Parc national des Glaciers

Les cavernes Nakimu

Les cavernes Nakimu
© Rob Buchanan 

« Nakimu » est un mot autochtone de la langue shuswap qui signifie « esprits grognons ». Ce nom vient du son des vibrantes cascades du ruisseau Cougar, à l'endroit où il quitte la forêt subalpine pour former une série de dolines dans le parc national des Glaciers.

L’eau, s’écoulant à travers une bande soluble de calcaire prise entre des types de roche dure, a façonné un réseau irrégulier de cavernes, de couloirs étroits, de chutes et d’autres formations rocheuses souterraines étranges. Les cavernes Nakimu, un labyrinthe de six kilomètres de couloirs reliés, offrent une rare occasion de découvrir l'obscur monde souterrain. Visiter les cavernes, c’est faire un voyage intérieur à plus d’un égard.

Les grottes ont d'abord été explorées par Charles Deutschmann en 1904. À l'époque de l'hôtel Glacier House, les premiers visiteurs du parc se rendaient aux grottes accompagnés de M Deutschmann, qui fut le premier guide-interprète jamais embauché par un parc national au Canada. Le chemin qui montait la vallée du Cougar et le salon de thé situé à l'entrée des grottes ont bien servi durant les années 1920, mais le taux de fréquentation a chuté après la fermeture de Glacier House.

Au cours des dernières années, des groupes de travail composés de spéléologues de la région et d'employés du parc ont retiré du site des escaliers pourris et délabrés, vestiges du temps de Charles Deutschmann. Aujourd'hui, nous protégeons les cavernes Nakimu en tant que milieu sauvage; nous cherchons à les conserver à leur état naturel, dans la mesure du possible

L'accès aux grottes des parcs nationaux est restreint, afin de préserver certaines caractéristiques fragiles et de protéger les visiteurs non préparés contre les dangers de tels endroits. Les spéléologues qui entrent dans les cavernes Nakimu doivent être en mesure de s'orienter dans un réseau de couloirs complexe, de traverser à plat ventre des espaces étroits et de se déplacer sur des surfaces glissantes au-dessus de trous dont on ne connaît pas la profondeur. Seuls les spéléologues avertis sont autorisés à entrer dans le réseau de grottes, mais ils doivent en faire la demande auprès du directeur du parc.

Durant l’été, les couloirs situés à proximité des endroits que traverse le ruisseau renvoient le son de l'eau s'écrasant contre la roche, un son qui nous rappelle que les grottes sont toujours en formation. Des morceaux de roche tombent encore du plafond des grottes, et il peut arriver que les couloirs inférieurs se remplissent d'eau d'une manière inattendue.

Durant l'hiver, le débit du cours d'eau ralentit beaucoup et la majeure partie de l'eau qui s'infiltre gèle, créant souvent des formes bizarres. La température dans les grottes en hiver n'est que légèrement inférieure à celle que l'on enregistre en été et, par rapport aux conditions hivernales que l'on connaît à la surface, les visiteurs ont l'impression qu’il y fait relativement chaud.

Le mond-milch, précipité de carbonate de calcium formé à partir de bactéries, constitue l'un des attraits les plus remarquables des cavernes Nakimu. Il couvre certains murs d'une boue pâle qui ressemble à une purée de chou-fleur. Il porte les empreintes trop facilement laissées des mains de visiteurs curieux qui n'avaient aucunement l'intention de marquer à tout jamais ces lieux de leur passage. En effet, des marques laissées par les visiteurs de l’époque de Deutschmann n'ont pas encore tout à fait disparu.

Il est possible de se rendre aux cavernes Nakimu en passant par le sentier du Col-Balu, une excursion de 7 kilomètres à travers un secteur d'avalanche en hiver et l'habitat du grizzli en été. Pour utiliser ce sentier, il faut avoir une condition physique supérieure à la moyenne et détenir un permis d’activité restreinte.

Consulter notre page sur la spéléologie pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la visite des cavernes Nakimu.