Parc national du Canada Yoho
Cohabiter avec la faune
Parcs Canada a à coeur de gérer le secteur du lac O'Hara de manière écologiquement viable. Pour ce faire, nous demandons aux visiteurs de bien vouloir modifier leur façon de fréquenter le sentier du Haut-Plateau-Odaray afin de nous aider à protéger cet important corridor faunique.
Les êtres humains, la faune et la science
En 1993, par suite d'affrontements entre visiteurs et grizzlis survenus sur le plateau Odaray et dans la vallée du McArthur, il a fallu adopter certaines restrictions dans ces secteurs. Afin de protéger le public et de préserver la viabilité des populations locales de grizzlis, un projet de recherche d'une durée de cinq ans a été mis sur pied pour étudier l'activité humaine et faunique de cette région.
Cette recherche a permis de bien délimiter l'habitat et le corridor faunique du grizzli dans le secteur du lac O'Hara. En 1999, Parcs Canada a changé les dates de fermeture et a modifié le tracé de certains tronçons des sentiers du col McArthur afin de mieux intégrer l'activité des visiteurs dans ces importantes régions écologiques. L'évaluation continue de nos décisions de gestion et de leurs conséquences nous aide à adapter continuellement nos mesures et ainsi à assurer la protection de la faune et de l'habitat tout en permettant le maintien des activités des visiteurs dans le territoire élargi.
La faune et le territoire
Les animaux se déplacent dans ce territoire en suivant les vallées des cours d'eau et en traversant les cols des montagnes; ces régions forment des corridors fauniques naturels. Le corridor faunique de la vallée du McArthur et du ruisseau Cataract constitue un de ces parcours qui traverse le secteur du lac O'Hara.
Ce corridor fait partie intégrante d'un réseau régional de corridors essentiels à la santé des populations fauniques locales et régionales. Il permet le déplacement des populations depuis les versants ouest des Rocheuses jusqu'à leurs versants est. Avec le temps, la diversité biologique est préservée grâce à ces déplacements, appelés flux génétique. À courte échéance, ce corridor permet aux animaux et aux petites populations de se déplacer entre d'importants habitats d'une journée à l'autre ou d'une saison à l'autre.
La vallée du McArthur forme une partie de ce corridor faunique et abrite aussi un important habitat pour le grizzli. Ici, les communautés végétales des couloirs d'avalanche, comme celle de la berce laineuse, procurent une importante source de nourriture saisonnière au grizzli, en particulier durant le printemps et l'été. La date de fermeture de la vallée du McArthur a été modifiée afin d'y limiter l'activité humaine après le 15 août.
Situé à proximité de la vallée du McArthur, le plateau Odaray fait aussi partie de ce corridor. Il contient un habitat fréquenté de façon saisonnière par plusieurs espèces, notamment le grizzli et la chèvre de montagne. Le plateau demeurera fermé aux randonneurs pour protéger cet habitat et pour limiter les perturbations dans le corridor.
Éliminer l'effet de barrière
Les larges sections du corridor de la vallée du McArthur et du ruisseau Cataract offrent beaucoup d'espace pour la cohabitation de l'être humain et de la faune, mais les parties plus étroites peuvent entraîner des conflits. Le corridor de la vallée du McArthur et du ruisseau Cataract rétrécit à la hauteur du col McArthur. De plus, le sentier du Haut-Plateau-Odaray traverse le corridor, et l'activité humaine sur ce sentier peut créer une barrière pour la faune.
La concentration de l'activité humaine dans certains secteurs peut influencer le comportement, la survie et la reproduction des animaux. Les animaux méfiants, comme les carnivores, peuvent être forcés d'éviter ces endroits ou de modifier leurs déplacements pour voyager durant la nuit. Cet effet est amplifié dans un corridor faunique étroit ou, avec le temps, la composition et la survie des communautés fauniques peuvent devenir menacées.
Si les animaux ne peuvent se déplacer librement, ils disposent d'habitats moins grands et, en bout de ligne, les habitats fragmentés qu'ils occupent deviennent isolés, ce qui réduit l'efficacité du corridor et de son rôle de lien entre des populations et des communautés fauniques viables et en santé.
