Agir sur le terrain – Restauration d’écosystèmes à Gwaii Haanas

SGin Xaana Sdiihltl’lxa : Retour des oiseaux nocturnes


Guillemots à cou blanc sur l’eau
© Parcs Canada / C. Bergman

Oiseaux marins en péril

Le guillemot à cou blanc (ou « oiseau nocturne », tel qu’il est connu dans la langue haïda) est une espèce en péril au Canada. La population a été décimée par les rats. Plus de la moitié de la population mondiale de ces oiseaux marins niche dans des îles reculées de la réserve de parc national, de la réserve d’aire marine nationale de conservation et du site du patrimoine haïda Gwaii Haanas.


Oisillon de guillemot à cou blanc
© Laskeek Bay Conservation Society / Jake Pattison

Pendant la saison de nidification, les guillemots à cou blanc vont et viennent sur de petites îles pendant la nuit et passent le reste de leur temps sur l’eau. À l’abri dans des terriers cachés sous le tapis forestier, les minuscules oisillons éclosent et, après quelques jours, traversent précipitamment le sous-bois dans l’obscurité pour rejoindre leurs parents qui les appellent depuis la mer. Ces oiseaux marins faisaient autrefois partie intégrante du régime alimentaire des Haïdas. Les colonies étaient alors des lieux de récolte de nourriture de premier choix.

Décimés par les rats

 
Les rats noirs, comme celui ci, étaient autrefois abondants sur les îles
© Parcs Canada / Carita Bergman

Les oiseaux ont depuis longtemps abandonné un grand nombre d'îles infestées par les rats. Introduits à Haida Gwaii par l’avènement de la navigation marchande à la fin du XVIIIe siècle, les rats auraient infesté au moins 18 îles de l’archipel et ont eu un effet dévastateur sur plusieurs colonies d’oiseaux marins.


Island Conservation, Coastal Conservation et Parcs Canada travaillent en collaboration
© Parcs Canada / Andrew Wright

Restauration de l’habitat

En 2011, Parcs Canada, la Nation haïda ainsi que les organismes Island Conservation et Coastal Conservation ont exécuté ensemble un programme terrestre d’éradication du rat surmulot, une espèce envahissante, dans les îles Arichika et Bischof, qui abritaient autrefois d’importantes colonies de guillemots à cou blanc. Ils ont reçu un appui financier du programme Agir sur le terrain de Parcs Canada, lequel finance des mesures de remise en état écologique dans les parcs nationaux du Canada, et de l'Oil Spill Liability Trust Fund de la Garde côtière américaine – un fonds établi pour compenser les dommages causés aux oiseaux marins par un pétrolier naufragé, le S.S. Jacob Lukenbach, qui a sombré en 1953 au large des côtes de la Californie.

 
Les îles Bischof, avec l’île Lyell visible en arrière plan
© Parcs Canada / Andrew Wright

Résultats

  • Du 1er août au 3 octobre 2011, des équipes de terrain ont aménagé des points d’appât dans des stations spécialisées aux îles Bischof et Arichika, et ils ont ensuite retiré les carcasses de rats qu’ils ont trouvées.

  • Les équipes n’ont trouvé aucun signe de la présence de rats à la fin de la campagne sur le terrain, en novembre 2011, ou au début de la campagne suivante, au printemps 2012. Malgré tout, les travaux de surveillance devront se poursuivre jusqu’en septembre 2013 pour que les îles puissent être déclarées exemptes de rats.

  • Les scientifiques ont également tenu compte de la possibilité que le programme d’éradication nuise à d’autres espèces. Cependant, ils ont observé très peu d’impacts sur les autres espèces et n’ont constaté aucune incidence sur le plan démographique.

  • Des travaux de restauration écologique semblables sont prévus pour 2013 dans deux îles avoisinantes, les îles Murchison et Faraday, qui sont de plus grande superficie.



Les activités de surveillance continue se poursuivent
© Parcs Canada / Andrew Wright

Surveillance continue

Les scientifiques ont placé des dispositifs d’écoute automatisés dans ces îles et dans des îles non touchées pour mesurer la réaction des oiseaux marins à l’éradication. Ils étudieront la fréquence et la répartition géographique des cris d’oiseaux afin d’évaluer l’efficacité du projet, et ils en profiteront pour surveiller plusieurs autres réactions de l’écosystème. Dans les années à venir, les chercheurs pourraient avoir recours à diverses techniques de remise en état, dont la construction de terriers de nidification artificiels, pour encourager les oiseaux à coloniser à nouveau les îles.