Parc national Kootenay

Histoire des Paint Pots

Les « Paint Pots » (pots de peinture) et les lits d'ocre qui y sont associés offrent un spectacle d'activité physique et chimique inhabituelle et leur histoire nous révèle que tant les Autochtones que les Européens en ont fait usage.

Les Ktunaxa (anciennement les Kootenay), ainsi que les tribus Stoney et Pieds-Noirs, récoltaient l'ocre ici et s'en servaient lors d'importantes cérémonies ou l'utilisaient à des fins commerciales. Les Autochtones nettoyaient l'ocre jaune et la pétrissaient, mélangée avec de l'eau, pour en faire des boules de la taille d'une noix. Ils les aplatissaient ensuite comme des gâteaux avant de les faire cuire. La poudre rouge était quant à elle mélangée avec de l'huile de poisson ou de la graisse d'animal, et les Autochtones s'en servaient comme peinture corporelle, pour peindre leurs tipis ou leurs vêtements, ou pour dessiner sur les rochers. Ces dessins illustraient de nombreux objets de la vie quotidienne ainsi que des choses plus abstraites qui auraient pu émaner des rêves, ou ils représentaient des êtres surnaturels. Les Premières nations considèrent encore aujourd'hui le lieu des « Paint Pots » comme un endroit sacré. Veuillez faire preuve de respect à son égard demeurez dans le sentier et ne déplacez pas l'ocre.

D r James Hector, de l'expédition de Palliser, fut probablement le premier Européen à visiter les lits d'ocre. En août 1858, Hector et son groupe traversèrent le col Vermilion depuis la vallée de la Bow et descendirent la rivière Vermilion. Dans son journal, il donne la première description connue de la région.

« Ici, dans le coin de la vallée sur la rive droite, se trouve la plaine Vermilion, qui s'étend sur environ un mille. Elle est traversée par un petit ruisseau et entièrement recouverte d'ocre rouge... les Indiens Kootenaie viennent parfois ici et nous avons trouvé les vestiges d'un campement et d'un grand feu qu'ils ont utilisé pour transformer l'ocre en oxyde rouge, qu'ils apportent aux Indiens des basses terres ainsi qu'aux Pieds-Noirs... »

C'est probablement à compter de 1860 que les prospecteurs commencèrent à s'intéresser aux lits d'ocre. Au début des années 1900, on reconnut la valeur commerciale des lits d'ocre, qui furent activement exploités. Le creusage se faisait à la main, et l'ocre recueillie était mise dans des sacs, qui étaient transportés dans des chariots tirés par des chevaux jusqu'à la voie ferrée du CP, aujourd'hui Castle Mountain, à 24 kilomètres de là. L'ocre était ensuite expédiée par train jusqu'à Calgary, où l'on l'utilisait comme pigment dans la préparation de peinture. Les rangées de petits monticules d'ocres constituent une preuve de la dernière collecte, qui ne fut jamais expédiée. Dans les années 1920, on commença à utiliser une méthode d'extraction plus élaborée : des wagons sur rails, des pelles tirées par des chevaux, des tuiles en argile et des machines à moudre servaient à recueillir, à griller et à moudre l'oxyde.

Il y avait toujours des concessions minières lorsque le parc national Kootenay fut créé en 1920, mais ils ont été abandonnés graduellement, la Direction des parcs faisant valoir de plus en plus le fait que l'exploitation minière ne correspondait pas au rôle que jouent les parcs comme régions pittoresques et paysages protégés.

Les « Paint Pots » sont formés par l'accumulation d'oxyde de fer autour des décharges de trois sources d'eau minérale froide. La hauteur de chaque pot s'accroît à mesure que s'épaissit sa bordure de fer. La couleur verdâtre des deux pots les plus grands résulte du mélange d'eau douce provenant d'un petit ruisseau, qui se jette dans le bassin le plus grand.