Parc national du Canada Jasper

Climat et géologie

Climat | Géologie


Climat

Le retrait des glaciers, à la suite d'un adoucissement du climat, a exposé un paysage stérile et inculte. Les animaux et les plantes ont immédiatement tiré profit de ces superficies récemment mises à nu et ont infiltré les vallées montagneuses à partir des régions libres de glace. Quelques organismes envahisseurs provenaient de régions non glaciaires plus au sud, tandis que d'autres provenaient de sommets non glaciaires, îlots de rochers sanctuaires que les glaciers n'avaient pas réussi à recouvrir.

Les conditions climatiques dans les régions à proximité de la fonte des glaciers étaient loin d'être propices à la survie, mais les vents glaciaux et constants balayaient la neige des fonds de vallée et la glace fondante fournissait une source d'eau abondante. Les herbages et les espèces robustes qui résistaient au froid se sont immédiatement enracinés dans la boue glaciaire et se sont répandus dans les espaces ouverts. Une fois cette source alimentaire bien établie, les grands mammifères tels les bisons, les wapitis, les cerfs, les mouflons et les chèvres de montagnes avaient un point d'ancrage.

Au fil des ans, le climat s'est tempéré. Les glaciers ont fondu puis sont disparus de la plupart des régions, à l'exception des sommets à proximité de la ligne continentale de partage des eaux. Le cycle annuel de croissance et de déclin des surfaces en herbes a provoqué la désagrégation des moellons de roche, l'accumulation de sols riches en aliments nutritifs ainsi que l'enracinement et la prolifération des arbres dans les vallées. Pendant les périodes chaudes, il y a environ 3 500 à 7 000 ans, il est probable que les surfaces en herbes et les forêts sèches étaient répandues, du moins à faible altitude. Le climat et l'habitat ont stimulé la croissance des bisons, des wapitis et des mouflons de montagne.

Les conditions plus fraîches et les chutes de neige abondantes qui ont marqué le petit âge glaciaire (entre 1 200 et 1 850 ans av. J.C. approximativement) ont entraîné un léger mouvement de progression des glaciers, qui se sont mis à quitter leur place forte. Le refroidissement du climat a abaissé la limite forestière et stimulé le foisonnement des pessières et des forêts de sapins sur les flancs des montagnes, à l'image du paysage actuel. Les caribous, les orignaux et les bisons, adaptés à la marche dans la neige, étaient répandus dans la région tandis que les wapitis et les cerfs circulaient dans les surfaces en herbe qui couvraient le fond de la vallée Athabasca et les flancs des avant-monts.

Les 150 dernières années ont aussi été marquées par l'évolution du climat. Les différents types de végétation résultent de ces modifications. Les hivers rigoureux, la sécheresse et les incendies ont joué un rôle occasionnel dans l'écologie des régions montagneuses. Les conditions climatiques ambiantes influent aussi sur nombre d'êtres humains et d'animaux.

Bien que plusieurs chaînes de montagnes séparent le parc de l'océan Pacifique, à l'ouest, les vents provenant de la mer influencent une grande partie du climat du parc et contribuent aux changements climatiques dans les montagnes. Les vents s'élèvent rapidement au-dessus des chaînes principales. Les nuages chargés d'humidité déversent une grande quantité de neige et de pluie dans les zones d'altitude telles le champ de glace Columbia. Par ailleurs, des vents secs soufflent vers le nord-est en suivant la vallée de l'Athabasca, balayant le sable et l'argile des limons et laissant les pentes à nu dans leur sillage.

Lorsque les vents dominants de l'ouest faiblissent, des fronts arctiques en provenance du nord et de l'est entraînent des chutes de température. Le climat continental du parc national Jasper résulte de l'emplacement nordique du parc et de la distance qui le sépare de l'océan : les hivers sont longs et froids et les étés, courts et chauds.

Géologie

Le parc national Jasper est une région de monts escarpés et de larges vallées. De nombreux sommets s'élèvent à plus de 3 000 mètres d'altitude. Le mont Columbia est la plus haute montagne de l'Alberta, à 3 782 mètres d'altitude. Le point le plus bas, à 985 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve à proximité de l'entrée est du parc.

