Parc national du Canada Jasper
Cybernouvelles du parc national Jasper • novembre 2008 |
Si les crottes pouvaient parler, que de choses elles nous raconteraient!
© Mark Bradley, Parcs Canada
Pour bien des gens, la pose de colliers émetteurs au cou des caribous est un geste cruel. La capture leur cause du stress, et ils doivent porter ce lourd collier pendant une longue période. Parcs Canada se préoccupe du stress causé par les colliers. Pourquoi alors leur imposons-nous ce fardeau? Parce que cette technique nous fournit des renseignements précieux dont nous avons désespérément besoin pour gérer cette espèce menacée.
Par exemple, les colliers émetteurs sont pourvus d’un capteur qui nous informe de la mort d’une bête (si nous récupérons le collier à temps, nous pouvons aussi en connaître la cause). Ils nous disent aussi combien de petits naissent chaque année : en repérant la mère au moyen de son signal radio, il nous est possible de vérifier si elle a mis bas. En outre, les signaux radio et les coordonnées GPS stockées dans les colliers nous fournissent des données sur les déplacements des caribous et l’usage qu’ils font de leur habitat. Cette technique peut même nous donner des indications sur l’exactitude des recensements. Par exemple, si nous savons que 10 caribous portent des colliers, mais que nous n’en dénombrons que cinq, nous savons que nous n’avons vu que la moitié de la population. Malgré tout, rien ne nous plairait davantage que de trouver un moyen d’étudier les caribous sans leur imposer de stress.
©Mark Bradley, Parcs Canada
Récemment, nous avons fait l’essai d’une nouvelle technique qui n’exige aucun collier émetteur. Micheline Manseau (Ph. D.), du Centre de services de Parcs Canada à Winnipeg, a mis au point un moyen d’identifier les caribous par leurs excréments. L’ADN présent dans les crottes nous permet d’identifier les bêtes individuellement et, par conséquent, de dénombrer la population. Nous étudions aussi la possibilité d’obtenir, en mesurant les niveaux d’hormone dans les crottes, des renseignements sur le nombre de naissances. En effet, les bébés, les adultes et les femelles gravides ont tous des niveaux d’hormone différents. En prélevant des échantillons de crottes pendant plusieurs années consécutives, nous pourrons même calculer les mortalités, puisqu’il sera possible de déterminer combien d’individus manquent à l’appel d’une année à l’autre.
©Mark Bradley, Parcs Canada
La technique d’identification par les excréments en est à ses débuts, et nous cherchons quel est le meilleur moyen de repérer et de prélever les échantillons. Nous devrons donc recourir aux colliers pendant un certain temps encore. De toute manière, les excréments ne nous fournissent aucune donnée sur certains aspects de la vie du caribou, par exemple le profil d’occupation de l’habitat à petite échelle. Si tout va comme prévu, cependant, nous espérons pouvoir cesser ou du moins réduire progressivement l’usage des colliers dans les années à venir.
Plan communautaire
La municipalité de Jasper et Parcs Canada invitent le public à participer à des travaux de planification conjoints en vue de l’élaboration d’un plan de développement durable pour la collectivité de Jasper, lequel viendra remplacer le Plan d’utilisation des terres de la collectivité de Jasper de 2001. Ce nouveau plan, qui reflétera les pratiques de planification contemporaines et les points de vue actuels sur le développement durable des collectivités, mettra l’accent sur les facteurs sociaux, culturels, économiques et environnementaux ainsi que sur la gouvernance.
Sous la direction du Comité directeur du plan communautaire de Jasper, un groupe de travail composé de neuf membres de la collectivité dirigera les travaux d’élaboration du plan. Il a d’ailleurs déjà amorcé des consultations publiques auprès des résidents et des intervenants locaux. Les commentaires des résidents de Jasper et de toute la population canadienne sont essentiels à l’élaboration du plan.
Les consultations ont débuté le 15 octobre par une séance de lancement qui visait à renseigner la collectivité et à cerner les principaux enjeux. Cette séance a été suivie d’un atelier communautaire sur le tourisme durable animé par Ted Manning. D’autres activités ont été organisées par la suite, notamment un atelier sur la vision et deux soirées Pecha Kucha. Le groupe de travail prévoit d’autres activités pour le public dans la nouvelle année. Les consultations devraient se terminer au plus tard le 30 juin 2009, et le rapport final est attendu pour octobre 2009. Parcs Canada consultera les intervenants autochtones et d’autres citoyens canadiens pendant ce processus.
