Réserve de parc national du Canada Pacific Rim

Les Espèces Du Littoral Rocheux

Lichens
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Les roches situées dans la zone d'éclaboussement sont recouvertes de lichen
Cette plante unique est composée d'algues et de champignons!
©Parcs Canada / G-4

Que sont toutes les taches de « peinture » grise, verte, orange et noire sur les rochers dans la zone d'éclaboussement de la plage? Ce sont diverses espèces de lichen! Ces plantes bien particulières - mi-algues, mi-champignons - dissolvent la roche et créent un sol qui permettra à des plantes plus complexes de pousser dans la région.

Certains lichens sont fragiles et friables lorsqu'ils sont secs, mais glissants quand ils sont mouillés. Évitez donc de marcher dessus, pour votre sécurité et leur survie.

Postelsia palmiforme (Postelsia palmaeformis)
Le postelsia palmiforme est ancré au rivage rocheux
En s'enracinant aux roches, le postelsia palmiforme survit dans la « zone d'impact ».
©Parcs Canada / M. Hobson, 1982 / I-4

Non, ce n'est pas un mirage, vous voyez bien des « palmiers ». Mais faites attention. Cette algue brune ne pousse que sur les rochers lorsque les vagues sont violentes; elle est très résistante et rebondit comme du caoutchouc après chaque vague fracassante.

Malheureusement, les humains ne sont pas faits en caoutchouc et ne peuvent pas survivre là où vit le postelsia palmiforme. Lorsque vous explorez les cuvettes de marée (ou bâches), surveillez toujours les vagues et tenez-vous loin de leur portée. Les chenaux de refoulement, les grottes marines et les promontoires rocheux peuvent être des endroits extrêmement dangereux.

Pouce-pied (Pollicipes polymerus)
Une grappe de pouce-pied se cramponnant à la roche
On trouve les pouce-pied sur les rochers balayés par les vagues
©Parcs Canada / M. Reid, 1991

Les pouce-pied se regroupent sur les rochers balayés par les vagues et étirent leur pied duveteux pour essayer de saisir du plancton dans les eaux tourbillonnantes.

Tout comme le postelsia palmiforme, le pouce-pied vit là où les vagues déferlent. Faites très attention quand vous explorez leur habitat! Surveillez les vagues : elles sont imprévisibles. Les vagues modérées peuvent cacher de plus grosses vagues appelées fausses lames. Les fausses lames ont fait périr des gens en les emportant des rochers de la réserve de parc national Pacific Rim du Canada.

Moule de Californie (Mytilus californiamus)
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Les moules de la Californie recouvrent les rochers de la zone de demi-marée
Les moules de la Californie s'accrochent à la roche à l'aide de byssus (faisceau de fils soyeux sécrétés par une glande).
©Parcs Canada / B. Campbell, 1978 / E-17

Les moules dominent dans la zone de demi-marée et couvrent les rochers. Elles se développent sur d'autres espèces et les unes sur les autres. Chaque moule s'ancre là où elle peut à l'aide de faisceaux de fils soyeux de protéine appelés byssus. Après chaque tempête, elle fixe de nouveaux fils pour ne pas être arrachée la prochaine fois.

Examinez de près une moulière; découvrez une communauté de vers, de crabes, d'escargots, de grosses balanes et d'autres créatures vivant toutes entre leurs coquilles et leurs fils.

Les moules étaient un aliment traditionnel des Premières nations sur la côte, mais le plancton naturel qui contient des toxines peut en faire un aliment fatal. L'empoisonnement marin paralysant peut se produire dans tout mollusque bivalve ou à coquille à charnière. Ne mangez que ceux qui viennent de régions approuvées par Pêches et Océans Canada.

Étoile de mer ocrée (Pisaster ochraceus)
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Étoile de mer sanguine
Les moules sont le plat favori de la vorace étoile de mer ocrée
©Parcs Canada / J.Bennett, 1978 / E-28

L'étoile de mer ocrée est un échinoderme doté de piquants. C'est l'étoile de mer la plus commune dans la zone intertidale. Elle peut être violette, brune ou jaune.

