Parc national du Canada Kootenay

Mortalité animale sur les routes

Au prix de leur vie : les animaux tués sur les routes

Dans les années 20, les automobiles étaient plutôt rares sur la promenade de Kootenay (route 93 Sud), que l'on venait de construire comme route panoramique pour relier Banff, en Alberta, et Windermere, en Colombie-Britannique. La promenade est de nos jours très achalandée : plus de 5 000 véhicules y circulent au cours d'une journée typique d'été. La survie des populations animales est en péril en raison du taux de mortalité élevé enregistré sur cette route et sur d'autres routes de montagne.

Cerf tué sur la route 93 Sud, dans le parc national Kootenay
Mortalité routière
© Parcs Canada / Dan Catt / PNK M987

Pourquoi s'en faire?
Lorsque des véhicules heurtent des animaux sauvages, des animaux meurent, des véhicules sont endommagés et des êtres humains sont parfois blessés, voire tués. De 1986 à 2005, le personnel du parc a consigné 956 collisions entre véhicules et animaux de grande taille dans le parc national Kootenay. La plupart des victimes sont les gros ongulés (cerfs, wapitis, orignaux et mouflons d'Amérique), mais il arrive fréquemment que des loups, des coyotes et des ours noirs se fassent frapper également. L'on ignore l'incidence de la circulation routière sur les petits mammifères, les oiseaux et les amphibiens, puisque ces collisions sont rarement signalées.

Les chemins et les routes suivent généralement les caractéristiques du paysage naturel tels que les lacs, les rivières et les fonds de vallée. Or ces endroits offrent un habitat crucial de même que des voies de passage à un grand nombre d'espèces animales, qui sont donc en danger de s'y faire frapper par un véhicule.

De plus, les routes peuvent créer des barrières qui gênent les déplacements des animaux et qui entraînent la fragmentation de l'habitat. Les animaux doivent parfois traverser des routes pour trouver de la nourriture, de l'eau, un abri ou un compagnon ou encore pour suivre les voies de migration saisonnière. Lorsqu'elles sont isolées par la présence de routes, les populations fauniques sont exposées à la disparition locale en raison de la consanguinité, des maladies ou des changements environnementaux qui ont des effets négatifs.

Diminution de populations en raison de la mortalité faunique sur les routes
Si une population d'animaux sauvages affiche un taux de mortalité supérieur à son taux de natalité et d'immigration, sa densité diminue. Les collisions routières constituent une source importante de mortalité chez les animaux et ont eu, de ce fait, de graves incidences sur les populations fauniques locales.

Dans le passé, il arrivait souvent que des wapitis trouvent la mort sur les routes du parc national Kootenay. L'on croit que le taux de mortalité élevé enregistré autrefois chez les wapitis a réduit leur nombre dans le parc national Kootenay. Il est maintenant relativement rare que des wapitis se fassent frapper sur les routes du parc. De 1986 à 2005, 159 wapitis ont heurté des véhicules dans le parc national Kootenay, et plus de la moitié d'entre eux l'ont été avant 1993.

La population de mouflons d'Amérique que l'on trouve près du village de Radium Hot Springs, en Colombie-Britannique, affiche également un taux élevé de mortalité routière. Ces dernières années, il y a eu un accroissement notable du nombre de mouflons trouvés morts sur la route 93/95, à la sortie du parc. Le taux annuel de mortalité routière dépasse maintenant 10 % de la population.

L'on ne connaît pas l'incidence qu'ont les collisions sur les orignaux, les ours, les loups et autres carnivores, dont les populations ont tendance à être de faible densité, mais elle pourrait être considérable. La perte d'un individu ou de quelques individus d'une espèce rare peut influer sur la santé générale de la population.

Que fait Parcs Canada?
Partout dans les parcs nationaux des Rocheuses (Kootenay, Yoho, Banff et Jasper), nous mettons en œuvre diverses mesures visant à réduire le nombre de collisions entre véhicules et animaux sauvages. Les automobilistes ont aussi un rôle à jouer à cet égard.

  • La prise de conscience et le comportement des conducteurs sont essentiels à la réduction du nombre d'accidents entre véhicules et animaux. Prenez le temps de lire La nature au naturel et Le guide des montagnes, deux publications de Parcs Canada. Vous y trouverez des conseils utiles sur les façons de prévenir de telles collisions (ces deux brochures sont disponibles en ligne, en format PDF).
  • Soyez aux aguets. Prêtez attention aux panneaux qui annoncent un passage pour animaux et aux grandes silhouettes de wapiti qui indiquent les différentes espèces qui traversent régulièrement ce secteur, mais souvenez-vous que les animaux peuvent se trouver partout le long de nos routes.
  • Respectez les limites de vitesse réduite, qui sont fixées en permanence ou encore durant une saison ou une période donnée, là où les animaux sont les plus susceptibles de se faire frapper.
  • Au cours des 25 dernières années, 24 passages fauniques ont été aménagés au-dessus ou au-dessous de la Transcanadienne dans le parc national Banff tandis que la route à deux voies était élargie à quatre voies et à chaussées séparées. Parcs Canada évalue depuis 1996 l'efficacité de ces passages pour ce qui est de relier des habitats essentiels et de réduire le nombre d'animaux tués sur la route. Les clôtures et les passages ont permis de réduire de plus de 80 % le taux de mortalité routière pour l'ensemble des animaux; chez les ongulés, ce pourcentage passe à 95 %. Parcs Canada se servira de ces données lorsqu'il procédera à la réfection de la route dans les années à venir dans les parcs des Rocheuses et ailleurs.
  • Les espèces aquatiques, comme les poissons et les amphibiens, doivent également traverser les routes en toute sécurité. Parcs Canada travaille à améliorer les ponceaux et les ponts pour favoriser le déplacement de ces espèces, au fur et à mesure que des fonds se libèrent.
  • Signalez les collisions avec les animaux, même si votre véhicule n'est pas endommagé. En connaissant l'emplacement exact où s'est produit l'impact, les gardes peuvent surveiller les animaux blessés et récupérer le corps de ceux qui ont été tués. Le retrait rapide des carcasses permet d'éviter que d'autres animaux ne soient attirés vers la route. Appelez le répartiteur du parc, au 403-762-1473 (24 heures sur 24, 7 jours sur 7), ou le bureau des gardes de parc du parc national Kootenay, au 250 347 9361 .

Renseignements connexes

The British Columbia Conservation Foundation
1383 McGill Road, bureau 22-A
Kamloops (Colombie-Britannique) V2C 6K7
Tél. : 250-828-2551
ou consultez le site : Wildlife-Vehicle Accident Prevention Program (en anglais seulement)