Parc national des Lacs-Waterton

Pleins feux sur l’intégrité écologique

Pleins feux sur la conservation : Dix meilleures réalisations

Les parcs nationaux protègent des milieux naturels qui figurent parmi les plus spectaculaires et les plus variés au Canada. Leurs paysages saisissants et leur décor naturel inspirant offrent un cadre idéal pour communier avec la nature, mieux la connaître, l’apprécier, la respecter et s’engager à la protéger.

Pour que le parc national des Lacs-Waterton soit légué intacts aux générations à venir, Parcs Canada s’emploie à en préserver et à en rétablir la santé écologique du parc.

Voici certaines de nos réalisations à cet égard.

Cohabiter avec les chevreuils

Les visiteurs qui tentent d'attirer des cerfs peuvent les amener à avoir des comportements agressifs Les visiteurs qui tentent d'attirer des cerfs peuvent les amener à avoir des comportements agressifs
© Parcs Canada

Dans le parc national des Lacs-Waterton, la collectivité de Waterton Park est habituée à voir des chevreuils protéger activement leurs petits en période de mise bas. Cependant, le nombre de bêtes a augmenté ces derniers temps, et la période pendant laquelle elles affichent ce comportement audacieux se fait de plus en plus longue. En outre, la concentration inhabituelle de chevreuils attire des carnivores comme le couguar et l’ours dans la collectivité, ce qui accroît les risques de contacts entre les humains et les animaux.

Parcs Canada et les membres de la collectivité ont mis sur pied un groupe consultatif communautaire sur les chevreuils. Ce groupe a déjà lancé et évalué plusieurs initiatives, et il a mis à l’essai de nouvelles approches de gestion adaptative. Le parc a commencé par sensibiliser le public au moyen de panneaux d’avertissement, de bulletins communautaires, de pièces de théâtre d’intervention, de publications, d’information sur le Web et d’articles dans les médias. Certains chevreuils ont été marqués à la peinture, et les bêtes marquées à deux reprises ont été transplantées dans un secteur isolé du parc. Cependant, cette approche n’a pas tout à fait produit les résultats espérés : de nombreux chevreuils sont revenus s’installer dans la collectivité.

Le parc national des Lacs-Waterton a amorcé un projet pilote pour vérifier si des chiens dressés pourraient régler le problème. Guidés par des maîtres spécialement formés, les chiens éloignent gentiment les chevreuils pendant la période de la mise bas du printemps pour réduire les risques de conflits. L’objectif consiste non pas à éliminer les chevreuils de la collectivité, mais plutôt à recréer une situation plus naturelle et plus sécuritaire qui permet aux résidents et aux visiteurs d’observer les bêtes en toute quiétude.

Réintroduction de la grenouille léopard

Jeune grenouille léopard dans le parc national des Lacs-Waterton Jeune grenouille léopard dans le parc national des Lacs-Waterton © Parcs Canada

La grenouille léopard, qui était autrefois l’espèce de grenouille la plus répandue en Amérique du Nord, a connu un déclin au milieu des années 1960. Elle n’avait pas été aperçue dans le parc national des Lacs-Waterton depuis 1980.

En avril et en mai 2007 et 2008, le personnel du parc a réintroduit des œufs de grenouille léopard dans le parc. Dès l’été 2007, au moins 70 petites grenouilles ont été dénombrées dans la zone d’étude. Il s’agissait de la première étape d’un projet visant à rétablir une population autosuffisante de grenouilles léopards dans le parc.

Le parc national des Lacs-Waterton mènera des recherches pour déterminer si le parc abrite des grenouilles prêtes à s’accoupler qui chantent pour attirer un partenaire. À l’aide d’une technologie sonore spéciale, Parcs Canada a bon espoir d’entendre d’ici peu le coassement du succès. Ce projet s’inscrit dans une série d’initiatives multipartites provinciales liées à la grenouille léopard en tant qu’espèce en péril.

Champions de la conservation coopérative

Des employés et des chercheurs travaillent ensemble dans le cadre du projet de recherche sur les salamandres Des employés et des chercheurs travaillent ensemble dans le cadre du projet des salamandres
© Parcs Canada

Le parc international de la paix Waterton-Glacier se trouve près du centre d’un vaste écosystème appelé la « Couronne du continent ». Les plantes poussent, les animaux grandissent, le vent souffle et l’eau coule dans les deux parcs nationaux. Le parc national des Lacs-Waterton est petit, et les décisions prises par des individus et des organisations au-delà des limites du parc peuvent avoir des répercussions importantes sur les plantes et les animaux dans le parc.