Ce prédateur vorace préfère les moules avant tout. Il entoure la moule de ses cinq bras, l'ouvre lentement... puis expulse une partie de son propre estomac par la bouche afin de digérer la moule dans sa coquille.

Grosses balanes (Balanus glandula)
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Grosses balanes exposées durant la marée basse
Les grosses balanes se ferment et attendent que la marée remonte.
©Parcs Canada

La marée est haute et vous êtes sous l'eau. Imaginez-vous à l'envers, agitant 12 jambes poilues dans les flots. À l'aide de cette technique, cette bernacle astucieuse capture le plancton.

Lorsque la marée se retire, elle s'enferme dans sa forteresse blanche.
Lorsque vous explorez le littoral, écoutez attentivement; entendez-vous les bernacles refermer leur porte encore plus hermétiquement afin de conserver leur humidité?

Zostère marine (Phyllospadix sp.)
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Zostère marine exposée durant la marée basse
La zostère marine est une angiosperme (plante qui produit des fleurs) que l'on trouve dans presque toutes les communautés côtières.
©Parcs Canada / W. McIntyre, 1978 / K-3

La zostère marine est une angiosperme (plante qui produit des fleurs) que l'on retrouve dans presque toutes les communautés des littoraux ouverts. Ses nombreux longs fils procurent un excellent abri et une excellente nourriture à bien d'autres plantes et espèces animales. On peut voir de nombreuses créatures détaler et nager pour trouver de l'ombre ou s'abriter lorsqu'on écarte doucement les fils de la zostère marine.

Grande anémone verte (Anthopleura xanthogrammica)
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De grandes anémones vertes ancrées au rivage rocheux
Les grandes anémones vertes sont d'actifs prédateurs dans les cuvettes de marée.
©Parcs Canada / B. Campbell, 1979 / E-5

Il ne s'agit pas d'une fleur verte, mais d'un prédateur actif. La grande anémone verte se fixe aux rochers et lorsque de petites créatures frôlent ses tentacules, des barbillons microscopiques pénètrent la proie, la paralysent, puis l'amènent dans la bouche de l'anémone. Si on les touche délicatement, les tentacules semblent collants en raison de ces barbillons.

Ces créatures délicates peuvent être plus vieilles que vous. En effet, elles peuvent atteindre au moins trente ans en captivité. Lorsque vous explorez le littoral, essayez de trouver de grandes anémones vertes... blanches. En effet, dans les grottes où elles sont peu exposées à la lumière, les algues vertes microscopiques qui les habitent normalement et colorent leur tissu sont absentes.

Actinies (Anthopleura elegantissima)
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Les actinies peuvent parfois recouvrir des rochers entiers!
Les actinies se reproduisent par clonage.
©Parcs Canada / E-5

Les actinies (ou anémones) se reproduisent le plus souvent par clonage. Une anémone se sépare en deux « filles »; celles-ci se divisent à leur tour et forment quatre individus à partir d'une créature originale. Ce phénomène se répète, ce qui permet à une colonie d'actinies de former de vastes colonies qui tapissent les rochers.

Toute anémone à la portée de la colonie « adverse » sera piquée. C'est pourquoi un espace se crée entre les deux colonies, une sorte de zone de combat où aucune anémone n'est tolérée.

Chabot de bâche (Oligocottus maculosus)
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Le chabot de bâche est un résident commun des cuvettes de la zone intertidale
Le chabot de bâche a la capacité de changer de couleur pour se fondre dans le paysage.
©Parcs Canada / D-9

Maître dans l'art du camouflage, le chabot de bâche change de couleur pour se fondre dans sa cuvette ou s'enfouit dans le sable, où on ne voit plus que ses deux grands yeux qui émergent. De sa cachette, il se jette en avant et saisit la nourriture à l'aide de sa grande bouche avec des mouvements rapides.

Le chabot choisit une cuvette de marée (ou bâche) particulière pour y vivre; s'il en est délogé, il la retrouve grâce à son odorat.

