Parc national du Canada des Lacs-Waterton
Le parc international de la paix Waterton-Glacier Un site du patrimoine mondial
Employé du parc de la paix avec un visiteur
© Parcs Canada / Jeff Yee
Le xérophylle, emblème non officiel du parc de la paix.
© Parcs Canada
Pique-nique à la frontière internationale.
© Parcs Canada
« La ligne imaginaire qui sépare le Canada et les États-Unis est aujourd'hui - et de
tous les temps - la plus longue frontière non défendue au monde. C'est en quelque sorte un message
à l'humanité que les cartographes ne doivent pas régimenter le monde, mais que la nature et
l'amitié entre les peuples doivent plutôt avoir préséance. »
Stewart L. Udall, Ministre de l'Intérieur aux États-Unis , 1967
Situé dans le sud-ouest de l'Alberta, le parc national des Lacs-Waterton est bordé au sud par l'État du Montana et à l'ouest de la ligne de partage des eaux par la province de la Colombie-Britannique. En raison de la petite taille du parc national (505 km carrés ou 202 milles carrés), la coopération entre tous ses voisins est essentielle pour la protection des habitants du parc. Ainsi l'aire d'un seul grizzli mâle peut s'étendre sur un territoire trois fois plus grand que le parc!
Ce sont d'ailleurs de telles considérations écologiques qui ont motivé la création en 1932 du parc international de la paix Waterton-Glacier.Aujourd'hui la coopération entre les deux parcs permet la gestion commune d'un écosystème plus vaste. Voici un aperçu de l'évolution du parc international de la paix Waterton-Glacier.
Le parc national des Lacs-Waterton a été créé en 1895, et en 1910, le parc national Glacier voyait aussi le jour. Le premier fontionnaire du parc Waterton, John George «Kootenai» Brown, et un garde-forestier américain Henry Reynolds, surnommé «l'infatigable sur la piste» du poste de garde de Goat Haunt dans le Montana furent les premiers à proposer l'idée du parc international de la paix.
« La géologie ne connaît pas de frontière, et aucune frontière
tracée par l'homme ne saurait diviser les eaux du lac. »
[traduction des paroles de Henry Reynolds, «l'infatigable sur la piste»]
« Il semblerait indiqué d'agrandir considérablement le parc... ce serait bien de partager
avec le parc Glacier des États-Unis une réserve naturelle et une aire de reproduction pour les
animaux. »
[traduction des paroles de John «Kootenai» Brown ]
Ces pionniers estimaient que le lac et la vallée étaient indivisibles. Les parcs avaient la même géologie, le même climat et une écologie identique.
C'est le club Rotary de Cardston qui amena un peu plus loin l'idée d'un parc international de la paix en convoquant une réunion de plusieurs clubs régionaux de l'Alberta et du Montana. En 1931, à l'hôtel Prince of Wales eut lieu la première réunion de bonne entente née d'un désir de promouvoir un mouvement universel pour la paix internationale. L'idée de la création d'un parc international de la paix dans la région des Lacs-Waterton et du parc Glacier fut adoptée à l'unanimité.
Après avoir reçu des pétitions de leurs clubs Rotary respectifs, les administrations municipales soumirent aux gouvernements fédéraux des deux pays l'idée de la création d'un parc de la paix. Les efforts de chacun furent enfin récompensés par la promulgation de la loi américaine le 25 avril 1932 et, peu de temps après, soit le 16 juin 1932, par la promulgation de la loi canadienne.
Deux cérémonies distinctes marquèrent la désignation et la célébration du parc international de la paix. La première eut lieu à l'hôtel Glacier Park de East Glacier dans l'État du Montana le 18 juin 1932. Après bien des retards et des problèmes d'organisation, la deuxième cérémonie se déroula le 4 juillet 1936, à l'hôtel Prince of Wales du parc des Lacs-Waterton.
