Remise en état des terres et célébration de l’histoire de l’île Lyell

À l’île Lyell, l’équivalent de deux kilomètres de trois ruisseaux endommagés par l’exploitation forestière a été remis en état dans le cadre d’une initiative unique visant à restaurer les écosystèmes fluviaux afin que les populations de saumons reviennent s’installer dans ce secteur qui a fait l’objet d’une intense exploitation forestière et que les jeunes locaux apprennent à prendre soin de la terre et de la mer.

C’est à Tllga Kun Gwaayaay (île Lyell), en 1985, que des aînés haïdas ont tracé une ligne et bloqué le passage pour protester contre l’exploitation forestière non durable de leurs terres traditionnelles.

Mise en place de billes de bois sur l’île Lyell Mise en place de billes de bois sur l’île Lyell
© Parcs Canada

Les activités d’exploitation forestière ont commencé dès 1920 sur cette île de 19 000 ha, mais ce sont les coupes à blanc effectuées intensivement à la fin des années 1970 et dans les années 1980 qui ont mené à des glissements de terrain et à une instabilité des pentes.

À cette époque, on déplaçait les billes de bois par le lit des cours d’eau, détruisant ainsi l’habitat des saumons.

Le personnel et les partenaires de Gwaii Haanas ont construit plus d’une dizaine de structures dans les ruisseaux en déposant de gros débris de bois dans trois cours d’eau : les ruisseaux Sandy, Powrivco et Takelly.

Les terres entourant ces ruisseaux ont également été remises en état et plusieurs hectares de forêt ont été éclaircis afin d’imiter les caractéristiques des peuplements vieux et veiller à ce que la croissance des conifères fournisse une source future de débris de bois pour les cours d’eau.

Depuis trois ans, de futurs intendants ont acquis des connaissances concernant la protection de la terre et de la mer à Gwaii Haanas. En 2011, un groupe d’étudiants représentant chacune des écoles de l’archipel ont aidé à relâcher des alevins dans l’un des ruisseaux de l’île Lyell. En 2012, un groupe semblable a participé au déplacement de gros débris de bois dans le but de favoriser la création d’un habitat de
grossissement pour les saumons.

Yahguudang dlljuu: Un geste emprient de respect

Des étudiants aident à déplacer des billes de bois en 2012 Des étudiants aident à déplacer des billes de bois en 2012 © Parcs Canada

À l’automne, des géniteurs des saumons kéta (Oncorhynchus keta) sont retirés de certains cours d’eau et élevés en écloserie à des fins de frai et sont libérés au printemps dans les cours d’eau restaurés.

En 1985, la Nation haïda a désigné Gwaii Haanas site patrimonial en vertu de sa constitution.

L’exploitation forestière à Tllga Kun Gwaayaay a pris fin en 1987 lorsque la Canada et la Colombie-Britannique ont signé le protocole d’entente de Moresby-Sud.

L’année suivan-te, Gwaii Haanas a été désigné réserve de parc national, et le Canada s’est engagé à colla-borer avec la Nation haïda pour y établir une réserve d’aire marine de conservation. De nos jours, Gwaii Haanas est cogéré par Parcs Canada et la Nation haïda, et les décisions de gestion concernant la terre et la mer dépendent d’un consensus entre les deux partenaires.

En encourageant les membres de la collectivité et les jeunes à participer directement aux activités de restauration écologique et en mobilisant les écoles locales dans le cadre du programme de mise en valeur du saumon, le projet permettra une meil-leure compréhension de l’importance de l’intégrité écologique ainsi que de l’île Lyell pour les Canadiens et les gens de Haida Gwaii.

Collaboration avec les partenaires

Depuis 2004, Gwaii Haanas travaille avec différents partenaires, dont le programme des pêches du conseil de la Nation haïda, les Hecate Strait Streamkeepers, Pêches et Océans Canada, ainsi qu’avec des organismes communautaires.

Le projet est financé par le gouvernement fédéral dans le cadre du programme Agir sur le terrain de Parcs Canada, une initiative nationale de 90 millions de dollars qui vise à encourager les Canadiens et les Canadi-ennes à prendre part à différentes activités de conservation et à promouvoir l’intégrité écologique le patri-moine naturel et culturel des parcs nationaux du pays.