Réserve de parc national du Canada des Îles-Gulf

Culture et activités traditionnelles des Premières nations

L'histoire des îles Gulf a été marquée par le lien permanent qui unit les Premières nations de langues salish à ces îles et à la mer, tout comme par les explorations et la colonisation par les Européens et, plus récemment, par quelques décennies de migration vers les îles de personnes désirant adopter un mode de vie calme et simple.

Femme Cowichan qui attache des roseaux Femme Cowichan qui attache des roseaux
Image courtoisie des archives du Royal BC Museum, BC

Nombre de Premières nations Salish de la côte ont tissé il y a très, très longtemps, des liens permanents avec les îles Gulf. Ces peuples sont intimement liés à l'environnement – des rapports spirituels les unissent à la terre et à l'eau. Leur connaissance des systèmes naturels s'est transmise de génération en génération par le biais de l'histoire orale traditionnelle.

Depuis des millénaires et encore aujourd'hui, ils trouvent dans les forêts et les océans la nourriture et les matériaux dont ils ont besoin pour survivre, de même que des lieux de contemplation spirituelle. Les gestionnaires du parc se fondent sur les connaissances scientifiques et traditionnelles des Autochtones parallèlement aux connaissances scientifiques de l’Ouest pour décider des meilleures mesures à prendre pour restaurer et préserver les écosystèmes de la réserve de parc.

Les Premières nations ont toujours tiré la plus grande partie de leur nourriture de l'océan : phoque, otarie, baleine, requin griset, marsouin, mollusques et crustacés, flétan, saumon et autres poissons. Suivant les saisons, ils pratiquent également la chasse au canard, le piégeage, la chasse au cerf et aux petites mammifères et la cueillette des baies et des plantes. Les Autochtones peuvent poursuivre leurs activités traditionnelles – y compris la chasse et la cueillette de plantes et d'autres matériaux – dans la réserve de parc national. Parcs Canada collabore avec eux afin de voir à ce que ces activités soient pratiquées d'une façon qui permette la conservation des espèces et de l'écosystème et ne mette pas en danger la sûreté des autres utilisateurs du parc. Des panneaux sont affichés aux points d'accès pour prévenir les visiteurs lorsque la chasse est ouverte.

Sites du patrimoine culturel des Premières nations
Village de Premières Nations situé sur une baie Village « Indien »
Image courtoisie Bibliothèque et Archive Canada

Des Autochtones habitent dans les îles Gulf et fréquentent ces dernières depuis des millénaires. Les couches de coquillages que l'on trouve à différents endroits de la réserve de parc rappellent leur présence de longue date. Elles indiquent que des Premières nations ont établi des villages ou des campements à ces endroits et y ont utilisé les ressources naturelles. Les archéologues sont en mesure de déterminer de quelle manière un site a été utilisé en étudiant la quantité de coquillages qui y sont accumulés : les plus gros dépôts témoignent de la présence d'un village.

Ces sites sont très importants pour les Premières nations puisqu'ils témoignent de leur histoire et constituent une preuve concrète des liens qui les unissent à la terre. Ils sont également importants pour nous tous puisqu'ils ajoutent une dimension riche et complexe à l'histoire de la réserve de parc, et ils méritent notre respect et notre protection. Vous pouvez nous aider en ne perturbant pas ces sites et en empruntant les escaliers aménagés pour éviter de marcher sur les coquillages. Les gestionnaires du parc collaborent avec les Premières nations Salish de la côte à l'élaboration de protocoles de protection des objets et des sites culturels trouvés dans la réserve de parc.

Si vous êtes témoin de comportements suspects ou de la profanation d'un site culturel, communiquez avec nous. Il est illégal d'emporter des objets culturels trouvés dans la réserve de parc; si vous trouvez des artefacts, laissez-les sur place et avertissez-nous.

La culture européenne

Les Européens ont entrepris leur exploration des îles Gulf au XVIIIe siècle; ce sont les Espagnols qui en ont tracé la carte. Toutefois, aucun peuplement majeur n'y a eu lieu avant 1870. Déjà, cependant, vers la fin du XIXe siècle, la plus grand partie des terres arables des îles avait été défrichée et peuplée; la pêche, l'agriculture et l'exploitation forestière étaient à cette époque les soutiens principaux de l'économie.

Pointe Taylor Vestige sd’une maison de ferme à Taylor Point sur l’île Saturna
© Parcs Canada / Matthew Payne 2005

Le climat méditerranéen et les magnifiques paysages des îles se mirent bientôt à attirer les vacanciers et, pour répondre à la demande, des centres de villégiature et des marinas y furent rapidement établis. Puisque les îles sont également devenues une destination de choix des retraités, on a fait pression pour que davantage de lotissements résidentiels et d'établissements de villégiature y soient construits. Il faut noter toutefois que l'aménagement des îles est administré par un organisme innovateur, l'Islands Trust. Créé par le biais de lois visant la protection des îles, l'organisme a pour mandat de préserver et de protéger la région qu'il administre, ainsi que ses attraits et son milieu tout particuliers. En 1990, son rôle a été élargi et il est devenu le gouvernement local des îles; autorité compétente en matière d'utilisation du sol, il jouit également d'un pouvoir de réglementation.

La réserve de parc national est née grâce à l'initiative d'Héritage patrimonial marin du Pacifique, entente fédérale-provinciale créée en 1995 dans le but d'améliorer le réseau d'aires protégées de la côte de la Colombie-Britannique. Sous l'égide de cette entente, le 40e parc national du Canada a vu le jour le 9 mai 2003.