Aidons les poissons à traverser les routes

Comment les poissons ont-ils traversé la route? Peu d’automobilistes se posent cette question lorsqu’ils traversent nos parcs nationaux. Cependant, il s’agit là d’une question brûlante pour le personnel de Parcs Canada qui gère les écosystèmes aquatiques des parcs nationaux Banff, Jasper, Kootenay et Yoho ainsi que des parcs nationaux du Mont-Revelstoke, des Glaciers et des Lacs-Waterton.

En 2005 et en 2006, les biologistes ont évalué 600 ponceaux aménagés au-dessous des principales routes des sept parcs nationaux des montagnes. Ces ponceaux relient des plans d’eau qui font partie de l’habitat possible des poissons. Nos biologistes sont arrivés à un constat étonnant : plus des deux tiers de ces ouvrages obstruaient partiellement ou complètement les déplacements des poissons.

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Le ponceau du ruisseau Nixon, avant la restauration © Parcs Canada Truite fardée © DFO / Petry
(à gauche) Le ponceau du ruisseau Nixon, avant la restauration © Parcs Canada
(à droite) Truite fardée © DFO / Petry

Mille et une façons de bloquer un passage

Réparer les ponceaux, ça veut dire éliminer des obstacles qui ne sont pas toujours apparents pour le néophyte.

Il suffit de peu pour couper l’accès à l’habitat.
Des branches ou des pierres peuvent obstruer les ponceaux et empêcher les poissons d’atteindre des zones importantes de leur habitat.

La plupart des poissons sont des sprinters.
Dans les ponceaux, certaines espèces de poissons n’ont pas la force de traverser tout d’un trait de longs passages où l’eau coule rapidement. Elles s’épuisent bien avant d’atteindre des eaux plus calmes de l’autre côté du ponceau.

Que diriez-vous de nager dans un lave-linge?
C’est à peu près ce que ressentent les poissons qui doivent nager dans les eaux rapides d’un ponceau étroit. Ils n’aiment pas ça plus que vous et moi.

Le corégone ne saute pas… pas plus que bon nombre d’autres espèces de poissons.
Les ponceaux suspendus créent des chutes d’eau artificielles que bon nombre de poissons sont incapables de remonter.

Qui veut être un poisson hors de l’eau?
En période sèche, il arrive que l’eau ne forme plus qu’une flaque mince dans le fond des gros ponceaux, trop peu profonde pour que les poissons puissent y nager.

De l’eau en abondance… mais pas une goutte ici.
Dans les cas extrêmes, l’eau peut s’écouler autour des ponceaux, plutôt qu’à l’intérieur de ceux-ci, et les poissons ne peuvent plus traverser.

Bonne nouvelle!

Les travaux sont déjà en cours. Le projet Restauration et reconnexion de nos eaux, exécuté dans le cadre du programme Agir sur le terrain, d’une durée de quatre ans, vise à dresser des plans détaillés pour la restauration des 20 ponceaux prioritaires dans les sept parcs nationaux des montagnes et à en réparer au moins 10.

Nixon culvert restoration work © Parks Canada Sign © Parks Canada
(à gauche) Remise en état du ponceau du ruisseau Nixon, dans le parc national Kootenay. Le lit du cours d’eau a été tapissé de roches pour hausser le niveau d’eau et éliminer une chute d’eau artificielle à l’entrée du ponceau. Les roches créent aussi des lieux de repos pour les poissons qui remontent le courant. © Parcs Canada
(à droite) Un panneau marque l’endroit où un ponceau a récemment été réparé au lac Talbot, dans le parc national Jasper. Restez à l’affût d’autres panneaux indiquant la réalisation de projets de remise en état des milieux aquatiques un peu partout dans les parcs nationaux des montagnes. © Parcs Canada / Dan Rafla

Pourquoi tout ce brouhaha au sujet des ponceaux « défectueux »?

Les poissons ont besoin de se déplacer.

Les poissons parcourent les cours d’eau en quête de nourriture, de compagnons d’accouplement, de gravier pour une bonne frayère et d’endroits sûrs pour élever leur progéniture. Un ponceau défectueux peut les empêcher d’atteindre des secteurs clés de leur habitat. Il peut en résulter une diminution du nombre d’individus, une raréfaction des espèces et une perte de diversité génétique essentielle à la bonne santé des populations.

Vie aquatique et vie terrestre vont de pair.

Nombre d’oiseaux, des canards aux cincles plongeurs, survolent ces couloirs aquatiques, à la fois pour échapper à leurs prédateurs terrestres et pour se nourrir des poissons et des insectes aquatiques qui y évoluent. Des berges, le vison est aux aguets. La musaraigne palustre fait irruption à partir de la rive pour chiper des œufs de poisson et d’insectes. On le voit bien : les effets des ponceaux défectueux s’étendent bien au-delà du milieu aquatique.

Ces écosystèmes ont besoin de notre aide.

Les poissons doivent faire face à plusieurs autres défis. Des espèces non indigènes, introduites dans les premières années d’existence des parcs nationaux, font concurrence aux espèces indigènes. L’activité humaine dans l’arrière-pays ainsi que l’affluence dans les endroits très fréquentés ont des incidences sur la qualité de l’eau. Des produits chimiques transportés de pays lointains par le vent introduisent des toxines dans les rivières et les lacs des parcs. En réparant les ponceaux défectueux, nous améliorons la santé des populations de poissons locales pour accroître leur résilience.

Les écosystèmes en santé nous tiennent à cœur.

Parcs Canada est un chef de file mondial de la conservation. La première priorité des parcs nationaux est de remettre les écosystèmes en état et de les garder en santé pour les générations actuelles et futures.

Pour en savoir davantage

Suivez les mises à jour dans les médias et en ligne ou communiquez avec le parc.

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Parc national Kootenay
Parc national Banff
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