Réserve de parc national du Canada Pacific Rim

Les espèces de la pruches et de thuyas

Cèdre rouge de l'Ouest (Thuja plicata)
On trouve le thuya géant un peu partout sur la côte ouest de la Colombie-Britannique
Le thuya géant est facile à distinguer grâce à son écorce unique et à ces aiguilles « écailleuses ».
©Parcs Canada / A. Curtis / F-10

Le cèdre rouge de l'Ouest (ou thuya géant) était connu comme l'arbre de vie par un grand nombre des Premières Nations sur cette côte. Le bois de cet arbre se fend facilement et ne pourrit pas. Il était et demeure un excellent choix pour construire des maisons, des canots, des totems et bien d'autres choses. Par exemple, dans le climat humide du parc, nos promenades de bois sont en cèdre afin de durer plus longtemps.

Puisqu'il peut pousser à l'ombre, un semis de cèdre rouge de l'Ouest peut atteindre sa maturité même dans la forêt où d'autres arbres sont déjà établis. La pruche occidentale tolère également l'ombre. Dans une forêt de cèdre et de pruche qui n'est presque pas perturbée, les autres types d'arbres qui ont besoin de plus de lumière ont du mal à pousser. La forêt reste donc une forêt de cèdre et de pruche au fil des ans.

L'écorce fibreuse et les aiguilles écailleuses de cet arbre constituent les meilleurs indices pour l'identifier.

La cime de certains cèdres rouges est morte et ressemble aux dents d'une fourchette. Stressés par les vents puissants, la forte pluie, la pauvreté des substances nutritives et la haute nappe phréatique, ces arbres développent des troncs tordus et plusieurs couronnes grises et abîmées. Un grand nombre d'entre eux sont plusieurs fois centenaires et méritent leur apparence de vieux sage.


Pruche occidentale (Tsuga heterophylla)
Pruche occidentale
On reconnaît cet arbre par ses aiguilles épointées, souples, plates et luisantes.
©Parcs Canada / F-11

Pour trouver une pruche occidentale, cherchez un arbre dont les aiguilles sont émoussées, douces, plates et luisantes. Celles-ci doivent également être vert jaunâtre au sommet, blanchâtres en-dessous et de longueur différente. Chez les jeunes arbres, l'écorce est rougeâtre et écailleuse et chez les arbres plus matures, elle est épaisse et cannelée. La cime d'une jeune pruche penche généralement d'un côté.

Cet arbre peut pousser à l'ombre mais ses branches sont si épaisses que presque aucune autre plante ne peut pousser sous lui. Par contre, on trouve souvent des semis de pruche occidentale qui attendent que leur « parent » meure pour prendre leur place au soleil. Les pruches ne développent pas de système radiculaire très puissant et elles sont donc souvent abattues par le vent, ce qui forme ainsi une clairière jusqu'à ce que la prochaine génération d'arbres atteigne sa maturité.

Les pruches contiennent une substance appelée tanin. Le tanin libéré des pruches en décomposition colore les cours d'eau de la forêt pluviale.


Sapin gracieux (Abies amabilis)
Sapin gracieux
Il s'agit de l'une des rares espèces de sapin (Abies) que l'on trouve dans la réserve de parc.
©Parcs Canada / F-11

Le sapin gracieux porte bien son nom. Ses aiguilles ressemblent à celles de la pruche occidentale mais la plupart sont entaillées au bout et plus serrées et forment des groupes plus plats. L'écorce est gris pâle, lisse et marquée de bulles de résine lorsque l'arbre est jeune, puis elle devient écailleuse.

Cet arbre n'est pas aussi commun dans ce parc que le cèdre rouge de l'Ouest ou la pruche occidentale car il est plus exigeant. Il peut tolérer l'ombre mais n'aime pas un excès d'eau. Il a besoin d'humidité mais également d'un sol bien drainé et profond.


If occidental (Taxus brevifolia)
If occidental
L'if occidental produit des fruits qui sont toxiques pour l'être humain.
©Parcs Canada

Il est facile de ne pas remarquer l'if occidental lorsqu'il est en compagnie de géants tels que la pruche occidentale, le cèdre rouge de l'Ouest et le sapin gracieux. Cet arbre épars qui ressemble à un arbuste ne devient jamais aussi grand que ses compagnons et les bûcherons le considèrent souvent comme un arbre qui ne vaut rien.

Toutefois, depuis qu'on a découvert dans son écorce du paclitaxel (Taxol), une drogue utilisée contre le cancer, l'if occidental est considéré comme précieux, ce qui n'est pas nécessairement une bonne chose car l'if pousse lentement et souffrira probablement d'une surexploitation.

