Parc national du Canada Jasper

Caribou des bois - rétablissement d'une espèce en péril © Parcs Canada / Mark Bradley  

Le caribou des bois dans le parc national Jasper

Un caribou dans le parc national Jasper 
Un caribou dans le parc national Jasper
© Parks Canada / Mark Bradley

Le caribou des bois occupe des zones alpines qui figurent parmi les plus panoramiques du parc national Jasper. Abstraction faite des excursionnistes les plus aguerris, ces endroits spectaculaires de l’arrière-pays sont très peu fréquentés… et c’est précisément ce que recherchent les caribous! Leur capacité de survivre dans cet environnement souvent hostile leur permet de rester à l’écart des chevreuils, des wapitis, des orignaux et de leurs prédateurs, notamment le loup. Les caribous se font toutefois de plus en plus rares, même dans les étendues sauvages isolées et protégées du parc national Jasper. En 2013, le parc abritait quelque 155 caribous répartis entre quatre hardes. Il s’agit là d’une importante baisse, et les hardes ne montrent aucun signe de rétablissement. 

Le parc national Jasper sert d’habitat à quatre hardes distinctes de caribous des bois : la harde de l’A la Peche occupe la partie nord du parc, tandis que les hardes de la Maligne, de la vallée Tonquin et de la Brazeau vivent dans la partie sud du parc. La harde de l’A la Peche se déplace au fil des saisons entre la partie nord du parc national Jasper et le parc sauvage Willmore. Les caribous de cette harde avaient autrefois l’habitude d’hiverner dans les contreforts, mais certains passent aujourd’hui l’année entière dans les montagnes. L’abandon de ce territoire hivernal s’explique probablement par l’intensification de l’activité industrielle dans les contreforts et par les changements ainsi engendrés dans le paysage. Les blocs de coupe et les travaux sismiques créent un habitat qui convient davantage au chevreuil, à l’orignal et au wapiti, des espèces-proies qui attirent les loups. 

Les hardes de la partie sud du parc occupent trois secteurs distincts et isolés, et leurs chemins se croisent rarement. Elles migrent en altitude entre la zone alpine et la forêt subalpine en réponse à des changements saisonniers, mais elles restent dans le parc pendant la majeure partie de l’année.

Limites du territoire du caribou dans le parc national Jasper 
Limites du territoire du caribou dans le parc national Jasper 
© Parcs Canada































Recherche en cours

La harde du secteur nord du parc fait l’objet d’un programme d’étude et de surveillance à long terme que coordonne le gouvernement de l’Alberta en collaboration avec Parcs Canada, l’Université de l’Alberta et divers intervenants régionaux.

La surveillance du caribou dans la vallée de la Tonquin 
La surveillance du caribou dans la vallée de la Tonquin
© Parcs Canada / Mark Bradley

Les populations de caribous du secteur sud du parc sont les sujets d’une étude menée par les biologistes de Parcs Canada en collaboration avec l’Université de Calgary, l’Université du Manitoba et l’Université du Montana. Ce projet de recherche vise d’abord et avant tout à surveiller l’état des hardes, à confirmer les causes probables de leur déclin et à instaurer des mesures de conservation. En voici les composantes clés : recensements de population annuels, relevés du recrutement, surveillance non invasive de l’ADN par le prélèvement d’excréments et surveillance de l’intensité, des paramètres temporels et de l’emplacement de l’activité humaine dans le territoire des caribous. L’étude prévoit également la surveillance des déplacements des meutes de loups et de leurs lieux d’abattage, afin d’évaluer où, quand et comment ces prédateurs se déplacent et ce qu’ils mangent. Ces recherches serviront de point de départ pour recommander des mesures de conservation du caribou, les mettre en œuvre et en surveiller l’efficacité.


Combien de caribou y'a t'il?

Pour savoir si la population menacée augmente, demeure stable ou diminue, nous devons faire une évaluation annuelle de l’effectif.

Hardes de la partie sud du parc - Effectif estimé à l'aide de quatre méthodes différentes 
Hardes de la partie sud du parc - Effectif estimé à l'aide de quatre méthodes
© Parcs Canada





















Relevé aérien, la collecte des excréments et la mortalité chez le caribou 
Comment les caribous sont-ils dénombrés? Le relevé aérien, la collecte des excréments et la mortalité chez le caribou
 
© Parcs Canada / Mark Bradley

















Lambda : Cette méthode s’appuie sur des renseignements recueillis grâce à la surveillance des femelles portant un collier. Il s’agit simplement de la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès.

Estimation visuelle : Le nombre obtenu lors du dénombrement brut est ajusté afin de tenir compte des caribous non observés. L’ajustement se fait en comparant le nombre de caribous portant un collier observés et le nombre total de caribous auxquels on a posé un collier.

Dénombrement brut : Il s’agit du nombre de bêtes observées pendant un relevé aérien. Cette méthode comporte le désavantage d’exclure les caribous non observés.

