Parc national du Canada Kootenay

Projet de remise en état du secteur de Redstreak

En 2003, Parcs Canada a lancé un projet pluriannuel de gestion des écosystèmes dans l'extrémité sud du parc national Kootenay en vue de rétablir les écosystèmes de la forêt clairsemée et de la prairie entretenus par le feu. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un programme de restauration des écosystèmes de la forêt clairsemée et de la prairie dans la région, dont pourra bénéficier l'aire d'hivernage du mouflon d'Amérique qui se trouve dans le secteur des sources thermales Radium.

Restauration d'écosystèmes entretenus par le feu

Auparavant, les forêts situées en basse altitude dans la vallée du Columbia dépendaient des feux de surface et de faible intensité, qui brûlaient périodiquement, pour entretenir leurs peuplements clairsemés et leurs écosystèmes. Pendant des décennies, nous avons supprimé les feux, ce qui a entraîné la disparition des écosystèmes de la forêt clairsemée de Douglas taxifolié et de la prairie, en raison de l'empiètement des arbres les uns sur les autres et du recrutement. Nombre d'espèces indigènes ont été durement touchées, y compris le mouflon d'Amérique des Rocheuses canadiennes.

L'aire d'hivernage de ce mouflon sauvage occupait par le passé un espace beaucoup plus vaste qu'aujourd'hui dans la région des sources thermales Radium. De plus en plus, la troupe locale se voit « poussée » vers des milieux urbanisés autour de Radium qui imitent son habitat hivernal pelouses, accotements et terrains de golf. À ces endroits, le mouflon fait face à de nombreuses perturbations, la plus grave desquelles étant le taux élevé de mortalité sur les routes. C'est pourquoi la direction s'est donnée comme priorité de régénérer l'aire d'hivernage du mouflon et des écosystèmes de la forêt clairsemée et de la prairie.

Réduction du risque de graves feux échappés

Image aerienne du village de Radium Hot Springs et du secteur de Redstreak
Vue des sources thermales Radium et du secteur qui fait l'objet de remise en état © Parcs Canada

Dans les forêts entretenues par le feu, le feu et les parasites des forêts suivent une même dynamique écologique. Sans la présence de feux périodiques, la forêt clairsemée commence à étouffer et elle devient très dense; ses arbres se disputent le peu de lumière, d'eau et d'éléments nutritifs auxquels ils ont accès. Les arbres agressés deviennent plus vulnérables aux attaques des parasites. Il y a ensuite propagation des infestations, et les arbres morts ou mourants se transforment en matières combustibles. C'est alors que le feu fait son apparition. Le dendroctone du Douglas et l'arpenteuse de Freeman (chenille/papillon nocturne) ont tous deux infesté les forêts autour des sources thermales Radium. C'est pourquoi le risque que ne se déclenche un feu catastrophique près de la collectivité et du terrain de camping Redstreak est de plus en plus grand.

Objectifs du projet de remise en état

Le projet de restauration du secteur de Redstreak a deux principaux objectifs :

  • régénérer les écosystèmes de la prairie et de la forêt clairsemée entretenus par le feu, sur lesquels a toujours compté le mouflon de Radium-Stoddart en hiver,
  • réduire la quantité de combustibles forestiers dangereux et le risque d'un feu catastrophique près des installations du parc et de la collectivité des environs, qui découlent de la suppression du feu.

Dans la première phase du projet il a fallu abattre des arbres et s'en débarrasser, de sorte à permettre le recours à une série de petits brûlages dirigés au cours des prochaines années. Les travaux d'abattage ont eu lieu en janvier et en février 2003 dans trois secteurs totalisant à peu près 150 hectares (1,5 km2). Par ces travaux, nous visons à :

  • réduire la quantité de matières combustibles dans la forêt au terrain de camping Redstreak et dans les alentours;
  • créer un pare-feu du côté est du terrain de camping,
  • créer un paysage ouvert, parsemé d'îlots d'arbres, près de terres provinciales qui ont déjà fait l'objet d'un projet de régénération dans le cadre de cet effort provincial.

