Parc national du Mont-Revelstoke

Cassenoix d’Amérique
Cassenoix d’Amérique
© Parcs Canada / L. Halverson
la pomme du pin à écorce blanche
On reconnaît facilement le pin à écorce blanche à ses aiguilles, qui poussent en grappes de cinq, et à ses grandes pommes.
© Parcs Canada

 Tout sur le pin à écorce blanche

Un arbre important

Sur le flanc de la montagne, un robuste pin à écorce blanche résiste aux éléments. Il peut sembler déplacé dans cet habitat rocheux et venteux, mais son espèce a évolué au fil du temps et est devenu un arbre important des forêts à haute altitude des montagnes Rocheuses et Columbias. Le pin à écorce blanche se rencontre dans sept parcs nationaux du Canada : les parcs Jasper, Banff, Kootenay et Yoho ainsi que les parcs du Mont-Revelstoke, des Glaciers et des Lacs-Waterton.

Les pins à écorce blanche stabilisent les pentes raides, influencent la quantité des eaux de fonte en retenant la neige et offrent nourriture et abri nécessaires à de nombreuses espèces fauniques.

Bien qu’il soit robuste, le pin à écorce blanche est en déclin dans son aire de répartition, y compris dans les parcs nationaux des montagnes. Sa survie est menacée par les effets combinés de la suppression des incendies, des infestations de dendoctrones du pin et d’une maladie appelée rouille vésiculeuse. Par conséquent, le pin à écorce blanche a été inscrit à titre d’espèce en voie de disparition par COSEPAC, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

La nourriture préférée

Les graines du pin à écorce blanche sont grandes (à peu près de la taille d’un pois) et riche en protéines.Ces graines constituent la nourriture préférée de plusieurs animaux, notamment le cassenoix d’Amérique, l’écureuil roux, l’ours noir et le grizzli.

Les cônes du pin à écorce blanche ne s’ouvrent pas d’eux-mêmes pour assurer la dispersion de leurs graines. Ce sont plutôt les cassenoix d’Amérique qui cassent les grands cônes avec leur long bec pointu et en retirent les graines juste sous la surface du sol afin de s’assurer d’une réserve de nourriture pour l’hiver.

Les roches et les morceaux de bois qui se trouvent à proximité leur servent d’aide-mémoire pour retrouver les graines quand ils ont faim. Les oiseaux oublient environ la moitié des graines qu’ils cachent, et bon nombre de celles-ci germent et deviennent de jeunes pins.

Une restauration incendiaire

Le pin à écorce blanche est l’une des premières essences à s’établir après un incendie. Au fur et à mesure que la forêt se régénère, d’autres espèces d’arbres peuvent finir par bloquer la lumière au pin, qui pousse bien dans les endroits ensoleillés. Les perturbations naturelles peuvent alors remettre en marche le mécanisme de succession qui favorise le cassenoix d’Amérique et le pin. Les feux créent des ouvertures dans le couvert forestier et des « lits de semences » riches en nutriments. Ces lits attirent les cassenoix, qui y entreposent leurs graines. Ces conditions donnent aux pins blancs une longueur d’avance sur les autres arbres producteurs de pommes dans la région subalpine, grâce aux graines qui y sont enfouies par les cassenoix.

À travers l’histoire, les forêts subalpines ont brûlé tous les 90 à 300 ans. La plupart des feux étaient de faible intensité, restreints et épars. Ils créaient des aires ouvertes qui convenaient au cassenoix et au pin à écorce blanche. Les anciennes pratiques de suppression des incendies ont réduit le nombre de ces aires importantes, empêchant ainsi la croissance de nouveaux pins à écorce blanche et permettant à de plus vieux peuplements équiennes de pins tordus de prévaloir à plus faible altitude. En l’absence de feu, ces peuplements de pins tordus sont sujets aux infestations de dendroctone du pin. Comme ces infestations se sont intensifiées en raison des influences anthropiques, elles se sont propagées aux peuplements de pin à écorce blanche à plus haute altitude.

Rouille vésiculeuse

En 1906, un chargement de semis de pins à écorce blanche venant d’Europe est arrivé à New York. Ces semis ont apporté la rouille vésiculeuse sur un continent où les pins indigènes n’ont pas de résistance naturelle. Non seulement un grand pourcentage des arbres sont déjà morts, mais la plupart des survivants sont infectés. Moins de un pour cent de tous les pins à écorce blanche résiste à la rouille.

Mesures prises par Parcs Canada

Comme l’aire de répartition du pin à écorce blanche ne cesse de se rétrécir, il est important de créer les meilleures conditions possibles afin d’assurer la croissance d’un grand nombre de ces arbres. Plus il y aura de jeunes pins, plus il est probable que ceux qui résistent à la rouille survivront et prospéreront. À leur tour, ils produiront de nouveaux pins qui résisteront mieux à la rouille.

Voici quelques-unes des mesures de rétablissement prises aux parcs nationaux du Mont Revelstoke et des Glaciers :

  1. Élaboration du plan et des mesures de rétablissement en collaboration avec les provinces et avec d’autres ministères fédéraux
  2. Préparation d’une carte montrant la répartition du pin à écorce blanche dans les parcs et dans les environs
  3. Collecte de graines de pin à écorce blanche en vue de sa conservation génétique et de sa plantation dans le cadre d’activités de restauration
  4. Gestion des feux échappés et des brûlages dirigés de manière à améliorer l’habitat de rétablissement du pin à écorce blanche
  5. La plantation de pins à écorce blanche pourrait être entreprise dans les prochaines années grâce à des bénévoles
semis de pin à écorce blanche
Semis de pin à écorce blanche 20 ans après le feu des collines Prairie, au parc national des Glaciers.
© Parcs Canada / Simon Hunt