Estimé fondé sur les excréments : Les individus sont identifiés grâce à l’ADN recueillie dans les excréments de caribous. Le ratio de nouveaux individus par rapport aux individus déjà identifiés permet d’estimer le nombre total de caribous.


Rétablissement d’une espèce en péril

Les chercheurs ont cerné cinq grands facteurs qui contribuent au déclin des populations de caribous dans le parc national Jasper. À la lumière de cette découverte, plusieurs mesures de conservation ont été prises, et d’autres sont en cours d’examen.

1. Modification de la dynamique prédateurs-proies :
Un caribou, un loup et un wapiti
Un caribou, un loup et un wapiti
© Parcs Canada / Mark Bradley
  • Menace : Les fonds de vallée du parc national Jasper sont des lieux de forte activité humaine où les chevreuils et les wapitis trouvent des refuges (des lieux exempts de prédateurs) dans des secteurs tels que la ville, les campings et les terrains entourant les établissements d’hébergement périphériques. Ces refuges accroissent le taux de survie des chevreuils et des wapitis, et ils soutiennent des populations aux effectifs anormalement élevés qui servent de proies aux loups. Cependant, au fur et à mesure que la population de loups s’accroît, les jeunes doivent se disperser pour trouver de la nourriture, une compagne et un nouveau territoire. Il arrive que des meutes de loups « itinérantes » se retrouvent dans le territoire du caribou. Même s’ils risquent peu de s’y attarder, ces loups peuvent avoir un impact considérable sur une population de caribous déjà petite.

  • Mesures : Des clôtures ont été installées pour limiter l’accès des wapitis à certains secteurs. À certains autres endroits, les modifications apportées aux clôtures déjà en place ont facilité l’accès des prédateurs. Des techniques d’effarouchement servent à chasser les wapitis des secteurs de forte activité humaine et à les repousser vers des milieux plus naturels, afin de réduire au minimum le risque de conflits entre wapitis et humains.
2. Accès des prédateurs
  • Menace : En hiver, les caribous des bois du parc national Jasper migrent en altitude, sur les pentes dégagées recouvertes d’une épaisse couche de neige poudreuse. Le caribou est bien adapté à la neige épaisse, ce qui lui procure un net avantage sur ses prédateurs. Les pistes de neige compactée peuvent cependant permettre aux loups de gagner ces secteurs par ailleurs inaccessibles.

  • Mesure : Parcs Canada a interdit l’accès à la route Cavell, au sentier Astoria et à la vallée Tonquin pendant l’hiver pour éviter que les pistes de neige tassée ne permettent aux loups d’accéder à cet important habitat du caribou lorsqu’il y a beaucoup de neige.

Des caribou sur la route 93 
Des caribous sur la route 93 
© Parcs Canada / Mark Bradley

3. Pertubations d'origine humaine
  • Menace : La harde de la Brazeau a l’habitude de se rendre dans le secteur de la plaine Beauty, le long de la route 93 (promenade des Glaciers), pendant les périodes de neige épaisse et au début du printemps, lorsqu’elle peut profiter des premières pousses de verdure. La harde de la Maligne, elle, descend dans le secteur du lac Medicine, en bordure de la route Maligne. Les risques de collision mortelle sur ces routes suscitent de vives inquiétudes, d’autant plus que ces hardes comptent déjà un effectif très réduit.

  • Mesure : Des limites de vitesse réduites ont été instaurées le long de la route 93 et de la route du Lac-Maligne, dans les secteurs où les caribous ont l’habitude de traverser la chaussée. Ces zones sont signalisées au moyen de panneaux innovateurs

  • Menace : Il arrive que des randonneurs poussent des caribous à quitter un lieu d’alimentation de tout premier ordre. Le phénomène est plus susceptible de se produire lorsque les randonneurs sont accompagnés de chiens, du fait que les espèces-proies présentent généralement un niveau de stress accru en présence de chiens.

  • Mesure : Les chiens ne sont pas autorisés dans les secteurs qui font partie de l’habitat du caribou. Parcs Canada diffuse aux randonneurs de l’information sur les déplacements responsables dans le territoire du caribou. Même si cette mesure vise d’abord et avant tout à aider le caribou des bois, elle contribue aussi à protéger le fragile écosystème alpin.

Un membre de l’équipe d’attaque initiale 
Un membre de l'équipe d'attaque initiale 
© Parcs Canada / Brett Haug
4. Pertes d'habitat
  • Menace : À l’extérieur du parc national Jasper, la disparition de l’habitat est la principale menace qui pèse sur la plupart des populations de caribous des bois. La perte d’habitat attribuable à l’activité industrielle ne représente pas une menace grave dans le parc, mais il demeure que l’habitat du caribou peut être altéré par le feu.

