Parc national des Glaciers

Les Oiseaux Néotropicaux migratoires

Bruant chanteur
Bruant chanteur
© Parcs Canada

Pour ce qui est du nombre d'espèces (183), les oiseaux forment le groupe le plus diversifié de tous les vertébrés qui fréquentent les parcs. Cette diversité atteint son maximum pendant la saison de nidification, c'est-à-dire de mai à août, après quoi environ la moitié des espèces d'oiseaux qui passent l'été dans nos parcs migrent en région néotropicale (sud des États-Unis, Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud) pour l'hiver.

Les programmes de recherche et de surveillance des oiseaux en cours près de Revelstoke permettent aux biologistes de recueillir de l'information pour surveiller les répercussions des problèmes environnementaux mondiaux, notamment les changements climatiques à l'échelle de la planète, la dégradation des habitats et la propagation de la pollution dans les écosystèmes terrestres et aquatiques. Les oiseaux nicheurs des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers font partie d'un écosystème mondial qui subit des pressions ici et ailleurs. Si ces pressions s'exercent au-delà des limites des parcs nationaux, elles ne sont pas hors de notre champ d'influence.

Recherche et surveillance
Rôle des bénévoles
Habitat
Les oiseaux migrateurs et les êtres humains

Recherche et surveillance

Dans le parc national du Mont-Revelstoke, le sentier auto-guidé du Chou-Puant est le seul site en Colombie-Britannique où les populations d'oiseaux chanteurs font l'objet d'une surveillance régulière grâce à un programme de baguage. Le trottoir de bois qui y est aménagé mène à des postes d'observation et serpente à travers un marécage, zone qu'affectionnent particulièrement les oiseaux nicheurs. Depuis l'ouverture du premier poste d'observation en 1993, 1 082 individus de 45 d'espèces d'oiseaux ont été bagués. Le plus fidèle des visiteurs de ce site est la paruline des buissons, qui a été jusqu'ici recapturée à chaque année.

Ce poste d'observation fait partie des sites d'observation construits dans le cadre d'une étude nord-américaine sur les populations d'oiseaux terrestres, connue sous le nom de Monitoring Avian Productivity and Survivorship ou MAPS (Surveillance de la productivité et de la survie aviaires). Lancé par l'Institute of Bird Populations de Californie, MAPS est un programme de recherche qui permet de recueillir des données sur la productivité (taux de naissance) et la survie (taux de mortalité) des oiseaux terrestres. Ces données sont importantes, parce que certaines autres études menées en Amérique du Nord ont révélé une grave diminution des populations, particulièrement chez les oiseaux migrateurs néotropicaux de l'est de l'Amérique du Nord. La situation dans l'ouest du continent est encore peu claire.

Pour déterminer les profils de migration et l'emplacement des aires de nidification, les participants au programme MAPS ont recours à une nouvelle technique faisant appel à des indicateurs isotopiques. Les isotopes stables sont les formes naturelles d'un élément, et ils se distinguent par leur poids moléculaire différent. Les variations dans l'abondance relative des isotopes peuvent être captées par une analyse des plumes d'oiseaux. La composition isotopique varie en fonction du milieu où les plumes ont poussé. Ces différences se mesurent et servent en quelque sorte d'" empreinte digitale " chimique des oiseaux nicheurs. À l'aide de cette méthode, les chercheurs pourront peut-être un jour établir un lien entre les territoires de nidification, les territoires hivernaux et les individus qui s'y trouvent à une étape donnée de leur trajectoire migratoire.

Rôle des bénévoles

Bien que mis sur pied et orienté par Parcs Canada et le Service canadien de la faune, ce programme est exécuté essentiellement par des bénévoles, tous membres des Amis des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers. Cesbénévoles posent des filets japonais pour capturer et baguer les oiseaux qui fréquentent le secteur, puis ils consignent diverses données sur chaque individu : espèce, âge, sexe, étape du cycle de reproduction et état général. Le travail commence à 4 h du matin. Il faut manier les oiseaux capturés avec grand soin. Même si elle est composée de bénévoles, l'équipe est devenue experte dans la manipulation des oiseaux, et chaque membre a obtenu les certificats requis à cet égard en vertu des accords internationaux.

Ce programme a connu un succès tel qu'un deuxième poste d'observation a été construit près de Revelstoke, en Colombie-Britannique, pour la surveillance des oiseaux qui empruntent la vallée du Columbia comme voie migratoire. Grâce aux divers postes d'observation disséminés un peu partout en Amérique du Nord, ces études nous permettront peut-être un jour de répondre à certaines questions que nous nous posons sur les écosystèmes : D'où les oiseaux viennent-ils? Où vont-ils? Leurs populations sont-elles stables?

Pour y parvenir, il faut construire d'autres postes d'observation dans les aires de nidification du Canada et de l'Alaska ainsi que dans les territoires hivernaux de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud.

Habitat

En montagne, c'est dans le fond des vallées que l'on trouve les habitats les plus riches, ceux qui contiennent la plus grande diversité végétale et animale. Dans une bonne part de la Colombie-Britannique, ces zones ne comptent que pour une petite proportion du territoire et sont mal représentées parmi les aires protégées de la région. Pourtant, elles revêtent une importance cruciale pour la plupart des espèces d'animaux sauvages que nous considérons comme typiques de l'intérieur de la Colombie-Britannique. De plus, les effets cumulatifs des réservoirs hydroélectriques, des couloirs de transport et de l'exploitation forestière ont réduit les superficies qui servaient autrefois d'habitat aux oiseaux nicheurs dans cette partie du monde.

Les oiseaux migrateurs et les êtres humains

Les données recueillies grâce à ce programme de surveillance sont utilisées à l'échelle locale dans l'évaluation des incidences environnementales et à l'échelle internationale par le Service canadien de la faune et l'Institute for Bird Populations, qui travaillent de concert avec des pays étrangers à protéger les territoires hivernaux d'importance cruciale. En sachant quels secteurs servent d'habitat aux espèces cibles ou aux espèces vulnérables, la communauté internationale sera plus à même de déployer des efforts de conservation significatifs pour stopper la diminution des populations migratrices néotropicales causée par la perturbation et la destruction des habitats estivaux et hivernaux.