Parc national des Glaciers

L'ours grizzli

Ours grizzli et son petit
Ours grizzli et son petit
© Parcs Canada

"La Colombie-Britannique est un des rares endroits au monde où il y a encore des populations importantes d'ours noirs et de grizzlis. Cependant, à mesure que notre population augmente, nous empiétons sur l'habitat des ours, les repoussant dans un milieu sauvage de plus en plus restreint. Les êtres humains sont devenus la plus importante menace des ours de la Colombie-Britannique. " - Ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique

Contexte

Bien qu'il y ait des problèmes associés à l'ours noir (Ursus americanus), il n'est pas menacé en tant qu'espèce. Par contre, le grizzli (Ursus arctos) est disparu de 99 % de son ancien habitat dans les 48 États méridionaux et du Mexique. Une étude sur les populations de grizzlis réalisée en 1990 par le CSEMDC (Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) a établi que plus de 60 % des grizzlis étaient vulnérables ou menacés, et que tous étaient en péril.

Il est notoirement difficile de dénombrer les grizzlis. En Colombie-Britannique, on estime que la population varie de 6 000 à 12 000 individus (environ la moitié de la population qui reste au Canada). Les grizzlis fréquentent régulièrement les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, mais la plupart sortent de ces parcs au cours de leurs déplacements annuels. En effet, ces parcs sont trop petits pour fournir un habitat suffisant à une population viable.

Écologie du grizzli

Le grizzli est le plus gros carnivore terrestre de la planète. Cependant, en raison de la diversité de sa diète, il est classé parmi les animaux omnivores. La diète typique du grizzli dans la chaîne Columbia est composée de moins de 15 % de viande. Le reste comprend des racines, des herbages, des baies et des insectes.

Localement, le grizzli profite pleinement des couloirs d'avalanche quand il cherche des aliments comme le carex, les herbages, la berce laineuse et les divers oignons à fleur. Grâce aux longues griffes de ses membres antérieurs et aux muscles énormes de ses épaules, il peut retourner les massifs d'érythomes à grandes fleurs et de claytonies pour prendre les oignons nutritifs et il peut sortir de leurs terriers les écureuils terrestres de la chaîne Columbia, bien gras et riches en protéines. Au milieu de l'été, les grizzlis se déplacent à proximité des talles d'airelles, dans les forêts brûlées, pour s'engraisser en prévision de l'hiver grâce à une alimentation riche en glucides.

Le couloir d'un avalanche
Le grizzli profite pleinement des couloirs d'avalanche
© Parcs Canada

Les ours sont des opportunistes, constamment à la recherche de quelque chose à manger. Ils protègent les sources d'alimentation qui leurs sont essentielles et s'ils sentent qu'elles sont menacées, ils deviennent agressifs. Comme ils hibernent la moitié de l'année, ils ont six mois pour manger suffisamment pour survivre toute l'année. L'emmagasinage de graisse est particulièrement important pour les femelles qui allaitent. D'un à trois oursons naissent au début de février, pendant que les ours sont encore dans leur tanière et ils doivent attendre encore trois mois avant de pouvoir en sortir et recommencer à l'alimenter. Habituellement, les mâles ne supportent pas la présence d'autres ours, sauf pendant la période de reproduction.

Il y a peu d'aliments riches en protéines dans la chaîne Columbia. La neige profonde limite le nombre d'ongulés et de carcasses disponibles. Les barrages construits sur le fleuve Columbia pendant les années 30 ont éliminé les montaisons de saumon en automne. Les plants de baies sauvages produisent davantage dans les vieux brûlis, mais l'extinction des feux de forêt a réduit la prolifération de ces plants.

Recherche et surveillance

Pour gérer leur nombre, il est essentiel de savoir combien d'ours fréquentent cette partie du monde. Pour que les chercheurs puissent renseigner les gestionnaires de la faune, ils doivent savoir combien de temps vivent les ours, le nombre de petits qu' ils ont et quelles sont les causes de mortalité. Comme les ours vivent souvent dans des régions éloignées, accidentées et où la végétation est très dense, il est difficile de les surveiller.

Dans le but de gérer les ressources selon une approche écologique, Parcs Canada participe au Projet de recherche sur les ours des versants ouest (West Slopes Bear Reserach Project), une initiative du Columbia Basin Fish & Wildlife Compensation Program, le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs (C.-B.), le ministère des Forêts (C.-B.), l'Université de l'Alberta, l'Université de la Colombie-Britannique et l'Université de Calgary, ainsi que les Amis des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers. Les chercheurs ont recours à la radiotélémesure et à des techniques d'empreintes génétiques pour évaluer les caractéristiques de la population, les habitats qu'elle fréquente et les déplacements des grizzlis et des ours noirs. Le but de la recherche est d'obtenir l'information nécessaire pour la gestion à long terme et la conservation du grizzli et de l'ours noir.