Les ifs ne produisent pas de pommes, mais plutôt des graines individuelles entourées d'une coupe charnue rouge vif. Elles ont l'air appétissantes, mais ne les mangez pas : elles sont toxiques pour les humains. Les oiseaux pour leur part s'en régalent.


Mousse d'Espagne (Usnea longissima)
De la mousse d'Espagne pend des branches d'arbres de la forêt pluviale
Les lichens, comme la mousse d'Espagne, sont des champignons dans les tissus desquels poussent des algues.
©Parcs Canada /M. Hobson / G-4 / 1986

La mousse d'Espagne pend des branches un peu partout dans la forêt. Cette plante vert jaunâtre est un lichen, soit un mélange de champignon et d'algue. Le champignon donne à la plante sa forme et un moyen d'absorber l'eau, tandis que l'algue lui procure de l'énergie par photosynthèse.


Ganoderme de la pruche
Ganoderme de la pruche
Le ganoderme de la pruche recycle les éléments nutritifs que contiennent les arbres morts et en putréfaction.
©Parcs Canada

Le ganoderme de la pruche pousse sur le tronc des arbres morts ou « blessés ». La partie visible du champignon ressemble à la moitié d'un disque volant. La partie invisible est beaucoup plus grande et comporte des milliers de filaments appelés hyphes. Ce réseau de filaments compose le mycélium qui peut se propager dans des arbres, des branches abattues et des acres de sol.

Les champignons décomposent la matière organique morte ou en voie de mourir et retourne les substances nutritives dans le sol pour les recycler.


Blechnum commun (Blechnum spicant)
Blechnum commun
Le blechnum commun croît sur le sol, sur les souches et parfois sur les arbres.
©Parcs Canada / F-6

Le blechnum commun pousse en massifs. Chaque massif possède deux types de frondes : de larges frondes sempervirentes qui s'étalent horizontalement et des frondes brunâtres plus étroites qui poussent verticalement au printemps, puis se fanent à l'automne.


Airelle rouge (Vaccinium parvifolium)
L'airelle rouge pousse sur les troncs et les souches en décomposition
Traditionnellement, le peuple Nuu-chah-nulth faisait la récolte du fruit de l'airelle rouge.
©Parcs Canada / S. Kraseman / F-99 / 1974

On trouve souvent l'airelle rouge dans la mi-ombre à la lisière de la forêt ou dans les petites clairières. Elle préfère les sols riches en bois en décomposition et pousse sur de vieilles souches et branches.

Ses baies sont délicieuses et étaient prisées par les Premières nations qui vivaient sur la côte.


Hypne éclatante (Hylocomium splendens)
Hypne éclatante
L'hypne éclatante pousse en escalier et développe une nouvelle « marche » par année!
©Parcs Canada

L'hypne éclatante pousse en escalier et développe une nouvelle « marche » par année. Les nouvelles pousses sortent au milieu des branches de l'année précédente. C'est ainsi qu'elles « marchent » par-dessus les anciennes pousses, d'autres mousses, des brindilles et tout ce qui se trouve sur son passage. Cette tactique agressive lui donne une longueur d'avance sur la concurrence.


Grand corbeau (Corvus corax)
Grand corbeau
Le grand corbeau, connu pour son intelligence, imite de nombreux sons.
©Parcs Canada

Vous entendrez probablement un corbeau avant de le voir. Il croasse le plus souvent, mais peut produire bien d'autres sons : des gloussements, un « toc » sec et des imitations du vent, du miaulement d'un chat et de la voix humaine.

Outre ce talent vocal, c'est un véritable acrobate volant qui adore notamment plonger, faire des culbutes et voler à l'envers.

Le grand corbeau est parmi les oiseaux les plus intelligents. Les Premières nations racontaient tout un nombre d'histoires au sujet de Corbeau le filou.

Bien que les corbeaux et les corneilles soient tous les deux noirs, les corbeaux sont beaucoup plus gros et les plumes sur leur gorge et leur front sont plus ébouriffées.


Limace terrestre (Ariolimax columbianus)
Une limace terrestre laisse une trace gluante sur une pente couverte de mousse
La limace terrestre peut atteindre une longueur de 25 cm (10 pouces)!
©Parcs Canada

Les limaces de ce parc mesurent environ 25 cm (10 pouces) de long et sont jaune vif avec des taches noires. Elles ressemblent à des bananes. Certaines sont moins longues, mais la limace terrestre est la deuxième plus grande espèce de limace du monde.

Les limaces sont connues pour leur mucus, qui leur est très utile :

· il aide à maintenir leur peau hydratée afin qu'elles puissent respirer;
· il leur donne un très mauvais goût pour que les autres créatures les laissent tranquilles;
· il les aide aussi à mieux glisser sur les feuilles et les brindilles.

