Parc national Jasper

Animaux

Ils sont sauvages... c'est dans leur nature © Parcs Canada / V. Domaine 

Les Nations Unies ont fait des parcs des Rocheuses canadiennes un site du patrimoine mondial en raison, notamment, de la diversité phénoménale des espèces animales qui s'y trouvent. Le parc national Jasper protège 53 espèces de mammifères, qui dépendent d'une gamme variée d'habitats, dont certains que nous fréquentons nous aussi. Lorsque vous explorez le parc, n'oubliez pas que vous êtes en visite dans le domicile des animaux. Leur santé et leur survie dépendent des gestes que nous posons. Nous devons donc nous efforcer de limiter le plus possible l'impact que nous avons sur leur habitat.

Les parcs nationaux contribuent à protéger des paysages typiquement canadiens et des écosystèmes dont la faune dépend pour sa survie. Lorsque, par nos actions, nous diminuons le caractère sauvage d’un animal, c’est l’essence même de nos parcs nationaux qui s’en trouve compromise. Que vous comptiez vous balader en voiture, faire de la randonnée ou du vélo sur les sentiers ou simplement vous détendre en ville, prenez le temps de comprendre les précautions qui s’imposent en milieu sauvage. En adoptant un comportement responsable, vous contribuez à la survie de la faune et à votre propre sécurité!

L’observation de la faune figure parmi les expériences les plus exaltantes que vous offrent les parcs nationaux des montagnes. Il est important de traiter les animaux sauvages avec respect. En vous approchant trop, vous menacez leur survie. Les animaux qui deviennent accoutumés à la présence humaine risquent de perdre ce qui fait d’eux des créatures aussi fascinantes – leur caractère sauvage. Lisez la brochure Ils sont sauvages... c'est dans leur nature pour en apprendre davantage à ce sujet.

Pour aider Parcs Canada à conserver des populations saines d'animaux au parc national Jasper, veuillez respecter les règles suivantes :

  • Ne vous approchez jamais des animaux sauvages – demeurez à au moins 30 m (longueur de 3 autobus en file) des wapitis et à 100 m (longueur de 10 autobus en file) des ours;
  • Abstenez-vous de nourrir les animaux; cette pratique est illégale dans les parcs nationaux, et elle entraîne une dépendance chez les animaux;
  • Demeurez dans votre véhicule lorsque vous observez la faune depuis la route (servez-vous d'un téléobjectif pour faire la « photo parfaite »), puis reprenez la route immédiatement après;
  • Gardez votre emplacement de camping propre en rangeant tous les objets attrayants à l'intérieur de votre véhicule. Les glacières ne sont pas à l'épreuve des ours. Même l'eau de vaisselle et la nourriture pour chiens peuvent attirer des animaux sauvages;
  • Restez sur les sentiers désignés; les animaux empruntent souvent les sentiers non officiels.

Observation sécuritaire


Petits mammifères

Jasper compte 29 espèces de petits mammifères de taille variée, depuis la musaraigne naine, qui ne pèse que quelques grammes, jusqu'au castor, qui peut atteindre 20 kg. À l'exception de la musaraigne, de la chauve-souris et du lapin, ces animaux sont tous des rongeurs. Ce qui suit est un bref résumé de certains des petits mammifères les plus communs du parc.

Spermophile du Columbia

Spermophile du Columbia © M. Bradley

Le spermophile du Columbia est l'animal le plus souvent aperçu dans le parc en été. Même s'il hiberne pendant une période pouvant aller jusqu'à sept mois, le spermophile représente une proie importante pour le grizzli, le coyote, le loup et l'aigle royal. Ce petit écureuil terrestre fréquente tous les secteurs du parc, aussi bien les vallées de la zone montagnarde que la zone alpine.

