Parc national des Glaciers

Les manchettes claironnaient : « Des fraises circulant à travers le col Rogers! »

Célébrer les 50 ans de la Transcanadienne dans le parc national des Glaciers


photo d'une voiture sur une route nouvelle Une magnifique revue de la Colombie-Britannique publia cette photo pour promouvoir la nouvelle route.
Photo reproduite avec l’autorisation du British Columbia Magazine

En 1962, la population canadienne célébra l’inauguration de la Transcanadienne après l’achèvement du dernier tronçon de route à travers le col Rogers. A. D. Booth, camionneur de Salmon Arm, en Colombie-Britannique, fut l’un des premiers à parcourir cette « nouvelle route spectaculaire ». Il transportait 264 caisses de fraises mûries au soleil que des acheteurs de fruits de Calgary attendaient avec impatience. Avant l’avènement de la route, les biens tels que les fraises devaient faire un trajet de trois jours en train avant d’arriver à leur destination sur les marchés. L’acheminement de fruits frais de la Colombie Britannique jusqu’à Calgary relevait donc d’un véritable exploit.

La Transcanadienne, qui était à l’époque la plus grande route nationale du monde entier (7 821 km), fut construite sur du terrain extrêmement dangereux. Il fallut une vingtaine d’années pour l’achever, et les travaux coûtèrent environ un milliard de dollars.


La Transcanadienne en construction. Des ouvriers affectés à la construction de la Transcanadienne.
© Revelstoke Museum and Archives, collection Styles

La route donna lieu à de nombreuses améliorations. Désormais, les biens circulaient plus rapidement entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, les automobilistes pouvaient explorer le parc national des Glaciers à leur guise, et les familles ou les amis vivant dans différentes régions du pays pouvaient se rendre visite en voiture. Le « ruban d’asphalte » reliait les habitants de chaque province du pays, de l’Atlantique au Pacifique.

Cette grande réalisation fut soulignée à deux reprises : le gouvernement provincial tint d’abord une cérémonie le 30 juillet 1962, et le gouvernement fédéral lui emboîta le pas le 3 septembre de la même année.


Le pont du fleuve Columbia, 1961. Le juillet 1961, sous le regard attentif de la foule, W.A.C. Bennett, Premier de la Colombie ¬Britannique, inaugura la Transcanadienne et le nouveau pont du Columbia à Revelstoke, en Colombie-Britannique.
© Revelstoke Museum and Archives


Le 3 septembre 1962, John Diefenbaker, premier ministre du Canada, assista à la cérémonie d’inauguration au col Rogers, dans le parc national des Glaciers, en compagnie de représentants des dix provinces. Sous l’œil des caméras de télévision de la CBC le premier ministre déclara la Transcanadienne officiellement ouverte à la circulation.
© Revelstoke Museum and Archives

Au cours de son premier été d’existence, la Transcanadienne fut fort appréciée des automobilistes, des exploitants d’entreprises de camionnage, des amateurs de fraises, des explorateurs des parcs nationaux et même des journalistes de la BBC. Mais l’hiver et ses rigueurs approchaient rapidement, et les usagers auraient bientôt à composer avec la glace, les chutes de neige légendaires et les risques d’avalanche du col Rogers.


Chasse-neige rotatif dans le col Rogers, 1895.
© Revelstoke Museum and Archives

 Tirs d’obusier
© Parcs Canada

La nouvelle Transcanadienne traversait les montagnes escarpées et les vallées profondes du col Rogers, dans le parc national des Glaciers. Le col avait été découvert en 1882 par A. B. Rogers pour le compte du Canadien Pacifique, mais la voie ferrée y fut abandonnée en 1916, à la suite de la construction d’un tunnel permettant aux locomotives d’éviter les lourdes chutes de neige et les avalanches mortelles. La Transcanadienne fut construite près des rails abandonnés dans le col, là où survint l’une des avalanches les plus tragiques de l’histoire du Canada.


Déneigement d’un paravalanche à la suite de déclenchements préventifs
© Revelstoke Museum and Archives

Mais bien des choses avaient changé depuis 1916. Parcs Canada et les Forces canadiennes avaient à leur service des prévisionnistes d’avalanche et des tireurs d’obusier qui déclenchaient des avalanches à titre préventif aux endroits et aux moments les plus propices. Ils érigèrent également des ouvrages de protection statiques, notamment des paravalanches – des constructions semblables à des tunnels qui permettent aux avalanches de passer par-dessus la route. Depuis plus de 50 ans, Parcs Canada et les Forces canadiennes exécutent un important programme mobile de déclenchement préventif d’avalanches – le plus vaste de son genre sur la planète –, assurant ainsi la sécurité des automobilistes qui empruntent la Transcanadienne en hiver.


Carte postale historique portant la mention suivante : [traduction]: « Le col Rogers, en Colombie-Britannique, au Canada, et la chaîne Selkirk en toile de fond »

Ainsi, que ce soit pour transporter des biens – y compris les fraises légendaires de la Colombie Britannique – sur l’un des axes commerciaux les plus passants de l’Ouest canadien, pour visiter le parc national des Glaciers ou pour traverser le col Rogers afin de rejoindre des êtres chers à Noël, la Transcanadienne demeure un lien important pour la population canadienne. Aujourd’hui, plus de quatre millions de personnes par année l’empruntent pour traverser le parc national des Glaciers et le lieu historique national du Col Rogers. La Transcanadienne fait honneur à sa réputation de route panoramique; elle serpente à travers le magnifique parc national des Glaciers, où sont protégés des paysages de montagne figurant parmi les plus spectaculaires de Colombie-Britannique.

Versions française et anglaise de la bannière Trans-Canada 50e anniversaire
© Parcs Canada - Rob Buchanan