Pour en savoir davantage sur le processus de planification et les activités à venir, rendez-vous au site Web http://jasperplan.wordpress.com/ (en anglais seulement) ou appelez Verne Balding au 780-852-4724 ou Neil MacDonald au 403 292-6619.
Formation en sauvetage sur la glace
©Garth Lemke, Parcs Canada
Les spécialistes de la sécurité publique de Parcs Canada sont sortis sur le terrain pour perfectionner leurs techniques de sauvetage sur la glace mince, en prévision de la prochaine saison de patinage sur nos lacs.
Nous avons mis notre nouvel équipement à l’essai, repéré les fuites dans nos combinaisons étanches (même la plus petite des fuites devient cruellement évidente par -15o) et renoué avec les défis de l’immersion totale dans des conditions hivernales.
Voici quelques faits à retenir lorsque vous vous aventurerez sur les lacs cet automne :
L’eau froide draine la chaleur corporelle 32 fois plus vite que l’air froid. Si vous tombez à l’eau, faites tout ce que vous pouvez pour vous en extraire le plus vite possible.
La prévention est la clé... À 0° C, il vous faudra environ deux minutes pour perdre l’usage de vos mains et moins de 15 minutes pour perdre conscience. Votre temps de survie est de moins de 45 minutes. Si l’on calcule le temps qu’il faut à une équipe de sauvetage pour réunir l’équipement nécessaire et pour se rendre sur les lieux de l’accident, force est de conclure que la plupart des lacs de la région sont trop éloignés pour qu’une intervention organisée puisse se faire efficacement en 45 minutes. Dans le doute, abstenez-vous.
En guise de ligne de conduite, vous pouvez considérer qu’une glace transparente et lisse d’au moins 10 cm est sûre pour le patinage.
La glace est imprévisible lorsqu’elle recouvre de l’eau en mouvement, par exemple près des rivières ou des ruisseaux. Évitez ces secteurs.
Projet d’amélioration des sentiers de Jasper
Dévoilement de l’ébauche du plan d’amélioration des sentiers
© Parks Canada
Joignez-vous à nous pour les activités suivantes :
(1) Soirée d’échange d’information
Le jeudi 4 décembre
De 18 h 30 à 21 h
Salon de curling du centre récréatif (à l’étage)
© Parcs Canada
Ces deux dernières années, le groupe de travail du Projet d’amélioration des sentiers de Jasper a passé de nombreuses heures à repenser le réseau de sentiers de la ville. Il vous offre maintenant la chance de voir l’ébauche du plan d’amélioration des sentiers et de découvrir le processus qui a mené aux changements proposés.
Venez nous voir!
Après cet échange d’information avec la collectivité, nous aimerions entendre vos réflexions sur le nouveau plan.
(2) Séance de rétroaction sur le plan d’amélioration des sentiers
Le samedi 6 décembre
De 10 h à midi
Salon de curling du centre récréatif (à l’étage)
Dites-nous ce que vous en pensez! Les animateurs de cette séance seront là pour recueillir vos commentaires sur l’ébauche du plan.
Rafraîchissement et prix.
Pour en savoir plus, appelez le Bureau du Projet d’amélioration des sentiers au 780-852-9467.
Entre-temps, pourquoi ne pas profiter du travail accompli dans le cadre de ce projet? Le sentier Pyramid figure parmi les nombreux projets qui sont maintenant achevés (la signalisation sera installée d’ici peu). Voici quelques renseignements au sujet de ce sentier :
- Serpente en suivant la route (depuis la ville) jusqu’au centre de villégiature Pyramid Lake Resort.
- Fait partie des sentiers faciles, mais décrit une pente graduelle jusqu’au centre de villégiature.
- Formera l’« épine dorsale » du réseau de sentiers de Jasper le long de la terrasse (comme le propose l’ébauche du plan d’amélioration des sentiers).
- Fait environ 5 km et relie la ville au centre de villégiature Pyramid Lake Resort.
Bonne randonnée, et au plaisir de vous voir aux deux séances!
Le parc national Jasper vous intéresse-t-il?
Le parc national Jasper met actuellement à jour sa liste de personnes qui souhaitent recevoir régulièrement de l’information de Parcs Canada. Si vous voulez y faire ajouter votre nom, cliquez sur le lien qui figure ci-dessous et répondez à notre questionnaire.
À compter de février, nous enverrons de l’information uniquement aux personnes qui ont fait inscrire leur nom à la liste en remplissant le questionnaire. Merci de l’appui continu que vous témoignez au parc.