Marmotte des Rocheuses

Marmotte des Rocheuses © Parcs Canada / R. Bray

Animal grégaire, la marmotte des Rocheuses vit dans la zone alpine. Il s'agit de l'un des plus gros rongeurs du parc, et elle peut atteindre un poids de 12 kg. Les visiteurs peuvent l'apercevoir sur un certain nombre de sentiers de randonnée d'une journée dans le parc, y compris le sentier menant au pic The Whistlers, baptisé ainsi pour rappeler le sifflement fort qu'émet la marmotte au moindre danger.

Porc-épic

Porc-épic © Fritz Mueller 

Le porc-épic est commun dans toutes les forêts subalpines du parc. Comme les autres rongeurs, il mâche des os et des bois de cervidés pour s'alimenter en minéraux. Le porc-épic visite souvent les campings de l'arrière-pays, principalement parce que les instruments et les sacs à dos qui ont été en contact avec l'être humain sont couverts d'un délicieux résidu salé.

Castor

Castor © Wayne Lynch

Le castor est le plus grand rongeur du parc, et on le trouve habituellement dans les ruisseaux et les étangs du fond des vallées, affairé à bâtir des huttes et des barrages quasi indestructibles au moyen de branches, de pierres et de boue. À l'aurore ou à la brunante, faites une randonnée autour du marais Cottonwood, sur la terrasse Pyramid, ou dans la vallée des Cinq-Lacs, au sud de la ville, pour entrevoir ces créatures industrieuses à l'œuvre. Ce travailleur à la queue plate et aux longues dents mange le riche cambium pulpeux de l'écorce des arbres. Son essence préférée? Le tremble.

Célèbre symbole du Canada, le castor a été traqué par les trappeurs pour sa fourrure jusqu'à ce qu'il disparaisse presque complètement. C'est grâce aux efforts des premiers protecteurs de l'environnement, dont le premier interprète et écologiste de Parcs Canada, Grey Owl (Archibald Belaney), qu'il a pu être sauvé de l'extinction.

Pica

Pica © M. Bradley

Le pica ou « lapin des rochers » est le plus petit membre de la famille du lapin. Il vit sur les éboulis de roches et les pentes de montagne à une altitude variant de 2 000 à 2 800 mètres. Quoique bien camouflé, le pica trahit souvent sa présence par son cri perçant, un « iiip » aigu. On l'aperçoit souvent sur les éboulis rocheux du mont Edith Cavell.



Cervidés

Les cervidés ont un panache qui pousse, qui tombe et qui repousse chaque année. Au printemps, les mâles* se parent de bois qui croissent enveloppés dans une couche de poils doux appelée « velours ». À l'automne, une fois qu'il a atteint sa pleine grandeur, le panache perd son velours, et les mâles se servent de leurs nouveaux bois comme armes contre les autres mâles pour la conquête des femelles. Une fois l'hiver arrivé, les bois tombent et deviennent une précieuse source de minéraux pour les petits mammifères.

*à la seule exception du caribou. Le mâle ET la femelle de cette espèce ont des bois.

Orignal

Orignal © M. Bradley

L'orignal, le plus grand membre de la famille des cervidés, s'identifie facilement à son allure dégingandée, à son panache palmé, à son long museau de cheval et à son fanon, repli de peau qui lui pend de l'encolure. C'est un animal solitaire. L'été, il préfère les berges de ruisseaux et de lacs, où les plantes aquatiques viennent s'ajouter à son régime alimentaire habituel de feuilles et de brindilles. La saison de l'accouplement s'étend de la mi-septembre à novembre, et le mâle devient alors particulièrement agressif. Les petits (habituellement des jumeaux) naissent en mai et au début de juin. Le parc national Jasper sert d'habitat à quelque 150 orignaux. Les zones humides Pocahontas, le col Yellowhead et le lac Maligne sont certains des sites offrant les meilleures possibilités d'observation.