De même, les décisions prises par les gestionnaires du parc peuvent avoir une incidence dans les environs. Afin d’atteindre les objectifs environnementaux, sociaux et économiques de la région, le parc national des Lacs-Waterton travaille avec ses voisins pour maintenir la santé du parc et des alentours. La coopération est en effet essentielle.

Elle prend notamment les formes suivante :

Gestion des plantes non indigènes

Employés et bénévoles célèbrent la réussite du Rodéo de la centaurée Des employés et des bénévoles célèbrent la réussite du Rodéo de la centaurée © Parcs Canada

La priorité de cette initiative est d’éradiquer les plantes non indigènes qui menacent les communautés végétales du parc et les intérêts économiques des voisins du parc, de lutter contre ces plantes et de prévenir la production de leurs graines. Pour ce faire, les employés ont recours à diverses méthodes, notamment en arrachant, en coupant, en creusant et en vaporisant. Ils plantent ensuite des graines de plantes indigènes aux endroits perturbés afin de contribuer au rétablissement.

Sachant que le travail est moins lourd quand on le partage, Parcs Canada encourage les bénévoles à aider à rétablir l’écosystème local et à participer à la gestion des plantes non indigènes, par exemple à l’occasion du Rodéo de la centaurée et dans le cadre du programme Adoptez une parcelle (les bénévoles désherbent une parcelle et s’en occupent à long terme).

En 2010, 57 bénévoles ont consacré 419 heures à désherber et produit 86 grands sacs à déchets de centaurées lors du Rodéo de la centaurée. Ce travail a empêché environ 10 millions de graines de centaurée de se propager dans le cône Blakiston! Les efforts déployés pour rétablir des communautés végétales saines ont également été couronnés de succès. Des employés et des bénévoles ont en effet planté plus de 1 400 semis indigènes à deux endroits le même jour. Les fleurs avaient été plantées à la pépinière du parc national Glacier, au Montana, à partir de graines ramassées à Waterton.

Rétablissement du pin à blanche écorce et du pin flexible

Des élèves aident à planter des pins à écorce blanche, une espèce menacée Des étudiants aident à planter des pins à blanche écorce, une espèce menacée 
© Parcs Canada

Le parc national des Lacs-Waterton participe à une course contre la montre afin de sauver le pin à blanche écorce et le pin flexible. On retrouve ces arbres, qui poussent lentement et vivent longtemps, sur les pentes rocheuses balayées par le vent, dans les forêts à haute altitude des montagnes Rocheuses. En dépit de leur petit nombre, ils jouent un rôle vital dans les écosystèmes subalpins car ils aident à stabiliser les pentes raides, ils influencent le rythme de fonte des neiges et procurent de la nourriture et un abri à de nombreuses espèces fauniques.

Ces arbres connaissent un déclin remarquable et sont en voie de disparition dans le parc. Plusieurs facteurs tuent les arbres et créent des conditions limitant la croissance des semis. La rouille vésiculeuse (un champignon envahissant non indigène) et le dendroctone du pin ponderosa affaiblissent et tuent les pins, et de longues années de suppression du feu ont donné lieu à des conditions qui conviennent mieux à d’autres arbres. La perte de ces arbres changerait radicalement l’écosystème subalpin des Rocheuses tel qu’on le connaît aujourd’hui.

On a ramassé des graines de pommes de pins que l’on croit résistants à la rouille vésiculeuse. Des cages spéciales ont été fixées autour des pommes afin de les protéger contre les oiseaux et les écureuils jusqu’à ce qu’elles soient à maturité. On a fait don de certaines graines à une banque de semences, mais la plupart seront utilisées pour produire des semis pour les projets de rétablissement.

On protège également les pins contre les dendroctones du pin ponderosa à l’aide de pochettes de produits chimiques (p. ex. phéromones) qui font en sorte que ces insectes évitent ces arbres. Des employés mènent aussi de petits brûlages dirigés afin de créer des emplacements qui conviennent aux semis des pins. Jusqu’à maintenant, avec l’aide des bénévoles et des visiteurs, le parc a ramassé plus de 59 000 graines de pin flexible et 2 800 graines de pin à blanche écorce, et planté plus de 2 500 semis de pin à blanche écorce.