L’équipe de Prévenir... Un gage d’avenir travaille près de chez VOUS
© Parcs Canada
Travaux hivernaux sur la terrasse Pyramid et autour du quartier Cabin Creek
Le 1er décembre, les entrepreneurs et les équipes de travaux hivernaux reprendront leurs activités sur les pentes escarpées de la terrasse Pyramid et dans d’autres secteurs entourant la ville. Le long de la terrasse, les travaux débuteront au poste de la GRC et se déplaceront vers l’ouest jusqu’au réservoir d’eau. Ce volet du projet, qui devrait durer huit semaines, permettra de prémunir contre les incendies dévastateurs une autre parcelle de 2,5 km de forêt essentielle à la protection de Jasper.
Sur des pentes raides comme celles de la terrasse Pyramid, les travaux de remise en état de la forêt et de réduction du combustible sont difficiles, à cause de la fragilité de la végétation, des sols meubles et de la proximité des habitations. Ces opérations exigent une planification soigneuse, une formation spéciale et de l’équipement spécialisé.
Que verrez-vous?
De novembre à la fin de janvier
- Le personnel de Parcs Canada a commencé à marquer les arbres à abattre le long de la terrasse.
- Les résidents du pâté de maisons 1100 de Cabin Creek Drive et du pâté de maisons 900 du chemin du Lac-Pyramid verront des clôtures de sécurité sur les pentes en amont de leur domicile. Cette mesure de précaution supplémentaire vise à faire en sorte que les débris créés par les travaux restent sur les pentes!
- Des restrictions d’accès aux sentiers et des fermetures de secteur seront mises en place pour assurer la sécurité du public.
- Un expert entreprendra l’abattage des arbres marqués sur la terrasse.
- Les Douglas taxifoliés infestés par le dendroctone du Douglas seront également abattus. (Cet insecte, qui est étroitement associé à des forêts surpeuplées et malades, est responsable de la mort d’un grand nombre d’arbres sur les pentes escarpées qui dominent la ville.)
- Une pelle mécanique spéciale appelée Spyder Hoe montera et descendra la pente pour ramasser les débris et les empiler dans des endroits où ils pourront être brûlés sans nuire aux arbres adjacents.
- Des équipes de terrain spéciales passeront derrière la pelle mécanique pour recueillir les débris de surface restants et pour faire brûler les piles de la manière la plus efficace et la plus propre possible.
- Des agents de surveillance de Parcs Canada seront sur place pour veiller à ce que des mesures de sécurité et de protection de l’environnement appropriées soient appliquées pendant le projet.
Si vous avez des préoccupations ou des questions, n’hésitez pas à appeler Alan Westhaver au 780-852-6169.
« Feux de forêt : Des milliers de Californiens fuient leur domicile ». Los Angeles Times, 17 novembre 2008.
Nous ne cherchons pas à vous faire peur... Nous voulons plutôt vous faire prendre conscience du risque très réel auquel nous nous exposons en tant que collectivité. La bonne nouvelle : deux collectivités FireWise (le pendant américain du programme Prévenir... Un gage d’avenir) ont été épargnées pendant les incendies de l’an dernier en Californie.
Fumée
Les résidents pourront parfois voir et sentir la fumée qui se dégage des piles de débris en feu. Cependant, nos équipes ont été formées pour faire brûler les débris lorsque les vents poussent la fumée loin des résidences. Si nous attendons que les débris sèchent pendant l’hiver pour les faire brûler par la suite, quand ils produiront moins de fumée, nous exposons brièvement la collectivité à un danger d’incendie important (et inacceptable). Nous vous exhortons donc à la patience. Les récompenses – la remise en état de nos forêts et la réduction des risques d’incendie – en valent bien la peine!
Pourquoi tout ce travail?
C’est une situation gagnant-gagnant pour la collectivité et pour la forêt environnante! En effet, notre projet Prévenir... Un gage d’avenir allie deux objectifs, celui de réduire les risques d’incendie catastrophique et celui de ramener la forêt à un état plus naturel. Nous enlevons des arbres pour créer plus d’espace entre les cimes, afin que, en cas de feu de cime incontrôlable, les flammes perdent de leur intensité, descendent au sol et deviennent alors facilement maîtrisables. Du même coup, les travaux d’éclaircie réduisent les quantités excessives de combustible de surface qui se sont accumulées en l’absence de feux périodiques. En outre, cette aération réduit la concurrence entre les arbres, améliore l’état de santé de la forêt, accroît sa résistance aux maladies et aux insectes et augmente sa capacité de régénération. Enfin, l’éclaircie contribue à préserver ou à créer de nombreuses caractéristiques clés de l’habitat faunique.