Wapiti

Wapiti © Parcs Canada / R. Bray

Le wapiti est le membre de la famille des ongulés le plus souvent aperçu dans le parc. Cet animal au pelage brun-roux et à la croupe blanche peut être aperçu partout dans le parc, le long des routes et dans le lotissement urbain. Jasper abrite quelque 1 300 wapitis, et d'importantes populations sont concentrées à l'est du parc, dans les avant-monts ou contreforts. La plupart des wapitis de Jasper ont été retransplantés après avoir été presque exterminés par une chasse excessive au début du siècle dernier. Aujourd'hui, en raison de leur grand nombre, surtout dans le lotissement urbain, il a fallu en réinstaller dans d'autres secteurs du parc et de la province. Pour en savoir davantage sur le projet de déplacement des wapitis de Jasper, cliquez ici!

Le wapiti peut être très dangereux. Au printemps, les femelles protègent farouchement leurs petits, éloignant rapidement toute créature qui se place entre elles et leur progéniture. En automne, pendant la saison du rut, les mâles deviennent extrêmement agressifs et se servent de leurs bois imposants pour afficher leur suprématie. Chaque année, des visiteurs se font blesser par des wapitis. Évitez de vous en approcher à plus de 30 m, et demeurez sur vos gardes, à l'affût de tout signe d'agression (oreilles pointant vers le haut, regard défiant, grognement, trépignement).

Cerf mulet

Cerf mulet © M. Bradley

Le cerf mulet se caractérise notamment par ses grandes oreilles et l'extrémité noire de sa queue. Même si les visiteurs en aperçoivent souvent le long des routes et dans le lotissement urbain en hiver, les cerfs mulets demeurent relativement peu nombreux à Jasper. L'animal ne fait qu'un mètre de hauteur environ, et son panache est plus gros que celui du cerf de Virginie. Les cerfs mulets du parc se réunissent en petits groupes dans les clairières sèches. En été, leur régime alimentaire se compose d'arbustes et de plantes à feuilles larges, tandis que, en hiver, il est constitué de brindilles de conifères, de jeunes plants d'arbres et d'arbustes, nourriture qu'ils trouvent sur les pentes dégagées et dans les tremblaies.

Cerf de Virginie

Cerf de Virginie © O. Robinson

Le cerf de Virginie est peu commun dans le parc, mais les visiteurs en voient parfois de petits nombres dans la zone montagnarde. Plus petit que le cerf mulet, le cerf de Virginie se distingue facilement à son pelage roux et à sa longue queue brune qui, lorsqu'elle est dressée vers le ciel au moindre signal d'alarme, révèle un revers blanc. Cherchez ce petit chevreuil à l'aube et à la brunante le long de la route Snaring et dans la plaine entourant Henry House en hiver.

Caribou des bois

Caribou des bois © Parcs Canada / R. Gruys

Le caribou est comparable au wapiti de par sa taille, mais il a le pelage plus pâle et des sabots plus larges. Contrairement aux autres membres de la famille des cervidés, le mâle et la femelle portent tous deux des bois. Les caribous forment généralement de petits troupeaux, et, en hiver, ils se servent de leurs sabots larges pour « flotter » sur la neige, ce qui leur permet d'échapper à leurs prédateurs. Les lichens sont une source de nourriture importante pour le caribou, qui se nourrit aussi de graminées, de plantes à feuilles larges et de brindilles. Les visiteurs aperçoivent souvent cet animal le long de la promenade des Glaciers, au sud des chutes Sunwapta, et au bord de la route Maligne en hiver. Pendant l'été, il est très difficile de repérer le caribou, car la plupart des troupeaux se retirent dans les prés alpins des hautes altitudes, bien à l'écart des nombreux visiteurs du parc.

Les quelques troupeaux de caribous qui restent à Jasper sont probablement les descendants des grandes hardes qui erraient sur ce territoire immédiatement après la dernière glaciation. De nos jours, les Rocheuses abritent encore environ 145 caribous, et ce nombre diminue sans cesse depuis les années 50 en raison des activités d'exploitation des vieilles forêts, des collisions routières, du braconnage et de l'empiétement des humains dans l'habitat de l'espèce. Les troupeaux restants, qui vont et viennent à l'intérieur et à l'extérieur du parc, subissent les contrecoups de nombreux facteurs de perturbation, à tel point que leur population a été réduite à des niveaux inquiétants.



