Parc national du Canada Yoho

Mortalité animale sur les routes

Au prix de leur vie : les animaux tués sur les routes

Le tronçon de la Transcanadienne (autoroute nº 1) qui traverse le parc national Yoho pour mener à Golden, en Colombie-Britannique, a été achevé en 1926, quarante ans après la création du parc. Plus de 10 000 véhicules circulent sur cette autoroute au cours d'une journée typique d'été. La survie des populations animales est en péril en raison du taux de mortalité élevé enregistré sur cette route et sur d'autres routes de montagne.

Orignal et son petit tués sur l'autoroute Transcanadienne, dans le parc national
Mortalité routière
© Parcs Canada / Jenny Klafki

Pourquoi s'en faire?
Lorsque des véhicules heurtent des animaux sauvages, des animaux meurent, des véhicules sont endommagés et des êtres humains sont parfois blessés, voire tués. De 1986 à 2005, le personnel du parc a consigné 500 collisions entre véhicules et animaux de grande taille dans le parc national Yoho. La plupart des victimes sont les gros ongulés (cerfs, wapitis et orignaux), mais il arrive fréquemment que des loups, des coyotes et des ours noirs se fassent frapper également. L'on ignore l'incidence de la circulation routière sur les petits mammifères, les oiseaux et les amphibiens, puisque ces collisions sont rarement signalées.

Les chemins et les routes suivent généralement les caractéristiques du paysage naturel tels que les lacs, les rivières et les fonds de vallée. Or ces endroits offrent un habitat crucial de même que des voies de passage à un grand nombre d'espèces animales, qui sont donc en danger de s'y faire frapper par un véhicule.

De plus, les routes peuvent créer des barrières qui gênent les déplacements des animaux et qui entraînent la fragmentation de l'habitat. Les animaux doivent parfois traverser des routes pour trouver de la nourriture, de l'eau, un abri ou un compagnon ou encore pour suivre les voies de migration saisonnière. Lorsqu'elles sont isolées par la présence de routes, les populations fauniques sont exposées à la disparition locale en raison de la consanguinité, des maladies ou des changements environnementaux qui ont des effets négatifs.

Diminution de populations en raison de la mortalité faunique sur les routes
Si une population d'animaux sauvages affiche un taux de mortalité supérieur à son taux de natalité et d'immigration, sa densité diminue. Les collisions routières constituent une source importante de mortalité chez les animaux et ont eu, de ce fait, de graves incidences sur les populations fauniques locales.

Parmi les plus de 500 animaux tués à Yoho au cours des dernières 20 années, on compte 360 ongulés de grande taille, dont 39 orignaux. D'autres animaux y ont également trouvé la mort durant cette période : des coyotes (48), des ours noirs (23) et des loups (16). Il est probable que les collisions ont eu un impact considérable sur la viabilité à long terme des populations fauniques locales, particulièrement sur les espèces de faible densité, comme les orignaux, les ours, les loups et d'autres carnivores. La perte d'un individu ou de quelques individus d'une espèce rare peut influer sur la santé générale de la population.

Qu'en est-il de la mortalité sur la voie ferrée?
Dans le parc national Yoho, les voies ferrées sont une autre cause de mortalité chez les animaux. En 1885, on a ouvert le chemin de fer du Canadien Pacifique à Yoho; présentement environ 35 trains traversent le parc par jour. Depuis 1986, plus de 55 animaux ont été frappés sur la voie ferrée, y compris : 25 wapitis, 11 ours noirs et 6 loups. Réduire la mortalité sur la voie ferrée est un défi de taille. Il nous est cependant plus facile de réduire le nombre de collisions sur la route, ce qui sauve non seulement la vie des gens mais réduit également le taux de mortalité faunique causé par le transport en général.

Que fait Parcs Canada?
Partout dans les parcs nationaux des Rocheuses (Kootenay, Yoho, Banff et Jasper), nous mettons en œuvre diverses mesures visant à réduire le nombre de collisions entre véhicules et animaux sauvages. Les automobilistes ont aussi un rôle à jouer à cet égard.

  • La prise de conscience et le comportement des conducteurs sont essentiels à la réduction du nombre d'accidents entre véhicules et animaux. Prenez le temps de lire La nature au naturel et Le guide des montagnes, deux publications de Parcs Canada. Vous y trouverez des conseils utiles sur les façons de prévenir de telles collisions (ces deux brochures sont disponibles en ligne, en format PDF).
  • Soyez aux aguets. Prêtez attention aux panneaux qui annoncent un passage pour animaux et aux grandes silhouettes de wapiti qui indiquent les différentes espèces qui traversent régulièrement ce secteur, mais souvenez-vous que les animaux peuvent se trouver partout le long de nos routes.
  • Respectez les limites de vitesse réduite, qui sont fixées en permanence ou encore durant une saison ou une période donnée, là où les animaux sont les plus susceptibles de se faire frapper.
  • Au cours des 25 dernières années, 24 passages fauniques ont été aménagés au-dessus ou au-dessous de la Transcanadienne dans le parc national Banff tandis que la route à deux voies est élargie à quatre voies et à chaussées séparées. Parcs Canada évalue depuis 1996 l'efficacité de ces passages pour ce qui est de relier des habitats essentiels et de réduire le nombre d'animaux tués sur la route. Les clôtures et les passages ont permis de réduire de plus de 80 % le taux de mortalité routière pour l'ensemble des animaux; chez les ongulés, ce pourcentage passe à 95 %. Parcs Canada se servira de ces données lorsqu'il procédera à la réfection de la route dans les années à venir dans les parcs des montagnes et ailleurs.
  • Les espèces aquatiques, comme les poissons et les amphibiens, doivent également traverser les routes en toute sécurité. Parcs Canada travaille à améliorer les ponceaux et les ponts pour favoriser le déplacement de ces espèces, au fur et à mesure que des fonds se libèrent.
  • Signalez les collisions avec les animaux, même si votre véhicule n'est pas endommagé. En connaissant l'emplacement exact où s'est produit l'impact, les gardes peuvent surveiller les animaux blessés et récupérer le corps de ceux qui ont été tués. Le retrait rapide des carcasses permet d'éviter que d'autres animaux ne soient attirés vers la route. Appelez le répartiteur du parc, au 403-762-1473 (24 heures sur 24, 7 jours sur 7).

Renseignements connexes

The British Columbia Conservation Foundation
1383 McGill Road, bureau 22-A
Kamloops (Colombie-Britannique) V2C 6K7
Tél. : 250-828-2551
ou consultez le site : Wildlife-Vehicle Accident Prevention Program (en anglais seulement)