La zone d'étude est située dans la partie supérieure du Columbia, près de Golden, en Colombie-Britannique. Cette région comprend divers habitats et des réseaux de gestion dont des parcs nationaux (des Glaciers, Yoho et Kootenay), des forêts commerciales, des établissements urbains et ruraux, et des terres inondées par des aménagements hydroélectriques. En outre, la région est traversée par la Transcanadienne et par le chemin de fer du Canadien Pacifique. Il s'agit donc d'un microcosme des aménagements qui ont lieu dans plusieurs endroits du territoire de l'ours en Colombie-Britannique et ailleurs.

Les chercheurs capturent les ours et leur mettent un collier émetteur, lequel est essentiel parce que le terrain accidenté permet difficilement de suivre et de situer les ours. Ils suivent chaque semaine environ 25 ours munis de colliers émetteurs, surtout en volant à basse altitude, mais également au sol, pour voir quelle sorte d'habitat ils utilisent. On détermine ensuite les territoires et les déplacements.

Les progrès récent dans les techniques d'empreintes génétiques permettent d'identifier chaque ours à partir d'une goutte de sang ou de quelques mèches de poil. Il est également possible de suivre la lignée des ours dans la population, ce qui donne de l'information sur leur structure sociale. On obtient les poils quand les ours passent par dessus ou sous du fil barbelé placé autour d'une source odorante. Pour l'analyse de l'ADN, on garde les poils dont la racine est visible. Au cours d'une période de trois ans, l'équipe a recueilli 4 500 échantillons de poil qui ont permis d'identifier avec certitude l'espèce, le sexe et la personnalité des ours en liberté. Cette nouvelle technologie est moins importune et a de nombreuses applications dans les études sur le terrain et les dénombrements.

Les êtres humains et les grizzlis

Rien ne représente mieux les efforts en cours pour garder une partie du monde sauvage et naturel que les enjeux liés aux grizzlis. Les mortalités et les pertes d'habitat causées par les êtres humains ont entraîné la disparition des grizzlis dans presque tout l'Ouest de l'Amérique du Nord. Leur besoin de vastes espaces vierges va à l'encontre de notre utilisation illimitée des ressources naturelles. Notre façon de gérer les grizzlis est une indication du sort qui attend les grands carnivores.

Dans cette partie de la Colombie-Britannique, le réseau de chemins de fer, de routes et de chemins d'exploitation forestière a considérablement augmenté au cours des trente dernières années. Les routes et les voies ferrés peuvent stresser les populations de grizzlis de plusieurs façons. Ils peuvent être tués directement dans une collision avec une auto, un camion ou un train, ou indirectement, en raison d'un plus grand accès menant au braconnage et à la mise à mort légale, et d'autres activités humaines. Il arrive aussi que les ours se tiennent à l'écart du bruit et de la circulation des routes achalandées. On craint qu'avec le temps, certaines routes pourraient couper les territoires des ours et faire diminuer la possibilité qu'à long terme, les grizzlis restent dans la région.

Il n'y a que la nourriture qui fait que les grizzlis cessent d'éviter les humains. Les ours sont attirés par ce que nous laissons derrière : déchets, arbres fruitiers renversés par le vent, intestins des animaux de chasse tués et paniers à pique-nique. Les agents de conservation et d'autres personnes tuent de nombreux grizzlis chaque année parce que nous ne les tolérons pas à proximité des agglomérations, pour des raisons de sécurité ou par crainte de dommage à nos propriétés. Cependant, au cours des dernières années, un programme de sensibilisation organisé par des particuliers a grandement contribué à réduire le taux de mortalité chez les ours de la région.

Les résultats préliminaires du Projet de recherche sur les ours des versants ouest indiquent qu'on a trouvé quelques ours morts sur des routes situées à proximité des agglomérations; on présume qu'il s'agit de mises à mort directes ou du fait de déplacements. Cette situation porte à croire que sans une action concertée, les grizzlis pourraient être relégués uniquement aux aires inaccessibles. Ce problème va probablement empirer dans les Kootenays, où les peuplements humains et les routes ne cessent d'augmenter.

La région qui entoure les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers est à proximité du territoire toujours plus petit des grizzlis en Amérique du Nord. Si nous ne prenons pas les mesures qui s'imposent, la diminution graduelle du territoire du grizzli va se poursuivre.

LES OURS et LES GENS Un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers

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