Parc national Kootenay

Le blaireau - Une espèce en péril

Le blaireau renseignements de base

Blaireau d'Amérique, sous-espèce jeffersonii
Blaireau d'Amérique, sous-espèce jeffersonii
© R. Klafki

Membre de la famille des belettes, le blaireau est apparenté au vison, à la martre et au carcajou. L'espèce présente au Canada est le blaireau d'Amérique ( Taxidea taxus ). Animal nocturne et secret de nature, le blaireau se laisse rarement observer. Il passe la majorité de son temps à dormir sous la terre. C'est l'un des rares carnivores à creuser la terre pour attraper ses proies dans leurs terriers et les manger. Le blaireau possède de nombreux attributs intéressants qui lui permettent de s'adapter à la vie comme une véritable « machine à creuser ».

Apparence

Le blaireau est un animal trapu muni de courtes pattes arquées et puissantes. Son corps aplati lui permet de se glisser aisément dans son terrier. Ses pattes de devant, armées de longues griffes acérées, lui servent à creuser, tandis que ses pattes de derrière, pourvues de griffes plus courtes, agissent comme des pelles pour repousser la terre dégagée par les griffes d'en avant. Son pelage varie du gris au brun, et une rayure blanche court du bout de son nez jusqu'à ses épaules. Ses joues blanches sont ornées, entre les yeux et les oreilles, d'une tache noire en forme de croissant. Le mâle, plus gros que la femelle, peut peser jusqu'à 14 kilogrammes. Le blaireau qui court a l'air de glisser sur le sol, mais sa démarche habituelle est plutôt le dandinement.

Domaine vital et population

En Amérique du Nord, on compte quatre sous-espèces de blaireaux. C'est la sous-espèce jeffersonii que l'on retrouve en Colombie-Britannique, où elle vit dans les vallées de l'intérieur. S'ils étaient fort nombreux à la fin du XIXe siècle, les blaireaux sont aujourd'hui rares dans la province; selon des études récentes, on en compterait moins de 200. Les blaireaux sont difficiles à dénombrer, car ce sont des animaux nocturnes dont le domaine vital est fort étendu. Il n'y a en outre aucun lien direct entre le nombre de terriers observés dans une région donnée et la taille de la population.

Carte : Aire de distribution géographique des quatre sous-epèces du blaireau, en Amérique du Nord
Carte : Aire de distribution géographique des quatre sous-epèces du blaireau, en Amérique du Nord
© N. Newhouse and T. Kinley
Carte : Aire de distribution de la sous-espèce du blaireau jeffersonii, en Colombie-Britannique
Carte : Aire de distribution de la sous-espèce du blaireau jeffersonii, en Colombie-Britannique
© N. Newhouse and T. Kinley

Habitat

Les blaireaux fréquentent les prairies et les forêts à couvert clair. Ils ont besoin d'un sol qui se prête au fouissement et d'un nombre suffisamment élevé de petits mammifères pour se nourrir. En Colombie-Britannique, les blaireaux ont d'immenses domaines vitaux, allant de 2 à 500 kilomètres selon la région et la qualité de l'habitat.

Tanière

Le blaireau vit dans des terriers pouvant atteindre 9 mètres de longueur et 3 mètres de profondeur, dont l'entrée fait une trentaine de centimètres de largeur et une vingtaine de hauteur. L'entrée du terrier est ornée d'un gros tas de terre. Il arrive que le blaireau occupe le terrier d'un animal qu'il a mangé, après l'avoir agrandi. Les terriers jouent un rôle clé dans l'écologie du blaireau étant donné qu'ils lui servent de lieu de repos pendant le jour, de lieu pour hiverner (le blaireau n'hiberne pas vraiment), d'entrepôt pour la nourriture, de lieu pour élever ses petits et de quartier général pour ses expéditions de chasse. Chaque blaireau utilise de nombreux terriers sur son domaine vital.

Chasse

Blaireau à l'entrée d'un terrier
Blaireau à l'entrée d'un terrier
© R. Klafki

Le blaireau est adapté pour capturer de petits mammifères fouisseurs. Il creuse souvent des trous d'essai, puis repère ses proies à l'odorat avant de les manger. Les blaireaux de la Colombie-Britannique se nourrissent surtout de spermophiles, de marmottes et de gaufres, mais ils ne dédaignent pas les autres petits mammifères, les oiseaux, les poissons, les insectes et peuvent même, à l'occasion, s'offrir un crotale.

Spermophile du Columbia
Spermophile du Columbia
© Parcs Canada / H. Fuhrer

Reproduction

Les blaireaux s'accouplent en été. L'embryon ne s'implante toutefois dans l'utérus et ne commence à se développer qu'en février. Grâce à cette « implantation différée », l'animal peut s'accoupler en été, au moment où les adultes sont le plus actifs, et les jeunes naissent au printemps, lorsque la nourriture abonde. De deux à cinq petits, aveugles et poilus, naissent aux environs du mois d'avril, et se nourrissent du lait maternel jusqu'en août, moment où ils quittent la tanière pour établir leur propre domaine vital. C'est alors une période dangereuse pour les jeunes blaireaux, et peu d'entre eux survivent. Le blaireau peut vivre jusqu'à 14 ans à l'état sauvage.

Prédateurs

Le blaireau a peu de prédateurs naturels le couguar ou le coyote s'y attaquent parfois, et on a déjà vu des aigles se saisir de petits. Malgré sa réputation de féroce combattant, sa première réaction devant un danger est de se cacher. En quelques minutes, il peut s'enfouir dans un trou en projetant la terre au visage de son agresseur.

Vivre avec les blaireaux

La principale menace qui pèse sur le blaireau est l'être humain et ses activités. En Colombie-Britannique, le fond des vallées, milieu fort apprécié des blaireaux, est rapidement dégradé par le développement urbain, l'agriculture intensive et les corridors de transport. Les blaireaux sont peu nombreux. Les études en cours tentent d'en savoir davantage sur les besoins de cet animal et de déterminer ce que l'on peut faire pour rétablir ses populations. Souhaitons que nous puissions apprendre à coexister avec ce prédateur unique des prairies.