Algues coralliennes (Lithothamnion & Corallline)
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Algues coralliennes dans une cuvette de marée
Bien que les algues coralliennes ressemblent aux coraux, il s'agit en fait d'une plante.
©Parcs Canada / J. Bennett, 1978 / I-5
Ces algues peuvent former une couche de « peinture » rose ou de minuscules structures ramifiées dans les cuvettes de marée.

Bien qu'elles ressemblent aux coraux, qui sont des animaux, la présence de chlorophylle pour la production d'aliments confirme qu'elles sont bien des plantes.

Chiton rouge ligné (Tonicella lineata)
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Un chiton rouge ligné collé aux rochers
Le chiton rouge ligné se nourrit de la très colorée algue corallienne.
©Parcs Canada / H. Holmes, 1989 / E-15

Le chiton ressemble à la moitié d'un minuscule ballon de football collé au rocher. Il possède huit coquilles coordonnées en forme de papillon qui lui fournissent une protection souple. Cette espèce particulière tire son nom des lignes pâles et foncées qui alternent en zigzag le long de sa coquille.

C'est probablement le plus beau chiton de la région. Ses lignes rose vif l'aident à se fondre avec son aliment préféré : les algues coralliennes roses. Le chiton gratte les algues sur le rocher avec sa langue qui ressemble à une courroie et qui porte de minuscules dents plus dures que certains types d'acier.

Huîtrier de Bachman (Haematopus bachmani)
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Huîtrier de Bachman
L'huîtrier de Bachman se distingue facilement de par son corps noir et son long bec orange.
©Parcs Canada / H. Hobson, 1985/ B-10-a

Cet oiseau ressemble peut-être à une corneille avec un bec en carotte, mais ce dernier est des plus pratiques. En dépit de la coquille dure de la plupart des mollusques (huîtres et moules, par exemple), l'huîtrier de Bachman peut :

  • faire éclater les coquilles en les martelant;
  • séparer rapidement les deux moitiés de la coquille d'une moule avant qu'elle n'ait la chance de se refermer;
  • extirper les chitons et les patelles des rochers;
  • et fouiller dans le sable pour y trouver des vers et des crabes.

Ces oiseaux nichent sur le sol, juste au-dessus de la ligne de marée haute sur les îlots rocheux dénudés, mais apparemment seuls quelques endroits offrent toutes les conditions propices à la survie. Ils habitent les mêmes aires d'année en année et réutilisent souvent les mêmes sites de nidification.
Les employés du parc surveillent le nombre et l'endroit des nids actifs dans le bassin de Barkley depuis 1970 afin d'assurer la protection à long terme des huîtriers dans l'archipel Broken Group.

Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus)
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Deux arlequins plongeurs mâles flottent sur l'eau
En été, on trouve l'arlequin plongeur dans des rapides, en montagnes!
©Parcs Canada / A. Dorst

Pendant la majeure partie de l'année, les arlequins plongeurs du Pacifique habitent les littoraux marins rocheux de l'Alaska à l'Oregon et se servent de leur bec trapu pour déloger des rochers les invertébrés tels que patelles, escargots, crabes, chitons et moules.

Ils émigrent toutefois l'été vers l'intérieur des terres afin de nicher le long des cours d'eau tourbillonnants des montagnes. Certains arlequins plongeurs du Pacifique passent l'hiver dans ce parc national et l'été dans le parc national Jasper du Canada.

Il existe deux populations distinctes d'arlequins plongeurs : une sur la côte du Pacifique et une sur la côte de l'Atlantique. Celle de la côte de l'Atlantique est assez basse pour être considéré préoccupante. En Colombie-Britannique et en Alberta, les arlequins plongeurs ne sont pas en péril, mais on s'inquiète de plus en plus du déclin des populations et de l'incidence des humains.

Parcs Canada bague des arlequins plongeurs dans le cadre d'un programme international dans tout l'ouest du Canada et des États-Unis afin de mieux connaître les habitudes et les habitats de ces oiseaux bien particuliers et de les protéger dans leur aire d'été et leur aire d'hivernage.