Parc national du Canada Kootenay

Le blaireau - Une espèce en péril

Les études sur le blaireau

En Colombie-Britannique, deux études se penchent sur les populations et sur l'écologie du blaireau. Animaux nocturnes et secrets qui se laissent rarement observer, les blaireaux sont difficiles à étudier. Pour suivre leurs déplacements, on utilise une méthode appelée radiotélémétrie, qui consiste à placer sur l'animal un transmetteur qui émet un signal radio que l'on peut capter à partir d'un avion ou à partir du sol. Les chercheurs espèrent ainsi dénombrer la population de blaireaux et déterminer quels sont les effets des êtres humains et de leurs activités sur ces animaux.

Observation des déplacements du blaireau au moyen de télémétrie.
Observation des déplacements du blaireau au moyen de télémétrie.
© N. Newhouse

L'étude sur le blaireau de la région de Kootenay-Est

L'étude sur le blaireau de la région de Kootenay-Est est dirigée par la biologiste Nancy Newhouse. Amorcée en 1996, il s'agit de la première étude intensive sur les blaireaux à utiliser la radiotélémétrie au Canada. Parcs Canada est l'un des partenaires de ce projet.

Comment étudie-t-on blaireaux?

Après avoir capturé le blaireau dans son terrier, les chercheurs l'anesthésient et lui implantent un transmetteur. L'implantation se fait dans un hôpital vétérinaire ou sur le terrain même lorsque l'on dispose d'une unité portative de gaz anesthésiant. (Contrairement à la plupart des autres mammifères, le blaireau ne peut porter de collier émetteur car celui-ci glisserait sur sa tête effilée.) On prélève en même temps des échantillons de sang, de crotte et de poil ainsi qu'une prémolaire pour évaluer l'état de santé, le régime alimentaire et l'âge de l'animal.

Une fois l'animal remis en liberté, les chercheurs peuvent ensuite le suivre par radiotélémétrie, d'abord à partir d'un avion pour le repérer, puis au sol pour le suivre jusqu'à son terrier. Cette technique permet de recueillir d'importantes données sur les déplacements saisonniers et les domaines vitaux tout en réduisant au minimum les désagréments causés à l'animal.

Qu'avons-nous appris ainsi?

Population

Après six années d'étude par télémétrie, on sait aujourd'hui que le nombre de blaireaux dans la région de Kootenay-Est est très faible; elle ne compterait en effet qu'une soixantaine d'adultes reproducteurs. Il semble bien y avoir de petites poches de populations de blaireaux en bonne santé dans certains secteurs, mais dans d'autres, les populations ont complètement disparu.

Utilisation de l'habitat

Les blaireaux préfèrent les habitats secs et ouverts (prairies, champs cultivés et forêts à couvert clair). Ils ont besoin de sols appropriés pour fouir et leurs terriers sont souvent aménagés près de ceux des spermophiles du Columbia.

Damaine vital

Dans la région de Kootenay-Est, le domaine vital de la femelle s'étend en moyenne sur 50 km², tandis que celui du mâle atteint en moyenne 450 km². Ces domaines vitaux sont de 10 à 200 fois plus étendus que dans les régions étudiées aux États-Unis. Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs croient que, même peu nombreux, les animaux occupent toute la superficie disponible. Les blaireaux mâles font souvent de longues expéditions à l'extérieur de leur domaine vital de base. Un mâle s'est même rendu par trois fois du fond de la vallée jusqu'à la zone alpine pour des raisons que nous ignorons; peut-être était-ce pour trouver une femelle ou se nourrir de marmottes.

Mortalité

Environ le tiers des animaux munis d'un émetteur sont morts, en général après avoir été frappés par une voiture ou par un train, ou tués par un prédateur. La mortalité chez les juvéniles était particulièrement élevée (75 %), ce qui concorde avec les observations faites dans le cadre d'études menées ailleurs.

Régime alimentaire

Dans la région de Kootenay-Est, le blaireau se nourrit de préférence de spermophiles du Columbia, mais mange aussi des campagnols, des Moineaux, des Huards, des poissons et même des coccinelles.

Reproduction

Le blaireau de la région de Kootenay-Est a du mal à se reproduire. Plus du tiers des femelles munies d'un émetteur n'ont pas eu de petits pendant la période d'étude.

Qu'arrive-t-il ensuite?

Nous avons maintenant une meilleure idée du nombre de blaireaux et de leurs besoins en matière d'habitat. Grâce à cette recherche, la sous-espèce de blaireaux présente en Colombie-Britannique est passée de la catégorie « non en péril » à la catégorie « en voie de disparition » du COSEPAC. Les responsables des recherches sur le blaireau de la région de Kootenay-Est et leurs partenaires participent à diverses activités de conservation, dont les suivantes :

  • Éducation du public
    Des exposés, des programmes scolaires, des brochures, des articles de magazine et de journaux et même un programme de télévision aident à sensibiliser les gens à la situation du blaireau. La plupart des gens n'ont en effet jamais vu de blaireau et ignorent tout de son écologie ou du fait qu'il soit en voie de disparition.
  • Intendance privée
    Dans la région de Kootenay-Est, la majeure partie de l'habitat du blaireau se situe sur des terrains privés. Au cours de l'étude, les propriétaires fonciers qui ont participé à la capture des blaireaux sur leur propriété ont acquis un certain sentiment de responsabilité à l'égard de ces animaux. Nous demandons instamment aux propriétaires de faire preuve de tolérance à l'égard des blaireaux et de protéger leurs terriers.
  • Apport à l'aménagement du territoire
    Les chercheurs ont fourni aux administrations régionales diverses informations sur les domaines vitaux et l'habitat du blaireau pour qu'ils tiennent compte de l'animal dans les plans d'aménagement.
  • Équipe de rétablissement du blaireau
    Une autre des retombées de ces études est la création d'une « équipe nationale de rétablissement du blaireau », dont l'objectif est d'élaborer et de mettre en Suvre un plan de rétablissement de la sous-espèces jeffersonii . Cette équipe est composée de chercheurs, d'éleveurs, de membres des Premières Nations, et de représentants de l'industrie et d'organismes gouvernementaux, dont Parcs Canada.

Partenaires du projet de rétablissement des blaireaux

  • Columbia Basin Fish & Wildlife Compensation Program
  • Invermere Veterinary Hospital
  • BC Parks
  • East Kootenay Environmental Society
  • Parcs Canada
  • Habitat Conservation Trust Fund
  • Sylvan Consulting Ltd.
  • Tembec

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