Les montagnes du parc national Jasper sont disposées parallèlement du nord-ouest au sud-est. La chaîne qui se trouve le plus à l'ouest contient les sommets les plus hauts. Elle chevauche aussi la ligne continentale de partage des eaux qui délimite les cours d'eau se jetant dans l'océan Arctique ou la baie d'Hudson, vers l'est et le nord, de ceux qui s'écoulent vers l'ouest, en direction de l'océan Pacifique.

À certains endroits, des cols de montagne ou défilés créent des plissements qui assurent la circulation de l'eau d'un bassin hydrographique à l'autre. Les rivières se sont également faufilées à travers les terrains accidentés et escarpés.

Pour bien comprendre la géologie des montagnes Rocheuses, il suffit de répartir la région en chaînes. Les chaînes principales sont celles qui contiennent les sommets les plus élevés (y compris le mont Robson ainsi que l'ensemble de montagnes imposantes entourant le champ de glace Columbia). Ces chaînes chevauchent également la ligne continentale de partage des eaux, qui sépare les versants est et ouest de l'Amérique du Nord. Les chaînes principales, dont une partie se trouve dans le parc national Jasper, sont formées de grès, de calcaire, de schiste argileux et d'une roche métamorphique appelée quartzite (particulièrement le quartzite du groupe de Gog), généralement grossiers.

Les chaînes frontales des montagnes Rocheuses se trouvent à l'est des chaînes principales. En raison de la présence de la mer et de la dénivellation peu profonde du terrain, les plantes et les animaux y ont foisonné. La matière organique ainsi produite a engendré de la boue carbonatée qui s'est épaissie, puis durcie de manière à former une énorme quantité de calcaire. La couleur gris pâle des chaînes frontales (à cause du calcaire) contraste avec la couleur rougeâtre et brunâtre des chaînes principales. Le chaînon Colin et la Roche Miette sont des exemples typiques de pics des chaînes frontales du parc national Jasper. Plus à l'est, à l'extérieur des limites du parc, s'étendent les avant-monts, buttes d'une légère élévation qui séparent les montages des plaines, région de faible altitude et de peu de relief.

Les chaînes de l'ouest ne se trouvent pas dans le parc national Jasper, mais plus au sud, dans les parcs nationaux Kootenay et Yoho.

La rivière Athabasca et ses affluents drainent plus des quatre cinquièmes du parc. La rivière, qui coule vers le nord et l'est, à partir du front du champ de glace Columbia, parcourt près de 150 kilomètres dans le parc. Dix autres rivières de moyenne envergure et d'innombrables petits ruisseaux en augmentent le volume. La rivière Athabasca est l'une des principales rivières qui coule depuis la barrière formée par les montagnes jusqu'à l'océan Arctique. Le tronçon de la rivière qui se trouve dans le parc national Jasper fait partie du réseau des rivières du patrimoine canadien.

À l'extrémité nord du parc national Jasper, un autre bassin hydrographique recouvre partiellement la région. La rivière Smoky, dont la source se trouve à l'extrémité nord-est du parc, coule vers le nord en direction de la rivière de la Paix, dans le nord de l'Alberta.

L'eau en provenance du coin sud-ouest du parc se déverse par l'intermédiaire des rivières Southesk et Brazeau, qui rejoignent la rivière Saskatchewan Nord à la sortie des montagnes. Ces cours d'eau recueillent les eaux de ruissellement s'écoulant de la région, qui occupe une superficie de plus de 10 000 km2. Le débit de pointe commence vers la fin de juin, au moment où la fonte des neiges et la pluie remplissent à ras bord les lits des rivières. En raison de la fonte des glaciers, le niveau de l'eau est élevé jusqu'en juillet. Vers le milieu de l'été, les rivières fournissent une grande partie de l'approvisionnement en eau dont les citoyens et les agriculteurs en aval ont besoin.