La limace terrestre vit en Amérique du Nord, dans les forêts humides de la côte du Pacifique, de la Californie et l'Alaska. Elle est un décomposeur, ce qui veut dire qu'elle mange de feuilles, des excréments d'animaux et du matériel végétal mort qui sont ensuite recyclés dans le sol.


Guillemot marbré (Brachyramphus marmoratus)
Un guillemot marbré flotte sur l'océan
Le guillemot marbré construit son nid dans les terres, à l'intérieur d'anciennes forêts pluviales, mais il trouve sa nourriture dans l'océan.
©Parcs Canada / W. McIntyre / B-12 / 1975

Cet oiseau marin est petit et rond, environ de la taille d'un étourneau. Il a les pieds palmés, un bec noir aiguisé et des ailes pointues. Le guillemot marbré peut voler avec ses petites ailes, mais il nage mieux qu'il ne vole. Il plonge et nage, se propulsant avec ses ailes et se dirigeant avec ses pieds pendant qu'il poursuit et attrape le poisson. Comme la plupart des oiseaux de mer plongeurs, le guillemot marbré vit en mer; il passe la journée à se nourrir près du rivage, puis passe la nuit à plusieurs kilomètres du littoral. Les oiseaux de mer plongeurs nichent généralement en colonies le long du littoral, mais pas le guillemot marbré. Il s'envole vers l'intérieur pour nicher dans le couvert des forêts anciennes.
C'est pourquoi il se trouve dans une situation précaire : la disparition de la forêt ancienne sur la côte du Pacifique suite à l'exploitation forestière et au développement a contribué à pousser cette espèce vers sa propre disparition. Le guillemot marbré est également menacé en mer par les déversements pétroliers, la pollution, la pêche au filet maillant et à la senne et la perte de son aire de son aire d'alimentation due à la navigation de plaisance et au développement près du rivage.


Ours noir (Ursus americanus)
Un jeune ours noir traverse la route
On peut aider les animaux sauvages en utilisant des jumelles pour les observer et en demeurant à 100 m (100 verges) d'eux.
©Parcs Canada / A-13

Tout d'abord, si vous voyez un ours dans le parc, il s'agit d'un ours noir. Même s'il est brun, chocolat ou cannelle, c'est un ours noir. Il n'y a pas de grizzli sur l'île de Vancouver.

Deuxièmement, si vous voyez un ours, ne fuyez pas mais ne l'approchez pas non plus. Il est important de se souvenir que le parc n'est pas un zoo et qu'il n'y a aucun obstacle entre la faune et vous. Reculez et laissez l'ours en paix. Les ours ne sont pas des animaux que vous voulez déranger!

On voit souvent des ours noirs traverser la route ou se nourrir à côté de la route, à l'aube et au crépuscule. Si vous conduisez à ce moment de la journée, surveillez leur présence et faites attention de ne pas les heurter.


Rainette du Pacifique (Hyla regilla)
La rainette du Pacifique se cramponne à une rampe
On entend le chant particulier de la rainette du Pacifique partout dans la forêt de pruches et de thuyas.
©Parcs Canada / C. Fysh / C-2 / 1984

La grenouille que l'on entend le plus souvent dans ce parc est la rainette du Pacifique. Au printemps, son cri à deux notes résonne dans la forêt. Elle n'atteint qu'environ 5 cm de long, mais on peut entendre son chant à au moins un kilomètre de distance. Ce sont des rainettes du Pacifique que l'on entend dans les films d'Hollywood, dans les scènes où l'on veut reproduire les sons de la nature la nuit.

La rainette a des coussinets adhésifs sur les orteils qui l'aident à grimper. Elle peut s'accrocher à presque n'importe quelle surface grâce à ces petites ventouses.

Les grenouilles et autres amphibiens sont très sensibles aux changements de la qualité de l'eau et sont considérés comme des espèces indicatrices. En effet, la santé de leurs populations reflète directement la santé de leur environnement. Les populations d'amphibiens sont en déclin partout dans le monde; les scientifiques ont l'impression que c'est à cause des pluies acides qui tombent dans les étangs et les lacs.


Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes)
Troglodyte mignon
Le minuscule troglodyte mignon cherche des insectes près du tapis forestier.
©Parcs Canada / B-24

Le troglodyte mignon ressemble à une petite balle de tennis de table avec une queue coquine dressée mais quand il ouvre le bec et chante, on est des plus surpris. En effet, il chante très fort et très longtemps pour un si petit oiseau. Son chant modulé et complexe peut durer plus de sept secondes.

Si vous l'entendez chanter, ne regardez pas dans les branches pour le trouver, mais plutôt par terre. En effet, cet oiseau voltige de bosquet en bosquet et court sur le sol comme une souris ailée.