Heureusement, il est possible de « rétrécir » les zones de perturbations ou les barrières créées par l'activité humaine pour faire en sorte qu'une grande variété d'espèces puisse continuer à circuler dans ce corridor.
Nous vous demandons ce qui suit :
LIMITEZ votre fréquentation du sentier du Haut-Plateau-Odaray
Tout au long de la saison, limitez vos randonnées sur ce sentier. Choisissez d'autres sentiers d'abord.
La région comporte un grand éventail de sentiers de randonnée, dont le sentier du Lac-Oesa, le circuit du Plateau-Opabin et le sentier du Lac-McArthur.
La période du 15 août au 15 septembre est particulièrement cruciale pour les déplacements des animaux. Durant cette période, veuillez vous abstenir d'emprunter ce sentier.
Si vous choisissez ce sentier . . .
Si vous décidez d'emprunter le sentier du Haut-Plateau-Odaray, vous pouvez diminuer votre impact sur la faune. Pour ce faire, veuillez respecter les directives suivantes:
Au début du sentier :
- Vérifiez le registre du sentier du Haut-Plateau-Odaray, pour savoir combien de groupes s'y promènent à ce moment-là. Une limite de quatre groupes ou moins par jour contribuera à maintenir un faible niveau de perturbation. Une décision responsable pourra vous inciter à choisir un autre sentier ce jour-là.
- Inscrivez votre groupe pour que d'autres randonneurs puissent déterminer s'ils doivent emprunter le sentier ce jour-là.
- Si possible, joignez-vous à un autre groupe avant d'emprunter ce parcours. Chaque groupe représente une perturbation dans un corridor. En unissant deux groupes, deux perturbations sont réduites à une seule.
Dans le corridor faunique :
- N'utilisez le sentier qu'entre 9 h 30 et 16 h 30. Ainsi, l'activité humaine est plus prévisible pour la faune et les perturbations sont concentrées sur une courte période.
- Déplacez-vous en groupe : restez ensemble et adoptez la vitesse de la personne la plus lente du groupe. Un groupe serré représente une perturbation ponctuelle, tandis qu'un groupe dispersé crée un écran de perturbation.
- Évitez de vous arrêter ou de manger sous la limite forestière.
- N'emmenez pas votre chien.
- Demeurez en groupe pour le trajet de retour dans le corridor.
Du 15 août au 15 septembre
De nombreuses espèces d'animaux empruntent ce corridor en toutes saisons, mais certaines, dont le grizzli, ont tendance à l'utiliser davantage à cette époque de l'année. Il est donc crucial de limiter les perturbations le plus possible pour cette espèce méfiante.
Renoncez à emprunter le sentier.
Si vous devez emprunter le sentier du Haut-Plateau-Odaray, vérifiez le registre d'abord. Notre objectif est de deux groupes ou moins par jour. Veuillez suivre les directives de randonnée durant votre passage dans ce corridor.
Le parcours sauvage de la vallée du McArthur
Après le 15 août, une fois que les plantes préférées des ours commencent à perdre de leur attrait, Parcs Canada permet à deux groupes par semaine de circuler dans la vallée du McArthur.
Vous devez vous procurer un permis pour faire une excursion sur ce parcours non entretenu. Ce permis gratuit est disponible au Centre d'accueil de Yoho: 250.343.6783.
Planifiez bien . . . Vous en serez récompensé par une expérience sensationnelle
Il existe toute une gamme de randonnées possibles dans le secteur du lac O'Hara. Les cartes ci-dessous pourront vous aider à planifier votre excursion.
- Lake Louise and Yoho Hiking Map and Guide (1:50,000): Gem Trek Publishing
- Carte de l'arrière-pays du lac O'Hara : Parcs Canada
- Lake O'Hara (1:20,000), The Adventure Map Series: Chrismar Mapping Services
Les ours des parcs nationaux des Rocheuses
En tout temps et en tout lieu, la possibilité de rencontrer un ours est présente dans les parcs nationaux des Rocheuses. Lisez la section sur les ours et la sécurité dans la brochure « Les ours et les gens », offerte dans les centres d'accueil de Parcs Canada et à l'abri diurne Le Relais.