Mouflon et chèvre

Contrairement au panache des cervidés, les cornes du mouflon et de la chèvre de montagne ne tombent jamais. Elles servent toutefois aux mêmes fins que les bois des cervidés : la domination sur les autres mâles. Les bosses et les creux qui se remarquent sur les cornes du mouflon et de la chèvre sont le résultat de fluctuations saisonnières et permettent aux scientifiques et aux gardes de parc d'estimer l'âge d'un animal donné.

Mouflon d'Amérique

Mouflon d'Amérique © Parcs Canada / R. Gruys

Le mouflon d'Amérique est relativement commun à Jasper, le parc en comptant une population d'environ 3 000 individus. Cet animal a le pelage brun pâle et la croupe blanche. Le bélier arbore une imposante paire de cornes en spirale, tandis que la brebis a de petites cornes pointues. Le mouflon est principalement un animal brouteur et, au fil des saisons, migre entre les pentes herbeuses des basses altitudes et les prés alpins, comptant toujours sur la proximité d'une saillie rocheuse pour assurer sa sécurité. Les mouflons forment des troupeaux mixtes de mâles et de femelles en hiver et des troupeaux homogènes en été. Pendant la saison des amours, en automne, les béliers se livrent d'âpres duels pour affirmer leur suprématie jusqu'à ce que le plus faible batte en retraite. Le mouflon est souvent aperçu sur les bords de la route 16, à l'est de Jasper, et le long de la promenade des Glaciers, près des chutes Tangle.

Chèvre de montagne

Chèvre de montagne © R. Bray

La chèvre de montagne se différencie du mouflon d'Amérique à son pelage blanc, à sa barbiche et à ses petites cornes noires en forme de dague, que portent mâles et femelles. En fait, cet animal n'est pas membre de la famille de la chèvre, mais plutôt de la famille de l'antilope. Les femelles et leurs petits se déplacent souvent en groupes pendant l'été, mais les mâles vivent généralement en solitaire. En période de rut, les affrontements entre mâles sont rares, mais, lorsqu'ils surviennent, ils sont violents. La chèvre se nourrit d'une vaste gamme de végétaux, ce qui lui permet de survivre à l'année dans les hauts sommets, à des altitudes dépassant 2 000 m. L'espèce ne fait aucune migration saisonnière mais descend souvent dans le fond des vallées pour lécher le sel des dépôts de minéraux. On peut les voir au belvédère du mont Kerkeslin, sur la promenade des Glaciers, et à la pointe Disaster, sur la route 16 Est.



Mustélidés (belettes)

Les mustélidés ont généralement de longs corps, des pattes courtes et des glandes qui produisent une odeur forte. Parmi les nombreuses espèces de cette famille qui fréquentent le parc, il convient de mentionner la plus grosse, le carcajou, que les visiteurs ont parfois la chance d'observer dans la toundra alpine. La martre d'Amérique, qui est plus petite, est l'espèce la plus courante et fréquente tous les secteurs boisés du parc. Jasper sert également d'habitat à l'hermine, à la belette à longue queue et au pékan, qui font tous partie de cette même famille.

Carcajou

Carcajou © Parcs Canada

Martre d'Amérique

Martre d'Amérique © M. Bradley


Canidés

Coyote

Coyote © Parcs Canada / R. Gruys

Chien grisâtre de taille moyenne, le coyote a un museau élancé, de longues oreilles pointues et une queue touffue. On le voit souvent inspectant les emprises routières en quête de charogne et de petits rongeurs. Contrairement au loup, le coyote n'a aucune crainte naturelle de l'être humain. Il traverse souvent le lotissement urbain à la recherche de déchets ou de chats perdus. Les coyotes qui goûtent à la nourriture humaine mordent souvent, parfois grièvement. Pour votre propre sécurité et pour la santé et le bien-être des animaux, abstenez-vous de nourrir la faune.