Tunnels de migration des salamandres

Salamandre photographiée dans un tunnel Salamandre photographiée dans un tunnel © Parcs Canada

La salamandre à longs doigts, une espèce désignée préoccupante par la Alberta Wildlife Act, compte le parc national des Lacs-Waterton dans son aire de reproduction limitée. La surveillance de la population de cet animal près du centre d’accueil du parc indiquait un taux de mortalité élevé, dû aux véhicules qui écrasaient les salamandres qui traversaient la route. Les scientifiques estimaient la perte à 10 % à 41 % de la population. Différentes solutions ont été proposées et mises en pratiques, avec des résultats discutables.

Puis, en 2008, le parc a essayé quelque chose de nouveau en aménageant des tunnels sous la route pour procurer une voie de passage relativement sûre entre l’aire d’hivernage de la salamandre et son aire de reproduction au lac Linnet. La surveillance continuelle menée à l’aide de caméras dans les tunnels indique que les salamandres, et d’autres amphibiens et petits animaux, empruntent régulièrement ces tunnels et évitent ainsi les dangers de la circulation en traversant. Le taux de mortalité des salamandres dû aux véhicules est maintenant de 0,6 % à 1,6% de la population. Quand il s’agit de l’intégrité écologique, Parcs Canada protège tous les animaux, petits et grands.

Réduisons notre empreinte – remise en état des endroits perturbés

Remise en état de la fosse à déchets industriels - Reverdissement à l'aide de plantes indigènes Remise en état de la fosse des déchets industriels en plantant des plantes indigènes © Parcs Canada

La prairie de fétuque et la riche diversité des espèces de plantes sont deux des caractéristiques les plus particulières de Waterton, mais elles diminuent toutes deux, principalement en raison de la propagation constante des plantes non indigènes. Parcs Canada a adopté deux approches pour réagir à la situation.

La première consiste à remettre en état plusieurs emplacements perturbés créés par les gens en y rétablissant une prairie de fétuque. Plusieurs maisons du personnel à l’extérieur de la communauté ont été enlevées et deux grands sites d’entreposage et de déchets industriels près d’une prairie de fétuque ont été regroupés dans un plus petit complexe existant. Les sites ont été nettoyés et on y a planté des plantes indigènes. On rétablit également d’autres petites aires perturbées il y a plusieurs décennies, lorsqu’on y avait pris du gravier et de la terre végétale pour les utiliser ailleurs dans le parc. Ces efforts ont pour but de rétablir la prairie de fétuque indigène touchée par des activités menées par le passé.

Il est difficile de rétablir la prairie de fétuque, et il faut donc mettre au point des techniques qui donnent de bons résultats. Le parc national des Lacs-Waterton travaille avec le parc national Glacier et l’Université de l’Alberta pour effectuer des recherches afin de trouver des méthodes efficaces pour rétablir la prairie. Les résultats de ces recherches seront peut-être des plus précieux pour d’autres organisations qui tentent de faire la même chose. Protéger la prairie de fétuque assure une nourriture de haute qualité pour diverses espèces d’ongulés.

Éducation et diffusion externe – Camp des enquêteurs de l’écosystème du parc national des Lacs-Waterton

Camp des enquêteurs de l’écosystème du parc national des Lacs-Waterton
Camp des enquêteurs de l'écosystème du parc national des Lacs-waterton
© Parcs Canada

En ralliant les enfants à la cause des parcs nationaux aujourd’hui, nous formons les ambassadeurs de demain. Le Camp des enquêteurs de l’écosystème consiste en un programme d’enseignement en plein air de plusieurs jours offert dans le parc national des Lacs-Waterton.

Les participants découvrent l’écosystème du parc et apprennent de quelle manière les différentes composantes, notamment les humains, ont façonné le paysage. Ils explorent également les défis écologiques auxquels doit faire face le Sud de l’Alberta et découvrent les mesures à prendre pour améliorer l’environnement, indépendamment de leur lieu de résidence.

Organisé en collaboration avec les Premières nations locales des Kainais et des Piikanis, le camp s’adresse aux jeunes de la région, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, et il s’inscrit dans un projet quinquennal intitulé Rétablissons ensemble les écosystèmes terrestres. La matière enseignée, qui porte principalement sur les écosystèmes de la prairie de fétuque et de la forêt montagnarde du Sud de l’Alberta, est liée au programme d’enseignement de ministère de l’Éducation de l’Alberta.