DOCUMENT D’INFORMATION
La protection de l’environnement sur les pentes escarpées
Nous avons choisi des méthodes hautement spécialisées pour les pentes escarpées (c. à d. abattre et faire brûler les arbres sur place plutôt que de les récupérer et de les traîner au pied ou au sommet des pentes) afin de réduire au minimum les impacts sur ce terrain sensible, de limiter les risques d’érosion à long terme et de perturber le moins possible les résidents de Jasper.
Calendrier d’exécution
Difficile à prévoir. Les dates de démarrage sont déterminées par l’arrivée de conditions ambiantes qui engendrent le moins de risques possible pour les sols, la stabilité des pentes et la propagation du feu. Essentiellement, nous attendons le gel, qui, en solidifiant le sol en surface, lui permet de mieux résister au compactage du Spyder Hoe.
Spyder Hoe
© Parcs Canada
Imaginez un engin qui semble issu d’un croisement entre une pelle rétrocaveuse et un charge-grumes et qui a la dextérité d’une tarentule, et vous obtenez le Spyder Hoe! Cette machine hautement spécialisée a été conçue pour du travail sur des pentes extrêmes et dans d’autres endroits où les considérations écologiques ont une importance prioritaire.
Construit expressément pour la remise en état des forêts et les travaux de faible impact dans les cours d’eau, le Spyder Hoe, un concept européen, se déplace grâce à quatre « pattes » indépendantes, dont deux sont pourvues de patins, et les deux autres, de pneus à faible pression actionnés par un moteur. L’engin se sert de son bras articulé pour accroître sa stabilité lorsqu’il monte ou descend des pentes raides (de la même manière que nous employons un bâton de marche).
Le Spyder Hoe est une puissante machine, capable de soulever des arbres entiers ou des morceaux d’arbre plutôt que de les traîner sur le sol, ce qui lui permet de faire son travail sans endommager le tapis forestier ni déraciner la végétation indigène. L’évaluation des travaux de l’an dernier révèle (comme prévu) que la pelle Spyder Hoe peut être manœuvrée sans impact ou presque sur ces pentes raides et arides.
Autres secteurs
Cet hiver, un second agent de surveillance de Parcs Canada supervisera les activités de brûlage et d’éclaircie dans plusieurs autres secteurs situés en périphérie de la ville. Attendez-vous à voir des équipes et des entrepreneurs affairés aux tâches suivantes :
- Brûlage de piles de débris datant de l’hiver dernier sur les parcelles les plus éloignées du lotissement urbain (lac Cabin, lac Edith et secteur situé entre le Jasper Park Lodge et la colline Old Fort Point, à l’ouest du sentier 7a);
- Poursuite des travaux d’éclaircie et de remise en état sur du terrain nivelé autour des principales installations de la vallée de l’Athabasca, dans les secteurs des lacs Trefoil, du lac Annette, de la route principale du Jasper Park Lodge et du lac Edith ainsi que sur la parcelle bordant le côté ouest de la ligne d’arrêt communautaire, près du sentier 3.
*Contrairement aux années précédentes, les arbres ne seront pas coupés en grumes de sciage. Le bois d’œuvre retiré sera plutôt transformé en bois de chauffage et vendu à des entreprises et à des particuliers.
Achèvement du projet : Été 2009
La dernière phase du projet Prévenir... Un gage d’avenir de Jasper se déroulera le printemps et l’été prochains. Une équipe d’ouvriers procédera alors à divers travaux pour remettre les sentiers en bon état, tailler les souches et rétablir la végétation dans les secteurs ayant subi des impacts mineurs.
Ce projet ne fait pas que rétablir les conditions écologiques historiques et protéger la collectivité contre les incendies. À plus long terme, il permet aussi à Parcs Canada de se préparer en vue d’un grand projet de régénération des écosystèmes et d’acquérir de l’expérience dans la réalisation de brûlages dirigés sécuritaires dans le bassin versant de l’Athabasca.
Pleins feux sur le projet de Jasper
Grâce aux innovations et aux bienfaits écologiques de ce projet, la ville de Jasper continue de susciter l’intérêt et l’attention d’autres collectivités du Canada, des États Unis et de l’Australie, qui accordent la même valeur que nous aux écosystèmes. En octobre, nous avons reçu la visite d’une délégation de hauts fonctionnaires d’organismes de protection-incendie du Mexique, des États-Unis et du Canada.