Loup

Loup © M. Bradley

Le loup pourrait assez facilement être mépris pour un gros berger allemand, mais il s'en différencie à sa démarche dégingandée et à ses pattes larges. De plus, il peut peser jusqu'à 60 kg et faire un mètre de hauteur à l'épaule. Son museau est plus gros et moins pointu que celui du coyote (ou du renard). La plupart des loups du parc national Jasper ont le pelage foncé, même si leur couleur peut varier du blanc-gris au noir. Rares sont ceux qui réussissent à apercevoir un loup à Jasper : l'espèce craint généralement la présence humaine et erre sur un vaste territoire pouvant faire plus de 1 000 km2.

Malgré sa réputation d'animal féroce, le loup s'attaque très rarement aux humains. Il chasse cependant presque toutes les autres créatures qui se trouvent sur son passage et affiche une prédilection pour le cerf, le wapiti, l'orignal, le mouflon, le castor, le lièvre et la souris. D'ordinaire, les loups chassent en meutes comptant de quatre à sept bêtes. Ils ont été la cible de programmes d'extermination dans les parcs nationaux pendant la première moitié du XXe siècle. Ces créatures magnifiques ont cependant réussi à survivre à Jasper et errent toujours dans les forêts du parc comme elles le faisaient avant notre arrivée.



Félidés

Couguar

Couguar © M. Bradley

Le parc national Jasper sert d'habitat à deux membres de la famille des félidés, le plus gros étant le couguar ou puma. Pesant près de 70 kg, ce gros chat a le pelage couleur fauve et le bout de la queue noir. Le parc abrite une petite population de couguars, qui sont toutefois rarement aperçus des visiteurs. Ces dernières années, des caméras installées dans le parc ont permis de constater que les couguars s'aventurent plus près des lieux habités qu'on ne le pensait auparavant. L'animal attaque rarement l'être humain.

Lynx

Lynx © M. Bradley

L'autre membre de la famille des félidés qui habite dans le parc national Jasper est le lynx, un animal nocturne et furtif. Le lynx du Canada a le pelage gris-brun (le lynx roux est légèrement tacheté) et se distingue aux touffes de fourrure qui lui ornent les oreilles, de même qu'à ses longues pattes aux extrémités larges. Puisque les deux espèces tolèrent mal la présence humaine et qu'elles profitent de la nuit pour chasser, les chercheurs ignorent encore l'étendue des populations de lynx du Canada et de lynx roux à Jasper.



Ursidés

Le parc est habité par deux espèces d'ours : le grizzli et l'ours noir. Les deux membres de cette famille sont charognards et omnivores, c'est-à-dire qu'ils mangent à la fois des végétaux et de la chair. Les plantes, surtout les baies et les racines, demeurent toutefois leur principale source de nourriture, à laquelle viennent s'ajouter la charogne (carcasse d'animal tué par un prédateur ou mort de causes naturelles) et tout autre petit animal qu'ils parviennent à tuer. Même si l'ours n'hiberne pas vraiment (la température de son corps demeure élevée), il est inactif en hiver, habituellement tapi dans une tanière ensevelie sous la neige, où la femelle donne naissance à une portée pouvant compter jusqu'à 4 oursons avant l'arrivée du printemps.

Ours noir

Ours noir © Parcs Canada / R. Bray

L'ours noir est souvent aperçu dans les régions boisées, le long des routes et dans les campings. Plus petit que le grizzli (il pèse autour de 100 kg), l'ours noir n'a pas de bosse sur la nuque et a un museau droit de couleur brun roux. La couleur du pelage varie du noir au cannelle, et il n'est pas rare de voir des individus au poitrail tacheté de blanc. L'ours noir est muni de petites griffes incurvées qui en font un grimpeur agile. Il se nourrit à environ 77 % de végétaux, c'est-à-dire de graminées, de racines et de baies (il affectionne particulièrement les pissenlits et les baies de la shépherdie argentée). La charogne et les insectes représentent environ 22 % de son régime alimentaire, et les petits mammifères, 1 %.

