se reproduire. En l’absence de prédateurs naturels ou de maladies, elles peuvent dans certains cas déloger ou éliminer les plantes indigènes.
Guerre chimique : L’euphorbe ésule et la centaurée maculée produisent des substances chimiques qui rendent le sol impropre à la germination ou à la croissance des espèces indigènes (allélopathie). La renoncule âcre contient une substance amère qui déplaît aux animaux et qui cause des ampoules.
Voyageurs sans vergogne : Les capsules des graines d’euphorbe ésule explosent, et les graines sont éjectées à une distance pouvant atteindre 4,5 m. Les graines de cynoglosse officinale (langue de chien) sont couvertes d’épines et parcourent de longues distances agrippées aux animaux et aux humains.
Croissance débridée : Les rameaux de l’épervière orangée poussent au-dessus du sol en formant un tapis dense qui entrave la croissance des plantes indigènes. L’euphorbe ésule et le millepertuis commun peuvent tous deux produire des rejetons à partir de fragments de racines.
Soldats bien armés : Le chardon des champs, une plante originaire d’Eurasie, est protégé par des feuilles épineuses.
Usine de graines : Chaque plant de grande molène produit plus de 200 000 graines, qui peuvent germer après être restées endormies dans le sol pendant plus de 100 ans. Les graines de renoncule âcre ont une durée de vie de 15 ans.
L’épervière orangée a probablement été introduite en Amérique du Nord comme plante ornementale. Elle a tiré parti des milieux ouverts créés par les incendies de 2003 le long de la route 93, dans le parc national Kootenay.
Cet automne, les équipes de Parcs Canada feront la lutte à l’épervière orangée sur le bord des routes à l’extrémité nord du parc national Kootenay et dans le parc national Yoho. Le fauchage et l’arrachage ne font que stimuler la croissance de cette plante. Il faut donc opter pour un herbicide qui sera pulvérisé de manière localisée.
Par la lutte intégrée, Parcs Canada cherche à préserver la diversité des plantes et des animaux indigènes en empêchant les plantes non indigènes de s’introduire, en les éradiquant ou en contrôlant leur propagation, là où il est possible de le faire. Toutes ses décisions sont étayées par des connaissances scientifiques et des principes écologiques.
Mesures prises par Parcs Canada
- Surveillance de la végétation envahissante
- Arrachage de mauvaises herbes à la main
- Fauchage
- Pulvérisation d’herbicides
- Plantation d’espèces indigènes
Aidez-nous à lutter contre les plantes envahissantes
- Apprenez à identifier les plantes envahissantes.
- Signalez les plantes envahissantes que vous voyez (surtout le long des sentiers de randonnée et dans l’arrière-pays) en composant le 250-347-6174 ou en écrivant au Karen.Lassen@pc.gc.ca.
- Si possible, fournissez la date, l’emplacement (coordonnées GPS, si vous les connaissez), le nombre de tiges (ou une estimation), la superficie couverte (ou une estimation) et une photo (facultatif).
-
Renseignez-vous
Pour de plus amples renseignements :
Julia Millen
agente des communications sur le feu
tél: 403-522-1256
Courriel : julia.millen@pc.gc.ca
N. B. : Vous avez besoin du logiciel Adobe Acrobat Reader pour lire la version PDF.
Si vous n'avez pas accès au site de téléchargement d'Adobe, vous pouvez télécharger le logiciel Acrobat Reader d'une page accessible.
Si l'accessibilité à un document PDF pose un problème, vous pouvez convertir le fichier en format texte HTML ou ASCII en utilisant l'un des services d'accès offerts par Adobe (en anglais seulement).
Gestion du feu et de la végétation : Retour à la page principale