L'association du parc international de la paix (APIP) (parrainée par les clubs Rotary) poursuit ses activités visant à favoriser la bonne entente entre les deux pays au moyen d'assemblées annuelles, de l'érection de monuments, de l'organisation de cérémonies, - en l'honneur parfois d'agents de l'Association - , et en vantant le bien-fondé de l'aménagement de parcs internationaux de la paix un peu partout ailleurs. Couramment, l'APIP incite le Canada et les États-Unis à permettre la repousse de la végétation dans la bande frontalière qui divise le parc international de la paix Waterton-Glacier. En laissant la bande de végétation d'une largeur de vingt pieds (6 m) pousser naturellement, il serait possible de mieux faire comprendre aux gens que la nature n'a que faire de frontières artificielles.
Au départ, le PIP symbolisait la paix et la bonne volonté qui règnent le long de la plus longue frontière non défendue de la planète (8 892 km ou 5 525 milles). Aujourd'hui, les parcs unifiés illustrent la nécessité de la coopération et de l'intendance commune des ressources. La coopération dans la région du parc international de la paix Waterton-Glacier se reflète dans la gestion des espèces fauniques et végétales ainsi que dans les programmes de recherche et sauvetage. Les parcs partagent en outre les ressources en matière d'interprétation, c'est-à-dire qu'ils organisent des excursions communes, font des programmes et des expositions d'interprétation.
Le 6 décembre 1995, le Parc international de la paix Waterton-Glacier a été classé site du patrimoine mondial parce qu'il présente un climat distinctif, un cadre physiographique, une mise en contact des biomes de montagne et de prairie et une ligne de partage des eaux tri-océanique. C'est une aire dotée de valeurs panoramiques remarquables, avec une flore et une faune abondantes et variées.
Critères (revisés en 2006)
(vii) Les deux Parcs nationaux ont été désignés à l'origine par leurs nations respectives en raison du décor montagneux superbe, du relief topographique élevé, du paysage glaciaire et de la faune et de la flore abondamment diversifiées.
(ix) Le bien occupe une place centrale dans la cordillère occidentale de l'Amérique du Nord, ce qui a donné lieu à l'évolution de communautés végétales et à des complexes écologiques qui ne se retrouvent nulle part ailleurs dans le monde. Les régimes climatiques maritimes non entravés par les chaînes de montagnes au nord et au sud permettent aux plantes et aux animaux caractéristiques du Pacifique nord-ouest de s'étendre dans le parc jusqu'à la ligne continentale de partage des eaux. A l'est, les communautés de prairie se blottissent contre les montagnes sans le moindre contrefort, produisant un développement de l'interface entre communautés de prairie, montagnardes et alpines. Le Parc international de la paix comprend les sources de trois grands bassins fluviaux drainant des biomes remarquablement différents vers plusieurs océans. L'importance biogéographique de cette ligne de partage tri-océanique est accrue par les nombreuses liaisons végétalisées entre les sources. Le résultat net est la création d'un ensemble unique et d'une grande diversité de flore et de faune concentrée dans un espace restreint.
Les concepts de paix et de solitude sont inséparables de l'emplacement et de la beauté naturelle du parc international de la paix Waterton-Glacier. Le monde a sous les yeux un exemple parfait du résultat qu'on peut obtenir grâce à la conservation et à la coopération, et une preuve tangible de la bonne entente entre les pays et la nature.
Comme le regard des visiteurs embrasse indistinctement toute la vallée du lac Waterton Supérieur en se portant jusqu'au lac Cameron, leurs sentiments d'émerveillement et d'inspiration vont librement du sommet d'une montagne à un autre. Et, à l'instar de leurs pensées qui errent librement de part et d'autre du 49e parallèle, la nature - soit les eaux, les poissons, le pollen, les graines, les oiseaux, les chevreuils et les ours.
Il existe d'autres exemples de parcs internationaux de la paix, notamment le «Peace Arch» (entre Blaine, Washington, et Douglas, C.-B.), le Jardin international de la Paix (entre le Dakota du Nord et le Manitoba), l'île Campobello (entre le N.-B. et l'État du Maine) et le parc international de la Ruée vers l'or (entre le Yukon et l'Alaska).