Les ours noirs peuvent parcourir des superficies allant jusqu'à 200 km2, de sorte que leurs territoires se chevauchent. Les mâles sont généralement solitaires, sauf en période d'accouplement, tandis que les femelles se déplacent avec leur progéniture. L'ours noir est plus à l'aise autour de l'être humain que son cousin le grizzli, si bien qu'il est plus souvent aperçu. Les visiteurs ont le plus de chances de voir des ours au printemps (avril-juin) et en automne (septembre-octobre) le long des routes et dans les parcelles où les baies sauvages sont nombreuses, comme celles du camping Whistlers.

Veuillez prendre soin de ranger votre nourriture et vos déchets dans votre véhicule lorsque vous faites du camping. Les ours qui prennent goût à la nourriture et aux déchets humains doivent souvent être abattus. Pour votre propre sécurité et pour le bien-être des bêtes, tenez-vous en tout temps à au moins 100 m d'un ours (l'équivalent de 10 autobus en file).

Grizzli

Grizzli © M. Bradley

Le grizzli, roi de Jasper, ne ressemble à nul autre. On le reconnaît immédiatement à l'imposante bosse qui lui orne la nuque, au profil concave de sa figure et à sa taille imposante (il peut peser jusqu'à 250 kg). Son pelage long et épais peut prendre différents tons, mais il est habituellement de couleur brun pâle et parsemé de poils blonds ou blancs qui donnent à la bête une apparence grisonnante ou argentée. Le grizzli est pourvu de griffes jaunes ou brunes, qui atteignent en moyenne 15 cm de longueur et dont il se sert pour creuser, afin de dénicher les petits mammifères de leur terrier ou d'extraire des racines. En général, le grizzli adulte ne grimpe pas aux arbres, mais il peut quand même faire appel à sa grande force pour se hisser d'une branche à l'autre. Les végétaux font partie intégrante de son régime alimentaire : graminées, prêles, baies et racines de l'érythrone à grandes fleurs, de la claytonie de Virginie et du pois sauvage sont sa principale source de nourriture. L'automne venu, le grizzli peut manger jusqu'à 200 000 baies de shépherdie argentée par jour, car il tente alors d'accumuler suffisamment de matières grasses pour survivre à l'hibernation. Les carcasses d'animaux morts pendant l'hiver représentent une précieuse source de nourriture au printemps. En outre, le grizzli chasse occasionnellement de gros animaux comme le wapiti et les petits faons, mais l'énergie qu'il doit déployer pour le faire en vaut rarement la peine.

Le grizzli effectue de grandes migrations saisonnières : il passe l'été dans les régions alpines et descend dans les vallées au printemps et à l'automne lorsque la nourriture se fait rare. L'espèce a besoin d'un vaste territoire qui peut s'étendre sur 4 000 km2 et déborder des limites du parc. Le grizzli est particulièrement sensible à l'influence humaine, et c'est la raison pour laquelle il fait l'objet d'une étroite surveillance. Comme l'espèce se trouve au sommet de la chaîne alimentaire, les chercheurs peuvent évaluer la santé de l'écosystème tout entier en analysant la santé du grizzli. Jasper soutient actuellement une population viable de 100 à 120 bêtes, mais la survie de l'espèce dépend des efforts que nous déployons pour préserver de vastes étendues à l'état sauvage.

Les randonneurs et cyclistes sont priés de se familiariser avec la brochure Ils sont sauvages... c'est dans leur nature avant d'entreprendre leur excursion et devraient toujours faire du bruit lorsqu'ils sont sur les sentiers.