Le camp permet aux élèves de 5e année de différentes collectivités du Sud de l’Alberta de se réunir pour nouer des relations constructives. Pendant trois semaines au printemps et à l’automne, le parc organise chaque semaine deux camps de trois jours chacun qui réunissent quelque 330 enfants.

Commentaires des élèves :

« J’ai adoré arracher des mauvaises herbes pour donner un coup de pouce aux lupins soyeux. Je me suis senti comme un superhéros! »
« C’était très agréable de pouvoir courir au grand air. »
« J’ai bien aimé les activités autochtones! L’histoire de Napi était amusante. »

Commentaires des enseignants :

« Cette sortie scolaire a marqué le point de départ d’une expérience que je vais souvent évoquer dans mes cours de sciences humaines et de sciences. »
« C’était une excellente occasion pour les enfants de tisser des liens. »

Statistiques intéressantes – Automne 2010 :

  • Nombre de kilomètres parcourus à pied : 1 768
  • Nombre de tasses de chocolat chaud consommées : 813
  • Nombre de bananes mangées : 135
  • Nombre de personnes qui ont entendu parler pour la première fois du porte-queue demi-lune : 271
  • Nombre de sacs remplis de plants de centaurée : 36
  • Nombre d’histoires de fantômes racontées : 18
  • Nombre de genoux égratignés : 6
  • Nombre d’échardes retirées des doigts : 1
Rétablir le rôle du feu dans la forêt-parc des contreforts

Rétablir le rôle du feu dans la forêt-parc des contreforts
Rétablir le rôle du feu dans la forêt-parc des contreforts
© Parcs Canada

Pendant des millénaires, le parc national des Lacs-Waterton a été périodiquement balayé par des feux qui étaient allumés par la foudre ou par les Autochtones. Les vestiges physiques et les archives nous indiquent que les derniers grands incendies de cette écorégion sont survenus dans les années 1890, à l’époque de la colonisation par les Européens.

Sans la suppression systématique du feu, une vingtaine d’incendies se seraient normalement déclarés dans les 100 dernières années. Les photos historiques révèlent que, en l’absence du feu, le saule, le tremble et les conifères se sont propagés dans le parc, entraînant une perte de 30 % de la superficie des prairies dans le dernier siècle.

Depuis 1989, les brûlages dirigés sont l’une des principales méthodes employées pour rétablir la végétation de la prairie dans le parc. Ces feux soigneusement planifiés empêchent les trembles et les arbustes d’empiéter sur la prairie tout en stimulant la croissance des graminées indigènes, et cette revitalisation a pour effet de diversifier les habitats fauniques. En brûlant l’herbe morte et les branches qui se sont accumulées, les brûlages dirigés réduisent également les risques de gros incendies difficiles à maîtriser qui menacent les résidents et les installations du parc ainsi que les pâturages avoisinants. Dans les cinq dernières années, le parc a exécuté des brûlages dirigés sur un territoire de près de 2 500 ha dans la forêt parc des contreforts.

Améliorer l’épuration et la réutilisation des eaux usées

Les techniciens en ressources surveillent les œufs des grenouilles léopards
Les techniciens en resources surveillent les œufs des grenouilles léopards
© Parcs Canada

La station d’épuration des eaux usées du parc national des Lacs-Waterton, qui date de 1977, a été conçue pour répondre aux normes qu’Environnement Canada avait établies en 1976 pour la qualité des effluents. L’installation était à la fine pointe du progrès à l’époque, mais la nécessité d’améliorer le processus d’épuration et de réutilisation de l’eau s’est imposée avec le passage des années. Le plan directeur de 2000 du parc national des Lacs Waterton avait notamment pour objectif d’éliminer le déversement d’effluents dans la rivière Waterton et de réacheminer les effluents traités pour l’irrigation du terrain de golf.

La station a été mise à niveau en 2009. Les effluents traités sont désormais réutilisés dans le terrain de golf, de sorte qu’il n’est plus nécessaire de prélever de l’eau du ruisseau Blakiston. Ce recyclage rend également superflu le déversement des effluents traités dans le lac Waterton Intermédiaire.

Parcs Canada : Un siècle de conservation dans les parcs nationaux des montagnes