L'enlèvement des arbres a été effectué en hiver afin de limiter le plus possible les répercussions que peut avoir l'utilisation d'équipement lourd sur le sol, les petites plantes et les arbustes. Les recettes tirées de la vente des arbres abattus ont financé le projet de régénération. Il est essentiel de défricher le terrain de camping Redstreak et les alentours afin de permettre le recours en toute sécurité à l'outil le plus écologique qui soit pour rétablir les écosystèmes entretenus par le feu les brûlages dirigés planifiés et gérés avec soin. Nous procéderons à des brûlages dirigés au début du printemps 2005, si les conditions se prêtent à un brûlage efficace et sans danger.

La prairie est l'écosystème le plus menacé de la Colombie-Britannique. Suppression du feu, empiètement des villes, expansion des aménagements et invasion des plantes non indigènes figurent au nombre des menaces auxquelles la prairie est exposée. En outre, la prairie abrite près du tiers des espèces menacées ou en voie de disparition de la province, y compris le faucon des prairies, le blaireau d'Amérique, le courlis à long bec, le tétras à queue fine, l'agropyre à épis et le mouflon d'Amérique.

Nous allumerons de façon périodique des feux de surface de faible intensité pour brûler les jeunes arbres qui poussent parmi les gros Douglas taxifoliés résistants au feu, ce qui permettra de recycler les éléments nutritifs et de remettre en état la forêt éclaircie. Dans la mesure du possible, les brûlages dirigés auront lieu lorsque les conditions permettront de produire le moins de fumée possible. L'éclaircissement de la forêt et les petits brûlages dirigés de surface permettront de régénérer un total de 350-400 hectares (3,5-4 km2) de forêts éclaircies et de prairies sur la terrasse et les versants du mont Redstreak.

Les avantages à long terme que procureront les écosystèmes régénérés de la forêt éclaircie et de la prairie, notamment le risque réduit pour les gens d'un feu d'une envergure catastrophique, compenseront les inconvénients qu'entraîne un brûlage dirigé à court terme, notamment la fumée et l'apparition d'îlots d'arbres calcinés.

Recherche sur le mouflon d'Amérique

En 2003, nous avons muni d'un collier-émetteur dix mouflons d'Amérique adultes de la localité pour suivre par satellite leurs déplacements d'une saison à l'autre. Nous pourrons ainsi déterminer quelles sont leurs aires essentielles (pour l'agnelage par exemple) et leurs couloirs de migration saisonnière. Ces renseignements permettront à Parcs Canada et à d'autres membres du groupe d'étude sur le mouflon d'Amérique de Radium-Stoddart d'évaluer et de peaufiner les efforts concertés de régénération des écosystèmes.

Groupe d'étude sur les mouflons de Radium

Les membres du groupe d'étude sur le mouflon d'Amérique de Radium-Stoddart sont les suivants : l'association Bighorn In Our Backyard, le ministère des Forêts de la Colombie-Britannique, le ministère de la Protection des eaux, des terres et de l'air de la Colombie-Britannique, le ministère des Transports et des Routes de la Colombie-Britannique, le Programme d'indemnisation concernant la faune aquatique et terrestre du bassin du Columbia, le village de Radium Hot Springs, le conseil tribal Ktunaxa-Kinbasket, Parcs Canada, la société Slocan Forest Products, la East Kootenay Wildlife Association et la British Columbia Southern Guide Outfitters Association.

Le parc national Kootenay protège ou rétablit les écosystèmes qui se trouvent dans le parc et, en collaboration avec les gestionnaires des terres adjacentes, ceux qui dépassent les limites du parc, écosystèmes qui sont représentatifs des espèces indigènes et des procédés écologiques propres au centre des Rocheuses canadiennes et au sillon des Rocheuses adjacent.

Renseignements :