Réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas

Patrimoine des Haïdas


À Gwaii Haanas, les visiteurs sont attirés par la beauté naturelle de l'endroit de même que par l'extraordinaire patrimoine des Haïdas. Les mâts sculptés de SGang Gwaay Llnagaay sont à couper le souffle, mais l'on trouve également une quantité énorme de preuves archéologiques moins concrètes qui témoignent de l'occupation des îles par les Haïdas pendant plus de 10 000 ans. À Gwaii Haanas seulement, on dénombre plus de 600 sites archéologiques. Des thuyas dont l'écorce a été retirée pour la tisser, des arbres dans lesquels des trous ont été creusés (ce qui servait parfois à déterminer s'ils convenaient à certains usages), et des pièges à poissons (poteaux placés dans des estuaires pour la pêche du saumon) sont facilement visibles par les visiteurs informés.

On comptait une vingtaine de gros villages hiveraux à divers endroits à Haida Gwaii; bien entendu, leur nombre a varié au fil du temps. Généralement, le choix d'un emplacement dépendait de l'accès aux sources d'eau douce, aux possibilités de pêche le long de la côte et aux autres sources d'alimentation, et il fallait aussi que l'endroit procure une certaine protection lors des tempêtes d'hiver. Les familles occupaient de grandes longues maisons permanentes en hiver, et elles parcouraient la région pour chasser et faire leurs récoltes durant les autres mois de l'année.

Effets du contact avec les Européens

Avant l'arrivée des explorateurs et des commerçants de fourrures ou « gens du fer », soit à compter de 1774, la population haïda de Haida Gwaii oscillait entre 10 000 et 30 000 personnes. Au début, le commerce intense de la fourrure de la loutre de mer eut de graves impacts sur léconomique au niveau local, mais, pour les Haïdas, le contact eut surtout comme conséquence leur quasi-disparition en raison des maladies introduites. La variole a fait disparaître des familles et des lignées en entier, et décimé de petits villages.

Au début des années 1870, des missionnaires désireux de convertir les Haïdas encouragèrent les survivants à quitter les villages périphériques comme ceux de la partie sud des îles . En 1900, la population haïda ne comptait plus que 600 personnes environ, et les seules populations permanentes se trouvaient à Skidegate et à Massett. Depuis, la population haïda de Haida Gwaii a augmenté pour atteindre 2 500 personnes environ, et les gens sont de nouveau fiers de leurs racines et ressentent une forte identité culturelle.

Aujourd'hui

Si les esprits de nombreux ancêtres y habitent, Gwaii Haanas est aussi un endroit pour tout ce qui vit : il fait partie intégrante de la vie des Haïdas, sur les plans spirituel, culturel et économique. Les gardiens de Haida Gwaii protègent cinq sites clés durant l'été. Les Haïdas récoltent des ressources, exploitent des entreprises touristiques et organisent des camps jeunesse à Gwaii Haanas. Les chefferies héréditaires des anciens villages sont toujours transmises de génération en génération. Des familles entretiennent des liens de parenté étroits avec leur village d'origine.