  • Mesure : Les biologistes du caribou travaillent de concert avec les spécialistes du feu et de la végétation de Parcs Canada afin d’intégrer les parcelles clés de l’habitat du caribou dans les plans de gestion du feu.
5. Effects résultant de la petite taille des populations
  • Menace : Lorsque l’effectif d’une harde de caribous atteint un faible niveau, la tendance à la baisse est plus susceptible de se poursuivre. La perte d’un seul animal d’une petite population peut avoir des effets disproportionnés et dévastateurs.

  • Mesure : Pour contrer le déclin des populations de caribous, il faut d’abord atténuer au maximum les menaces énumérées ci-dessus. Malheureusement, les hardes de la Maligne et de la Brazeau sont déjà si petites que ces seules mesures ne suffiront pas à renverser la tendance. De concert avec divers experts, les biologistes des parcs nationaux Banff et Jasper travaillent actuellement à élaborer un programme d’élevage en captivité pour le caribou des bois. Si les mesures visant à réduire les menaces produisent les résultats voulus, des bêtes issues du programme d’élevage en captivité pourraient être utilisées pour augmenter l’effectif des populations du parc national Jasper. Une fois que les effectifs seront ramenés à un minimum viable et que les autres menaces auront été atténuées, il ne sera plus nécessaire de les accroître par des sources extérieures.
Des caribous dans le parc national Jasper  Des caribous dans le parc national Jasper © Parcs Canada / Mark Bradley





















Que puis-je faire?

Vous renseigner sur le caribou des bois 

  • Consultez les pages Web de Parcs Canada sur les espèces en péril pour en apprendre davantage sur le caribou des bois et pour trouver des liens vers d’autres sites informatifs.

  • Si vous êtes de passage à Jasper, arrêtez-vous au Centre d’information pour savoir où et comment vous pouvez obtenir plus de renseignements sur les caribous du parc

  • Appelez le spécialiste des communications sur le caribou au 780-852-6204 pour obtenir des renseignements sur les ressources et les programmes éducatifs axés sur le caribou ou pour lui poser des questions sur l’espèce.

  • Impliquez-vous. Parcs Canada accorde de l’importance à votre opinion. Cherchez des occasions de transmettre votre point de vue sur la stratégie de conservation du caribou et sur d’autres dossiers liés à la gestion du parc national Jasper.

Prenez conscience de l’impact de vos activités sur le caribou

1. Randonnée

  • Glacier Pass Trail, Jasper National Park  Sentier col du glacier dans le parc national Jasper
    © Parcs Canada / Mark Bradley
    Restez sur les sentiers principaux et, si vous voyez des caribous, donnez-leur de l’espace. Bien qu’ils puissent paraître indifférents ou même curieux, votre présence pourrait en fait les forcer à abandonner d’importants lieux d’alimentation ou à se confiner dans des secteurs où ils sont davantage exposés aux prédateurs.

  • Évitez de randonner dans l’habitat du caribou pendant la mise bas (fin mai-début juin) et le rut (fin septembre). Il s’agit d’étapes importantes dans le cycle biologique des caribous, et toutes les formes de perturbation peuvent avoir des impacts considérables.

  • Les chiens ne sont plus autorisés dans les secteurs clés de l’habitat du caribou. Si vous souhaitez faire de la randonnée avec votre chien, adressez-vous au Centre d’information pour obtenir d’autres suggestions. Les secteurs d’accès restreint comprennent la vallée Tonquin, le col Verdant, les prés Cavell, le sentier Skyline, les collines Bald et Opal, le col Maligne ainsi que les ruisseaux Jonas et Poboktan.

Skiing in Jasper National Park  La pratique du ski dans le parc national Jasper 
© Parcs Canada / Layla Neufeld


2. Ski

  • N’oubliez pas de vous renseigner sur les fermetures saisonnières avant de partir dans l’arrière-pays.

  • Pour appuyer les efforts de conservation en cours, le meilleur choix consiste à éviter carrément l’habitat du caribou en hiver, car les pistes tracées par vos skis et vos raquettes pourraient permettre aux loups de gagner ces secteurs relativement inaccessibles.



3. Conduite

Respectez les limites de vitesse dans le parc  © Parcs Canada
  • Respectez les limites de vitesse dans le parc. À certaines périodes de l’année, la harde de la Brazeau se réunit dans la plaine Beauty, en bordure de la promenade des Glaciers, tandis que celle de la Maligne se concentre dans le secteur du lac Medicine, le long de la route du Lac-Maligne. Les caribous se rendent dans ces zones subalpines pour avoir un meilleur accès aux lichens terricoles lorsque le manteau neigeux est épais ou pour tirer parti des premières pousses du début du printemps. Des limites de vitesse réduites ont été instaurées sur le tronçon reliant le ruisseau Poboktan au ruisseau Beauty ainsi que sur la route du Lac Maligne afin d’y diminuer les risques de collisions mortelles avec des caribous.

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